Mission encre noire

Mission encre noire

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Mission encre noire episodes

  • Émission du 17 décembre 2019

    Mission encre noire Tome 27 Chapitre 324. La mort de Roi de Gabrielle Lisa Collard paru en 2019 aux éditions Le Cheval d'août. Avant l'arrivée de Roi, Max était malheureuse. Elle a 19 ans lorsqu'elle récupère ce beau berger allemand de neuf semaines. Un chiot qui lui donne une raison suffisante de vivre: endormir le monstre. Elle y repense alors qu'elle enveloppe les souliers de son premier cadavre dans plusieurs épaisseurs de sacs. Roi est mort depuis. Ça fait trois mois, un matin de décembre. Depuis les mots se bouscule dans sa tête, ses pensées deviennent plus sombres. Si vous saviez le vide qui l'habite, déjà, en balade avec Roi, sous vos fenêtres, le soir tombant, vous auriez senti la bête endormie, là, au bout de la laisse, la main sur son cran d'arrêt. Max haït les gens, leur regard méprisant, même si elle aime les observer, les envahir, les effacer. Roi disparu, Max veut les détruire. Vous êtes désormais une proie. Dans ce premier roman époustouflant Gabrielle Lisa Collard met des mots crus sur vos pulsions faisandées les plus noirs. Derrière le chaos, l'autrice nous offre un roman angoissant et drôle, une histoire d'amour impossible mais sincère envers les autres. Comme depuis Baudelaire l'amour est un crime où l'on ne peut pas se passer d'un complice, Gabrielle Lisa Collard est invitée, ce soir, à Mission encre noire.

    Extrait: « J'avais pas idée à quel point ce serait dur de porter un secret aussi lourd. Je me sens aussi seule et tragique qu'une ampoule qui brûle dans une pièce vide, au dernier étage d'une maison abandonnée sur un sommet que personne gravit jamais, dans le pays désert d'un continent mort. Juste seule, à me consumer d'angoisse, d'amour pis d'incompréhension, sans pouvoir en parler à quiconque. J'ai fait des choses que personne doit savoir, et je suis poignée avec. Je vais imploser. Câlisse que j'haïs ça, les sentiments. Je pensais que ça finissait à un moment donné. Mais l'âge adoucit en rien les feels ; il fait juste nous forcer à les vivre seuls.»

    Agathe, Anne Cathrine Bomann paru en 2019 aux éditions La Peuplade traduit du danois par Inès Jorgensen. Un psychanalyste en fin de carrière soupire, il ne lui reste plus que 22 semaines avant la retraite. Si ce n'est la rencontre fortuite, forcée par sa secrétaire, madame Surrugue, de cette femme pâle au parfum comme une note épicée. Nous sommes en 1948, Agathe Zimmermann, d'origine allemande, a déjà été hospitalisée pour raison de grande tristesse et d'idées suicidaires en 1935 à Montpellier, en France. Alors que l'ennui et l'âge écrasent de leur poids l'homme vieillissant, il devient évident que cette patiente est différente. L'absence inopinée de sa secrétaire dévouée provoque un grand fracas. Le docteur, livré à lui-même, angoisse devant l'accumulation des dossiers sur son bureau. De façon inattendue, Agathe vient de briser un équilibre dans la routine habituelle du psychanalyste. S'il doute encore du bien-fondé de son exercice de la profession, sans y réfléchir plus avant, il se met à suivre sa patiente. Sous couvert d'une intrigue singulière, deux personnages à la dérive se reconnaissent et s'apprivoisent. À la fois tendre et subtil, ce premier roman réveille un désir de croquer la vie à pleine dent, de profiter du soleil, même si tout le monde sait qu'on ne doit pas mélanger la thérapie et la vraie vie. Nous avons la chance, à Mission encre noire, d'accueillir, ce soir, Inès Jorgensen, la traductrice du roman, pour nous en parler et aborder les enjeux autour de sa traduction.

    Extrait: « La neige dévoilait un monde secret de traces de pattes de chien, de bottes et de minuscules pieds d'enfants qui obliquaient vers l'école ou continuaient après la clinique en direction du centre-ville. Dans le cabinet, où la poussière s'entassaient sur les rebords des fenêtres, je menai les premiers entretiens. En mon for intérieur, je maudissais tout ce qui affectait mes patients et contre quoi je ne pouvais rien faire. Il y avait à lutter à la fois contre des conjoints insensibles et des bouteilles de vin cachées derrière les étagères, et que pouvait-on au fond espérer de la thérapie, quand je n'avais que quelques heures par semaine pour reconstruire ce que les patients avaient une vie entière pour détruire?»

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  • Émission du 17 décembre 2019
    Mission encre noire Tome 27 Chapitre 324. La mort de Roi de Gabrielle Lisa Collard paru en 2019 aux éditions Le Cheval d'août. Avant l'arrivée de Roi, Max était malheureuse. Elle a 19 ans lorsqu'elle récupère ce beau berger allemand de neuf semaines. Un chiot qui lui donne une raison suffisante de vivre: endormir le monstre. Elle y repense alors qu'elle enveloppe les souliers de son premier cadavre dans plusieurs épaisseurs de sacs. Roi est mort depuis. Ça fait trois mois, un matin de décembre. Depuis les mots se bouscule dans sa tête, ses pensées deviennent plus sombres. Si vous saviez le vide qui l'habite, déjà, en balade avec Roi, sous vos fenêtres, le soir tombant, vous auriez senti la bête endormie, là, au bout de la laisse, la main sur son cran d'arrêt. Max haït les gens, leur regard méprisant, même si elle aime les observer, les envahir, les effacer. Roi disparu, Max veut les détruire. Vous êtes désormais une proie. Dans ce premier roman époustouflant Gabrielle Lisa Collard met des mots crus sur vos pulsions faisandées les plus noirs. Derrière le chaos, l'autrice nous offre un roman angoissant et drôle, une histoire d'amour impossible mais sincère envers les autres. Comme depuis Baudelaire l'amour est un crime où l'on ne peut pas se passer d'un complice, Gabrielle Lisa Collard est invitée, ce soir, à Mission encre noire.
    Extrait: « J'avais pas idée à quel point ce serait dur de porter un secret aussi lourd. Je me sens aussi seule et tragique qu'une ampoule qui brûle dans une pièce vide, au dernier étage d'une maison abandonnée sur un sommet que personne gravit jamais, dans le pays désert d'un continent mort. Juste seule, à me consumer d'angoisse, d'amour pis d'incompréhension, sans pouvoir en parler à quiconque. J'ai fait des choses que personne doit savoir, et je suis poignée avec. Je vais imploser. Câlisse que j'haïs ça, les sentiments. Je pensais que ça finissait à un moment donné. Mais l'âge adoucit en rien les feels ; il fait juste nous forcer à les vivre seuls.»
    Agathe, Anne Cathrine Bomann paru en 2019 aux éditions La Peuplade traduit du danois par Inès Jorgensen. Un psychanalyste en fin de carrière soupire, il ne lui reste plus que 22 semaines avant la retraite. Si ce n'est la rencontre fortuite, forcée par sa secrétaire, madame Surrugue, de cette femme pâle au parfum comme une note épicée. Nous sommes en 1948, Agathe Zimmermann, d'origine allemande, a déjà été hospitalisée pour raison de grande tristesse et d'idées suicidaires en 1935 à Montpellier, en France. Alors que l'ennui et l'âge écrasent de leur poids l'homme vieillissant, il devient évident que cette patiente est différente. L'absence inopinée de sa secrétaire dévouée provoque un grand fracas. Le docteur, livré à lui-même, angoisse devant l'accumulation des dossiers sur son bureau. De façon inattendue, Agathe vient de briser un équilibre dans la routine habituelle du psychanalyste. S'il doute encore du bien-fondé de son exercice de la profession, sans y réfléchir plus avant, il se met à suivre sa patiente. Sous couvert d'une intrigue singulière, deux personnages à la dérive se reconnaissent et s'apprivoisent. À la fois tendre et subtil, ce premier roman réveille un désir de croquer la vie à pleine dent, de profiter du soleil, même si tout le monde sait qu'on ne doit pas mélanger la thérapie et la vraie vie. Nous avons la chance, à Mission encre noire, d'accueillir, ce soir, Inès Jorgensen, la traductrice du roman, pour nous en parler et aborder les enjeux autour de sa traduction.
    Extrait: « La neige dévoilait un monde secret de traces de pattes de chien, de bottes et de minuscules pieds d'enfants qui obliquaient vers l'école ou continuaient après la clinique en direction du centre-ville. Dans le cabinet, où la poussière s'entassaient sur les rebords des fenêtres, je menai les premiers entretiens. En mon for intérieur, je maudissais tout ce qui affectait mes patients et contre quoi je ne pouvais rien faire. Il y avait à lutter à la fois contre des conjoints insensibles et des bouteilles de vin cachées derrière les étagères, et que pouvait-on au fond espérer de la thérapie, quand je n'avais que quelques heures par semaine pour reconstruire ce que les patients avaient une vie entière pour détruire?»
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  • Émission du 3 décembre 2019

    Mission encre noire Tome 27 Chapitre 323. À Côté de nous le déluge - La société d'externalisation et son prix de Stephan Lessenich préfacé par Arnaud Theurillat-Cloutier et traduit de l'allemand par Raymond Roy (avec la collaboration de Simon Lanctôt) paru en 2019 aux éditions Écosociété. Selon Oxfam, les 80 personnes les plus fortunées de la planète possèdent autant de ressources matérielles que la moitié de la population la plus démunie. Ces statistiques laissent à penser que le problème ne concerne qu'un cercle restreint de personnes richissimes. Or ce serait trop simple, malheureusement, les racines du  sont plus profondes. Déjà posséder et en vouloir plus, n'est pas réservé aux seules personnes d'une classe privilégiée, cela concerne un mode de vie, un ensemble d'états émotionnels qui guident des larges pans des sociétés riches de la planète. Oui, nous fermons les yeux sur des mécanismes de redistribution à notre seul profit depuis des lustres. Oui, vous, moi, toi. Nous, citoyens ordinaires, siégeons au sommet d'une pyramide au détriment des autres, nous vivons au-dessus des moyens des autres. L'objet percutant de ce livre est de nous dévoiler le concept d'externalisation, de déplier simplement, sous vos yeux ébahis un phénomène qui pourrait aisément se traduire par le bien nommé: Pas dans ma cour. Je ne donne pas cher de la saveur que prendra votre prochain café extrait d'une capsule après la lecture de cet essai saisissant. Un livre qui a marqué le fortement le débat en Allemagne dès sa parution.  Naître au nord constitue un privilège exclusif comme le souligne Arnaud Theurillat-Cloutier dans sa préface, il est notre invité, ce soir, à Mission encre noire.

    Extrait: « Voilà la contradiction profonde de cette structuration sociale: il est impossible, dans cette société d'externalisation, de donner accès à tous au confort matériel des pays riches, car cela supposerait qu'il n'y ait plus d'extérieur où exploiter des travailleurs à la chaîne, où sous-traiter l'accueil des migrants, où ponctionner les sols pour en récolter le soja et l'huile de palme, où déverser les déchets électroniques. L'inégalité structurelle de la société d'externalisation en fait une société non universalisable. Cela permet d'ailleurs de comprendre combien cher vaut alors la citoyenneté d'un pays comme l'Allemagne, le Canada ou la France, parmi d'autres. Naître au Nord constitue un privilège exclusif: une espérance de vie plus élevée, un revenu plus élevé, un environnement plus sain et une liberté de circulation interdite à la plus grande partie de l'humanité.»

    Bolivie: L'illusion écologiste de Dimitri de Boissieu paru en 2019 aux éditions Écosociété. Lorsque l'auteur, qui enquête pour des ONG de protection de la nature en 2001 et 2003, décide de revenir en Bolivie en 2015 pour témoigner de l'état du pays après l'accession au pouvoir du premier président indigène de l'histoire du pays, le visage et la parole d'Evo Morales s'affichent partout. Depuis plusieurs siècles l'économie du pays le plus pauvre d'Amérique latine est basée sur l'exploitation des matières premières. Peu de chefs d'État se sont engagés, comme le fait Evo Morales, depuis 2006, pour l'environnement. Valoriser les cultures ancestrales des peuples autochtones, viser le capitalisme comme le responsable principal du saccage de la planète font parti du discours engagé du parti, le MAS. Devenu, avec d'autres figures d'État de la région, les nouveaux champions d'une gauche plutôt moribonde en Europe, le projet sociétal d'Evo Morales intrigue. Pourquoi s'intéresser en particulier à la Bolivie ? Parce-qu'il s'y joue une tragédie qui nous concerne toutes et tous: un autre monde est-il possible ? Dimitri de Boissieu vous donne une chance inédite de vous immerger dans le passé récent de la Bolivie, sous la forme d'une balade érudite et richement documentée qui donne un éclairage insolite et exaltant sur les récents événements qui agitent le pays. Dimitri de Boissieu est notre invité à Mission encre noire.

    Extrait: « Une intervenante française au colloque sur le changement climatique s'étonne de la présence de fast-foods Burger King bien en vue dans les artères de la capitale anti-impérialiste. Il est vrai que le départ de McDonald's de Bolivie avait fait couler beaucoup d'encre en 2002. Les médias alternatifs avaient salué la résistance du peuple bolivien à la malbouffe américaine. En fait, McDonald's est simplement parti du fait d'une piètre rentabilité de ses magasins sur le sol bolivien. La multinationale fut sans doute victime d'une forte concurrence. Les boliviens sont en effet friands de frites, hamburgers et autres poulets frits, préparés dans de petites cahutes de rue et dans de vastes fast-foods arborant de nombreuses enseignes colorées. Lorsque McDonalds s'en est allé, la chaine Burger King a immédiatement repris tous ses magasins. N'en déplaise aux altermondialistes européens, l'année 2015 voit finalement revenir McDonald's en Bolivie, au grand bonheur de la classe moyenne bolivienne.»

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  • Émission du 3 décembre 2019
    Mission encre noire Tome 27 Chapitre 323. À Côté de nous le déluge - La société d'externalisation et son prix de Stephan Lessenich préfacé par Arnaud Theurillat-Cloutier et traduit de l'allemand par Raymond Roy (avec la collaboration de Simon Lanctôt) paru en 2019 aux éditions Écosociété. Selon Oxfam, les 80 personnes les plus fortunées de la planète possèdent autant de ressources matérielles que la moitié de la population la plus démunie. Ces statistiques laissent à penser que le problème ne concerne qu'un cercle restreint de personnes richissimes. Or ce serait trop simple, malheureusement, les racines du  sont plus profondes. Déjà posséder et en vouloir plus, n'est pas réservé aux seules personnes d'une classe privilégiée, cela concerne un mode de vie, un ensemble d'états émotionnels qui guident des larges pans des sociétés riches de la planète. Oui, nous fermons les yeux sur des mécanismes de redistribution à notre seul profit depuis des lustres. Oui, vous, moi, toi. Nous, citoyens ordinaires, siégeons au sommet d'une pyramide au détriment des autres, nous vivons au-dessus des moyens des autres. L'objet percutant de ce livre est de nous dévoiler le concept d'externalisation, de déplier simplement, sous vos yeux ébahis un phénomène qui pourrait aisément se traduire par le bien nommé: Pas dans ma cour. Je ne donne pas cher de la saveur que prendra votre prochain café extrait d'une capsule après la lecture de cet essai saisissant. Un livre qui a marqué le fortement le débat en Allemagne dès sa parution.  Naître au nord constitue un privilège exclusif comme le souligne Arnaud Theurillat-Cloutier dans sa préface, il est notre invité, ce soir, à Mission encre noire.
    Extrait: « Voilà la contradiction profonde de cette structuration sociale: il est impossible, dans cette société d'externalisation, de donner accès à tous au confort matériel des pays riches, car cela supposerait qu'il n'y ait plus d'extérieur où exploiter des travailleurs à la chaîne, où sous-traiter l'accueil des migrants, où ponctionner les sols pour en récolter le soja et l'huile de palme, où déverser les déchets électroniques. L'inégalité structurelle de la société d'externalisation en fait une société non universalisable. Cela permet d'ailleurs de comprendre combien cher vaut alors la citoyenneté d'un pays comme l'Allemagne, le Canada ou la France, parmi d'autres. Naître au Nord constitue un privilège exclusif: une espérance de vie plus élevée, un revenu plus élevé, un environnement plus sain et une liberté de circulation interdite à la plus grande partie de l'humanité.»
    Bolivie: L'illusion écologiste de Dimitri de Boissieu paru en 2019 aux éditions Écosociété. Lorsque l'auteur, qui enquête pour des ONG de protection de la nature en 2001 et 2003, décide de revenir en Bolivie en 2015 pour témoigner de l'état du pays après l'accession au pouvoir du premier président indigène de l'histoire du pays, le visage et la parole d'Evo Morales s'affichent partout. Depuis plusieurs siècles l'économie du pays le plus pauvre d'Amérique latine est basée sur l'exploitation des matières premières. Peu de chefs d'État se sont engagés, comme le fait Evo Morales, depuis 2006, pour l'environnement. Valoriser les cultures ancestrales des peuples autochtones, viser le capitalisme comme le responsable principal du saccage de la planète font parti du discours engagé du parti, le MAS. Devenu, avec d'autres figures d'État de la région, les nouveaux champions d'une gauche plutôt moribonde en Europe, le projet sociétal d'Evo Morales intrigue. Pourquoi s'intéresser en particulier à la Bolivie ? Parce-qu'il s'y joue une tragédie qui nous concerne toutes et tous: un autre monde est-il possible ? Dimitri de Boissieu vous donne une chance inédite de vous immerger dans le passé récent de la Bolivie, sous la forme d'une balade érudite et richement documentée qui donne un éclairage insolite et exaltant sur les récents événements qui agitent le pays. Dimitri de Boissieu est notre invité à Mission encre noire.
    Extrait: « Une intervenante française au colloque sur le changement climatique s'étonne de la présence de fast-foods Burger King bien en vue dans les artères de la capitale anti-impérialiste. Il est vrai que le départ de McDonald's de Bolivie avait fait couler beaucoup d'encre en 2002. Les médias alternatifs avaient salué la résistance du peuple bolivien à la malbouffe américaine. En fait, McDonald's est simplement parti du fait d'une piètre rentabilité de ses magasins sur le sol bolivien. La multinationale fut sans doute victime d'une forte concurrence. Les boliviens sont en effet friands de frites, hamburgers et autres poulets frits, préparés dans de petites cahutes de rue et dans de vastes fast-foods arborant de nombreuses enseignes colorées. Lorsque McDonalds s'en est allé, la chaine Burger King a immédiatement repris tous ses magasins. N'en déplaise aux altermondialistes européens, l'année 2015 voit finalement revenir McDonald's en Bolivie, au grand bonheur de la classe moyenne bolivienne.»
    0 min
  • Émission du 19 novembre 2019

    Mission encre noire Tome 27 Chapitre 322. Mon ennemie Nelly de Karine Rosso paru en 2019 aux éditions Hamac. « Le monde était un texte qui s'écrivait à travers les textes des autres», démêler les fils de sa propre histoire, alors que les printemps se succèdent, raconter car il se peut que demain ce soit trop tard. Raconter, comme une urgence, toujours, pour toi, pour toutes les femmes, pour elle. Pour Nelly surement, pour la narratrice de ce premier roman ; absolument. Nelly Arcan hante les pages, une à une de sa présence, par ses textes, sa voix, son image. Revenu d'un long périple dans les Amériques, notre protagoniste s'enivre des mots de l'autrice, dont elle ignorait l'existence jusque-là, qui trouvent facilement un chemin en elle, une complicité. Si le personnage de Karine Rosso, résiste un temps à une sorte de folie noire, l'orage menace. Inscrite à l'UQAM, dans un programme similaire à celui suivi par Nelly, la narratrice épouse une vie au gré du destin de l'écrivaine. Si différente et si éloignée de l'image de Nelly Arcan, elle devra pourtant choisir entre un exil et la vie qui bat en elle. Danse avec les morts, course poursuite lumineuse à travers des extraits de l'oeuvre de Nelly Arcan, résisterez-vous à l'attrait du fantôme qui fraye les arcanes bétonnées du bunker de l'UQAM ? Y réchapperez-vous ? La lueur d'une chandelle conduit à notre studio, au bout des tunnels souterrains de l'université, pour retrouver Karine Rosso, à Mission encre noire, ce soir.

    Extrait: « Si l'on se fie à ses livres, elle ne manie pas que le verbe. Voici l'écrivaine Nelly Arcan. C'est ainsi que l'animateur - celui que tu appellerais ensuite l'homme debout ou le pou - te présenta. Je ne me souviens pas de toute l'émission ; les détails importants semblent (encore une fois) avoir été effacés de ma mémoire et seuls certains moments sont gravés en moi : la chanson d'ouverture, « quand on se donne à une femme d'expérience », ta façon de ta passer la langue sur les dents avant de répondre à la première question. Je me rappelle ensuite t'avoir entendue dire qu'il y avait dans l'écriture un espace où l'on pouvait se permettre d'être laid, alors que le monde de l'image était formaté. « J'ai l'impression qu'on vit dans un monde où on consomme la féminité, avais-tu rajouté, dans un monde de Big Brother...». »

    Il faisait beau et tout brûlait de Vincent Giudicelli paru en 2019 aux éditions Annika Parance Éditeur collection Sauvage. Si Benjamin, jeune homme sourd-muet, reconnaît bien ce regard qui en dit long de son frère, pour vous, il faudra chercher plus loin. Peut-être trouverez-vous des réponses dans les rues désertes et odorantes de ce bout du monde, dans les yeux bleu marine de Maria qui visite la cordonnerie familiale, dans la gène subite du frère ? Dans cette région XII, située dans le grand Sud, à l'extrémité du Chili, la vie prend une tournure inopinée, sans un mot de trop, votre respiration s'accélère. À quarante-six ans, il est trop tôt pour renoncer. À priori, dans la vie de son fils, Julien, souffrant d'amyotrophie spinale de type II, tout est désespérément à sa place. Hier encore étudiante, en partance pour nulle part et partout à la fois, aujourd'hui le temps semble s'être replié sur lui-même, la vie est devenue une mécanique diaboliquement bien huilée pour cette mère. Les vacances en Tunisie, au club Sahara, se teinte au noir, lorsque une femme, manifestement seule, s'installe près de cette famille en ruine. Un sentiment étrange la gagne. Elles se reconnaissent pour le meilleur comme pour le pire. Kim et Andrew veulent fuir la banlieue de Melbourne. Contestataires dans l'âme, ils ne veulent pas se laisser embourber dans une vie toute tracée, leur jeunesse n'est pas à punaiser sur le frigo comme un vieux souvenir. Ils choisissent donc de vivre dans les contre-allées, la vie s'est fait pour s'évader. Vincent Giudicelli nous revient, après le succès de Cardinal song, avec un recueil de nouvelles kidnappées dans le coffre arrière de ses nombreux périples autour du globe. Vincent Giudicelli est invité à Mission encre noire.

    Extrait: « Dans le noir. En silence. avec une discrétion dont je ne me serais jamais crue capable. Un millier de fois cette nuit-là, une phrase est passée dans ma tête. En boucle, comme un teaser de film à chaque fois qu'on lance une vidéo sur YouTube. J'ai pensé que la vie était trop pour moi. Ce n'est pas qu'elle était trop lourde à porter, non ; c'est qu'elle prenait trop de place. En moi. Et dans mes placards du fond où je passais mon temps, que je mettais en tas derrière des piles d'emmerdes ou de démons que je me créais toute seule. On avait un toit, un boulot, une moitié, on habitait un pays libre...Ça allait, putain...Pour l'instant, ça allait.»

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  • Émission du 19 novembre 2019
    Mission encre noire Tome 27 Chapitre 322. Mon ennemie Nelly de Karine Rosso paru en 2019 aux éditions Hamac. « Le monde était un texte qui s'écrivait à travers les textes des autres», démêler les fils de sa propre histoire, alors que les printemps se succèdent, raconter car il se peut que demain ce soit trop tard. Raconter, comme une urgence, toujours, pour toi, pour toutes les femmes, pour elle. Pour Nelly surement, pour la narratrice de ce premier roman ; absolument. Nelly Arcan hante les pages, une à une de sa présence, par ses textes, sa voix, son image. Revenu d'un long périple dans les Amériques, notre protagoniste s'enivre des mots de l'autrice, dont elle ignorait l'existence jusque-là, qui trouvent facilement un chemin en elle, une complicité. Si le personnage de Karine Rosso, résiste un temps à une sorte de folie noire, l'orage menace. Inscrite à l'UQAM, dans un programme similaire à celui suivi par Nelly, la narratrice épouse une vie au gré du destin de l'écrivaine. Si différente et si éloignée de l'image de Nelly Arcan, elle devra pourtant choisir entre un exil et la vie qui bat en elle. Danse avec les morts, course poursuite lumineuse à travers des extraits de l'oeuvre de Nelly Arcan, résisterez-vous à l'attrait du fantôme qui fraye les arcanes bétonnées du bunker de l'UQAM ? Y réchapperez-vous ? La lueur d'une chandelle conduit à notre studio, au bout des tunnels souterrains de l'université, pour retrouver Karine Rosso, à Mission encre noire, ce soir.
    Extrait: « Si l'on se fie à ses livres, elle ne manie pas que le verbe. Voici l'écrivaine Nelly Arcan. C'est ainsi que l'animateur - celui que tu appellerais ensuite l'homme debout ou le pou - te présenta. Je ne me souviens pas de toute l'émission ; les détails importants semblent (encore une fois) avoir été effacés de ma mémoire et seuls certains moments sont gravés en moi : la chanson d'ouverture, « quand on se donne à une femme d'expérience », ta façon de ta passer la langue sur les dents avant de répondre à la première question. Je me rappelle ensuite t'avoir entendue dire qu'il y avait dans l'écriture un espace où l'on pouvait se permettre d'être laid, alors que le monde de l'image était formaté. « J'ai l'impression qu'on vit dans un monde où on consomme la féminité, avais-tu rajouté, dans un monde de Big Brother...». »
    Il faisait beau et tout brûlait de Vincent Giudicelli paru en 2019 aux éditions Annika Parance Éditeur collection Sauvage. Si Benjamin, jeune homme sourd-muet, reconnaît bien ce regard qui en dit long de son frère, pour vous, il faudra chercher plus loin. Peut-être trouverez-vous des réponses dans les rues désertes et odorantes de ce bout du monde, dans les yeux bleu marine de Maria qui visite la cordonnerie familiale, dans la gène subite du frère ? Dans cette région XII, située dans le grand Sud, à l'extrémité du Chili, la vie prend une tournure inopinée, sans un mot de trop, votre respiration s'accélère. À quarante-six ans, il est trop tôt pour renoncer. À priori, dans la vie de son fils, Julien, souffrant d'amyotrophie spinale de type II, tout est désespérément à sa place. Hier encore étudiante, en partance pour nulle part et partout à la fois, aujourd'hui le temps semble s'être replié sur lui-même, la vie est devenue une mécanique diaboliquement bien huilée pour cette mère. Les vacances en Tunisie, au club Sahara, se teinte au noir, lorsque une femme, manifestement seule, s'installe près de cette famille en ruine. Un sentiment étrange la gagne. Elles se reconnaissent pour le meilleur comme pour le pire. Kim et Andrew veulent fuir la banlieue de Melbourne. Contestataires dans l'âme, ils ne veulent pas se laisser embourber dans une vie toute tracée, leur jeunesse n'est pas à punaiser sur le frigo comme un vieux souvenir. Ils choisissent donc de vivre dans les contre-allées, la vie s'est fait pour s'évader. Vincent Giudicelli nous revient, après le succès de Cardinal song, avec un recueil de nouvelles kidnappées dans le coffre arrière de ses nombreux périples autour du globe. Vincent Giudicelli est invité à Mission encre noire.
    Extrait: « Dans le noir. En silence. avec une discrétion dont je ne me serais jamais crue capable. Un millier de fois cette nuit-là, une phrase est passée dans ma tête. En boucle, comme un teaser de film à chaque fois qu'on lance une vidéo sur YouTube. J'ai pensé que la vie était trop pour moi. Ce n'est pas qu'elle était trop lourde à porter, non ; c'est qu'elle prenait trop de place. En moi. Et dans mes placards du fond où je passais mon temps, que je mettais en tas derrière des piles d'emmerdes ou de démons que je me créais toute seule. On avait un toit, un boulot, une moitié, on habitait un pays libre...Ça allait, putain...Pour l'instant, ça allait.»
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  • Émission du 12 novembre 2019

    Mission encre noire Tome 27 Chapitre 321.Vol DC-408 de Nicolas Chalifour paru en 2019 aux éditions Héliotrope. Un homme reçoit, par erreur, un manuscrit en provenance du Portugal. Il découvre les invraisemblables aventures d'un écrivain en cavale. Montréal, janvier 2012, il décide de mettre ses pas dans les siens, et de se laisser gagner par la fièvre qui habite le fatras des cahiers. Réécrire. Sous un ciel de novembre, un personnage du nom d'Antoine monte à bord d'un Airbus défraîchi en direction de Lisbonne. Suivant le trajet mythique des elétricos de la ville, notamment, celui de la ligne 28E, celui-ci va découvrir tout un monde dissimulé dans les replis des décors décatis de Lisbonne. En exil, l'écrivain va se laisser entraîner dans un périlleux road-movie non conventionnel. Vol DC-408 brosse le portrait poétique d'une ville livrée aux affres de la gentrification galopante et de l'invasion de l'industrie touristique. Entrez dans la ronde des cafés et des bars lisboètes, osez pénétrer les mystères de la folle déambulation d'Antoine et des loufoqueries éclairées des personnages felliniesque qui peuplent ce roman. Nicolas Chalifour est invité à Mission encre noire.

    Extrait: « En effet, malgré une nausée interminable, une tête plombée, des poussée de fièvre et tous les accès de mélancolie hérités de cette virée, Antoine insiste sur le fait qu'il ne regrette absolument pas de s'être égaré dans la ville au cours de cette étrange nuit. Expliquant que , malgré les mois passés au loin, les bienfaits de la solitude et le temps que cette dernière a pu lu donner pour réfléchir, pour tenter de faire de l'ordre dans ce qu'il nomme le fouillis de sa tête et malgré, aussi, le relatif apaisement apporté par toutes ces semaines vécues ailleurs, entre les lignes du livre dont il vient de terminer l'écriture, il lui semble assez clair qu'il va toujours pas bien, certainement pas mieux qu'au moment où il a décidé de s'enfuir, de venir se terrer si loin de Montréal. »

    Les limbes de Jean-Simon Desrochers paru en 2019 éditions Les Herbes Rouges/roman. Alma Meilleur meurt en couches dans les toilettes du 1441 Sainte-Élisabeth, un matin de septembre 1939, devant les yeux ébahis de la tenancière du lupanar, Rita Malarche. Michel Best en né. Best ? Car «c'est un nom d'homme, comme Gary Cooper ou Spencer Tracy.» Ti-Best va grandir en plein coeur du Red-Light, aux côtés de sa tralée de «mamans», de leurs protecteurs et des hommes de main de monsieur Santini. Il veut s'en sortir. On grandit vite dans les ruelles des quartiers chauds de la ville. Plus déterminé et brillant que les autres, Ti-Best va devenir policier puis enquêteur à la criminelle. Malgré tout, la réussite sociale, un mariage accompli, des amis fidèles, la solitude le guette. Traversant les années charnières de l'histoire du Québec, l'avènement du FLQ, le déclin de la religion, la création du RIN, le tournant historique de l'expo 67 et le référendum de 1980, Best se trouve en proie aux doutes et à l'anxiété. Une étrange tueuse en série, qui le connaît bien, lui file constamment entre les doigts. Comment s'amorce l'implacable mécanique de la vie d'une homme né dans un bordel ? Jean-Simon Desrochers concilie amour et souffrance pour nous raconter l'histoire douloureuse d'un homme de sa naissance à sa mort, condamné à vivre dans les limbes d'une ville qui oublie sans cesse, pour mieux reconstruire. Ti-Best a-t-il jamais existé vraiment ? Jean-Simon Desrochers est de visite à Mission encre noire.

    Extrait: « L'été qui s'achève est le premier que Best a passé à jouer dehors, ne rentrant chez lui que pour boire de l'eau, manger une bouchée, chier, se laver, dormir. Avec la reprise de la business, le 1441 est revenu à la formule classique, n'en déplaise aux chauffeurs de taxi. Dans les rues, Best entend le bruit des bobépines frottées sur les persiennes des immeubles actifs, comme avant. Par moments, des cigales embarquent dans la mêlée sonore traversée de sons de moteurs, de klaxons lointains, de pétards qui éclatent, d'hommes et de femmes qui s'engueulent toutes fenêtres ouvertes, de chiens qui jappent, grognent, couinent. Des bruits que Best entendait de loin, les étés précédents, alors que cette fois, juché sur son vélo, il les vit, les traverse, y contribue, et franchement, c'est le bonheur.»

    1 hr
  • Émission du 12 novembre 2019
    Mission encre noire Tome 27 Chapitre 321.Vol DC-408 de Nicolas Chalifour paru en 2019 aux éditions Héliotrope. Un homme reçoit, par erreur, un manuscrit en provenance du Portugal. Il découvre les invraisemblables aventures d'un écrivain en cavale. Montréal, janvier 2012, il décide de mettre ses pas dans les siens, et de se laisser gagner par la fièvre qui habite le fatras des cahiers. Réécrire. Sous un ciel de novembre, un personnage du nom d'Antoine monte à bord d'un Airbus défraîchi en direction de Lisbonne. Suivant le trajet mythique des elétricos de la ville, notamment, celui de la ligne 28E, celui-ci va découvrir tout un monde dissimulé dans les replis des décors décatis de Lisbonne. En exil, l'écrivain va se laisser entraîner dans un périlleux road-movie non conventionnel. Vol DC-408 brosse le portrait poétique d'une ville livrée aux affres de la gentrification galopante et de l'invasion de l'industrie touristique. Entrez dans la ronde des cafés et des bars lisboètes, osez pénétrer les mystères de la folle déambulation d'Antoine et des loufoqueries éclairées des personnages felliniesque qui peuplent ce roman. Nicolas Chalifour est invité à Mission encre noire.
    Extrait: « En effet, malgré une nausée interminable, une tête plombée, des poussée de fièvre et tous les accès de mélancolie hérités de cette virée, Antoine insiste sur le fait qu'il ne regrette absolument pas de s'être égaré dans la ville au cours de cette étrange nuit. Expliquant que , malgré les mois passés au loin, les bienfaits de la solitude et le temps que cette dernière a pu lu donner pour réfléchir, pour tenter de faire de l'ordre dans ce qu'il nomme le fouillis de sa tête et malgré, aussi, le relatif apaisement apporté par toutes ces semaines vécues ailleurs, entre les lignes du livre dont il vient de terminer l'écriture, il lui semble assez clair qu'il va toujours pas bien, certainement pas mieux qu'au moment où il a décidé de s'enfuir, de venir se terrer si loin de Montréal. »
    Les limbes de Jean-Simon Desrochers paru en 2019 éditions Les Herbes Rouges/roman. Alma Meilleur meurt en couches dans les toilettes du 1441 Sainte-Élisabeth, un matin de septembre 1939, devant les yeux ébahis de la tenancière du lupanar, Rita Malarche. Michel Best en né. Best ? Car «c'est un nom d'homme, comme Gary Cooper ou Spencer Tracy.» Ti-Best va grandir en plein coeur du Red-Light, aux côtés de sa tralée de «mamans», de leurs protecteurs et des hommes de main de monsieur Santini. Il veut s'en sortir. On grandit vite dans les ruelles des quartiers chauds de la ville. Plus déterminé et brillant que les autres, Ti-Best va devenir policier puis enquêteur à la criminelle. Malgré tout, la réussite sociale, un mariage accompli, des amis fidèles, la solitude le guette. Traversant les années charnières de l'histoire du Québec, l'avènement du FLQ, le déclin de la religion, la création du RIN, le tournant historique de l'expo 67 et le référendum de 1980, Best se trouve en proie aux doutes et à l'anxiété. Une étrange tueuse en série, qui le connaît bien, lui file constamment entre les doigts. Comment s'amorce l'implacable mécanique de la vie d'une homme né dans un bordel ? Jean-Simon Desrochers concilie amour et souffrance pour nous raconter l'histoire douloureuse d'un homme de sa naissance à sa mort, condamné à vivre dans les limbes d'une ville qui oublie sans cesse, pour mieux reconstruire. Ti-Best a-t-il jamais existé vraiment ? Jean-Simon Desrochers est de visite à Mission encre noire.
    Extrait: « L'été qui s'achève est le premier que Best a passé à jouer dehors, ne rentrant chez lui que pour boire de l'eau, manger une bouchée, chier, se laver, dormir. Avec la reprise de la business, le 1441 est revenu à la formule classique, n'en déplaise aux chauffeurs de taxi. Dans les rues, Best entend le bruit des bobépines frottées sur les persiennes des immeubles actifs, comme avant. Par moments, des cigales embarquent dans la mêlée sonore traversée de sons de moteurs, de klaxons lointains, de pétards qui éclatent, d'hommes et de femmes qui s'engueulent toutes fenêtres ouvertes, de chiens qui jappent, grognent, couinent. Des bruits que Best entendait de loin, les étés précédents, alors que cette fois, juché sur son vélo, il les vit, les traverse, y contribue, et franchement, c'est le bonheur.»
    0 min
  • Émission du 22 octobre 2019

    Mission encre noire Tome 27 Chapitre 320. Philosophie du Hip Hop, des origines à Lauryn Hill de Jérémie McEwen paru en 2019 aux éditions XYZ. «Got to give us what we want/Gotta give us what we need.» Qui aurait pu croire qu'un jour, cette tirade du Fight the power de Public Ennemy, serait mise en parallèle avec la pensée de Carl Schmitt, le philosophe allemand ? Qui aurait eu l'idée de rapprocher le Fuck the police de N.W.A et l'anglais Thomas Hobbes ? Jérémie McEwen bien sûr, le professeur de philosophie et spécialiste du rap vous offre un essai passionnant en bâtissant des ponts entre la philosophie occidentale traditionnelle et le hip-hop américain. Des ruelles taggées de Montréal aux émeutes de Los Angeles, l'auteur fait un détour par les arcanes ombragées de l'acropole ou des boudoirs humides de l'Europe de l'est pour compléter le tableau d'une aventure rafraîchissante, frénétique et rythmée. Depuis sa naissance du côté du Bronx, du Queens et de Brooklyn à nos jours, le hip-hop a muté. Si son âge d'or remonte aux années 80, La philosophie du hip-hop va vous prouver que ce mouvement social et musical a su se redéfinir. J'invite les novices et les initié.e.s à rencontrer le MC d'un soir, à Mission encre noire, Jérémie McEwen est notre invité.

    Extrait: «Jusqu'alors, il demeurait encore possible de penser que le hip-hop n'était qu'une mode qui passerait. KRS-One et Rakim, malgré leur poids philosophique imposant, n'ont jamais véritablment percé hors de la communauté hip-hop elle-même. Et malgré leur importance dans l'histoire de la musique populaire, Run-DMC ne représentait aucune menace réelle pour la société américaine, en épousant, sur leur premier grand succès commercial, le rock d'Aerosmith (Walk This way, pièce à laquelle collaborent les deux groupes en 1986). Mais avec Public Ennemy sur la côte est, et N.W.A sur la côte ouest, il devenait manifeste que tout avait changé. Une confrontation sociale devenait inévitable, et le vent du changement soufflait. N.W.A avait décidé de suivre les règles de l'état de nature, comme le commandait la logique des gangs de Los Angeles - j'y reviendrai. Pour Public Ennemy, le but était assez différent: il s'agissait d'investir la sphère politique et de changer les règles de la société établie.»

    Manam de Rima Elkouri paru en 2019 aux éditions Boréal. Enfant, La Téta de Léa a vu ce qu'un enfant ne devrait pas voir. 1915, est la date du Ermeni Soykırımı le génocide arménien au cours duquel les deux tiers du peuple vivant sur le territoire actuel de la Turquie sont massacrés et déportés. Cette grand-mère, qui a survécu et immigré au Québec en 1957, vient de décéder à Montréal, elle laisse une marque indélébile dans la vie de sa petite fille. Celle-ci décide de retourner sur les pas de ses ancêtres, de ce peuple surnommé atrocement par les turcs, «les restes de l'épée». Accompagnée par Sam, son guide, un cinéaste kurde qu'une amie a rencontré a Istanbul. Institutrice, Léa, après avoir passée une dernière journée avec ses élèves, s'élance vers la ville natale de sa famille, Yalla ! Manam accrochée à flanc de montagne, ses minarets implorant le ciel, lui tend les bras. Voici un premier roman qui coincide étrangement avec l'actualité de ces derniers jours et la répression qui sévit contre le peuple kurde sur la frontière avec la Syrie. Manam, sous la plume vive de son autrice, journaliste reconnue à La Presse, raconte une terrible tragédie qui vous fera suivre de sinistres caravansérails et partager l'exil de force de familles décimées. Pourtant, même si la mort guette à tout instant la mémoire, la vie se passe, avec ses couleurs, ses odeurs de Klichas, et la tendresse du souvenir de Léa pour sa Téta. Rima Elkouri est invitée à Mission encre noire.

    Extrait: «Le refuge d'hier est devenu brasier. Cent ans plus tard, l'exode se fait dans le sens inverse de celui que mes grands-parents ont connu en 1915. Des réfugiés syriens affluent vers la frontière turque. Et le printemps, le vrai, se fait toujours attendre. Depuis le début de ce conflit, je parcours les nouvelles d'Alep avec effroi. Le souk ravagé par les flammes des combats. Le minarets de la mosquée des Omeyyades qui  s'effondre. Sa cour intérieure transformée en fosse commune. Les morts qui s'empilent dans l'indifférence. Lorsque je regarde mes photos d'Alep, j'ai cette impression d'avoir immortalisé une façade fissurée juste avant qu'elle ne s'écroule. Tous mes souvenirs sont aujourd'hui éparpillés sous des cendres. dans les ruines, à côté des cadavres, ils ont l'air indécents.»

     

    1 hr
  • Émission du 22 octobre 2019
    Mission encre noire Tome 27 Chapitre 320. Philosophie du Hip Hop, des origines à Lauryn Hill de Jérémie McEwen paru en 2019 aux éditions XYZ. «Got to give us what we want/Gotta give us what we need.» Qui aurait pu croire qu'un jour, cette tirade du Fight the power de Public Ennemy, serait mise en parallèle avec la pensée de Carl Schmitt, le philosophe allemand ? Qui aurait eu l'idée de rapprocher le Fuck the police de N.W.A et l'anglais Thomas Hobbes ? Jérémie McEwen bien sûr, le professeur de philosophie et spécialiste du rap vous offre un essai passionnant en bâtissant des ponts entre la philosophie occidentale traditionnelle et le hip-hop américain. Des ruelles taggées de Montréal aux émeutes de Los Angeles, l'auteur fait un détour par les arcanes ombragées de l'acropole ou des boudoirs humides de l'Europe de l'est pour compléter le tableau d'une aventure rafraîchissante, frénétique et rythmée. Depuis sa naissance du côté du Bronx, du Queens et de Brooklyn à nos jours, le hip-hop a muté. Si son âge d'or remonte aux années 80, La philosophie du hip-hop va vous prouver que ce mouvement social et musical a su se redéfinir. J'invite les novices et les initié.e.s à rencontrer le MC d'un soir, à Mission encre noire, Jérémie McEwen est notre invité.
    Extrait: «Jusqu'alors, il demeurait encore possible de penser que le hip-hop n'était qu'une mode qui passerait. KRS-One et Rakim, malgré leur poids philosophique imposant, n'ont jamais véritablment percé hors de la communauté hip-hop elle-même. Et malgré leur importance dans l'histoire de la musique populaire, Run-DMC ne représentait aucune menace réelle pour la société américaine, en épousant, sur leur premier grand succès commercial, le rock d'Aerosmith (Walk This way, pièce à laquelle collaborent les deux groupes en 1986). Mais avec Public Ennemy sur la côte est, et N.W.A sur la côte ouest, il devenait manifeste que tout avait changé. Une confrontation sociale devenait inévitable, et le vent du changement soufflait. N.W.A avait décidé de suivre les règles de l'état de nature, comme le commandait la logique des gangs de Los Angeles - j'y reviendrai. Pour Public Ennemy, le but était assez différent: il s'agissait d'investir la sphère politique et de changer les règles de la société établie.»
    Manam de Rima Elkouri paru en 2019 aux éditions Boréal. Enfant, La Téta de Léa a vu ce qu'un enfant ne devrait pas voir. 1915, est la date du Ermeni Soykırımı le génocide arménien au cours duquel les deux tiers du peuple vivant sur le territoire actuel de la Turquie sont massacrés et déportés. Cette grand-mère, qui a survécu et immigré au Québec en 1957, vient de décéder à Montréal, elle laisse une marque indélébile dans la vie de sa petite fille. Celle-ci décide de retourner sur les pas de ses ancêtres, de ce peuple surnommé atrocement par les turcs, «les restes de l'épée». Accompagnée par Sam, son guide, un cinéaste kurde qu'une amie a rencontré a Istanbul. Institutrice, Léa, après avoir passée une dernière journée avec ses élèves, s'élance vers la ville natale de sa famille, Yalla ! Manam accrochée à flanc de montagne, ses minarets implorant le ciel, lui tend les bras. Voici un premier roman qui coincide étrangement avec l'actualité de ces derniers jours et la répression qui sévit contre le peuple kurde sur la frontière avec la Syrie. Manam, sous la plume vive de son autrice, journaliste reconnue à La Presse, raconte une terrible tragédie qui vous fera suivre de sinistres caravansérails et partager l'exil de force de familles décimées. Pourtant, même si la mort guette à tout instant la mémoire, la vie se passe, avec ses couleurs, ses odeurs de Klichas, et la tendresse du souvenir de Léa pour sa Téta. Rima Elkouri est invitée à Mission encre noire.
    Extrait: «Le refuge d'hier est devenu brasier. Cent ans plus tard, l'exode se fait dans le sens inverse de celui que mes grands-parents ont connu en 1915. Des réfugiés syriens affluent vers la frontière turque. Et le printemps, le vrai, se fait toujours attendre. Depuis le début de ce conflit, je parcours les nouvelles d'Alep avec effroi. Le souk ravagé par les flammes des combats. Le minarets de la mosquée des Omeyyades qui  s'effondre. Sa cour intérieure transformée en fosse commune. Les morts qui s'empilent dans l'indifférence. Lorsque je regarde mes photos d'Alep, j'ai cette impression d'avoir immortalisé une façade fissurée juste avant qu'elle ne s'écroule. Tous mes souvenirs sont aujourd'hui éparpillés sous des cendres. dans les ruines, à côté des cadavres, ils ont l'air indécents.»
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