Mission encre noire

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Mission encre noire episodes

  • Émission du 15 octobre 2019

    Mission Encre noire Tome 27 Chapitre 319. La revue Liberté - art et politique #325 automne 2019. L'avenir c'est pour bientôt annonce la couverture du dernier numéro de Liberté. Ce numéro spécial consacré au soixantième anniversaire de la revue va vous faire voyager dans le temps, de 1959 à nos jours. Alors qu'Hubert Aquin déclarait dans le tout premier éditorial «la revue en tant que revue n'a pas à s'engager de quelque manière que ce soit.», la nouvelle équipe éditoriale actuelle se demande, pour sa part, «Comment éclairer ces angles morts». Ceux qui interrogent la place de Liberté dans le monde culturel et politique, son rôle rassembleur et dissident autour des enjeux du XXI ème siècle au Québec, et comment la revue progressiste, qui a connu de multiples évolutions, depuis soixante ans, s'ouvre à de nouveaux horizons, en particulier la parité femme/homme. Depuis 2017, sous l'impulsion de Jean Pichette et de Rosalie Lavoie, Liberté fabrique de la matière à libérer la pensée et aiguise des outils pour réfléchir autrement. Comprendre dangereusement est la doctrine non officielle, depuis 2012, de ce fleuron du monde l'édition au Québec. Ce soir, à Mission encre noire, pour nous présenter ce magnifique numéro anniversaire, je reçois Julien Lefort-Favreau, membre du comité de rédaction de la Revue depuis 2012.

    Extrait:« Aujourd'hui, non seulement les femmes sont bien présentes dans le champ littéraire, mais elles y sont reconnues et ont investi toutes les sphères du monde du livres - éditrices, libraires, critiques littéraires, enseignantes, directrices de revue (dont Liberté!) -, bien que majoritaires au bas de l'échelle et minoritaires aux postes de pouvoir. Une recherche portant sur 25 maisons d'édition fondées entre les années 1995 et 2005 indique que les femmes occupent 34% des postes de direction (Tremblay, Mixité et égalité dans le champ éditorial québécois, 2014). Mixité n'est pas un parfait synonyme de parité. Celle-ci n'est pas atteinte, et les femmes sont encore souvent considérées à travers le prisme féminin - alors que leurs confrères semblent toujours appartenir à une caste universellement neutre. «Les deux sexes tendent désormais vers une humanité commune, tandis que disparaissent les distinctions artificielles imposées par la société», écrivait Marshall McLuhan. «Dans le changement que subiraient les deux sexes, poursuivait-il, la plupart des hommes auront davantage de chemin à parcourir que la plupart des femmes pour s'adapter à la vie nouvelle.» Les femmes ont parcouru un grand chemin jusqu'ici. On se demande où en sont les hommes dans ce parcours: au début, au milieu...où s'ils arrivent bientôt.» Isabelle Boisclair, Écrire dans l'adversité, Liberté #325.

    Fränk Schleck, Le cyclisme dans la peau de Christophe Nadin paru en 2019 aux éditions Saint-Paul. Les biographies se font encore assez rare à Mission encre noire, et le sport restait, somme toute, un sujet relativement inédit et peu abordé. L'occasion était trop belle avec la sortie du splendide premier livre de Christophe Nadin, journaliste au Luxemburg Wort. Fränk Schleck, l'une des figures majeures du sport luxembourgeois qui a dynamisé le rythme des courses du circuit mondial par ses attaques incessantes et son attitude exemplaire. Ayant pris sa retraite de coureur en 2016, après avoir effectué quelques dernières épreuves, dont celles de Québec et Montréal, le champion retourne dans sa ville natale de Mondorf, au milieu des siens pour se consacrer entre autres choses à l'organisation de cyclosportives. Christophe Nadin nous offre une chance inouïe d'approcher un homme unique au sein du peloton, de vibrer au rythme des courses, comme si vous y étiez, de revivre les hauts et les bas d'une carrière qui a enchanté le pays du Luxembourg. Christophe Nadin sait nous tenir en haleine à coup de succulentes anecdotes et de rappels fulgurent de faits de course. Par petites touches et de fréquentes incursions dans l'entourage intime et élargi du coureur cycliste, l'auteur décortique avec talent le phénomène Fränk Schleck. De quoi est fait un champion ? Christophe Nadin est notre invité, ce soir, en différé du Luxembourg, à Mission encre noire.

    Extrait:« Fränk, lui, est le fils de Johny, double champion national sur route et fidèle équipier de Jan Janssen et Luis Ocana sur le Tour de France. Fort de sept participations sur la grande boucle, le rouleur de l'équipe Pelforth, puis Bic s'est fendu de six tops 40 avec deux Tops 20 en 1967 et 1970. Fränk a de qui tenir, mais c'est son grand frère qui l'a initié aux joies de la compétition. «J'ai suivi Steve sur une course à Überherrn en Allemagne, car à cette époque, il n'y avait pas encore de courses pour des gamins de mon âge au pays.» Le règne de la débrouille pousse le cadet à empoigner le premier vélo qui lui tombe sous la main. «C'était une sorte de vélo de course, avec des cale-pieds. J'étais en baskets.» Cramponné à la barrière au départ avec les lanières bien serrées sur les chaussures, Fränk s'élance pour deux tours au milieu d'une quinzaine de concurrents. «Et je gagne! Mais je n'osais pas lâcher le guidon, car je ne parvenais pas à sortir des pédales. Je suis tombé sur la ligne d'arrivée en venant rechercher l'écharpe du vainqueur.»

    1 hr 1 min
  • Émission du 15 octobre 2019
    Mission Encre noire Tome 27 Chapitre 319. La revue Liberté - art et politique #325 automne 2019. L'avenir c'est pour bientôt annonce la couverture du dernier numéro de Liberté. Ce numéro spécial consacré au soixantième anniversaire de la revue va vous faire voyager dans le temps, de 1959 à nos jours. Alors qu'Hubert Aquin déclarait dans le tout premier éditorial «la revue en tant que revue n'a pas à s'engager de quelque manière que ce soit.», la nouvelle équipe éditoriale actuelle se demande, pour sa part, «Comment éclairer ces angles morts». Ceux qui interrogent la place de Liberté dans le monde culturel et politique, son rôle rassembleur et dissident autour des enjeux du XXI ème siècle au Québec, et comment la revue progressiste, qui a connu de multiples évolutions, depuis soixante ans, s'ouvre à de nouveaux horizons, en particulier la parité femme/homme. Depuis 2017, sous l'impulsion de Jean Pichette et de Rosalie Lavoie, Liberté fabrique de la matière à libérer la pensée et aiguise des outils pour réfléchir autrement. Comprendre dangereusement est la doctrine non officielle, depuis 2012, de ce fleuron du monde l'édition au Québec. Ce soir, à Mission encre noire, pour nous présenter ce magnifique numéro anniversaire, je reçois Julien Lefort-Favreau, membre du comité de rédaction de la Revue depuis 2012.
    Extrait:« Aujourd'hui, non seulement les femmes sont bien présentes dans le champ littéraire, mais elles y sont reconnues et ont investi toutes les sphères du monde du livres - éditrices, libraires, critiques littéraires, enseignantes, directrices de revue (dont Liberté!) -, bien que majoritaires au bas de l'échelle et minoritaires aux postes de pouvoir. Une recherche portant sur 25 maisons d'édition fondées entre les années 1995 et 2005 indique que les femmes occupent 34% des postes de direction (Tremblay, Mixité et égalité dans le champ éditorial québécois, 2014). Mixité n'est pas un parfait synonyme de parité. Celle-ci n'est pas atteinte, et les femmes sont encore souvent considérées à travers le prisme féminin - alors que leurs confrères semblent toujours appartenir à une caste universellement neutre. «Les deux sexes tendent désormais vers une humanité commune, tandis que disparaissent les distinctions artificielles imposées par la société», écrivait Marshall McLuhan. «Dans le changement que subiraient les deux sexes, poursuivait-il, la plupart des hommes auront davantage de chemin à parcourir que la plupart des femmes pour s'adapter à la vie nouvelle.» Les femmes ont parcouru un grand chemin jusqu'ici. On se demande où en sont les hommes dans ce parcours: au début, au milieu...où s'ils arrivent bientôt.» Isabelle Boisclair, Écrire dans l'adversité, Liberté #325.
    Fränk Schleck, Le cyclisme dans la peau de Christophe Nadin paru en 2019 aux éditions Saint-Paul. Les biographies se font encore assez rare à Mission encre noire, et le sport restait, somme toute, un sujet relativement inédit et peu abordé. L'occasion était trop belle avec la sortie du splendide premier livre de Christophe Nadin, journaliste au Luxemburg Wort. Fränk Schleck, l'une des figures majeures du sport luxembourgeois qui a dynamisé le rythme des courses du circuit mondial par ses attaques incessantes et son attitude exemplaire. Ayant pris sa retraite de coureur en 2016, après avoir effectué quelques dernières épreuves, dont celles de Québec et Montréal, le champion retourne dans sa ville natale de Mondorf, au milieu des siens pour se consacrer entre autres choses à l'organisation de cyclosportives. Christophe Nadin nous offre une chance inouïe d'approcher un homme unique au sein du peloton, de vibrer au rythme des courses, comme si vous y étiez, de revivre les hauts et les bas d'une carrière qui a enchanté le pays du Luxembourg. Christophe Nadin sait nous tenir en haleine à coup de succulentes anecdotes et de rappels fulgurent de faits de course. Par petites touches et de fréquentes incursions dans l'entourage intime et élargi du coureur cycliste, l'auteur décortique avec talent le phénomène Fränk Schleck. De quoi est fait un champion ? Christophe Nadin est notre invité, ce soir, en différé du Luxembourg, à Mission encre noire.
    Extrait:« Fränk, lui, est le fils de Johny, double champion national sur route et fidèle équipier de Jan Janssen et Luis Ocana sur le Tour de France. Fort de sept participations sur la grande boucle, le rouleur de l'équipe Pelforth, puis Bic s'est fendu de six tops 40 avec deux Tops 20 en 1967 et 1970. Fränk a de qui tenir, mais c'est son grand frère qui l'a initié aux joies de la compétition. «J'ai suivi Steve sur une course à Überherrn en Allemagne, car à cette époque, il n'y avait pas encore de courses pour des gamins de mon âge au pays.» Le règne de la débrouille pousse le cadet à empoigner le premier vélo qui lui tombe sous la main. «C'était une sorte de vélo de course, avec des cale-pieds. J'étais en baskets.» Cramponné à la barrière au départ avec les lanières bien serrées sur les chaussures, Fränk s'élance pour deux tours au milieu d'une quinzaine de concurrents. «Et je gagne! Mais je n'osais pas lâcher le guidon, car je ne parvenais pas à sortir des pédales. Je suis tombé sur la ligne d'arrivée en venant rechercher l'écharpe du vainqueur.»
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  • Émission du 8 octobre 2019

    Mission encre noire Tome 27 Chapitre 318. Nous ne trahirons pas le poème de Rodney Saint-Éloi paru en 2019 aux éditions Mémoire d'encrier. Avec élégance et style, le poète ici martèle un appel à la résistance: Nous ne trahirons pas ! Ni la voix des ancêtres, ni celle de la terre-mère, grand-mère, ni celle du corps qui se fait parfois sauvage, tantôt sensuelle. La voix du poète exige à goûter au chant du monde, à sentir, coeur léger, l'amour qui grandit. Car, il faut se l'avouer nous avons failli. Les guerres, les séismes, les échouages sur les plages cimetières de la méditerranée nous le remémorent encore trop souvent. Tam-tam la nuit, Tam-tam le jour, le tambour lancinant guidera votre lecture. Et si au détour d'un poème l'ombre d'un illustre plane, si une seule voix oubliée nous manque, soyez-en sûr, le poète se fera volcan, écume, tempête pour clamer le feu de la vérité, pour mettre au jour ce que l'on refuse de nommer, pour nous permettre de revendiquer la venue d'une aube décoloniale. Ce soir, Rodney Saint-Éloi nous dicte la route, il est notre invité à Mission encre noire.

    Extrait: «histoire de mes chaînes/l'histoire n'est pas l'histoire/histoire de mes ensauvagements/de mes errances/je ne compte pas les phares/je me dédie aux phrases orphelines/gardiens des continents/mon nom est ma trahison/j'invoque l'arbre totem/la sorcière dit/vas-y/vas-y seul/au coeur des syllabes/à l'orée de la toundra/demande la route au maître caribou/garde neuve ta solitude/tiens dans tes mains/l'habitude de la joie/et les émeutes du soleil »

    Nos vies de plume de Karine Légeron paru en 2019 aux éditions Leméac. Alice se berce en regardant la mer, assise sous un pin. Elle veut enfin révéler toute la vérité sur son histoire, mais par où commencer ? Même si elle range son carnet dans la bibliothèque entre Anne hébert et Michel Houellebecq, pour plus tard, lorsque l'enfant qu'elle porte fêtera sa quinzième année ; elle doute encore. Tout à un début, ici, le souvenir apparaît, celui d'un carte postale d'Azaé, sa mère, celui d'une petite écriture à l'encre turquoise, accompagné d'un cachet de la poste argentin. Puis elle se figure, en voyant son chien qui court sur les falaises, les endroits qu'elle a habités, son enfance meurtrie, les non-dits, la folie noire sa mère. Azaé qui la supplie de venir l'aider, là, en argentine, de réussir à la sauver. Elle décide de tout quitter en 24 heures, son chum, son appartement parisien et son travail ennuyant.  Elle sait, pourtant, elle va souffrir. Des falaises bretonnes en passant par les montagnes des Andes, ce splendide premier roman très réussi, vous plantera une écharde dans l'esprit: doit-on tout dire, se doit-on de tout transmettre ? Nos vies de plume remonte le temps et se révèle être un fascinant puzzle. Karine Légeron a quitté il y a bien longtemps la ruta nacional 9 pour venir nous rendre visite, ce soir, à Mission encre noire.

    Extrait: « Je crois que j'ai réalisé très tôt qu'elle était malade, que quelque chose n'allait pas. Et ça m'affolait, cette chose qui la rongeait et la faisait passer du rire aux larmes. Ça me gênait, ça me faisait honte. Alors je préférais me dire qu'elle était égoiste, irresponsable, menteuse, immature, lunatique, une mauvaise mère. malsaine et peut-être dangereuse. C'était plus facile que d'admettre qu'elle était folle. Oui: folle. j'ai souvent pensé que Paul était survenu comme une bouée de sauvetage, un moyen d'échapper à la démence d'Azaé. Que je m'étais mariée pour la fuir et me mettre à couvert.»

     

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  • Émission du 8 octobre 2019
    Mission encre noire Tome 27 Chapitre 318. Nous ne trahirons pas le poème de Rodney Saint-Éloi paru en 2019 aux éditions Mémoire d'encrier. Avec élégance et style, le poète ici martèle un appel à la résistance: Nous ne trahirons pas ! Ni la voix des ancêtres, ni celle de la terre-mère, grand-mère, ni celle du corps qui se fait parfois sauvage, tantôt sensuelle. La voix du poète exige à goûter au chant du monde, à sentir, coeur léger, l'amour qui grandit. Car, il faut se l'avouer nous avons failli. Les guerres, les séismes, les échouages sur les plages cimetières de la méditerranée nous le remémorent encore trop souvent. Tam-tam la nuit, Tam-tam le jour, le tambour lancinant guidera votre lecture. Et si au détour d'un poème l'ombre d'un illustre plane, si une seule voix oubliée nous manque, soyez-en sûr, le poète se fera volcan, écume, tempête pour clamer le feu de la vérité, pour mettre au jour ce que l'on refuse de nommer, pour nous permettre de revendiquer la venue d'une aube décoloniale. Ce soir, Rodney Saint-Éloi nous dicte la route, il est notre invité à Mission encre noire.
    Extrait: «histoire de mes chaînes/l'histoire n'est pas l'histoire/histoire de mes ensauvagements/de mes errances/je ne compte pas les phares/je me dédie aux phrases orphelines/gardiens des continents/mon nom est ma trahison/j'invoque l'arbre totem/la sorcière dit/vas-y/vas-y seul/au coeur des syllabes/à l'orée de la toundra/demande la route au maître caribou/garde neuve ta solitude/tiens dans tes mains/l'habitude de la joie/et les émeutes du soleil »
    Nos vies de plume de Karine Légeron paru en 2019 aux éditions Leméac. Alice se berce en regardant la mer, assise sous un pin. Elle veut enfin révéler toute la vérité sur son histoire, mais par où commencer ? Même si elle range son carnet dans la bibliothèque entre Anne hébert et Michel Houellebecq, pour plus tard, lorsque l'enfant qu'elle porte fêtera sa quinzième année ; elle doute encore. Tout à un début, ici, le souvenir apparaît, celui d'un carte postale d'Azaé, sa mère, celui d'une petite écriture à l'encre turquoise, accompagné d'un cachet de la poste argentin. Puis elle se figure, en voyant son chien qui court sur les falaises, les endroits qu'elle a habités, son enfance meurtrie, les non-dits, la folie noire sa mère. Azaé qui la supplie de venir l'aider, là, en argentine, de réussir à la sauver. Elle décide de tout quitter en 24 heures, son chum, son appartement parisien et son travail ennuyant.  Elle sait, pourtant, elle va souffrir. Des falaises bretonnes en passant par les montagnes des Andes, ce splendide premier roman très réussi, vous plantera une écharde dans l'esprit: doit-on tout dire, se doit-on de tout transmettre ? Nos vies de plume remonte le temps et se révèle être un fascinant puzzle. Karine Légeron a quitté il y a bien longtemps la ruta nacional 9 pour venir nous rendre visite, ce soir, à Mission encre noire.
    Extrait: « Je crois que j'ai réalisé très tôt qu'elle était malade, que quelque chose n'allait pas. Et ça m'affolait, cette chose qui la rongeait et la faisait passer du rire aux larmes. Ça me gênait, ça me faisait honte. Alors je préférais me dire qu'elle était égoiste, irresponsable, menteuse, immature, lunatique, une mauvaise mère. malsaine et peut-être dangereuse. C'était plus facile que d'admettre qu'elle était folle. Oui: folle. j'ai souvent pensé que Paul était survenu comme une bouée de sauvetage, un moyen d'échapper à la démence d'Azaé. Que je m'étais mariée pour la fuir et me mettre à couvert.»
    0 min
  • Émission du 17 septembre 2019

    Mission encre noire Tome 27 Chapitre 317. L'actualité de Catherine Lemieux est chargée en cette rentrée littéraire. Nous profitons de la parution simultanée de La consumation paru en 2019 aux éditions Nota Bene et de Super-héroïnes de Barbi Markovic paru aux éditions Triptyque en 2019, traduit de l'allemand par l'autrice, pour revenir sur Une affection rare, son premier roman paru en 2018 aux éditions Triptyque.  La consumation est une essai captivant qui vous invite à célébrer l'exubérance, l'esprit de dépense en littérature. Catherine Lemieux se dit contaminée par ce feu de l'esprit qui s'écoule, déborde, dont le retour de flamme serait dévastateur. L'étude de ce phénomène à travers des textes chez Bachmann, Plath et Duras va vous exhorter à « apprendre à pousser plus loin, pour contracter un appétit inavouable et passablement cruel, pour révéler le manque, le gargouillement des tripes à la source de l'aventure de la connaissance.» Super-héroïnes de Barbi Markovic est un roman piquant, grinçant. Trois adeptes de la sorcellerie sont en révolte contre les abus de leur société d'accueil. Elles se réunissent dans un café malfamé de Vienne pour pratiquer la foudre et l'extermination. Les trois héroïnes immigrantes, non content de vouloir faire le bien, se sentent rejetées, et doivent composer avec les aléas de la vie quotidienne. Superhéroïnes est un roman drôle, une fiction urbaine, voire dystopique qui se délecte à jeter des sorts à cette damnée société de consommation. Une affection rare paru plus tôt dans l'année, est une histoire d"amitié hors norme, la rencontre d'Anna et Sarah, à Québec, début des années 2000. La musique de Joy Division, des Smiths, des Cure leur sert de bannière pour affronter lutter contre les discours conformistes et l'hypocrisie de l'époque. La première souffre d'une rare affection aux poumons ; la seconde, est une trapéziste qui aimerait avoir le courage de se laisser tomber. Laissez-vous porter par une histoire où l'amitié est une ivresse contagieuse qui flirte avec le sentiment amoureux et la passion. De passage au Québec, Catherine Lemieux est notre invité à Mission encre noire.

    Extrait: « Un court instant je crois entendre mes algues couiner. Mais non, silence. Sarah ne me regarde plus entre deux pirouettes. Mission accomplie. Elle existe comme si je n'existais pas. Je la regarde avec un peu plus d'attention. Un jour, peut-être, je ne la reconnaîtrai plus. Elle sera d'un autre sang. Ne me rappellera plus rien ni personne. Je serai au plus près de sa nuit. Mon coeur en battra plus fort. Comme au bord de la mer. Je ne veux pas savoir ce que pense Sarah. Je veux écouter le bruit des vagues dans sa carcasse qui grince.»

    Zodiaque / Collectif paru en 2019 aux éditions La Mèche. Voici un recueil de nouvelles signé par douze autrices, douze signes astrologiques, douze fictions plus une:

    Mélopée B. Montminy (Gémeaux), Marjolaine Beauchamp (Cancer), Zéa Beaulieu-April (Bélier), Pascale Bérubé (Lion), MP boivert (Vierge), Clara Dupuis-Morency (Verseau), Nadia Essadiqui aka La Bronze (Scorpion), Catherine Mavrikakis (Capricorne), Anne Martine Parent (Poissons), Chloé Savoie-Bernard (Taureau) et Maude Veilleux (Sagittaire) et Ariane Lessard (Balance) sont les signatures qui guident nos futurs voyages astraux. Le collectif vous propose de vous emparer d'un langage qui parfois attire ou révulse. Condamné à vie pour quétainerie, la pseudo science, malgré ses connotations commerciales, ésotérique, voire ringarde, parle de nous, de vous, de toi. Il s'établit une relation intime aux signes, à la trajectoire changeante, qui néanmoins donne naissance à un récit. Comme par magie, il est fort probable, qu'au bout de votre lecture, chacun.e, trouve chaussure à son pied, dans ce formidable jeu de constellations. Ce projet est né de la boule de cristal de Sébastien Dulude et d'Ariane Lessard, deux voix qui nous viennent du clan des Balance, quelque part entre 180 degré et 210 degré compté sur le cercle des signes du zodiaque. Dotée d'humour, d'espièglerie et, qui sait, de magie, Ariane Lessard est notre invité, ce soir, à Mission encre noire.

    Extrait: « Au début de ma vingtaine, j'étais insouciante et téméraire. Ma voiture ressemblait à un dépotoir. Je roulais un pied sorti par la fenetre. Je dormais dans le coffre entre mes cours. Je me maquillais à quatre-vingts kilomètres à l'heure. Sagittaire ascendant Lion. Cheveux dans le vent. Je n'ai jamais trouvé le bonheur en dehors d'une voiture.» Maude Veilleux (Sagittaire), Véhicule cheveux longs.

     

     

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  • Émission du 17 septembre 2019
    Mission encre noire Tome 27 Chapitre 317. L'actualité de Catherine Lemieux est chargée en cette rentrée littéraire. Nous profitons de la parution simultanée de La consumation paru en 2019 aux éditions Nota Bene et de Super-héroïnes de Barbi Markovic paru aux éditions Triptyque en 2019, traduit de l'allemand par l'autrice, pour revenir sur Une affection rare, son premier roman paru en 2018 aux éditions Triptyque.  La consumation est une essai captivant qui vous invite à célébrer l'exubérance, l'esprit de dépense en littérature. Catherine Lemieux se dit contaminée par ce feu de l'esprit qui s'écoule, déborde, dont le retour de flamme serait dévastateur. L'étude de ce phénomène à travers des textes chez Bachmann, Plath et Duras va vous exhorter à « apprendre à pousser plus loin, pour contracter un appétit inavouable et passablement cruel, pour révéler le manque, le gargouillement des tripes à la source de l'aventure de la connaissance.» Super-héroïnes de Barbi Markovic est un roman piquant, grinçant. Trois adeptes de la sorcellerie sont en révolte contre les abus de leur société d'accueil. Elles se réunissent dans un café malfamé de Vienne pour pratiquer la foudre et l'extermination. Les trois héroïnes immigrantes, non content de vouloir faire le bien, se sentent rejetées, et doivent composer avec les aléas de la vie quotidienne. Superhéroïnes est un roman drôle, une fiction urbaine, voire dystopique qui se délecte à jeter des sorts à cette damnée société de consommation. Une affection rare paru plus tôt dans l'année, est une histoire d"amitié hors norme, la rencontre d'Anna et Sarah, à Québec, début des années 2000. La musique de Joy Division, des Smiths, des Cure leur sert de bannière pour affronter lutter contre les discours conformistes et l'hypocrisie de l'époque. La première souffre d'une rare affection aux poumons ; la seconde, est une trapéziste qui aimerait avoir le courage de se laisser tomber. Laissez-vous porter par une histoire où l'amitié est une ivresse contagieuse qui flirte avec le sentiment amoureux et la passion. De passage au Québec, Catherine Lemieux est notre invité à Mission encre noire.
    Extrait: « Un court instant je crois entendre mes algues couiner. Mais non, silence. Sarah ne me regarde plus entre deux pirouettes. Mission accomplie. Elle existe comme si je n'existais pas. Je la regarde avec un peu plus d'attention. Un jour, peut-être, je ne la reconnaîtrai plus. Elle sera d'un autre sang. Ne me rappellera plus rien ni personne. Je serai au plus près de sa nuit. Mon coeur en battra plus fort. Comme au bord de la mer. Je ne veux pas savoir ce que pense Sarah. Je veux écouter le bruit des vagues dans sa carcasse qui grince.»
    Zodiaque / Collectif paru en 2019 aux éditions La Mèche. Voici un recueil de nouvelles signé par douze autrices, douze signes astrologiques, douze fictions plus une:
    Mélopée B. Montminy (Gémeaux), Marjolaine Beauchamp (Cancer), Zéa Beaulieu-April (Bélier), Pascale Bérubé (Lion), MP boivert (Vierge), Clara Dupuis-Morency (Verseau), Nadia Essadiqui aka La Bronze (Scorpion), Catherine Mavrikakis (Capricorne), Anne Martine Parent (Poissons), Chloé Savoie-Bernard (Taureau) et Maude Veilleux (Sagittaire) et Ariane Lessard (Balance) sont les signatures qui guident nos futurs voyages astraux. Le collectif vous propose de vous emparer d'un langage qui parfois attire ou révulse. Condamné à vie pour quétainerie, la pseudo science, malgré ses connotations commerciales, ésotérique, voire ringarde, parle de nous, de vous, de toi. Il s'établit une relation intime aux signes, à la trajectoire changeante, qui néanmoins donne naissance à un récit. Comme par magie, il est fort probable, qu'au bout de votre lecture, chacun.e, trouve chaussure à son pied, dans ce formidable jeu de constellations. Ce projet est né de la boule de cristal de Sébastien Dulude et d'Ariane Lessard, deux voix qui nous viennent du clan des Balance, quelque part entre 180 degré et 210 degré compté sur le cercle des signes du zodiaque. Dotée d'humour, d'espièglerie et, qui sait, de magie, Ariane Lessard est notre invité, ce soir, à Mission encre noire.
    Extrait: « Au début de ma vingtaine, j'étais insouciante et téméraire. Ma voiture ressemblait à un dépotoir. Je roulais un pied sorti par la fenetre. Je dormais dans le coffre entre mes cours. Je me maquillais à quatre-vingts kilomètres à l'heure. Sagittaire ascendant Lion. Cheveux dans le vent. Je n'ai jamais trouvé le bonheur en dehors d'une voiture.» Maude Veilleux (Sagittaire), Véhicule cheveux longs.
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  • Émission du 10 septembre 2019

    Mission encre noire Tome 27 Chapitre 316. L'annexe de Catherine Mavrikakis paru en 2019 aux éditions Héliotrope. Pour inaugurer cette nouvelle saison qui s'annonce riche et stimulante, je vous emmène à la rencontre d'Anna, espionne pour l'Agathos, une organisation qui lui a enseigné les diverses méthodes de surveillance et de fuite. Toujours sur le qui-vive, elle opère un temps à Londres, à Tripoli ou encore à Tel-Aviv. Néanmoins, s'il existe un lieu plus accueillant, entre tous, pour cette éternelle nomade, c'est bien le 263 Prinsengracht à Amsterdam. Précisément, il s'agit de l'annexe où la famille d'Anne Franck a tenté d'échapper à l'horreur nazie. Forcée de l'exfiltrer, l'organisation lui envoie des directives pour l'expédier vers une maison de protection alors qu'elle se sait suivi. Anna se retrouve dans une résidence des plus étrange. Elle y fait la rencontre de Celestino, son geôlier, un passionné de littérature. L'annexe devient matière à un délicieux ballet d'excès littéraires. Les protagonistes incarnent les atours des figures les plus illustres de la littérature, pour nous gratifier d'un formidable jeu de dupe. Laissez-vous glisser vers le pays des merveilles, sous la plume esthète, érudite et gourmande de Catherine Mavrikakis. L'autrice nous ouvre les portes de sa bibliothèque personnelle, elle est notre invitée à Mission encre noire.

    Extrait: « Celestino n'allait pas apprécier ce sobriquet et il m'en voudrait de mes références à Tourgueniev, ce vieil hétéro. Il allait m'interdire de penser à des auteurs amoureux des femmes ou de leur corps, même si lui ne devait pas s'être privé de ce plaisir-là avec la Saturna de Benito Galdos. Oui, il me sermonnerait. À moins qu'il n'arrivât à me sortir une histoire abracadabrante sur l'homosexualité cachée de Tourgueniev. Après tout, l'écrivain russe avait été l'ami de Flaubert, devenu dans les années 1980 une idole homosexuelle avec ses aventures de sodomite dans le placard. Des lettres prouvaient que Flaubert n'était pas celui que L'on pensait. Pourquoi ne pas imaginer que Tourgueniev et lui aient vécu quelque amourette ou encore aient conçu leur relation sur le modèle grec ? J'avais en fait assez hâte de revoir Celestino et d'observer comment il accueillerait le nom de baptême des Tourgueniev. Il m'expliquerait aussi pour Saturna.»

    Chienne de Marie-Pier Lafontaine paru en 2019 aux éditions Héliotrope. « Parmi toutes les lois du père, il y en avait une d'ordre capital: ne pas raconter.» Uppercut: Geste de percussion réalisé de bas en haut, et délivré le plus souvent à mi-distance avec le bras semi-fléchi. Chienne est de cet ordre là, un roman qui vous tient dans les cordes, qui va vous travailler au corps. Un texte qui fracasse les discours modérateurs autour de la violence faîtes aux femmes et aux filles. Cette histoire fait mal, car elle touche au plus creux de notre être. Dès les premiers mots, Marie-Pier Lafontaine fulmine les dents serrées. Chienne est une autofiction, une histoire de violence familiale. Le père l'ogre paternel impose une terreur quotidienne qui use et ronge comme un acide l'enfance écorchée vive. Le livre se nourrit à même la matière noire d'un rituel violent et impitoyable. Ne vous y trompez pas, il s'agit là de l'une des voix forte de cette rentrée littéraire, une voix qui fascine déjà. Au plus près de la déchirure du monde, une autrice est née, Marie-Pier Lafontaine est invitée à Mission encre noire.

    Extrait: « À quoi bon écrire chaque épisode, chaque violence, chaque soumission. Jamais personne ne pourra comprendre ce que c'était que de grandir sous le même toit que cet animal. Et même si j'avais des photos à montrer et des renseignements vidéo et d'autres photos encore, il faut l'avoir vécu dans son corps pour comprendre. Je fais partie des éclopées. De ces gens qui ont expérimenté au plus près du coeur la déchirure du monde. Je ne crois en rien si ce n'est en la capacité des hommes à détruire.»

     

    1 hr
  • Émission du 10 septembre 2019
    Mission encre noire Tome 27 Chapitre 316. L'annexe de Catherine Mavrikakis paru en 2019 aux éditions Héliotrope. Pour inaugurer cette nouvelle saison qui s'annonce riche et stimulante, je vous emmène à la rencontre d'Anna, espionne pour l'Agathos, une organisation qui lui a enseigné les diverses méthodes de surveillance et de fuite. Toujours sur le qui-vive, elle opère un temps à Londres, à Tripoli ou encore à Tel-Aviv. Néanmoins, s'il existe un lieu plus accueillant, entre tous, pour cette éternelle nomade, c'est bien le 263 Prinsengracht à Amsterdam. Précisément, il s'agit de l'annexe où la famille d'Anne Franck a tenté d'échapper à l'horreur nazie. Forcée de l'exfiltrer, l'organisation lui envoie des directives pour l'expédier vers une maison de protection alors qu'elle se sait suivi. Anna se retrouve dans une résidence des plus étrange. Elle y fait la rencontre de Celestino, son geôlier, un passionné de littérature. L'annexe devient matière à un délicieux ballet d'excès littéraires. Les protagonistes incarnent les atours des figures les plus illustres de la littérature, pour nous gratifier d'un formidable jeu de dupe. Laissez-vous glisser vers le pays des merveilles, sous la plume esthète, érudite et gourmande de Catherine Mavrikakis. L'autrice nous ouvre les portes de sa bibliothèque personnelle, elle est notre invitée à Mission encre noire.
    Extrait: « Celestino n'allait pas apprécier ce sobriquet et il m'en voudrait de mes références à Tourgueniev, ce vieil hétéro. Il allait m'interdire de penser à des auteurs amoureux des femmes ou de leur corps, même si lui ne devait pas s'être privé de ce plaisir-là avec la Saturna de Benito Galdos. Oui, il me sermonnerait. À moins qu'il n'arrivât à me sortir une histoire abracadabrante sur l'homosexualité cachée de Tourgueniev. Après tout, l'écrivain russe avait été l'ami de Flaubert, devenu dans les années 1980 une idole homosexuelle avec ses aventures de sodomite dans le placard. Des lettres prouvaient que Flaubert n'était pas celui que L'on pensait. Pourquoi ne pas imaginer que Tourgueniev et lui aient vécu quelque amourette ou encore aient conçu leur relation sur le modèle grec ? J'avais en fait assez hâte de revoir Celestino et d'observer comment il accueillerait le nom de baptême des Tourgueniev. Il m'expliquerait aussi pour Saturna.»
    Chienne de Marie-Pier Lafontaine paru en 2019 aux éditions Héliotrope. « Parmi toutes les lois du père, il y en avait une d'ordre capital: ne pas raconter.» Uppercut: Geste de percussion réalisé de bas en haut, et délivré le plus souvent à mi-distance avec le bras semi-fléchi. Chienne est de cet ordre là, un roman qui vous tient dans les cordes, qui va vous travailler au corps. Un texte qui fracasse les discours modérateurs autour de la violence faîtes aux femmes et aux filles. Cette histoire fait mal, car elle touche au plus creux de notre être. Dès les premiers mots, Marie-Pier Lafontaine fulmine les dents serrées. Chienne est une autofiction, une histoire de violence familiale. Le père l'ogre paternel impose une terreur quotidienne qui use et ronge comme un acide l'enfance écorchée vive. Le livre se nourrit à même la matière noire d'un rituel violent et impitoyable. Ne vous y trompez pas, il s'agit là de l'une des voix forte de cette rentrée littéraire, une voix qui fascine déjà. Au plus près de la déchirure du monde, une autrice est née, Marie-Pier Lafontaine est invitée à Mission encre noire.
    Extrait: « À quoi bon écrire chaque épisode, chaque violence, chaque soumission. Jamais personne ne pourra comprendre ce que c'était que de grandir sous le même toit que cet animal. Et même si j'avais des photos à montrer et des renseignements vidéo et d'autres photos encore, il faut l'avoir vécu dans son corps pour comprendre. Je fais partie des éclopées. De ces gens qui ont expérimenté au plus près du coeur la déchirure du monde. Je ne crois en rien si ce n'est en la capacité des hommes à détruire.»
    0 min
  • Émission du 16 juillet 2019

    Mission encre noire Tome 26 Chapitre 315. Les derniers coureurs de Virginie Beauregard D. paru en 2018 aux éditions de l'Écrou. Les pensées de Virginie Beauregard D. lui viennent en laissant filer les mots sur ses cahiers, librement. Simplement, une pensée va enchaîner sur une autre, un détail va interpeller, comme un pied sur l'asphalte ou un sommeil d'enfant. Les coureurs qui inlassablement créent de la distance entre les lieux, les choses et les gens, poursuivent, parfois, ici, une quête impossible. De la course à l'écriture, il y a une forme d'énergie fascinante qui se dégage de ce magnifique recueil. Au fil des confidences, le long parcours qui déroule, se fait sonore, couleur ou esquisse. Si le mouvement est à la source de ce recueil, les mots qui dévorent le bitume ont des semelles de vent. Comme d'autres, vous tomberez sous le charme de ces lignes qui invitent à un voyage immobile, à la fois intime et tribal. Troisième recueil de poésie publié aux éditions de l'Écrou, après Les heures se trompent de but (2010) et D'une main sauvage (2014), Les derniers coureurs a été dans la liste préliminaire du prix des libraires 2019. Virginie Beauregard D. est notre invitée à Mission encre noire.

    Extrait: « Tu tombes/de ton lit/comme je m'écarte/du sommeil/revenant d'un calvaire de chemins secrets/ça ne ressemble à rien/tu battais des pieds comme d'autres des ailes/c'est à se demander/si nous sommes ces athlètes essoufflés/ceux qui courent en meute/sur l'ellipse étincelante/des minutes et des saisons/d'un stade qui les connaît à peine.»

    Je profite de cette dernière émission de la saison, avant de vous retrouver à la rentrée, pour vous suggérer une liste de lecture pour accompagner votre été les pieds dans l'eau. Vous trouverez au programme:

    American Elsewhere de Robert Jackson Bennett traduit par Laurent philibert-Caillat paru en 2018 aux éditions Albin Michel.

    Empire des chimères par Antoine Chainas paru en 2018 aux éditions Gallimard dans la collection Série noire.

    Power de Michael Mention paru en 2018 aux éditions Stéphane Marsan.

    Reporter criminel de James Ellroy traduit par Jean-paul Gratias paru en 2018 aux éditions Rivages noir.

    Darktown de Thomas Mullen traduit par Anne-Marie Carrière paru en 2018 aux éditions Rivages noir.

    L'usurpateur de Jorn Lier Horst traduit par Céline Romand-Monnier paru en 2019 aux éditions Gallimard dans la collection Série noire.

    Né d'aucune femme de Franck Bouysse paru en 2018 aux éditions de la Manufacture de livres.

    Je vous souhaite à toutes et à tous un bel été !

    1 hr
  • Émission du 16 juillet 2019

    Mission encre noire Tome 26 Chapitre 315. Les derniers coureurs de Virginie Beauregard D. paru en 2018 aux éditions de l'Écrou. Les pensées de Virginie Beauregard D. lui viennent en laissant filer les mots sur ses cahiers, librement. Simplement, une pensée va enchaîner sur une autre, un détail va interpeller, comme un pied sur l'asphalte ou un sommeil d'enfant. Les coureurs qui inlassablement créent de la distance entre les lieux, les choses et les gens, poursuivent, parfois, ici, une quête impossible. De la course à l'écriture, il y a une forme d'énergie fascinante qui se dégage de ce magnifique recueil. Au fil des confidences, le long parcours qui déroule, se fait sonore, couleur ou esquisse. Si le mouvement est à la source de ce recueil, les mots qui dévorent le bitume ont des semelles de vent. Comme d'autres, vous tomberez sous le charme de ces lignes qui invitent à un voyage immobile, à la fois intime et tribal. Troisième recueil de poésie publié aux éditions de l'Écrou, après Les heures se trompent de but (2010) et D'une main sauvage (2014), Les derniers coureurs a été dans la liste préliminaire du prix des libraires 2019. Virginie Beauregard D. est notre invitée à Mission encre noire.

    Extrait: « Tu tombes/de ton lit/comme je m'écarte/du sommeil/revenant d'un calvaire de chemins secrets/ça ne ressemble à rien/tu battais des pieds comme d'autres des ailes/c'est à se demander/si nous sommes ces athlètes essoufflés/ceux qui courent en meute/sur l'ellipse étincelante/des minutes et des saisons/d'un stade qui les connaît à peine.»

    Je profite de cette dernière émission de la saison, avant de vous retrouver à la rentrée, pour vous suggérer une liste de lecture pour accompagner votre été les pieds dans l'eau. Vous trouverez au programme:

    American Elsewhere de Robert Jackson Bennett traduit par Laurent philibert-Caillat paru en 2018 aux éditions Albin Michel.

    Empire des chimères par Antoine Chainas paru en 2018 aux éditions Gallimard dans la collection Série noire.

    Power de Michael Mention paru en 2018 aux éditions Stéphane Marsan.

    Reporter criminel de James Ellroy traduit par Jean-paul Gratias paru en 2018 aux éditions Rivages noir.

    Darktown de Thomas Mullen traduit par Anne-Marie Carrière paru en 2018 aux éditions Rivages noir.

    L'usurpateur de Jorn Lier Horst traduit par Céline Romand-Monnier paru en 2019 aux éditions Gallimard dans la collection Série noire.

    Né d'aucune femme de Franck Bouysse paru en 2018 aux éditions de la Manufacture de livres.

    Je vous souhaite à toutes et à tous un bel été !

    1 hr

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Mission encre noire parle de littérature tous les mardis soir en direct à 19h00 sur Choq.ca et vous donne l'envie de lire

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