Mission encre noire

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Mission encre noire episodes

  • Émission du 11 décembre 2018

    Mission encre noire Tome 24 Chapitre 300. À événement exceptionnel, invité.e.s de choix, nous recevons ce soir Kevin Lambert et Alice Guéricolas-Gagné pour fêter le numéro 300 de Mission encre noire. Hélène Lefranc, revient à l'antenne, pour l'occasion, le temps d'une chronique et d'une entrevue. Querelle de Roberval de Kevin Lambert paru en 2018 aux éditions Héliotropre. Voici l'odyssée éphémère de Querelle, jeune homme de 27 ans, le dernier journalier rentré à l'usine de la Scierie du Lac Inc. de Roberval, qui emploie une vingtaine d'ouvriers spécialisés. Il est beau et scandaleux, il enfile les jeunes minets de bonnes familles comme les mauvais garçons. Ce personnage, emprunté au Querelle de Brest de Jean Genet, est le caillou dans la chaussure d'un système économique et social paternaliste qui s'enraye. Les employés de la Scierie sont en grève et le conflit se dégrade rapidement. Alors que le chaos s'installe, Querelle et une gang de slutboys d'amour jouissent en rafale comme d'autres crient leur rage à coups de batte de baseball. Piquetage, joke grasses et mauvais café le jour, quand tombe la nuit, une autre complainte s'élève au-dessus de l'horizon québécois, tout devient permis. Querelle de Roberval est le journal de bord d'une déflagration sociale et romanesque à la fois tendre et féroce. Roberval est un monstre froid qui dévore ses enfants. L'imagination est au pouvoir et Kevin Lambert nous propose ni plus ni moins que de changer de paradigme: appelons désir ce qui semble immoral, osons nommer la fleur du mal qui pousse entre les poubelles du profit. Kevin Lambert est notre premier invité pour cette 300 ème.

    Extrait: «Les mères, narquoises, écoutent leurs maris déments, les laissent parler et continuent de se moquer gentiment de leur science tout en les réconfortant par des paroles positives, finement choisies: ce sont les plus nigaudes qui les consolent le mieux. Quand les pères, enfin, s,endorment, les mères se lèvent et poussent leurs petits hors du nid en craignant que l'homme de la maison tente de les baiser pour leur injecter - terme de cette logique occulte - un peu de sa testostérone. Si les fils tombent trop abruptement et se cassent le cou, les mères encaissent le deuil avec un sentiment de devoir accompli. Elles pleurent sur leurs charognes, oui, mais elles demeurent convaincues que la tentative de fuite en valait le coup. les mères sont aussi perverses que leurs époux lubriques. Elles savent toutefois que les fils n'ont rien à faire des romances incestueuses. Pour mieux conjurer la convoitise des pères, les garçons s'accrochent à la bite de Querelle et s'évadent en préparant clandestinement leur vengeance.»

    Saint-Jambe de Alice Guéricolas-Gagné paru en 2018 aux éditions vlb éditeur. Notre deuxième invitée est la récipiendaire du Prix Robert-Cliche du premier roman 2018 ! Est-ce seulement un roman d'ailleurs? Le quartier de Saint-Jambe, copié-collé d'un quartier de la haute-ville de Québec, est sous la menace de pépines creusant des trous immenses à ses limites et finissent par l'isoler du reste de la ville. C'est un prétexte inespéré pour sa population, qui saisit l'occasion pour proclamer la République de Saint-Jambe. L'événement devient l'épicentre d'une éclosion imaginaire et poétique sans précédent ; sous la lune des acrobates sautent de toit en toit, un terroriste poétique graffite des petits soleils rouges sur des bâtiments austères, des sources d'eau gazéifiées suintent du roc du cap Diamant, les éboueurs font de la musique bruitiste avec leurs déchets, deux femmes s'écrivent sur le dos de leur amant... À Saint-Jambe, l'utopie et la résistance joyeuse sont au pouvoir ! Une chercheuse en ethnologie à l'université libre de Saint-Jambe, associée à la Chaire d'étude internationales sur les mythologies locales contemporaines tente de recoller les morceaux d'une histoire morcelée et intemporelle du siège de la République. Le recueil que vous tenez entre les mains recensent les anecdotes, les événements historiques, les péripéties qui entourent le mode de vie saint-jambien et brosse le portrait des personnages clés du quartier. Dans ce splendide miroir déformant, vous serez, sans doute étonné de reconnaître certains aspects familiers de la ville de Québec. Ludique et insolite saint-Jambe est un appel à devenir des pionniers de l'imaginaire. Utopie ? Vraiment ? Nous montons aux barricades pour cette 300 ème à la rencontre d'Alice Guéricolas-Gagné à Mission encre noire.

    Extrait: «Au petit matin, tu m'as invitée à rencontrer tes amis, célestes comme toi, amis chats ou amis hommes, je ne veux pas savoir. Vous vous appeliez entre vous les poètes aériens. Vous viviez sur les toits dans de petites cabanes de carton et il y avait des arbres autour de vos logis, des arbres en feuilles malgré le fait que nous n'en étions encore qu'à la fin de l'hiver. Tu m'as invitée à vous accompagner dans une de vos sorties poétiques. En retrait, j'observais les coulisses de vos actions sublimes. Vous vous couchiez sur le ventre tout au bord des toits, et, le corps à moitié dans le vide, vous scrutiez les rues afin de choisir votre prochaine proie. Une fois l'individu méticuleusement sélectionné - vous ne vouliez pas vous retrouver avec n'importe qui - vous l'attrapiez à l'aide d'un lasso dont l'extrémité ressemblait à un harnais, et vous le hissiez jusqu'à vous en tournant une grande manivelle, jusqu'à ce qu'ils se retrouve à vos côtés. Vous kidnappiez les passants pour la beauté du geste, pour les couvrir de couronnes de fleurs avant de leur offrir de visiter avec vous le dédale des faîtes.»

    1 hr
  • Émission du 11 décembre 2018
    Mission encre noire Tome 24 Chapitre 300. À événement exceptionnel, invité.e.s de choix, nous recevons ce soir Kevin Lambert et Alice Guéricolas-Gagné pour fêter le numéro 300 de Mission encre noire. Hélène Lefranc, revient à l'antenne, pour l'occasion, le temps d'une chronique et d'une entrevue. Querelle de Roberval de Kevin Lambert paru en 2018 aux éditions Héliotropre. Voici l'odyssée éphémère de Querelle, jeune homme de 27 ans, le dernier journalier rentré à l'usine de la Scierie du Lac Inc. de Roberval, qui emploie une vingtaine d'ouvriers spécialisés. Il est beau et scandaleux, il enfile les jeunes minets de bonnes familles comme les mauvais garçons. Ce personnage, emprunté au Querelle de Brest de Jean Genet, est le caillou dans la chaussure d'un système économique et social paternaliste qui s'enraye. Les employés de la Scierie sont en grève et le conflit se dégrade rapidement. Alors que le chaos s'installe, Querelle et une gang de slutboys d'amour jouissent en rafale comme d'autres crient leur rage à coups de batte de baseball. Piquetage, joke grasses et mauvais café le jour, quand tombe la nuit, une autre complainte s'élève au-dessus de l'horizon québécois, tout devient permis. Querelle de Roberval est le journal de bord d'une déflagration sociale et romanesque à la fois tendre et féroce. Roberval est un monstre froid qui dévore ses enfants. L'imagination est au pouvoir et Kevin Lambert nous propose ni plus ni moins que de changer de paradigme: appelons désir ce qui semble immoral, osons nommer la fleur du mal qui pousse entre les poubelles du profit. Kevin Lambert est notre premier invité pour cette 300 ème.
    Extrait: «Les mères, narquoises, écoutent leurs maris déments, les laissent parler et continuent de se moquer gentiment de leur science tout en les réconfortant par des paroles positives, finement choisies: ce sont les plus nigaudes qui les consolent le mieux. Quand les pères, enfin, s,endorment, les mères se lèvent et poussent leurs petits hors du nid en craignant que l'homme de la maison tente de les baiser pour leur injecter - terme de cette logique occulte - un peu de sa testostérone. Si les fils tombent trop abruptement et se cassent le cou, les mères encaissent le deuil avec un sentiment de devoir accompli. Elles pleurent sur leurs charognes, oui, mais elles demeurent convaincues que la tentative de fuite en valait le coup. les mères sont aussi perverses que leurs époux lubriques. Elles savent toutefois que les fils n'ont rien à faire des romances incestueuses. Pour mieux conjurer la convoitise des pères, les garçons s'accrochent à la bite de Querelle et s'évadent en préparant clandestinement leur vengeance.»
    Saint-Jambe de Alice Guéricolas-Gagné paru en 2018 aux éditions vlb éditeur. Notre deuxième invitée est la récipiendaire du Prix Robert-Cliche du premier roman 2018 ! Est-ce seulement un roman d'ailleurs? Le quartier de Saint-Jambe, copié-collé d'un quartier de la haute-ville de Québec, est sous la menace de pépines creusant des trous immenses à ses limites et finissent par l'isoler du reste de la ville. C'est un prétexte inespéré pour sa population, qui saisit l'occasion pour proclamer la République de Saint-Jambe. L'événement devient l'épicentre d'une éclosion imaginaire et poétique sans précédent ; sous la lune des acrobates sautent de toit en toit, un terroriste poétique graffite des petits soleils rouges sur des bâtiments austères, des sources d'eau gazéifiées suintent du roc du cap Diamant, les éboueurs font de la musique bruitiste avec leurs déchets, deux femmes s'écrivent sur le dos de leur amant... À Saint-Jambe, l'utopie et la résistance joyeuse sont au pouvoir ! Une chercheuse en ethnologie à l'université libre de Saint-Jambe, associée à la Chaire d'étude internationales sur les mythologies locales contemporaines tente de recoller les morceaux d'une histoire morcelée et intemporelle du siège de la République. Le recueil que vous tenez entre les mains recensent les anecdotes, les événements historiques, les péripéties qui entourent le mode de vie saint-jambien et brosse le portrait des personnages clés du quartier. Dans ce splendide miroir déformant, vous serez, sans doute étonné de reconnaître certains aspects familiers de la ville de Québec. Ludique et insolite saint-Jambe est un appel à devenir des pionniers de l'imaginaire. Utopie ? Vraiment ? Nous montons aux barricades pour cette 300 ème à la rencontre d'Alice Guéricolas-Gagné à Mission encre noire.
    Extrait: «Au petit matin, tu m'as invitée à rencontrer tes amis, célestes comme toi, amis chats ou amis hommes, je ne veux pas savoir. Vous vous appeliez entre vous les poètes aériens. Vous viviez sur les toits dans de petites cabanes de carton et il y avait des arbres autour de vos logis, des arbres en feuilles malgré le fait que nous n'en étions encore qu'à la fin de l'hiver. Tu m'as invitée à vous accompagner dans une de vos sorties poétiques. En retrait, j'observais les coulisses de vos actions sublimes. Vous vous couchiez sur le ventre tout au bord des toits, et, le corps à moitié dans le vide, vous scrutiez les rues afin de choisir votre prochaine proie. Une fois l'individu méticuleusement sélectionné - vous ne vouliez pas vous retrouver avec n'importe qui - vous l'attrapiez à l'aide d'un lasso dont l'extrémité ressemblait à un harnais, et vous le hissiez jusqu'à vous en tournant une grande manivelle, jusqu'à ce qu'ils se retrouve à vos côtés. Vous kidnappiez les passants pour la beauté du geste, pour les couvrir de couronnes de fleurs avant de leur offrir de visiter avec vous le dédale des faîtes.»
    0 min
  • Émission du 4 décembre 2018

    Mission encre noire Tome 24 Chapitre 299. Le syndrome de Takotsubo de Mireille Gagné paru en 2018 aux éditions Sémaphore. Le syndrome de Takotsubo, traduit littéralement par le piège à poulpe, est un phénomène de cardiomyopathie ou plus simplement un dysfonctionnement du muscle cardiaque. C'est un syndrome des coeur brisés, un phénomène observé par des cardiologues japonais dans les années 90. Mireille Gagné s'empare de cette singularité pour nourrir un recueil de dix-sept nouvelles tentaculaires. Le coeur bien accroché, il se peut que le vôtre se pâme devant tant d'honneur alloué. Méfiez-vous, ici, il se joue tour à tour, briseurs de rêve, là, bourreau aveugle ; ou encore, muscle de mémoire, en fuite prêt à exploser, voire même, désir de peau. Et si, pour certain.e.s, le pire reste à venir pour d'autres il y a l'espoir d'atteindre l'équilibre parfait. Bouleversante, baroque ou insolite, l'animalité s'immisce dans la poésie de l'autrice, alors que l'immensité est envahi par ces milliers d'oies blanches «coulant le ciel comme du sang dans les veines». Nous accueillons Mireille Gagné à Mission encre noire.

    Extrait: «Il est né dans le mauvais corps, juste un peu de travers, juste assez pour se sentir de trop. Ni fille ni garçon, quelque part entre les deux, dans un fuseau horaire différent des autres, le coeur déjà brisé. Insulaire, il a grandi entouré d'eau et de commérages. Très tôt, il a compris qu'il devait mentir pour survivre, personnifier la force, jouer avec les siens, se chamailler, la guerre, avec la bouche, le bruit des mitraillettes, la chasse, il a réussi à incarner son personnage à la perfection, même si tout semblait sur le point de fendre à l'intérieur.»

    Francoeur de Mathieu Blais paru en 2018 aux éditions Leméac. L'étoile a pleuré rose au coeur des oreilles de Francoeur lorsqu'il apprend que sa Rosemarie est tombé pour un Hells du chapitre de Sorel. C'est qu'il l'aime sa perle, assez pour défoncer le local du club de motard où elle travaille. Et de se retrouver en dedans au pénitencier de Saint-Anne-les-Bains. Et puis, lui, de Rimbaud, il s'en fout, c'est Jacques Mesrine qui l'habite. Il connaît tout de son livre de voyou, L'instinct de mort, à défaut d'en être un vrai. Et si Francoeur est l'homme saigné noir, à mort, qui gît sur le carrelage des douches c'est pour elle qu'il pleure, toujours. Bronco nous raconte son histoire, ce type incroyable, qui surjoue le dur à cuire. Pas trop fort, ça pourrait lui attirer des ennuis. Mathieu Blais est un observateur aigu des dépossédés, des espoirs cabossés dans un univers malsain, étouffant et clos. La bise qui siffle sur le gibet noir de l'amour hideux du baladin Francoeur est racontée au ras des hommes, usant de l'argot âpre des prisons. La poésie sèche de Mathieu Blais habille à merveille cet amour manchot, et nourri les plus belles fleurs (du mal) de son imagination. fortement conseillé.

    Extrait: «C'était un des gars de la D qui tiquait sur un détail, semblait même s'étonner qu'une merde comme Francoeur puisse un jour avoir eu du succès en amour. Et, comme les gars de la D, je me crissais pas mal de son histoire de plotte. Mais on avait écouté, écouté jusqu'au bout. Il racontait comme si la terre allait s'ouvrir sous lui et que tout le feu de l'enfer allait venir lui lécher le cul et les couilles. francoeur n'a pas répondu de vive voix, mais il a pris un chandail dans un des piles et il l'a étendu sur comptoir. Il y avait une tâche de café dans le grincement et le claquement des machines, à l'abri du regard des screws, il a simplement passé le plat de sa main très lentement sur la tâche qu'on a tous vue disparaître. Et je crois bien avoir vu un gars de la D se signer, alors que tous nos visages s'illuminaient itou, comme le visage de sa Rosemarie ce jour-là. Et à partir de là, à partir de ce moment précis, la légende de Francoeur a commencé à se fixer plus solidement dans les murs de Sainte-Anne-les-Bains. Et les problèmes, à lui pendre au bout du nez.»

    Les villes de papier de Dominique Fortier paru en 2018 aux éditions Alto. La «dame en blanc», Emily Dickinson est né à Amherst en 1830 dans le Massachusetts. Elle n'aura publié de son vivant, qu'une dizaine de poèmes et certains de façon anonymes. Reconnu comme un des autrices les plus importantes du dix-neuvième siècle, Emily habite son monde de son salon face à sa fenêtre. même si elle trouve le monde noir et compliqué, elle passe de longues heures, dans sa solitude, décrire sur ses pages blanches tout ce qui n'existe pas encore des émotions et des territoires intimes qui peuplent son crâne. Dominique Fortier prend soin de rassembler des effluves d'il y a un siècle et demi pour peindre un portrait délicat et vibrant cultivé à même certains épisodes de la vie de la poète ou d'extraits de sa correspondance. L'autrice capture avec grâce et simplicité, la flamme poétique qui éclaire ses écrits et son mythe. Autrement dit, il se peut que vous humiez le parfum suave du troène, celui de la menthe ou du jasmin, au long de votre lecture. C'est de cette encre qu' Emily Dickinson a nourri ses livres. Dominique Fortier en dispose, ici, quelques spécimens rares choisi à même ses souvenirs.

    Extrait: «Les rayons d'or déferlent en coulées de miel par la fenêtre. La lumière d'après-midi est si épaisse qu'Emily a l'impression d'être une abeille prise dans de l'ambre. Dans la maisonnée Dickinson, chacun vaque à ses affaires. Père se prépare en vue d'une rencontre avec un client important ; Mère est très occupée par ses migraines ; Austin repasse sa leçon de grammaire ; tandis qu'Emily, là-haut dans sa chambre, écrit une lettre à quelqu'un qui n'existe pas. Si elle a assez de talent, il finira par apparaître. Les mots sont de fragiles créatures à épingler sur le papier. Ils volent dans la chambre comme des papillons. Ou bien ce sont des mites échappées des lainages - des papillons à qui manquent la couleur et l'esprit d'aventure.»

     

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  • Émission du 4 décembre 2018
    Mission encre noire Tome 24 Chapitre 299. Le syndrome de Takotsubo de Mireille Gagné paru en 2018 aux éditions Sémaphore. Le syndrome de Takotsubo, traduit littéralement par le piège à poulpe, est un phénomène de cardiomyopathie ou plus simplement un dysfonctionnement du muscle cardiaque. C'est un syndrome des coeur brisés, un phénomène observé par des cardiologues japonais dans les années 90. Mireille Gagné s'empare de cette singularité pour nourrir un recueil de dix-sept nouvelles tentaculaires. Le coeur bien accroché, il se peut que le vôtre se pâme devant tant d'honneur alloué. Méfiez-vous, ici, il se joue tour à tour, briseurs de rêve, là, bourreau aveugle ; ou encore, muscle de mémoire, en fuite prêt à exploser, voire même, désir de peau. Et si, pour certain.e.s, le pire reste à venir pour d'autres il y a l'espoir d'atteindre l'équilibre parfait. Bouleversante, baroque ou insolite, l'animalité s'immisce dans la poésie de l'autrice, alors que l'immensité est envahi par ces milliers d'oies blanches «coulant le ciel comme du sang dans les veines». Nous accueillons Mireille Gagné à Mission encre noire.
    Extrait: «Il est né dans le mauvais corps, juste un peu de travers, juste assez pour se sentir de trop. Ni fille ni garçon, quelque part entre les deux, dans un fuseau horaire différent des autres, le coeur déjà brisé. Insulaire, il a grandi entouré d'eau et de commérages. Très tôt, il a compris qu'il devait mentir pour survivre, personnifier la force, jouer avec les siens, se chamailler, la guerre, avec la bouche, le bruit des mitraillettes, la chasse, il a réussi à incarner son personnage à la perfection, même si tout semblait sur le point de fendre à l'intérieur.»
    Francoeur de Mathieu Blais paru en 2018 aux éditions Leméac. L'étoile a pleuré rose au coeur des oreilles de Francoeur lorsqu'il apprend que sa Rosemarie est tombé pour un Hells du chapitre de Sorel. C'est qu'il l'aime sa perle, assez pour défoncer le local du club de motard où elle travaille. Et de se retrouver en dedans au pénitencier de Saint-Anne-les-Bains. Et puis, lui, de Rimbaud, il s'en fout, c'est Jacques Mesrine qui l'habite. Il connaît tout de son livre de voyou, L'instinct de mort, à défaut d'en être un vrai. Et si Francoeur est l'homme saigné noir, à mort, qui gît sur le carrelage des douches c'est pour elle qu'il pleure, toujours. Bronco nous raconte son histoire, ce type incroyable, qui surjoue le dur à cuire. Pas trop fort, ça pourrait lui attirer des ennuis. Mathieu Blais est un observateur aigu des dépossédés, des espoirs cabossés dans un univers malsain, étouffant et clos. La bise qui siffle sur le gibet noir de l'amour hideux du baladin Francoeur est racontée au ras des hommes, usant de l'argot âpre des prisons. La poésie sèche de Mathieu Blais habille à merveille cet amour manchot, et nourri les plus belles fleurs (du mal) de son imagination. fortement conseillé.
    Extrait: «C'était un des gars de la D qui tiquait sur un détail, semblait même s'étonner qu'une merde comme Francoeur puisse un jour avoir eu du succès en amour. Et, comme les gars de la D, je me crissais pas mal de son histoire de plotte. Mais on avait écouté, écouté jusqu'au bout. Il racontait comme si la terre allait s'ouvrir sous lui et que tout le feu de l'enfer allait venir lui lécher le cul et les couilles. francoeur n'a pas répondu de vive voix, mais il a pris un chandail dans un des piles et il l'a étendu sur comptoir. Il y avait une tâche de café dans le grincement et le claquement des machines, à l'abri du regard des screws, il a simplement passé le plat de sa main très lentement sur la tâche qu'on a tous vue disparaître. Et je crois bien avoir vu un gars de la D se signer, alors que tous nos visages s'illuminaient itou, comme le visage de sa Rosemarie ce jour-là. Et à partir de là, à partir de ce moment précis, la légende de Francoeur a commencé à se fixer plus solidement dans les murs de Sainte-Anne-les-Bains. Et les problèmes, à lui pendre au bout du nez.»
    Les villes de papier de Dominique Fortier paru en 2018 aux éditions Alto. La «dame en blanc», Emily Dickinson est né à Amherst en 1830 dans le Massachusetts. Elle n'aura publié de son vivant, qu'une dizaine de poèmes et certains de façon anonymes. Reconnu comme un des autrices les plus importantes du dix-neuvième siècle, Emily habite son monde de son salon face à sa fenêtre. même si elle trouve le monde noir et compliqué, elle passe de longues heures, dans sa solitude, décrire sur ses pages blanches tout ce qui n'existe pas encore des émotions et des territoires intimes qui peuplent son crâne. Dominique Fortier prend soin de rassembler des effluves d'il y a un siècle et demi pour peindre un portrait délicat et vibrant cultivé à même certains épisodes de la vie de la poète ou d'extraits de sa correspondance. L'autrice capture avec grâce et simplicité, la flamme poétique qui éclaire ses écrits et son mythe. Autrement dit, il se peut que vous humiez le parfum suave du troène, celui de la menthe ou du jasmin, au long de votre lecture. C'est de cette encre qu' Emily Dickinson a nourri ses livres. Dominique Fortier en dispose, ici, quelques spécimens rares choisi à même ses souvenirs.
    Extrait: «Les rayons d'or déferlent en coulées de miel par la fenêtre. La lumière d'après-midi est si épaisse qu'Emily a l'impression d'être une abeille prise dans de l'ambre. Dans la maisonnée Dickinson, chacun vaque à ses affaires. Père se prépare en vue d'une rencontre avec un client important ; Mère est très occupée par ses migraines ; Austin repasse sa leçon de grammaire ; tandis qu'Emily, là-haut dans sa chambre, écrit une lettre à quelqu'un qui n'existe pas. Si elle a assez de talent, il finira par apparaître. Les mots sont de fragiles créatures à épingler sur le papier. Ils volent dans la chambre comme des papillons. Ou bien ce sont des mites échappées des lainages - des papillons à qui manquent la couleur et l'esprit d'aventure.»
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  • Émission du 27 novembre 2018

    Mission encre noire Tome 24 Chapitre 298. Adolphus de Hervé Gagnon paru en 2018 aux éditions Libre Expression collection Expression Noire. - Seigneur tout puissant, aie pitié de mon âme! s'exclame Adolphus Dewey, alors qu'il refuse la cagoule offerte par le bourreau sur le gibet dressé sur la galerie de la prison. Une fois l'office accompli, un individu s'approche et repart avec un objet enveloppé dans une vieille chemise. Soixante ans plus tard, début octobre 1893, Joseph Laflamme, George McCreary et leurs promises, Emma et Mary s'apprêtent à visiter le cirque Sarazini au «Parc Sohmer Park». À dix cents par tête, les deux couples vont vivre une soirée i.n.o.u.b.l.i.a.b.l.e. Deux personnes sont assassinées près du chapiteau. Bizarrement, la hache utilisée par le montréalais Adolphus Dewey pour commettre son forfait qui était exposée dans le cabinet de curiosités, a disparu. Le journaliste vedette de La Patrie enquête ! Une nouvelle fois, Hervé Gagnon nous invite à découvrir un univers montréalais inédit, un bien étrange cirque. L'auteur est notre invité, ce soir, pour nous rafraîchir la mémoire à propos de sa, désormais, cultissime série de Joseph Laflamme.

    Extrait: «Un éclat de rire jovial monta tandis que le magicien se renfrognait, mécontent. Ils se retournèrent et trouvèrent, dans le kiosque d'en face, un homme et une femme d'une obésité colossale. Leur corps donnait l'impression d'être constitué de vagues successives de graisse qui débordaient de leurs vêtements, aussi grands que des tentes, et se déployaient de tous les côtés. Dans les robustes fauteuils en rondins qui semblaient peiner à les soutenir, ils avaient exactement la même posture, leurs mains potelées reposant sur un ventre immense, les cuisses grosses comme des troncs d'arbres écartées pour permettre à leur panse de se loger au milieu. Leurs visages cerclés de multiples mentons n.étaient que des masses de lard dans lesquels s'enfonçaient des petits yeux pétillants. Comble de malchance, la femme était affligée d'une pilosité faciale que bien des hommes auraient enviée. Fier de sa boutade, le gros homme riait, ce qui le faisait frémir tout entier dans son fauteuil qui grinçait dangereusement. Nul doute qu'il lançait la même à tous les visiteurs pour attirer leur attention. Du coin de l'oeil, Joseph consulta l'écriteau qui était apposé sur le kiosque: «Pierre et Pierrette Jetté, le Couple le plus gros du monde. 712 et 622 lb! Pierrette est aussi barbue.»

    Janvier noir de Alan Parks traduit par Olivier Deparis paru en 2018 aux éditions Rivages. Glasgow, 1973, devant la gare routière, un jeune garçon ouvre le feu sur une jeune femme avant de retourner l'arme contre lui. La ville s'apprête à vivre l'une de ses semaine les plus noires de son histoire. L'inspecteur McCoy est au première loge. Un détenu, Howie Nairn, l'a convoqué pour lui annoncé, la veille, le sombre destin qui se préparait pour la victime. Accompagné de son jeune adjoint, Wattie, il ne pourra empêcher ce premier meurtre d'être commis. Au milieu de l'hiver rude écossais, McCoy enquête. Alan Parks initie un nouveau cycle d'une douzaine de romans, à venir, avec Janvier noir. McCoy est un dur à cuir, il se sent chez lui aussi bien dans les bas fonds de la ville que dans les quartiers plus huppés. Boucler cette affaire ne sera pas pour autant de tout repos, certains endroits lui collent de trop près à la peau. Âpre et réaliste, ce premier épisode va ravir ceux et celles qui raffolent des décors d'époque, les rues en pente, l'architecture sinistre, David Bowie, Rod Stewart et les origines ouvrières des vrais lads écossais. Obstiné et déterminé, à l'image de son héros abîmé, ce premier roman noir a tout pour convaincre.

    Extrait: «La voiture tourna sèchement à droite au grand abattoir et s'enfonça dans Dalmarnock. Glasgow était une ville faite de villages, de territoires délimités par les gangs qui se disputaient telle ou telle rue. McCoy n'avait le souvenir d'aucune revendication concernant Dalmarnock. Personne n'en voulait. Il s'arrêtèrent devant un immeuble abandonné sur un terrain vague envahi par la boue, les flaques et les gravats. Les entrées et les fenêtres du premier étage avaient été condamnées à l'aide de planches par la municipalité, des panneaux DÉFENSE D'ENTRER - DANGER tout juste visibles sous le nom des gangs peint à la bombe. Ces panneaux n'avaient pas été d'une grande utilité. La moitié des planches avaient été enfoncées ou arrachées, certaines, brisées, baignaient dans la boue. - C'est des gamins qui l'ont trouvée, dit Murray en frottant sa vitre pour la désembuer et regarder à l'extérieur. Ils jouaient à cache-cache là dedans. On ne peut pas leur en vouloir, ils n'ont pas beaucoup d'autres distractions par ici.»

    Tuer jupiter de François Médéline paru en 2018 aux éditions de La manufacture de livres. Emmanuel Macron est mort ! Ses obsèques nationales se déroule le 02 décembre 2018. Il rejoint le Panthéon devant les caméras du monde entier. Brigitte Macron porte des lunettes conçu par un grand lunetier parisien sur le modèle de celles de Jacky Kennedy. Mozart est joué par un choeur berlinois. Les chefs d'États de la planète entière se manifestent. Gérard Collomb, ministre de l'intérieur, prépare son éloge funéraire. François Médéline a passé dix ans au service de parlementaires socialistes, il a fréquenté, au plus près les coulisses du pouvoir. Il vous propose de remonter le temps de cet assassinat. Si complot il y a, le fil du récit nous transporte de la Maison blanche, à Moscou, à Jérusalem et sous les arcanes de l'Élysée. Tout cela est-il plausible vous demandez-vous ? Le texte, forcément audacieux, est spectaculaire et plus vrai que nature. Amateur de James Ellroy, l'auteur, rend hommage à l'illustre écrivain. La vraie ironie perverse du récit dystopique est de surfer sur un passé fictionnel qui repose, en parti, sur des faits avérés de notre réalité actuelle. Et c'est ce qui est effrayant et délirant.

    Extrait: «Élodie sutura la bouche du président de la République. Élodie caressa sa lèvre supérieure. Elle fit pivoter son siège surélevé, scruta le portrait mesurait cinquante centimètres par soixante-dix. Il était encadré, suspendu à la vis cruciforme sur laquelle Élodie accrochait tous ses morts. Emmanuel Macron était assis sur son bureau devant la fenêtre. La fenêtre donnait sur le jardin du palais de l'Élysée. Emmanuel Macron était assis et en même temps il était debout. Avec ses deux alliances, ses deux téléphones. Avec les deux poches latérales de sa veste de costume. Avec les Nourritures terrestres et Les Mémoires de guerre. Avec Le Rouge et avec Le Noir. Avec l'histoire qu'Élodie devait raconter. Avec cet homme-là qui était son modèle. La consigne lui avait été donnée par le cabinet du président défunt à l'Élysée. Toutes les familles donnaient des consignes. Emmanuel Macron possédait une armée de sbires. Ses sbires les plus proches étaient directifs. Le cabinet de l'Élysée avait étudié la cryogénisation et s'était renseigné sur les embaumeurs de Lénine. La cryogénisation sonnait trop Star Trek. Les embaumeurs du petit Vladimir Illitch étaient les meilleurs du monde, Lénine rajeunissait plus de quatre-vingt-dix ans après sa mort.»

     

     

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  • Émission du 27 novembre 2018
    Mission encre noire Tome 24 Chapitre 298. Adolphus de Hervé Gagnon paru en 2018 aux éditions Libre Expression collection Expression Noire. - Seigneur tout puissant, aie pitié de mon âme! s'exclame Adolphus Dewey, alors qu'il refuse la cagoule offerte par le bourreau sur le gibet dressé sur la galerie de la prison. Une fois l'office accompli, un individu s'approche et repart avec un objet enveloppé dans une vieille chemise. Soixante ans plus tard, début octobre 1893, Joseph Laflamme, George McCreary et leurs promises, Emma et Mary s'apprêtent à visiter le cirque Sarazini au «Parc Sohmer Park». À dix cents par tête, les deux couples vont vivre une soirée i.n.o.u.b.l.i.a.b.l.e. Deux personnes sont assassinées près du chapiteau. Bizarrement, la hache utilisée par le montréalais Adolphus Dewey pour commettre son forfait qui était exposée dans le cabinet de curiosités, a disparu. Le journaliste vedette de La Patrie enquête ! Une nouvelle fois, Hervé Gagnon nous invite à découvrir un univers montréalais inédit, un bien étrange cirque. L'auteur est notre invité, ce soir, pour nous rafraîchir la mémoire à propos de sa, désormais, cultissime série de Joseph Laflamme.
    Extrait: «Un éclat de rire jovial monta tandis que le magicien se renfrognait, mécontent. Ils se retournèrent et trouvèrent, dans le kiosque d'en face, un homme et une femme d'une obésité colossale. Leur corps donnait l'impression d'être constitué de vagues successives de graisse qui débordaient de leurs vêtements, aussi grands que des tentes, et se déployaient de tous les côtés. Dans les robustes fauteuils en rondins qui semblaient peiner à les soutenir, ils avaient exactement la même posture, leurs mains potelées reposant sur un ventre immense, les cuisses grosses comme des troncs d'arbres écartées pour permettre à leur panse de se loger au milieu. Leurs visages cerclés de multiples mentons n.étaient que des masses de lard dans lesquels s'enfonçaient des petits yeux pétillants. Comble de malchance, la femme était affligée d'une pilosité faciale que bien des hommes auraient enviée. Fier de sa boutade, le gros homme riait, ce qui le faisait frémir tout entier dans son fauteuil qui grinçait dangereusement. Nul doute qu'il lançait la même à tous les visiteurs pour attirer leur attention. Du coin de l'oeil, Joseph consulta l'écriteau qui était apposé sur le kiosque: «Pierre et Pierrette Jetté, le Couple le plus gros du monde. 712 et 622 lb! Pierrette est aussi barbue.»
    Janvier noir de Alan Parks traduit par Olivier Deparis paru en 2018 aux éditions Rivages. Glasgow, 1973, devant la gare routière, un jeune garçon ouvre le feu sur une jeune femme avant de retourner l'arme contre lui. La ville s'apprête à vivre l'une de ses semaine les plus noires de son histoire. L'inspecteur McCoy est au première loge. Un détenu, Howie Nairn, l'a convoqué pour lui annoncé, la veille, le sombre destin qui se préparait pour la victime. Accompagné de son jeune adjoint, Wattie, il ne pourra empêcher ce premier meurtre d'être commis. Au milieu de l'hiver rude écossais, McCoy enquête. Alan Parks initie un nouveau cycle d'une douzaine de romans, à venir, avec Janvier noir. McCoy est un dur à cuir, il se sent chez lui aussi bien dans les bas fonds de la ville que dans les quartiers plus huppés. Boucler cette affaire ne sera pas pour autant de tout repos, certains endroits lui collent de trop près à la peau. Âpre et réaliste, ce premier épisode va ravir ceux et celles qui raffolent des décors d'époque, les rues en pente, l'architecture sinistre, David Bowie, Rod Stewart et les origines ouvrières des vrais lads écossais. Obstiné et déterminé, à l'image de son héros abîmé, ce premier roman noir a tout pour convaincre.
    Extrait: «La voiture tourna sèchement à droite au grand abattoir et s'enfonça dans Dalmarnock. Glasgow était une ville faite de villages, de territoires délimités par les gangs qui se disputaient telle ou telle rue. McCoy n'avait le souvenir d'aucune revendication concernant Dalmarnock. Personne n'en voulait. Il s'arrêtèrent devant un immeuble abandonné sur un terrain vague envahi par la boue, les flaques et les gravats. Les entrées et les fenêtres du premier étage avaient été condamnées à l'aide de planches par la municipalité, des panneaux DÉFENSE D'ENTRER - DANGER tout juste visibles sous le nom des gangs peint à la bombe. Ces panneaux n'avaient pas été d'une grande utilité. La moitié des planches avaient été enfoncées ou arrachées, certaines, brisées, baignaient dans la boue. - C'est des gamins qui l'ont trouvée, dit Murray en frottant sa vitre pour la désembuer et regarder à l'extérieur. Ils jouaient à cache-cache là dedans. On ne peut pas leur en vouloir, ils n'ont pas beaucoup d'autres distractions par ici.»
    Tuer jupiter de François Médéline paru en 2018 aux éditions de La manufacture de livres. Emmanuel Macron est mort ! Ses obsèques nationales se déroule le 02 décembre 2018. Il rejoint le Panthéon devant les caméras du monde entier. Brigitte Macron porte des lunettes conçu par un grand lunetier parisien sur le modèle de celles de Jacky Kennedy. Mozart est joué par un choeur berlinois. Les chefs d'États de la planète entière se manifestent. Gérard Collomb, ministre de l'intérieur, prépare son éloge funéraire. François Médéline a passé dix ans au service de parlementaires socialistes, il a fréquenté, au plus près les coulisses du pouvoir. Il vous propose de remonter le temps de cet assassinat. Si complot il y a, le fil du récit nous transporte de la Maison blanche, à Moscou, à Jérusalem et sous les arcanes de l'Élysée. Tout cela est-il plausible vous demandez-vous ? Le texte, forcément audacieux, est spectaculaire et plus vrai que nature. Amateur de James Ellroy, l'auteur, rend hommage à l'illustre écrivain. La vraie ironie perverse du récit dystopique est de surfer sur un passé fictionnel qui repose, en parti, sur des faits avérés de notre réalité actuelle. Et c'est ce qui est effrayant et délirant.
    Extrait: «Élodie sutura la bouche du président de la République. Élodie caressa sa lèvre supérieure. Elle fit pivoter son siège surélevé, scruta le portrait mesurait cinquante centimètres par soixante-dix. Il était encadré, suspendu à la vis cruciforme sur laquelle Élodie accrochait tous ses morts. Emmanuel Macron était assis sur son bureau devant la fenêtre. La fenêtre donnait sur le jardin du palais de l'Élysée. Emmanuel Macron était assis et en même temps il était debout. Avec ses deux alliances, ses deux téléphones. Avec les deux poches latérales de sa veste de costume. Avec les Nourritures terrestres et Les Mémoires de guerre. Avec Le Rouge et avec Le Noir. Avec l'histoire qu'Élodie devait raconter. Avec cet homme-là qui était son modèle. La consigne lui avait été donnée par le cabinet du président défunt à l'Élysée. Toutes les familles donnaient des consignes. Emmanuel Macron possédait une armée de sbires. Ses sbires les plus proches étaient directifs. Le cabinet de l'Élysée avait étudié la cryogénisation et s'était renseigné sur les embaumeurs de Lénine. La cryogénisation sonnait trop Star Trek. Les embaumeurs du petit Vladimir Illitch étaient les meilleurs du monde, Lénine rajeunissait plus de quatre-vingt-dix ans après sa mort.»
    0 min
  • Émission du 20 novembre 2018

    Mission encre noire Tome 24 Chapitre 297. Le Salon du livre de Montréal 2018 vient de fermer ses portes, pour la dernière fois à la place Bonaventure. On a appris récemment que la prochaine édition se tiendra, en 2019, au palais des congrès. Comme chaque année, je vous invite à rencontrer des voix d'autrices et d'auteurs au détour d'une allée, forcément bondée. Joséphine Bacon est une des invitées d'honneur du salon, cette année. Elle publie Uiesh/Quelque part aux éditions Mémoire d'Encrier. Une maison d'édition qui fête ses quinze ans d'existence pour l'occasion. Uiesh/Quelque part, c'est le pas d'une aînée qui s'avance vers vous. Elle approche, nourri de la terre des ancêtres. Joséphine Bacon se défini nomade. Née en 1947, elle est amérindienne, innue de Betsiamites. Poète et réalisatrice, elle vit sa ville, Montréal, à l'écoute du territoire, quelque part dans le Nutshimit. Ce soir, nos pas se joignent à ses traces pour une rencontre exceptionnelle.

    Extrait: «J'ai vu la naissance de l'hiver/La neige abandonne/Ses fragiles flocons/Dans un monde torturé/Sa finesse éblouit/La terre des nomades».

    Jacques Saussey publie depuis 2010, il est auteur d'une dizaine de romans dont les très appréciés à Mission encre noire, La pieuvre, Le loup peint, Ne prononcez jamais leurs noms. Enfermé.e est paru en 2018 aux éditions French Pulp. Un roman sec et percutant, qui ne devrait pas vous laisser de marbre. Habitué des thrillers haletants en série, aux côtés du capitaine Daniel Magne et du Lieutenant Lisa Helfin, ce roman, plus intime, emmène l'auteur vers un voyage inconnu. Cette histoire est née du coming out de sa nièce Aurore, accompli en 2015. Une larme coule sur le visage de Virginie dans ce roman, une larme de honte et de désespoir, une larme au goût de sang à la saveur de la déchirure qui irradie dans son être tout entier. Enfermé.e va vous procurer plus d'une émotion et vous pousser  à vous remettre en question. Jacques Saussey s'attable à Mission encre noire pour nous ouvrir des portes.

    Extraits: «Virginie a allumé une autre cigarette, a soufflé la fumée vers le ciel de plomb. Elle a tiré dessus jusqu'à ce qu'elle se brûle les doigts, puis elle l'a suivi et estretourné dans la loge des artistes de la salle de spectacle. Elle a souri à son tour au beau gosse qui était en train de passer des bas résille. Quand il lui a cligné de l'oeil d'un air complice, elle s'est senti fondre de l'intérieur. C'est à ce moment-là qu'elle l'a appelé ainsi dans le secret de son coeur. Beau Gosse. Quand elle est arrivée sur la scène, elle a tout de suite reconnu le visage au premier rang des spectateurs. Un petit nez retroussé, des cheveux roux et des yeux noirs de mustélidé qui ne la lâchaient pas d'un cil.»

    1 hr
  • Émission du 20 novembre 2018
    Mission encre noire Tome 24 Chapitre 297. Le Salon du livre de Montréal 2018 vient de fermer ses portes, pour la dernière fois à la place Bonaventure. On a appris récemment que la prochaine édition se tiendra, en 2019, au palais des congrès. Comme chaque année, je vous invite à rencontrer des voix d'autrices et d'auteurs au détour d'une allée, forcément bondée. Joséphine Bacon est une des invitées d'honneur du salon, cette année. Elle publie Uiesh/Quelque part aux éditions Mémoire d'Encrier. Une maison d'édition qui fête ses quinze ans d'existence pour l'occasion. Uiesh/Quelque part, c'est le pas d'une aînée qui s'avance vers vous. Elle approche, nourri de la terre des ancêtres. Joséphine Bacon se défini nomade. Née en 1947, elle est amérindienne, innue de Betsiamites. Poète et réalisatrice, elle vit sa ville, Montréal, à l'écoute du territoire, quelque part dans le Nutshimit. Ce soir, nos pas se joignent à ses traces pour une rencontre exceptionnelle.
    Extrait: «J'ai vu la naissance de l'hiver/La neige abandonne/Ses fragiles flocons/Dans un monde torturé/Sa finesse éblouit/La terre des nomades».
    Jacques Saussey publie depuis 2010, il est auteur d'une dizaine de romans dont les très appréciés à Mission encre noire, La pieuvre, Le loup peint, Ne prononcez jamais leurs noms. Enfermé.e est paru en 2018 aux éditions French Pulp. Un roman sec et percutant, qui ne devrait pas vous laisser de marbre. Habitué des thrillers haletants en série, aux côtés du capitaine Daniel Magne et du Lieutenant Lisa Helfin, ce roman, plus intime, emmène l'auteur vers un voyage inconnu. Cette histoire est née du coming out de sa nièce Aurore, accompli en 2015. Une larme coule sur le visage de Virginie dans ce roman, une larme de honte et de désespoir, une larme au goût de sang à la saveur de la déchirure qui irradie dans son être tout entier. Enfermé.e va vous procurer plus d'une émotion et vous pousser  à vous remettre en question. Jacques Saussey s'attable à Mission encre noire pour nous ouvrir des portes.
    Extraits: «Virginie a allumé une autre cigarette, a soufflé la fumée vers le ciel de plomb. Elle a tiré dessus jusqu'à ce qu'elle se brûle les doigts, puis elle l'a suivi et estretourné dans la loge des artistes de la salle de spectacle. Elle a souri à son tour au beau gosse qui était en train de passer des bas résille. Quand il lui a cligné de l'oeil d'un air complice, elle s'est senti fondre de l'intérieur. C'est à ce moment-là qu'elle l'a appelé ainsi dans le secret de son coeur. Beau Gosse. Quand elle est arrivée sur la scène, elle a tout de suite reconnu le visage au premier rang des spectateurs. Un petit nez retroussé, des cheveux roux et des yeux noirs de mustélidé qui ne la lâchaient pas d'un cil.»
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  • Émission du 13 novembre 2018

    Mission encre noire Tome 24 Chapitre 296. Aux premiers temps de l'Anthropocène d'Esther Laforce paru en 2018 aux éditions Leméac. Anthropocène: l'âge de l'homme, l'époque de l'histoire de la terre où l'impact des activités humaines a un effet durable sur l'écosystème. Émilie ressent la force destructrice de ce phénomène sur sa vie. Sa soeur se meurt d'un cancer et ne devrait pas y survivre. Archéologue, Elle s'effondre soudainement sur les fouilles de ruines en Grèce. La progression fulgurante de la maladie de Mélissa terrasse Émilie qui se réfugie dans l'écriture de lettres à sa soeur. Son passé et son présent deviennent, alors, un carnet d'observation de la fin de ce monde. Au-delà de ses envies d'enfant anéanties, de sa solitude, de ses amours avortés, du bruit du monde, elle garde un peu d'espoir. Il se garde un souffle mélodieux sur ce petit bijou de roman d'à peine cent pages. Dans un monde de chagrin, Esther Laforce, munie d'une plume délicate et d'une grande élégance, nous invite à danser sur le bord du volcan. Elle est notre invitée à Mission encre noire.

    Extrait: «Il y avait aussi une odeur. Elle n'avait rien d'animal. Enrobé d'effluves de Kérosène et d'essence, l'ammoniac émanait du lisier répandu dans la campagne alentour. La puanteur semblait suinter de partout. Mais tu sais ce qui m'a le plus frappée? Tout le long de la route, il y avait des cadavres de petits animaux morts. Des ratons laveurs, des porcs-épics, des marmottes, des mulots, des oiseaux, un renard même: sur environ trois kilomètres, j'ai vu toute une ménagerie sylvestre, des petits corps frappés, éventrés, était inodore, baignée par les miasmes des porcheries. Même le corps d'une moufette aplatie au centre de la route ne dégageait aucun relent particulier. J'ai quitté l'entrée de la porcherie, là où le sourire du cochon brûlait sous un soleil dont rien n'atténuait ni ne tamisait l'éclat. Aucun arbre n'avait été planté pour ombrager et agrémenter l'allée qui conduisait à des bureaux administratifs.»

    Une douce lueur de malveillance de Dan Chaon paru en 2018 aux éditions Albin Michel. Dustin Tillman est psychologue dans la banlieue de Cleveland, Ohio. Père de deux enfants, Aaron et Dennis, aux côtés de sa femme Jill, ils coulent une vie paisible. Une angoisse forte et diffuse le prends soudainement. le quadragénaire apprend la libération de son frère adoptif, Dusty, condamné à perpétuité pour le meurtre de leurs parents et de deux proches. Les tests ADN sont formels, il est innocent. Un ancient flic, en arrêt maladie vient le consulter. Il enquête sur le supposé serial killer Jack Daniels, qui a pour habitude de noyer des jeunes étudiants capturés à la sortie des bars. Brusquement, sa vie personnelle se dégrade, Dustin est confronté à l'annonce du cancer de sa femme et de la dépendance aux drogues dures d'un de ses fils. Dan Chaon réussi avec talent à nous attirer vers les grands fonds de la psychologie humaine, à la limite de la folie. L'auteur a été élu parmi les meilleurs romans de l'année un peu partout aux États-Unis. Un roman obsédant !

    Extrait: «Tu pénètres dans l'immeuble de Cleveland Heights à huit heures du matin, tu grimpes l'escalier de marbre des années vingt avec sa boule en cuivre, tu parcours les étroits couloirs avec leur rangée de portes fermées et seule celle de ton cabinet est ouverte et la musique s'échappe de la cascade d'intérieur et tu t'arrêtes sur le seuil. «Il y a quelqu'un?» demandes-tu? Et tu sens la franche hostilité de la pièce, qui refuse toute présence. Tu sais, biens ûr, que ce n'est qu'une illusion. L'esprit est trompé par toutes sortes de stimuli et le stress aggrave les choses. Mais la pièce te déteste. Tu le sens.»

    Le nouveau numéro de Moebius 159 est disponible en kiosque.«Cet animal m'a donné la vie», c'est le citation-thème tirée de Le feu de mon père de Michael Delisle paru chez Boréal en 2014. Sous la direction éclairée de Clara Dupuis-Morency et Gabrielle-Dulude, venez découvrir les formes variées et inédites que peut prendre l'animalité, bien ou mal placée, dans ce splendide laboratoire d'écriture. Vous pourrez y trouver des textes de Anne-Renée Caillé, Jean-Philippe Chabot, Marie-Hélène Constant, Marie-Ève Fleury, Kristina G. Landry, Catherine Lemieux, Catherine Morency, Camille Readman Prud'homme, Martin Tailly, Anne-Marie Alonzo, Marilou Craft et Simon Brousseau.

    Extrait: «Je suis à fendre/On tournera autour et tu seras patient/Pointu de douceurs/J'ai un homme dans le coeur une femme sur le dessus/C'est une laine qui embrasse et pique lentement.»

    Du 14 au 19 novembre 2018, c'est le temps du Salon du livre de Montréal qui bat son plein jusqu'à lundi. Il y en a pour tous les goûts. Mission encre noire vous propose une visite guidée de cette édition pour vous donner l'envie de visiter cette ville de papier, de maisons d'éditions et d'écrivain.e.s.

    1 hr
  • Émission du 13 novembre 2018
    Mission encre noire Tome 24 Chapitre 296. Aux premiers temps de l'Anthropocène d'Esther Laforce paru en 2018 aux éditions Leméac. Anthropocène: l'âge de l'homme, l'époque de l'histoire de la terre où l'impact des activités humaines a un effet durable sur l'écosystème. Émilie ressent la force destructrice de ce phénomène sur sa vie. Sa soeur se meurt d'un cancer et ne devrait pas y survivre. Archéologue, Elle s'effondre soudainement sur les fouilles de ruines en Grèce. La progression fulgurante de la maladie de Mélissa terrasse Émilie qui se réfugie dans l'écriture de lettres à sa soeur. Son passé et son présent deviennent, alors, un carnet d'observation de la fin de ce monde. Au-delà de ses envies d'enfant anéanties, de sa solitude, de ses amours avortés, du bruit du monde, elle garde un peu d'espoir. Il se garde un souffle mélodieux sur ce petit bijou de roman d'à peine cent pages. Dans un monde de chagrin, Esther Laforce, munie d'une plume délicate et d'une grande élégance, nous invite à danser sur le bord du volcan. Elle est notre invitée à Mission encre noire.
    Extrait: «Il y avait aussi une odeur. Elle n'avait rien d'animal. Enrobé d'effluves de Kérosène et d'essence, l'ammoniac émanait du lisier répandu dans la campagne alentour. La puanteur semblait suinter de partout. Mais tu sais ce qui m'a le plus frappée? Tout le long de la route, il y avait des cadavres de petits animaux morts. Des ratons laveurs, des porcs-épics, des marmottes, des mulots, des oiseaux, un renard même: sur environ trois kilomètres, j'ai vu toute une ménagerie sylvestre, des petits corps frappés, éventrés, était inodore, baignée par les miasmes des porcheries. Même le corps d'une moufette aplatie au centre de la route ne dégageait aucun relent particulier. J'ai quitté l'entrée de la porcherie, là où le sourire du cochon brûlait sous un soleil dont rien n'atténuait ni ne tamisait l'éclat. Aucun arbre n'avait été planté pour ombrager et agrémenter l'allée qui conduisait à des bureaux administratifs.»
    Une douce lueur de malveillance de Dan Chaon paru en 2018 aux éditions Albin Michel. Dustin Tillman est psychologue dans la banlieue de Cleveland, Ohio. Père de deux enfants, Aaron et Dennis, aux côtés de sa femme Jill, ils coulent une vie paisible. Une angoisse forte et diffuse le prends soudainement. le quadragénaire apprend la libération de son frère adoptif, Dusty, condamné à perpétuité pour le meurtre de leurs parents et de deux proches. Les tests ADN sont formels, il est innocent. Un ancient flic, en arrêt maladie vient le consulter. Il enquête sur le supposé serial killer Jack Daniels, qui a pour habitude de noyer des jeunes étudiants capturés à la sortie des bars. Brusquement, sa vie personnelle se dégrade, Dustin est confronté à l'annonce du cancer de sa femme et de la dépendance aux drogues dures d'un de ses fils. Dan Chaon réussi avec talent à nous attirer vers les grands fonds de la psychologie humaine, à la limite de la folie. L'auteur a été élu parmi les meilleurs romans de l'année un peu partout aux États-Unis. Un roman obsédant !
    Extrait: «Tu pénètres dans l'immeuble de Cleveland Heights à huit heures du matin, tu grimpes l'escalier de marbre des années vingt avec sa boule en cuivre, tu parcours les étroits couloirs avec leur rangée de portes fermées et seule celle de ton cabinet est ouverte et la musique s'échappe de la cascade d'intérieur et tu t'arrêtes sur le seuil. «Il y a quelqu'un?» demandes-tu? Et tu sens la franche hostilité de la pièce, qui refuse toute présence. Tu sais, biens ûr, que ce n'est qu'une illusion. L'esprit est trompé par toutes sortes de stimuli et le stress aggrave les choses. Mais la pièce te déteste. Tu le sens.»
    Le nouveau numéro de Moebius 159 est disponible en kiosque.«Cet animal m'a donné la vie», c'est le citation-thème tirée de Le feu de mon père de Michael Delisle paru chez Boréal en 2014. Sous la direction éclairée de Clara Dupuis-Morency et Gabrielle-Dulude, venez découvrir les formes variées et inédites que peut prendre l'animalité, bien ou mal placée, dans ce splendide laboratoire d'écriture. Vous pourrez y trouver des textes de Anne-Renée Caillé, Jean-Philippe Chabot, Marie-Hélène Constant, Marie-Ève Fleury, Kristina G. Landry, Catherine Lemieux, Catherine Morency, Camille Readman Prud'homme, Martin Tailly, Anne-Marie Alonzo, Marilou Craft et Simon Brousseau.
    Extrait: «Je suis à fendre/On tournera autour et tu seras patient/Pointu de douceurs/J'ai un homme dans le coeur une femme sur le dessus/C'est une laine qui embrasse et pique lentement.»
    Du 14 au 19 novembre 2018, c'est le temps du Salon du livre de Montréal qui bat son plein jusqu'à lundi. Il y en a pour tous les goûts. Mission encre noire vous propose une visite guidée de cette édition pour vous donner l'envie de visiter cette ville de papier, de maisons d'éditions et d'écrivain.e.s.
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