En plein bras de fer entre Donald Trump et les plus grandes universités américaines, la France veut jouer sa carte. Les premiers échanges sont en cours et les recrutements lancés. Bruno Bouchard, président de l’université Paris Dauphine-PSL, invité de David Abiker, évoque « de bonnes nouvelles d’ici quelques semaines ».
Un sursis pour les étudiants étrangers de Harvard. Une juge fédérale américaine a bloqué temporairement la décision de l’administration Trump d’exclure les étudiants étrangers de l’université d’Harvard. Le président des EUA a annoncé, la semaine dernière, il y a 4 jours, jeudi 22 mai, qu’il retirait le droit d’accueillir des étudiants étrangers à la prestigieuse université. Les étudiants étrangers actuellement sur le campus de Boston pourraient même devoir quitter les États-Unis, dès la semaine prochaine, après leur remise de diplôme.
Dans cette guerre des savoirs en cours entre les États-Unis et le reste du monde, l’Europe a lancé son opération « Choose Europe for science » dans l’espoir de recruter la matière grise américaine. Et c’est une information Radio Classique ; les premiers échanges sont en cours avec des chercheurs américains. Les recrutements sont bel et bien lancés dans plusieurs universités françaises.
Les universités françaises recrutent
Discrètement, les universités françaises se transforment en cabinets de chasseurs de tête. Certaines ont même une cellule spéciale, dédiée aux recrutements. Et selon les informations de Radio Classique, l’Université Paris-Dauphine PSL aimerait bien attirer un couple de mathématiciens venus de la prestigieuse université de Californie à Los Angeles, 15ᵉ au classement de Shanghaï , avec à la clef : des postes de directeur de recherche au CNRS.
Le recrutement est d’ailleurs entre les mains de cet organisme qui assume de concentrer ses efforts sur des chercheurs de très haute qualité avec une plateforme en ligne : « Choose CNRS ». Pour l’instant, rien n’est encore décidé à ce stade pour les deux mathématiciens mais la France a quelques atouts à faire valoir dans cette discipline. Les universités françaises, comme Dauphine, s’attachent à convaincre pour qu’au moins des chercheurs américains hébergent leurs travaux et donc leurs données en France. Le but est de préserver la recherche mondiale, mise à mal par l’administration de Donald Trump.
La communauté universitaire en plein bouleversement
Bruno Bouchard président de l’université Paris Dauphine-PSL l’invité de la matinale de Radio Classique et a évoqué une bonne nouvelle à venir : « On essaie de s’organiser à Dauphine, ce n’est pas si simple, car il faut trouver le financement ! Il y a des discussions avec le CNRS, j’espère qu’on pourra annoncer de bonnes nouvelles d’ici quelques semaines. »
Une réelle compétition au recrutement est lancée à l’international et la France est prête à concourir : « En France, on a de très beaux établissements ! Paris Sciences et Lettres se positionne aux côtés de Yale ou de Princeton. Je pense que les chercheurs qui partaient aux États-Unis vont maintenant rester en Europe et tant mieux pour nous ! » avoue le mathématicien.
Il n’est pas étonné de la politique de Donald Trump : « C’est simplement la suite des attaques systématiques de l’administration Trump contre les universités, mais aussi contre tout le savoir ! »
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Alors, en plus d’interdire l’accès dans les universités américaines aux étudiants étrangers, Donald Trump veut empêcher toute collaboration internationale, révèle Bruno Bouchard : « Actuellement, toutes les recherches qui dérangent sont rayées de la carte, alors qu’elles faisaient partie de consortiums internationaux. Dans les pires heures du 20ᵉ siècle, on brûlait les livres ; maintenant, on efface les bases de données ! »
Victoire Faure, Eric Kuoch et Alessandra Wyak
Retrouvez ici l’enquête de Victoire Faure et Eric Kuoch :
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