Mission encre noire

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Mission encre noire episodes

  • Émission du 5 mars 2019

    Mission encre noire Tome 25 Chapitre 304. Dormir sans tête de David Clerson paru en 2019 aux éditions Héliotrope. Ayant perdu son travail, un homme rencontre le regard d'un orang-outan mâle dans un documentaire. Les jours suivant, il sent dans ses membres une souplesse inédite, son haleine, subitement, le dégoûte. À Montréal, toujours, un autre personnage erre sous la ville souterraine entre le premier et le onzième sous-sol. Il lui arrive d'y dormir et d'y rêver...de Camille, au visage masqué et aux traits de reptile. Les sacs de déchets qui jonchent la rue, un soir de juillet, en pleine canicule, ramènent à la mémoire des souvenirs de pourriture, de tueur en série, de champignons et le réveil des bêtes à la fin de l'hiver. À chaque déclaration d'amour de sa tumeur, qui l'a quitté, cet homme a la gorge qui lui serre. Elle, qui a vécu les plus beaux jours de sa vie alors qu'elle durcissait et devenait douloureuse sur son épaule. David Clerson joue un peu les chamanes dans ce recueil de douze nouvelles, notre guide aux pays des songes. Tout au long de la lecture de Dormir sans tête, un certain doute plane avec délice: que dissimule l'hospitalité apparente du rêve ? se laisse-t-on dévorer par le réel ou contaminer par les imaginaires ? David Clerson est notre invité, ce soir, à Mission encre noire.

    Extrait: «Sa vie à certains moments, avait aussi ressemblé à un naufrage. Sa maison d'édition avait plusieurs fois frôlé la faillite. Marie dirigeait tant bien que mal son entreprise malgré la dépression qui l'accablait. Lui-même ne le disait pas, mais il lui semblait parfois qu'il sombrait. Son sommeil était de plus en plus fragile. Quand il ouvrait les yeux à l'aube, il ne parvenait souvent plus à se rendormir, et s'étonnait de se rappeler ses rêves, qu'il avait toujours rapidement oubliés. On aurait cru des lambeaux qui se déchiraient et dont il gardait des bribes, des images persistantes qui souvent le hantaient: la récurrence du cadavre de son père, mort bien des années avant celui de Marie, et dont il ne parlait presque jamais ; le souvenir, aussi, d'une maison d'édition immense, aux murs surchargés de livres, et dans laquelle il se perdait.»

    Dieu et désir de Michel Morin paru en 2018 aux éditions Les herbes rouges. Si Dieu est un sujet délicat par les temps qui courent, lui accoler le terme désir peut paraître incongru. Et pourtant ! voici un essai passionnant qui devrait vous faire réagir et bondir de votre chaise la plupart de temps. Michel Morin s'appuie essentiellement sur deux textes fondateurs pour sa réflexion: Ainsi parlait Zarathoustra de Friedrich Nietzsche et La pesanteur et la grâce de Simone Weil. Il ne s'agit pas ici de Dieu moral et d'embrigadement aveugle, bien plutôt d'envisager l'idée de Dieu comme la puissance créatrice de toutes choses, qui par le biais du désir, le moteur de ce qui est, permet à l'homme de se transcender, de devenir sur-humain. Michel Morin vous propose d'interroger le destin de l'homme dans le contexte  la civilisation d'aujourd'hui. Michel Morin est notre invité à Mission encre noire.

    Extrait: «Ce n'est pas en «castrant» Dieu que l'on ramènera la «paix» sur la terre, comme le sous-entendent toutes les politiques laïcistes. C'est en le re-découvrant là où il se cache, au fond de soi, au plus creux de la sensation, loin de toute «morale» (et de toute «armée morale»).»

     

    1 hr 1 min
  • Émission du 5 mars 2019
    Mission encre noire Tome 25 Chapitre 304. Dormir sans tête de David Clerson paru en 2019 aux éditions Héliotrope. Ayant perdu son travail, un homme rencontre le regard d'un orang-outan mâle dans un documentaire. Les jours suivant, il sent dans ses membres une souplesse inédite, son haleine, subitement, le dégoûte. À Montréal, toujours, un autre personnage erre sous la ville souterraine entre le premier et le onzième sous-sol. Il lui arrive d'y dormir et d'y rêver...de Camille, au visage masqué et aux traits de reptile. Les sacs de déchets qui jonchent la rue, un soir de juillet, en pleine canicule, ramènent à la mémoire des souvenirs de pourriture, de tueur en série, de champignons et le réveil des bêtes à la fin de l'hiver. À chaque déclaration d'amour de sa tumeur, qui l'a quitté, cet homme a la gorge qui lui serre. Elle, qui a vécu les plus beaux jours de sa vie alors qu'elle durcissait et devenait douloureuse sur son épaule. David Clerson joue un peu les chamanes dans ce recueil de douze nouvelles, notre guide aux pays des songes. Tout au long de la lecture de Dormir sans tête, un certain doute plane avec délice: que dissimule l'hospitalité apparente du rêve ? se laisse-t-on dévorer par le réel ou contaminer par les imaginaires ? David Clerson est notre invité, ce soir, à Mission encre noire.
    Extrait: «Sa vie à certains moments, avait aussi ressemblé à un naufrage. Sa maison d'édition avait plusieurs fois frôlé la faillite. Marie dirigeait tant bien que mal son entreprise malgré la dépression qui l'accablait. Lui-même ne le disait pas, mais il lui semblait parfois qu'il sombrait. Son sommeil était de plus en plus fragile. Quand il ouvrait les yeux à l'aube, il ne parvenait souvent plus à se rendormir, et s'étonnait de se rappeler ses rêves, qu'il avait toujours rapidement oubliés. On aurait cru des lambeaux qui se déchiraient et dont il gardait des bribes, des images persistantes qui souvent le hantaient: la récurrence du cadavre de son père, mort bien des années avant celui de Marie, et dont il ne parlait presque jamais ; le souvenir, aussi, d'une maison d'édition immense, aux murs surchargés de livres, et dans laquelle il se perdait.»
    Dieu et désir de Michel Morin paru en 2018 aux éditions Les herbes rouges. Si Dieu est un sujet délicat par les temps qui courent, lui accoler le terme désir peut paraître incongru. Et pourtant ! voici un essai passionnant qui devrait vous faire réagir et bondir de votre chaise la plupart de temps. Michel Morin s'appuie essentiellement sur deux textes fondateurs pour sa réflexion: Ainsi parlait Zarathoustra de Friedrich Nietzsche et La pesanteur et la grâce de Simone Weil. Il ne s'agit pas ici de Dieu moral et d'embrigadement aveugle, bien plutôt d'envisager l'idée de Dieu comme la puissance créatrice de toutes choses, qui par le biais du désir, le moteur de ce qui est, permet à l'homme de se transcender, de devenir sur-humain. Michel Morin vous propose d'interroger le destin de l'homme dans le contexte  la civilisation d'aujourd'hui. Michel Morin est notre invité à Mission encre noire.
    Extrait: «Ce n'est pas en «castrant» Dieu que l'on ramènera la «paix» sur la terre, comme le sous-entendent toutes les politiques laïcistes. C'est en le re-découvrant là où il se cache, au fond de soi, au plus creux de la sensation, loin de toute «morale» (et de toute «armée morale»).»
    0 min
  • Émission du 26 février 2019

    Mission encre noire Tome 25 Chapitre 304. Dormir sans tête de David Clerson paru en 2019 aux éditions Héliotrope. Ayant perdu son travail, un homme rencontre le regard d'un orang-outan mâle dans un documentaire. Les jours suivant, il sent dans ses membres une souplesse inédite, son haleine, subitement, le dégoûte. À Montréal, toujours, un autre personnage erre sous la ville souterraine entre le premier et le onzième sous-sol. Il lui arrive d'y dormir et d'y rêver...de Camille, au visage masqué et aux traits de reptile. Les sacs de déchets qui jonchent la rue, un soir de juillet, en pleine canicule, ramènent à la mémoire des souvenirs de pourriture, de tueur en série, de champignons et le réveil des bêtes à la fin de l'hiver. À chaque déclaration d'amour de sa tumeur, qui l'a quitté, cet homme a la gorge qui lui serre. Elle, qui a vécu les plus beaux jours de sa vie alors qu'elle durcissait et devenait douloureuse sur son épaule. David Clerson joue un peu les chamanes dans ce recueil de douze nouvelles, notre guide aux pays des songes. Tout au long de la lecture de Dormir sans tête, un certain doute plane avec délice: que dissimule l'hospitalité apparente du rêve ? se laisse-t-on dévorer par le réel ou contaminer par les imaginaires ? David Clerson est notre invité, ce soir, à Mission encre noire.

    Extrait: «Sa vie à certains moments, avait aussi ressemblé à un naufrage. Sa maison d'édition avait plusieurs fois frôlé la faillite. Marie dirigeait tant bien que mal son entreprise malgré la dépression qui l'accablait. Lui-même ne le disait pas, mais il lui semblait parfois qu'il sombrait. Son sommeil était de plus en plus fragile. Quand il ouvrait les yeux à l'aube, il ne parvenait souvent plus à se rendormir, et s'étonnait de se rappeler ses rêves, qu'il avait toujours rapidement oubliés. On aurait cru des lambeaux qui se déchiraient et dont il gardait des bribes, des images persistantes qui souvent le hantaient: la récurrence du cadavre de son père, mort bien des années avant celui de Marie, et dont il ne parlait presque jamais ; le souvenir, aussi, d'une maison d'édition immense, aux murs surchargés de livres, et dans laquelle il se perdait.»

    Dieu et désir de Michel Morin paru en 2018 aux éditions Les herbes rouges. Si Dieu est un sujet délicat par les temps qui courent, lui accoler le terme désir peut paraître incongru. Et pourtant ! voici un essai passionnant qui devrait vous faire réagir et bondir de votre chaise la plupart de temps. Michel Morin s'appuie essentiellement sur deux textes fondateurs pour sa réflexion: Ainsi parlait Zarathoustra de Friedrich Nietzsche et La pesanteur et la grâce de Simone Weil. Il ne s'agit pas ici de Dieu moral et d'embrigadement aveugle, bien plutôt d'envisager l'idée de Dieu comme la puissance créatrice de toutes choses, qui par le biais du désir, le moteur de ce qui est, permet à l'homme de se transcender, de devenir sur-humain. Michel Morin vous propose d'interroger le destin de l'homme dans le contexte  la civilisation d'aujourd'hui. Michel Morin est notre invité à Mission encre noire.

    Extrait: «Ce n'est pas en «castrant» Dieu que l'on ramènera la «paix» sur la terre, comme le sous-entendent toutes les politiques laïcistes. C'est en le re-découvrant là où il se cache, au fond de soi, au plus creux de la sensation, loin de toute «morale» (et de toute «armée morale»).»

     

    1 hr 1 min
  • Émission du 26 février 2019
    Mission encre noire Tome 25 Chapitre 304. Dormir sans tête de David Clerson paru en 2019 aux éditions Héliotrope. Ayant perdu son travail, un homme rencontre le regard d'un orang-outan mâle dans un documentaire. Les jours suivant, il sent dans ses membres une souplesse inédite, son haleine, subitement, le dégoûte. À Montréal, toujours, un autre personnage erre sous la ville souterraine entre le premier et le onzième sous-sol. Il lui arrive d'y dormir et d'y rêver...de Camille, au visage masqué et aux traits de reptile. Les sacs de déchets qui jonchent la rue, un soir de juillet, en pleine canicule, ramènent à la mémoire des souvenirs de pourriture, de tueur en série, de champignons et le réveil des bêtes à la fin de l'hiver. À chaque déclaration d'amour de sa tumeur, qui l'a quitté, cet homme a la gorge qui lui serre. Elle, qui a vécu les plus beaux jours de sa vie alors qu'elle durcissait et devenait douloureuse sur son épaule. David Clerson joue un peu les chamanes dans ce recueil de douze nouvelles, notre guide aux pays des songes. Tout au long de la lecture de Dormir sans tête, un certain doute plane avec délice: que dissimule l'hospitalité apparente du rêve ? se laisse-t-on dévorer par le réel ou contaminer par les imaginaires ? David Clerson est notre invité, ce soir, à Mission encre noire.
    Extrait: «Sa vie à certains moments, avait aussi ressemblé à un naufrage. Sa maison d'édition avait plusieurs fois frôlé la faillite. Marie dirigeait tant bien que mal son entreprise malgré la dépression qui l'accablait. Lui-même ne le disait pas, mais il lui semblait parfois qu'il sombrait. Son sommeil était de plus en plus fragile. Quand il ouvrait les yeux à l'aube, il ne parvenait souvent plus à se rendormir, et s'étonnait de se rappeler ses rêves, qu'il avait toujours rapidement oubliés. On aurait cru des lambeaux qui se déchiraient et dont il gardait des bribes, des images persistantes qui souvent le hantaient: la récurrence du cadavre de son père, mort bien des années avant celui de Marie, et dont il ne parlait presque jamais ; le souvenir, aussi, d'une maison d'édition immense, aux murs surchargés de livres, et dans laquelle il se perdait.»
    Dieu et désir de Michel Morin paru en 2018 aux éditions Les herbes rouges. Si Dieu est un sujet délicat par les temps qui courent, lui accoler le terme désir peut paraître incongru. Et pourtant ! voici un essai passionnant qui devrait vous faire réagir et bondir de votre chaise la plupart de temps. Michel Morin s'appuie essentiellement sur deux textes fondateurs pour sa réflexion: Ainsi parlait Zarathoustra de Friedrich Nietzsche et La pesanteur et la grâce de Simone Weil. Il ne s'agit pas ici de Dieu moral et d'embrigadement aveugle, bien plutôt d'envisager l'idée de Dieu comme la puissance créatrice de toutes choses, qui par le biais du désir, le moteur de ce qui est, permet à l'homme de se transcender, de devenir sur-humain. Michel Morin vous propose d'interroger le destin de l'homme dans le contexte  la civilisation d'aujourd'hui. Michel Morin est notre invité à Mission encre noire.
    Extrait: «Ce n'est pas en «castrant» Dieu que l'on ramènera la «paix» sur la terre, comme le sous-entendent toutes les politiques laïcistes. C'est en le re-découvrant là où il se cache, au fond de soi, au plus creux de la sensation, loin de toute «morale» (et de toute «armée morale»).»
    0 min
  • Émission du 12 février 2019

    Mission encre noire Tome 25 Chapitre 303 Vos voix ne nous atteindront plus de Julien Guy-Béland paru en 2019 aux éditions Héliotrope. « I'll execute every motherfucking last one of you !», C'est ce que les chats hurlent dans une ruelle quelque part entre Hochelaga et Sunset Boulevard dans ce premier roman. L'énergie «bad guys» de Pulp Fiction traverse le récit de cette jeune femme, Jeandeleine, qui est confondu avec une autre, célèbre pour avoir démantelée un réseau de pédophiles au Québec. Un riche californien en mal de sensations fortes, lui propose, par erreur, un contrat à Los Angeles. Tannée de niaiser au bar avec son chum de Saint-Bruno-de-Montarville, elle décide de sauter le pas. La mort subite de sa propriétaire, sa voisine du dessous, précipite sa décision. Une série de morts suspectes, dont le Beagle aveugle de Madame Bérange, assassiné dans une mare de sang, crucifié la tête en bas, lui font prendre le premier vol vers l'aéroport international de Chicago. Brutal comme une écriture gonzo débridée, accrocheur et radical comme un bon riff de métal, Vos voix ne nous atteindront plus, vous fera trébucher sur les milliers de cadavres qui  restent englués dans l'asphalte naturel de La Brea Avenue. Ça vous étonne ? Parfait ! Il en va pour l'écriture comme pour la musique, après tout: si c'est trop fort, tu es peut être rendu trop vieux pour ça ! Vonnegut n'est pas une marque de yogourt et Thompson pas seulement un pistolet mitrailleur, enfilons un costume de cheval ou de vache, Julien Guy-Béland s'installe à Mission encre noire, il est notre invité.

    Extrait:«On gît de tout notre long aux pattes d'une chaise pleine de sang. Le goût de fer dans notre gueule laisse deviner que ledit sang provient de notre mâchoire, qui a probablement heurté son dossier après que nos genoux eurent lâché à la vue de l'homme-cheval. Heureusement, nos dents sont intactes ps notre quasi-voisin a repris ses esprits avant d'en finir avec nous. Ou bedon on a mal entendu ce qu'il disait à travers son casque. En tout cas, on est en vie. Difficile d'en dire autant du Quelqu'un, ramanché exactement comme l'était le Beagle aveugle. Le même m.o pis pas d'alibi. Fuck appeler la police, Autant se tatouer Psycho Killer direct dans face.»

    Macbeth de Jo Nesbo paru en 2018 aux éditions Gallimard dans la collection Série noire, traduit par Céline Romand-Monnier. Les éditions britanniques Hogart, ont proposé de remettre au goût du jour les oeuvres de William Shakespeare. Margaret Atwood, Gillian Flynn, Anne Tyler et d'autres relèvent le défi. Jo Nesbo s'attaque au monument Macbeth. L'écrivain norvégien choisit de nous baigner dans une atmosphère polar dystopique. Une goutte de pluie traverse le décor nauséabond et industriel d'un quartier industriel dévasté. L'administration corrompue vient subir une purge sans précédent. La pauvreté et le crime règne sans partage sur la ville. Duncan, nouveau chef de la police s'empresse de faire le ménage. Il ne part pas gagnant face au baron de la drogue locale qui a mis la main sur une nouvelle substance de synthèse dévastatrice: «le bouillon». L'ombre gigantesque d'un homme plane sur la cité, le seul capable de se confronter à un tel handicap: Macbeth. L'heure est venue pour lui de mettre ses ambitions, et celles de Lady Macbeth, au service de son futur et de celui de la «loi». En sachant que l'horreur se bat parfois du côté du bien. Cette adaptation de Shakespeare marque un jalon important dans l'oeuvre de Jo Nesbo. Ce livre puissant, au final apocalyptique, digne de Scarface, vous laissera pantois. Difficile de contredire un tel monument de polar, l'un des sommets de 2018. 

    Extrait:«Il plaqua ses semelles sur la hanche et l'épaule de son fils, eut le temps de le voir essayer de s'accrocher à quelque chose, avant de le pousser de toutes ses forces. Son fils cria en protestation, il cria de peur, comme il l'avait fait à sa naissance, et puis il fut dehors. Le dernier cordon ombilical était coupé, seul dans le grand monde, en chute libre vers son destin. Banquo gémit de douleur en se remettant face au volant, il enclencha la vitesse et accéléra vers son propre destin. Lorsqu'il tomba en panne d'essence, trois kilomètres après le pont, ils l'avaient presque rattrapé. La voiture roula encore quelques derniers mètres et, se sentant somnolent, Banquo renversa la tête en arrière. Le froid avait gagné l'ensemble de son dos et de son ventre, et lorsque la pluie vint enfin de ce côté du tunnel, ce fut une pluie de plomb. de plomb qui se coulait à travers la carrosserie, les sièges et son corps. Banquo regardait par sa vitre latérale le flanc de la montagne. Et là, presque au sommet, il put voir ce qui, côté ville, ressemblait à un hommage au mal.»

    Scalp de Cyril Herry paru en 2018 aux éditions du Seuil dans la collection Cadre noir. La carte de l'Institut géographique national positionne Hans et sa mère Teresa sur une route départementale de la Saône et Loire en France. En route pour le sud et les vacances, Teresa accepte de faire un détour vers un endroit qui ne figure sur aucune carte: le dernier domicile connu du vrai père de Hans. Moitié trappeur, moitié activiste écologique, Alex a fui une liaison triangulaire toxique, qui a vu le père d'adoption de son fils, se suicidé au bas d'un pont. Hans se bâtit, rapidement, un imaginaire riche au contact de cette nature sauvage. Au détriment de l'avis de sa mère, il s'entête à vouloir attendre le retour de cet homme énigmatique, dont tout indique qu'il a fuit les lieux précipitamment. La nature dévoile ses cruautés, mais le petit homme apprendra bien vite qu'il existe une loi encore plus terrible: celle des hommes. Cyril Herry nous fait traverser le mur de l'innocence à grande vitesse à travers les yeux de Hans, au coeur d'un été caniculaire. Scalp est un premier roman bouleversant, en 72 heures, le destin de Hans va être bouleversé, au petit matin de sa nouvelle vie sa seule certitude tiendra dans son couteau déplié en attendant l'ennemi.

    Extrait:«Pourquoi tu m'as laissé l'appeler papa? Teresa n'avait pas répondu tout de suite. Pour la formuler aussi clairement, Hans avait dû longuement réfléchir à cette question. La retourner cent fois dans sa tête, de sorte à être bien certain que c'était la bonne, que sa mère ne puisse ni répondre à côté ni lui raconter d'histoires. Du silence s'était écoulé avant qu'elle dise: «Parce qu'il t'a vu grandir. Parce qu'il t'a accompagné.» Accompagné. Le petit avait quitté le regard de sa mère pour s,en remettre à la photo de l'îlot. «Accompagné» s'était mis à infuser dans son esprit comme un sachet de thé dans de l'eau bouillante. Thé aux fruits rouges.»

    1 hr 1 min
  • Émission du 12 février 2019
    Mission encre noire Tome 25 Chapitre 303 Vos voix ne nous atteindront plus de Julien Guy-Béland paru en 2019 aux éditions Héliotrope. « I'll execute every motherfucking last one of you !», C'est ce que les chats hurlent dans une ruelle quelque part entre Hochelaga et Sunset Boulevard dans ce premier roman. L'énergie «bad guys» de Pulp Fiction traverse le récit de cette jeune femme, Jeandeleine, qui est confondu avec une autre, célèbre pour avoir démantelée un réseau de pédophiles au Québec. Un riche californien en mal de sensations fortes, lui propose, par erreur, un contrat à Los Angeles. Tannée de niaiser au bar avec son chum de Saint-Bruno-de-Montarville, elle décide de sauter le pas. La mort subite de sa propriétaire, sa voisine du dessous, précipite sa décision. Une série de morts suspectes, dont le Beagle aveugle de Madame Bérange, assassiné dans une mare de sang, crucifié la tête en bas, lui font prendre le premier vol vers l'aéroport international de Chicago. Brutal comme une écriture gonzo débridée, accrocheur et radical comme un bon riff de métal, Vos voix ne nous atteindront plus, vous fera trébucher sur les milliers de cadavres qui  restent englués dans l'asphalte naturel de La Brea Avenue. Ça vous étonne ? Parfait ! Il en va pour l'écriture comme pour la musique, après tout: si c'est trop fort, tu es peut être rendu trop vieux pour ça ! Vonnegut n'est pas une marque de yogourt et Thompson pas seulement un pistolet mitrailleur, enfilons un costume de cheval ou de vache, Julien Guy-Béland s'installe à Mission encre noire, il est notre invité.
    Extrait:«On gît de tout notre long aux pattes d'une chaise pleine de sang. Le goût de fer dans notre gueule laisse deviner que ledit sang provient de notre mâchoire, qui a probablement heurté son dossier après que nos genoux eurent lâché à la vue de l'homme-cheval. Heureusement, nos dents sont intactes ps notre quasi-voisin a repris ses esprits avant d'en finir avec nous. Ou bedon on a mal entendu ce qu'il disait à travers son casque. En tout cas, on est en vie. Difficile d'en dire autant du Quelqu'un, ramanché exactement comme l'était le Beagle aveugle. Le même m.o pis pas d'alibi. Fuck appeler la police, Autant se tatouer Psycho Killer direct dans face.»
    Macbeth de Jo Nesbo paru en 2018 aux éditions Gallimard dans la collection Série noire, traduit par Céline Romand-Monnier. Les éditions britanniques Hogart, ont proposé de remettre au goût du jour les oeuvres de William Shakespeare. Margaret Atwood, Gillian Flynn, Anne Tyler et d'autres relèvent le défi. Jo Nesbo s'attaque au monument Macbeth. L'écrivain norvégien choisit de nous baigner dans une atmosphère polar dystopique. Une goutte de pluie traverse le décor nauséabond et industriel d'un quartier industriel dévasté. L'administration corrompue vient subir une purge sans précédent. La pauvreté et le crime règne sans partage sur la ville. Duncan, nouveau chef de la police s'empresse de faire le ménage. Il ne part pas gagnant face au baron de la drogue locale qui a mis la main sur une nouvelle substance de synthèse dévastatrice: «le bouillon». L'ombre gigantesque d'un homme plane sur la cité, le seul capable de se confronter à un tel handicap: Macbeth. L'heure est venue pour lui de mettre ses ambitions, et celles de Lady Macbeth, au service de son futur et de celui de la «loi». En sachant que l'horreur se bat parfois du côté du bien. Cette adaptation de Shakespeare marque un jalon important dans l'oeuvre de Jo Nesbo. Ce livre puissant, au final apocalyptique, digne de Scarface, vous laissera pantois. Difficile de contredire un tel monument de polar, l'un des sommets de 2018. 
    Extrait:«Il plaqua ses semelles sur la hanche et l'épaule de son fils, eut le temps de le voir essayer de s'accrocher à quelque chose, avant de le pousser de toutes ses forces. Son fils cria en protestation, il cria de peur, comme il l'avait fait à sa naissance, et puis il fut dehors. Le dernier cordon ombilical était coupé, seul dans le grand monde, en chute libre vers son destin. Banquo gémit de douleur en se remettant face au volant, il enclencha la vitesse et accéléra vers son propre destin. Lorsqu'il tomba en panne d'essence, trois kilomètres après le pont, ils l'avaient presque rattrapé. La voiture roula encore quelques derniers mètres et, se sentant somnolent, Banquo renversa la tête en arrière. Le froid avait gagné l'ensemble de son dos et de son ventre, et lorsque la pluie vint enfin de ce côté du tunnel, ce fut une pluie de plomb. de plomb qui se coulait à travers la carrosserie, les sièges et son corps. Banquo regardait par sa vitre latérale le flanc de la montagne. Et là, presque au sommet, il put voir ce qui, côté ville, ressemblait à un hommage au mal.»
    Scalp de Cyril Herry paru en 2018 aux éditions du Seuil dans la collection Cadre noir. La carte de l'Institut géographique national positionne Hans et sa mère Teresa sur une route départementale de la Saône et Loire en France. En route pour le sud et les vacances, Teresa accepte de faire un détour vers un endroit qui ne figure sur aucune carte: le dernier domicile connu du vrai père de Hans. Moitié trappeur, moitié activiste écologique, Alex a fui une liaison triangulaire toxique, qui a vu le père d'adoption de son fils, se suicidé au bas d'un pont. Hans se bâtit, rapidement, un imaginaire riche au contact de cette nature sauvage. Au détriment de l'avis de sa mère, il s'entête à vouloir attendre le retour de cet homme énigmatique, dont tout indique qu'il a fuit les lieux précipitamment. La nature dévoile ses cruautés, mais le petit homme apprendra bien vite qu'il existe une loi encore plus terrible: celle des hommes. Cyril Herry nous fait traverser le mur de l'innocence à grande vitesse à travers les yeux de Hans, au coeur d'un été caniculaire. Scalp est un premier roman bouleversant, en 72 heures, le destin de Hans va être bouleversé, au petit matin de sa nouvelle vie sa seule certitude tiendra dans son couteau déplié en attendant l'ennemi.
    Extrait:«Pourquoi tu m'as laissé l'appeler papa? Teresa n'avait pas répondu tout de suite. Pour la formuler aussi clairement, Hans avait dû longuement réfléchir à cette question. La retourner cent fois dans sa tête, de sorte à être bien certain que c'était la bonne, que sa mère ne puisse ni répondre à côté ni lui raconter d'histoires. Du silence s'était écoulé avant qu'elle dise: «Parce qu'il t'a vu grandir. Parce qu'il t'a accompagné.» Accompagné. Le petit avait quitté le regard de sa mère pour s,en remettre à la photo de l'îlot. «Accompagné» s'était mis à infuser dans son esprit comme un sachet de thé dans de l'eau bouillante. Thé aux fruits rouges.»
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  • Émission du 29 janvier 2019

    Mission encre noire Tome 25 Chapitre 302 De synthèse de Karoline Georges paru en 2018 aux éditions Alto. Image est tiré du latin imago pour «masque mortuaire» ou bien le stade final du développement chez un individu. L'image réinvente la vie par l'oeil, par son reflet dans un miroir, dans un écran. Dans un futur si proche, Anouk est l'avatar que se choisi la narratrice, qui tel un ange, lui permet de survoler son monde loin de la morosité du nid familial. En vain. Alors qu'elle sculpte ce visage virtuel, l'annonce de la maladie incurable de sa mère vient modifier sa quête d'absolu. Malgré elle, de nouveaux ponts se créent entre elle et sa famille, entre le corps biologique et son avatar. Récipiendaire du prix du Gouverneur Général 2018, Karoline Georges nous invite au milieu des paysages glacés des mondes virtuels et des hologrammes. De synthèse est un roman sur l'enfance, la mémoire, le malheur et l'espoir. Anouk et la narratrice, l'une se pose sur l'autre pour mieux s'envoler, c'est beau et douloureusement planant. Karoline Georges est notre invité à Mission encre noire.

    Extrait:«Ma mère répétait souvent que c'était peut-être pire que la religion, cette nouvelle vénération des guédailles de la télévision. Les premiers temps, c'était le surnom d'Olivia. C'était à la sortie du film Grease. J'ai dû passer une semaine à tenter de reproduire la chorégraphie finale du film, celle où Sandy change complètement d'image et devient une femme fatale qui suscite l'hystérie. Cette scène m'a survoltée. J'étais tellement excitée de voir mon idole prendre une apparence nouvelle qui lui insufflait un pouvoir inédit, comme Wonder Woman qui tournait sur elle-même pour faire disparaître sa fausse identité de femme ordinaire et révéler ses véritables couleurs. Ou comme Jinny, qui savait porter les robes qui lui permettaient de dissimuler sa nature magique et de se fondre dans son époque, mais qui, d'un clignement de paupières, retrouvait elle aussi sa percutante apparence intemporelle. Je percevais dans ce spectaculaire changement d'image rien de moins qu'une renaissance. Une apparition miraculeuse, comme Jésus pendant la Transfiguration.»

    Les écrivements de Mattieu Simard paru en 2018 aux éditions Alto. La vie de Jeanne, 81 ans, prend un virage à 180 degrés, lorsqu'elle se lance sur les traces de Suzor, son amoureux qui l'a quitté brusquement il y a quarante ans déjà. Gravement malade, atteint d'Alzheimer, il se terre quelque part, elle décide de le retrouver coûte que coûte, pour réconcilier leur passé. Elle s'était pourtant promis de ne jamais le chercher. Malgré son âge et sa fatigue, Jeanne, aidée par une jeune complice, Fourmi, défie l'urgence dans la lenteur. À l'échelle de ces deux personnages, la vie défile autrement. Fourmi revisite le passé de Jeanne et de Suzor à travers un carnet qui relate leur rencontre improbable, le terrible voyage en Russie en 1959, le trou dans le mur de la cuisine, les boutons trouvés sur le trottoir. Dans un Montréal enneigé, Matthieu Simard, permet à Jeanne d'écrire l'une des plus belles pages de son carnet, celle où ses yeux brillent joyeux et invincibles. Matthieu Simard est notre invité à Mission encre noire.

    Extrait: «Tu te souviens, au tout début de nous, quelques jours seulement après que nos lèvres se sont réunies pour la première fois, nous nous étions assis dans la neige au parc La Fontaine. Tu avais aperçu à ta gauche un petit bouton noir tombé d'un manteau. Tu avais souri et tu m'avais dit que tu étais triste pour lui, parce qu'il avait perdu ses amis, les autres boutons du manteau. Je t'avais rassuré en te disant que les autres étaient méchants et que son exil était volontaire. C'était un héros, ce bouton là, un battant qui ne se laisserait jamais attacher. Tu avais rajouté des détails, parlé de ses parents qui s'étaient rencontrés entre deux manchettes, de ses études, de ses ambitions. J'avais mis le bouton dans ma poche. Pendant vingt-cinq ans, chaque fois que tu voyais un bouton, tu faisais semblant de pleurer, pauvre solitude, et moi je lui inventais une histoire rocambolesque pour te rassurer. Tu en rajoutais et je finissais toujours par m'attacher plus que toi et être triste pour les boutons, eux qui avaient une si belle histoire de famille. Nous riions.»

    1 hr
  • Émission du 29 janvier 2019
    Mission encre noire Tome 25 Chapitre 302 De synthèse de Karoline Georges paru en 2018 aux éditions Alto. Image est tiré du latin imago pour «masque mortuaire» ou bien le stade final du développement chez un individu. L'image réinvente la vie par l'oeil, par son reflet dans un miroir, dans un écran. Dans un futur si proche, Anouk est l'avatar que se choisi la narratrice, qui tel un ange, lui permet de survoler son monde loin de la morosité du nid familial. En vain. Alors qu'elle sculpte ce visage virtuel, l'annonce de la maladie incurable de sa mère vient modifier sa quête d'absolu. Malgré elle, de nouveaux ponts se créent entre elle et sa famille, entre le corps biologique et son avatar. Récipiendaire du prix du Gouverneur Général 2018, Karoline Georges nous invite au milieu des paysages glacés des mondes virtuels et des hologrammes. De synthèse est un roman sur l'enfance, la mémoire, le malheur et l'espoir. Anouk et la narratrice, l'une se pose sur l'autre pour mieux s'envoler, c'est beau et douloureusement planant. Karoline Georges est notre invité à Mission encre noire.
    Extrait:«Ma mère répétait souvent que c'était peut-être pire que la religion, cette nouvelle vénération des guédailles de la télévision. Les premiers temps, c'était le surnom d'Olivia. C'était à la sortie du film Grease. J'ai dû passer une semaine à tenter de reproduire la chorégraphie finale du film, celle où Sandy change complètement d'image et devient une femme fatale qui suscite l'hystérie. Cette scène m'a survoltée. J'étais tellement excitée de voir mon idole prendre une apparence nouvelle qui lui insufflait un pouvoir inédit, comme Wonder Woman qui tournait sur elle-même pour faire disparaître sa fausse identité de femme ordinaire et révéler ses véritables couleurs. Ou comme Jinny, qui savait porter les robes qui lui permettaient de dissimuler sa nature magique et de se fondre dans son époque, mais qui, d'un clignement de paupières, retrouvait elle aussi sa percutante apparence intemporelle. Je percevais dans ce spectaculaire changement d'image rien de moins qu'une renaissance. Une apparition miraculeuse, comme Jésus pendant la Transfiguration.»
    Les écrivements de Mattieu Simard paru en 2018 aux éditions Alto. La vie de Jeanne, 81 ans, prend un virage à 180 degrés, lorsqu'elle se lance sur les traces de Suzor, son amoureux qui l'a quitté brusquement il y a quarante ans déjà. Gravement malade, atteint d'Alzheimer, il se terre quelque part, elle décide de le retrouver coûte que coûte, pour réconcilier leur passé. Elle s'était pourtant promis de ne jamais le chercher. Malgré son âge et sa fatigue, Jeanne, aidée par une jeune complice, Fourmi, défie l'urgence dans la lenteur. À l'échelle de ces deux personnages, la vie défile autrement. Fourmi revisite le passé de Jeanne et de Suzor à travers un carnet qui relate leur rencontre improbable, le terrible voyage en Russie en 1959, le trou dans le mur de la cuisine, les boutons trouvés sur le trottoir. Dans un Montréal enneigé, Matthieu Simard, permet à Jeanne d'écrire l'une des plus belles pages de son carnet, celle où ses yeux brillent joyeux et invincibles. Matthieu Simard est notre invité à Mission encre noire.
    Extrait: «Tu te souviens, au tout début de nous, quelques jours seulement après que nos lèvres se sont réunies pour la première fois, nous nous étions assis dans la neige au parc La Fontaine. Tu avais aperçu à ta gauche un petit bouton noir tombé d'un manteau. Tu avais souri et tu m'avais dit que tu étais triste pour lui, parce qu'il avait perdu ses amis, les autres boutons du manteau. Je t'avais rassuré en te disant que les autres étaient méchants et que son exil était volontaire. C'était un héros, ce bouton là, un battant qui ne se laisserait jamais attacher. Tu avais rajouté des détails, parlé de ses parents qui s'étaient rencontrés entre deux manchettes, de ses études, de ses ambitions. J'avais mis le bouton dans ma poche. Pendant vingt-cinq ans, chaque fois que tu voyais un bouton, tu faisais semblant de pleurer, pauvre solitude, et moi je lui inventais une histoire rocambolesque pour te rassurer. Tu en rajoutais et je finissais toujours par m'attacher plus que toi et être triste pour les boutons, eux qui avaient une si belle histoire de famille. Nous riions.»
    0 min
  • Émission du 22 janvier 2019

    Mission encre noire Tome 25 chapitre 301 Lykaia de DOA paru en 2018 aux éditions Gallimard collection Hors série Littérature. Métal glacé, coulure de maquillage, crissement de cuir sur le cuir, des Poupées en vinyle et des Messieurs en latex, s'ébattent dans l'ancien Berlin ouest, dans les profondeurs d'un club privé: le BUNK'R. La Fille qui s'extrait du monte-charge se faufile au milieu des groupes pour rejoindre sa concurrente ès punitions et leur patient. Élégamment vêtu, camouflé par son masque de latex, le Loup la guette. Ancien chirurgien de haut vol, son ombre est désormais célèbre dans la pratique du bondage au scalpel. L'homme qui geint lorsqu'on lui percera l'abdomen, couinera plus fort et en réclamera encore. Ça vous étonne ? Il se pourrait qu'il n'y survive pas non plus. Ça vous révulse ? Parfaitement. Et pourtant, DOA vous invite à une course poursuite hors norme, à une histoire passionnelle bestiale. La haine et l'amour se croisent sur le tranchant de la même lame et ça fait mal. Prague, Paris, Berlin, Venise, sont les lieux où la bête laissera sa marque. DOA, après les impressionnants Pukhtu (Primo et Secundo) et le cycle Clandestin, élargit notre champ visuel. De quelle violence s'agit-il ? qu'est-ce qui nous effraie tant ici ? Ce livre pourrait bien être un symbole des contradictions de notre époque. Au diable ! Anges et démons ! Monsieur le divin Marquis et Maîtresse Domina ! L'auteur aime voir arriver le loup qui menace d'anéantir sa demeure, il est notre invité à Mission encre noire.

    Extrait: ''Le monstre est à nouveau enfermé dans sa cage de latex, il a rempli son office, et cette fois, lorsque je reparais hors de la tente, peu nombreux sont ceux qui remarquent le grand Loup noir. Tous regardent le héros du jour, de retour parmi eux dans son fauteuil roulant, blême, la panse bandée, une perfusion d'antibiotiques suspendue au-dessus de lui, occupé à calmer la reine du fist. Elle vocifère et pleure et menace une autre fille, celle que j'ai rejetée tout à l'heure. Profitant de l'aubaine, je m'éclipse. Je n'aime pas m'attarder après une intervention. Aucune envie de répondre aux questions, de m'abaisser à faire la conversation à des tordus. Ni de prendre part à une éventuelle suite. Je retrouve le cerbère du monte-charge et son regard tatoué plus vide que terrifiant. Il ne me lâche pas de toute l'ascension et je l'observe en retour, planqué derrière le Loup. Ridicule duel de monstres de série Z.''

    Rivière tremblante de Andrée A. Michaud paru en 2018 aux éditions Rivages/Noir. Ce soir du 07 août 1979, Michael Superman Saint-Pierre, a disparu dans les bois de Rivière-aux-Trembles. Marnie revient s'installer vint-neuf ans plus tard autour des lieux de son enfance, proche de l'endroit de la disparition dont elle a été le témoin. Cette fameuse nuit, pour elle, a ressemblé aux zombies de la nuit des morts-vivants. Depuis, sa vie est mécanique, la mort de Michael a imprimé sur son visage la marque du diable.  Billie Richard, elle, se volatilise, dans une petite ville voisine, la veille de son neuvième anniversaire. Son père, écrivain, amorce, trente ans après Marnie, une descente dans les profondeurs du deuil impossible, de la culpabilité, de l'incompréhension. Alors qu'un nouveau drame éclate à Rivière-aux-Trembles, Marnie et Bill vont devoir affronter l'accablante réalité qui va finir par les réunir pour le meilleur ou pour le pire ?: Leur vie est à jamais anéantie. Signes étranges et relents maléfiques, enquête de police, tension dramatique et légendes amérindiennes, Andrée A. Michaud pianote sur tous les styles pour nous faire vivre l'insupportable manque de l'autre. Celui ou celle qui nous était chère, qui nous était confié.e, que nous devions protéger, dont l'effacement, tyrannise alors votre vie. L'autrice nous subjugue, une nouvelle fois, avec un livre profondément humain, doté d'un style d'écriture qui atteint un niveau de maîtrise sidérant. Andrée A. Michaud est notre invitée ce soir.

     

    Extrait: ''Ça fait mal de penser qu'on est seul, que même la femme à qui on a si souvent dit je t'aime ne nous considère plus que comme un tas de merde. Il est vrai que notre couple battait de l'aile depuis un certain temps, que Lucy-Ann et moi, on ne renvoyait pas exactement l'image de l'union idéale, de la paire de tourtereaux en perpétuel voyage de noces. Les soupers aux chandelles, les mains qui glissent furtivement sous le chandail, les sourires lancés d'un coin à l'autre de la pièce ou une demi-douzaine de génies politiques débitent leurs conneries avec un sérieux de pape, tout ça. pour nous, appartenait au passé. On continuait à baiser, parce qu'on avait la baise dans le sang, parce que cet affrontement charnel nous permettait de posséder l'autre tout en lui reprochant d'exister, avec juste assez de violence pour nous sentir soulagés de la tendresse perdue, mais je ne me rappelle plus la dernière fois que Lucy-Ann m'a dit quelque chose de gentil, du genre t'es pas mal beau à matin, Bill, tu sais, ou du style ta couette de gamin est encore retroussée, avec un sourire amusé, avec un doigt effleurant doucement la mèche rebelle.''

     

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  • Émission du 22 janvier 2019

    Mission encre noire Tome 25 chapitre 301 Lykaia de DOA paru en 2018 aux éditions Gallimard collection Hors série Littérature. Métal glacé, coulure de maquillage, crissement de cuir sur le cuir, des Poupées en vinyle et des Messieurs en latex, s'ébattent dans l'ancien Berlin ouest, dans les profondeurs d'un club privé: le BUNK'R. La Fille qui s'extrait du monte-charge se faufile au milieu des groupes pour rejoindre sa concurrente ès punitions et leur patient. Élégamment vêtu, camouflé par son masque de latex, le Loup la guette. Ancien chirurgien de haut vol, son ombre est désormais célèbre dans la pratique du bondage au scalpel. L'homme qui geint lorsqu'on lui percera l'abdomen, couinera plus fort et en réclamera encore. Ça vous étonne ? Il se pourrait qu'il n'y survive pas non plus. Ça vous révulse ? Parfaitement. Et pourtant, DOA vous invite à une course poursuite hors norme, à une histoire passionnelle bestiale. La haine et l'amour se croisent sur le tranchant de la même lame et ça fait mal. Prague, Paris, Berlin, Venise, sont les lieux où la bête laissera sa marque. DOA, après les impressionnants Pukhtu (Primo et Secundo) et le cycle Clandestin, élargit notre champ visuel. De quelle violence s'agit-il ? qu'est-ce qui nous effraie tant ici ? Ce livre pourrait bien être un symbole des contradictions de notre époque. Au diable ! Anges et démons ! Monsieur le divin Marquis et Maîtresse Domina ! L'auteur aime voir arriver le loup qui menace d'anéantir sa demeure, il est notre invité à Mission encre noire.

    Extrait: ''Le monstre est à nouveau enfermé dans sa cage de latex, il a rempli son office, et cette fois, lorsque je reparais hors de la tente, peu nombreux sont ceux qui remarquent le grand Loup noir. Tous regardent le héros du jour, de retour parmi eux dans son fauteuil roulant, blême, la panse bandée, une perfusion d'antibiotiques suspendue au-dessus de lui, occupé à calmer la reine du fist. Elle vocifère et pleure et menace une autre fille, celle que j'ai rejetée tout à l'heure. Profitant de l'aubaine, je m'éclipse. Je n'aime pas m'attarder après une intervention. Aucune envie de répondre aux questions, de m'abaisser à faire la conversation à des tordus. Ni de prendre part à une éventuelle suite. Je retrouve le cerbère du monte-charge et son regard tatoué plus vide que terrifiant. Il ne me lâche pas de toute l'ascension et je l'observe en retour, planqué derrière le Loup. Ridicule duel de monstres de série Z.''

    Rivière tremblante de Andrée A. Michaud paru en 2018 aux éditions Rivages/Noir. Ce soir du 07 août 1979, Michael Superman Saint-Pierre, a disparu dans les bois de Rivière-aux-Trembles. Marnie revient s'installer vint-neuf ans plus tard autour des lieux de son enfance, proche de l'endroit de la disparition dont elle a été le témoin. Cette fameuse nuit, pour elle, a ressemblé aux zombies de la nuit des morts-vivants. Depuis, sa vie est mécanique, la mort de Michael a imprimé sur son visage la marque du diable.  Billie Richard, elle, se volatilise, dans une petite ville voisine, la veille de son neuvième anniversaire. Son père, écrivain, amorce, trente ans après Marnie, une descente dans les profondeurs du deuil impossible, de la culpabilité, de l'incompréhension. Alors qu'un nouveau drame éclate à Rivière-aux-Trembles, Marnie et Bill vont devoir affronter l'accablante réalité qui va finir par les réunir pour le meilleur ou pour le pire ?: Leur vie est à jamais anéantie. Signes étranges et relents maléfiques, enquête de police, tension dramatique et légendes amérindiennes, Andrée A. Michaud pianote sur tous les styles pour nous faire vivre l'insupportable manque de l'autre. Celui ou celle qui nous était chère, qui nous était confié.e, que nous devions protéger, dont l'effacement, tyrannise alors votre vie. L'autrice nous subjugue, une nouvelle fois, avec un livre profondément humain, doté d'un style d'écriture qui atteint un niveau de maîtrise sidérant. Andrée A. Michaud est notre invitée ce soir.

     

    Extrait: ''Ça fait mal de penser qu'on est seul, que même la femme à qui on a si souvent dit je t'aime ne nous considère plus que comme un tas de merde. Il est vrai que notre couple battait de l'aile depuis un certain temps, que Lucy-Ann et moi, on ne renvoyait pas exactement l'image de l'union idéale, de la paire de tourtereaux en perpétuel voyage de noces. Les soupers aux chandelles, les mains qui glissent furtivement sous le chandail, les sourires lancés d'un coin à l'autre de la pièce ou une demi-douzaine de génies politiques débitent leurs conneries avec un sérieux de pape, tout ça. pour nous, appartenait au passé. On continuait à baiser, parce qu'on avait la baise dans le sang, parce que cet affrontement charnel nous permettait de posséder l'autre tout en lui reprochant d'exister, avec juste assez de violence pour nous sentir soulagés de la tendresse perdue, mais je ne me rappelle plus la dernière fois que Lucy-Ann m'a dit quelque chose de gentil, du genre t'es pas mal beau à matin, Bill, tu sais, ou du style ta couette de gamin est encore retroussée, avec un sourire amusé, avec un doigt effleurant doucement la mèche rebelle.''

     

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