Cʹest un classique de Science-fiction, un film sélectionné par Bibliothèque du Congrès américain comme oeuvre étant culturellement, historiquement et esthétiquement importante.
Ça peut se comprendre.
Car Planète Interdite, Forbidden Planet, sʹapproprie un discours shakespearien, celui de la Tempête, une pièce de 1610, et renvoie, dans lʹespace, le miroir de nos propres égos.
Tourné par Fred McLeod Wilcox, un tâcheron de la Metro Goldwyn Mayer, sorti en 1956, Planète interdite peut apparaître comme un pur produit de série B.
Il nʹen est rien.
Car le réalisateur, comme les décorateurs, et les acteurs, nʹont rien à perdre et multiplient les coups de génie.
Lʹhumour, une imagerie inventive, des trucage ingénieux, le charme des sixties, la musique électronique de Louis et Bebe Baron, contribuent à créer une atmosphère particulière, complètement culte.
Dʹautant que dans le film, on trouve un personnage à tout faire, attachant sous ses rouages, Robby, un robot qui fabrique à volonté tout ce quʹon lui commande, tissus ou whisky. Un être issu de la technologie et du savoir dʹune civilisation disparue, celle des Krells, dont les vues fantasmagorique sur leurs laboratoires souterrains et la plupart des problèmes posés par le film forment un ensemble passionnant.
En résumé, Planète interdite est à la fois un nanar complètement kitsch, et un film qui interroge dans des décors surréels, le moi et le surmoi.
On dit de ce film quʹil est matriciel, cʹest-à-dire quʹil va planter les jalons de tous les films de science-fiction à venir.
Tourné en cinémascope et en couleurs, le film ouvre la voie à Star Trek, à la série Lost in Space, à lʹOdyssée de Kubrick et même Star Wars.
REFERENCES
Film Histories Episode 18 : Forbidden Planet
https://www.youtube.com/watch?v=XK3l175fAAc
Le débat du ciné-Club du 30 juin 2015 à lʹinstitut Henri Poincaré.
https://www.youtube.com/watch?v=NX2kKn6hNTo&list=PL9_vjJOQ-Uo2rZmtzc6Q7wBYirU0rB4dV&index=7