Les réponses d'Anthony, question par question
J'ai trop d'idées et je n'en concrétise aucune, comment je fais le tri ?
Selon lui, le blocage vient du fait que toutes les idées restent éparpillées, dans la tête ou sur des post-it, sans jamais être vues côte à côte. Sa solution est de tout centraliser au même endroit pour obtenir une vue générale de vos idées multiples. Il explique que le cerveau fonctionne déjà ainsi : il emmagasine des informations toute la journée et les recentralise pendant le sommeil ou les moments de repos, jusqu'au moment où une idée surgit. La matrice ABS sert justement à couper ce processus en deux et à l'accélérer volontairement.
Par quoi commencer avant même d'écrire la première idée ?
Sa première étape est de conditionner votre esprit, et il insiste : si vous sautez cette étape, vous allez vous fixer des limites. Concrètement, il conseille d'éliminer les contraintes liées à l'argent, les contraintes de cadre, les contraintes matérielles et les mentalités négatives. Son image de travail est de vous imaginer assis au milieu d'un bac à sable, où tout est à faire et tout est à créer. Il recommande de vous y ramener à chaque fois que vous sentez des barrières revenir pendant le processus.
Comment on dessine concrètement la matrice ABS ?
Il décrit trois arcs de cercle superposés sur une feuille, en comparant la forme au symbole du signal Wi-Fi. Le premier arc se trace tout en haut de la feuille, avec au-dessus une question volontairement large, du type comment innover dans mon secteur d'activité. Les deux arcs suivants se tracent en dessous avec le même espacement, et chaque espace créé entre deux arcs correspond à une étape du tri. Il précise que la matrice est téléchargeable en format imprimable sur le site No Limits, et que la conférence TEDx est disponible sur YouTube.
Qu'est-ce qu'on écrit dans la première zone de la matrice ?
Dans l'espace situé entre la question et le premier arc, il demande de poser toutes les idées qui vous passent par la tête, celles liées à votre problématique comme celles notées à droite et à gauche sur des post-it, des morceaux de papier ou dans vos notes. Sa consigne est explicite : tous les secteurs d'activité confondus, toutes les idées confondues, du médical à l'actualité en passant par l'immobilier. Il appelle cette zone votre centre d'information psychique. Selon lui, c'est pendant que vous écrivez que le cerveau se remet à travailler en arrière-plan et produit de nouvelles connexions.
Comment passer d'une cinquantaine d'idées à trois ?
La deuxième zone est ce qu'il appelle la gestation de l'idée. Vous relisez la ligne du dessus et vous puisez par-ci par-là pour regrouper des idées entre elles ou en faire naître de nouvelles. Son exemple de croisement est volontairement absurde : le mot pomme rapproché du mot radio donne un podcast sur les fruits et légumes, ou sur la permaculture. Le principe est celui d'un entonnoir : à la sortie de cette zone, vous avez moins d'idées, mais certaines commencent nettement à ressortir du lot.
Combien d'idées faut-il garder à la fin ?
Sa règle pour le troisième arc est stricte : trois grosses idées maximum, pas une de plus. Parmi ces trois, il distingue une idée phare que vous allez exploiter tout de suite, et deux idées connexes qui vous paraissent exploitables dans un second temps. Il prévient que ce moment est frustrant, parce qu'en voyant vos idées de départ en haut de la feuille et le résultat en bas, vous constatez souvent que vous avez complètement changé de direction. Il le juge malgré tout très constructif.
Comment savoir si une idée vaut la peine qu'on s'y investisse ?
Son filtre tient en une seule question, qu'il pose après avoir pris du recul et croisé l'ensemble des informations : est-ce que oui ou non cette idée que je viens d'avoir est viable, et est-ce que je peux mettre toute mon énergie pour la réaliser. C'est ce double critère, viabilité et capacité d'engagement réel, qui départage les trois finalistes du reste.
Est-ce que ça marche vraiment sur un vrai sujet ?
Il raconte l'avoir appliqué à son mémoire de recherche, dont la question de départ était comment faire émerger un nouveau marché avec les technologies d'impression 3D. Il s'est alimenté par l'actualité, des études et des thèses internationales rédigées par des professeurs, et des recherches en interne dans l'entreprise où il travaillait. Il a ensuite laissé reposer deux à trois jours en notant des idées de temps en temps avant de reprendre. À l'arrivée, trois grandes idées : une intelligence artificielle pour assister les architectes, des FabLab implantés chez les distributeurs de matériaux, et un robot qui crée des structures à partir du sable. Il résume le rendement de la méthode ainsi : de cinquante idées à trois idées exploitables.
Comment transformer une idée en revenu récurrent, avec un exemple concret ?
Il prend le cas d'un ami coach sportif qui passait beaucoup de temps sur WhatsApp à conseiller et motiver ses clients, du temps non facturé venant s'ajouter après la première prestation. Ayant repéré un logiciel de gestion d'espaces membres sur WordPress, il lui a proposé de créer un espace membre sur son site et de vendre, après la première séance facturée, un engagement de quinze à vingt francs suisses par mois. Le coach continue d'échanger sur Messenger ou WhatsApp comme avant, mais cette fois en étant rémunéré. Selon lui, l'abonnement engage aussi le client dans sa propre progression, puisqu'il paie et cherche donc à rentabiliser.
Que faire une fois les trois idées retenues ?
Il rappelle que la matrice s'arrête au tri et que le travail de développement commence ensuite. Il liste les volets à couvrir pour chaque idée retenue : le marketing, la recherche et développement, la stratégie, l'organisation, la commercialisation, et les finances que vous êtes prêt à engager. Il renvoie vers le site No Limits et la conférence TEDx pour le détail de cette phase.
Qui est Anthony Gonnet Vandepoorte
Anthony Gonnet Vandepoorte, alias Major, anime le podcast No Limits. Il a développé la matrice ABS pendant ses années d'études, aux côtés d'autres outils, et l'a construite dans le cadre d'un mémoire de recherche portant sur l'émergence d'un nouveau marché autour des technologies d'impression 3D. Cette matrice a été mise en avant lors d'une conférence TEDx organisée au Cesi à Angoulême. Il indique également avoir écrit un livre dans lequel on retrouve les idées issues de ce travail.
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Noir sur Or est la lettre d'Anthony Gonnet Vandepoorte, alias Major : technologie, business, IA et longévité, depuis la Suisse. S'inscrire gratuitement.