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Avant le 1er tour des municipales ce dimanche, les deux favoris dans la course à la mairie de Paris tenaient chacun leur meeting : au Cirque d’hiver pour Emmanuel Grégoire et sa liste d’union de la gauche hors LFI, à l’Elysée Montmartre pour Rachida Dati. La candidate de droite pourrait voir la mairie de Paris lui échapper avec la dispersion des voix et les candidatures de Sarah Knafo pour Reconquête ainsi que celle de Pierre-Yves Bournazel pour Horizons, qui se disputent la 3e place.
Sur la scène de l’Élysée Montmartre, Rachida Dati, souriante et les bras grands ouverts, affiche une sérénité de façade. Elle sait pourtant que pour conquérir Paris, elle devra encore élargir son socle électoral. « L’élection va être très serrée. Il faut être capable de rassembler, de la droite la plus affirmée jusqu’au centre. C’est une équation difficile. » annonce la candidate.
Dans le public, Faustine hésite encore entre voter pour la candidate LR ou pour Sarah Knafo, de Reconquête : « Ce qui me fait hésiter, c’est que Dati est mise en examen — ça me gêne. Qu’est-ce qui se passe si elle est condamnée ? »
Rachida Dati bénéficie du soutien d’Emmanuel Macron ainsi que de plusieurs cadres macronistes, dont deux figurent directement sur sa liste. Le parti présidentiel lui a néanmoins préféré le candidat Horizons Pierre-Yves Bournazel — une erreur stratégique, selon Stefano, militant Renaissance. « Si Bournazel ne se retire pas au second tour, je rends ma carte du parti et j’arrête mon soutien. C’est incompréhensible. »
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Fait notable : Naïma Moutchou, ministre des Outre-mer et proche d’Édouard Philippe, était présente hier soir pour soutenir Rachida Dati. Selon la candidate, les équipes de son rival Horizons seraient déjà prêtes à la rejoindre.
« Les colistiers de M. Bournazel nous ont appelés. J’ai eu une réunion avec eux, comme d’autres cadres du parti qui font campagne avec moi sur le terrain, parce qu’Édouard Philippe veut l’alternance à Paris. » assure Rachida Dati. Pierre-Yves Bournazel, de son côté, persiste et signe : aucune alliance ne sera conclue au second tour.
Laurie-Anne Toulemont
Liste des candidats :
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Un monde dans lequel presque tous les cancers pourraient être soignés est désormais à portée de main. Le professeur Alain Puisieux, président du directoire de l’Institut Curie a souligné sur Radio Classique les progrès considérables de la médecine, surtout ces 20 dernières années. « Aujourd’hui, plus de 65% des cancers sont guéris, contre 30% en 1960 », a-t-il souligné, assurant que les dernières avancées étaient particulièrement prometteuses.
Alain Puisieux est le président du directoire de l’Institut Curie. A l’occasion de la campagne nationale de mobilisation et d’appel à la générosité « Une jonquille contre le cancer », il a fait le point sur l’avancée des recherches concernant le traitement de cette maladie.
Pourquoi mobiliser cette année contre les cancers métastatiques, sachant que cette mobilisation est quotidienne et qu’elle dure depuis longtemps ?
ALAIN PUISIEUX : Cette mobilisation est effectivement quotidienne. C’est l’une des activités essentielles de nos soignants et de nos chercheurs, qui œuvrent au quotidien pour trouver des solutions permettant de continuer à progresser dans la lutte contre le cancer. Pourquoi les cancers métastatiques ? C’est l’enjeu majeur aujourd’hui en termes de prise en charge thérapeutique.
On a fait des progrès considérables au cours de ces dernières années : aujourd’hui, on guérit un peu plus de 65 % des patients atteints de cancer. En 1960, on en guérissait environ 30 %, et la plupart des avancées ont été réalisées au cours de ces 20 dernières années. Mais il faut continuer à progresser. L’enjeu majeur, c’est l’évolution de ces pathologies. L’évolution naturelle d’une pathologie cancéreuse non traitée, c’est ce qu’on appelle la formation de métastases : des cellules cancéreuses qui échappent à la tumeur primaire pour aller former d’autres tumeurs à distance.
Le destin d’un cancer, c’est de devenir métastatique en général ?
A.P. : Si la prise en charge ne se fait pas précocement, le risque est effectivement la formation de métastases. Or, les métastases sont responsables de 80 % des décès liés au cancer.
En vous entendant, il y a des soins adaptés à des cancers qui ne sont pas encore métastasés — et qui ne le seront pas grâce à ces soins — et ensuite un autre type de soins qui s’adapte au cancer métastasé. C’est là que la recherche a besoin d’argent ?
A.P. : Absolument. Prenons l’exemple de cancers fréquents : cancer du sein chez la femme, cancer de la prostate chez l’homme. Avec un diagnostic précoce — avant la formation de métastases, donc à un stade localisé — on guérit les patients dans plus de 95 % des cas. Pour le même type de cancer, mais diagnostiqué à un stade évolué, et on tombe à un taux de survie à 5 ans d’environ 35 %. Ces chiffres disent tout. La prise en charge thérapeutique est totalement différente selon le stade.
Donc, il faut faire des mammographies et des PSA.
A.P. : Il y a plusieurs enjeux. D’abord, la prévention : moins il y a de cancers, moins il y a de risque de cancers évolués. Il faut savoir que 40 % des cancers sont jugés évitables par le mode de vie — tabac, alcool, alimentation, sédentarité. L’OMS estime par ailleurs que 19 % des cancers pourraient être liés à l’environnement : pollution, pesticides, etc. Ensuite, il y a le diagnostic précoce : le dépistage pour certains types de cancers, et toutes les techniques développées dans ce domaine. Pour la plupart des cancers, un diagnostic précoce permet la guérison. Malheureusement, il y aura toujours des cancers qui évoluent à bas bruit, et là, il faut progresser au niveau thérapeutique.
Et il faut faire de la recherche sur les cancers métastatiques, parce qu’on meurt rarement de la tumeur d’origine — on meurt des cellules métastatiques qui diffusent le cancer dans tout l’organisme.
A.P. : Exactement. Pour la plupart des cancers, le moment péjoratif, c’est quand le cancer commence à développer des métastases. Et on fait des progrès considérables dans ce domaine. Le processus métastatique est un processus très complexe, longtemps mal compris. On sait désormais qu’il s’agit d’un problème d’adaptation des cellules cancéreuses — elles sont capables de s’adapter au stress qu’elles rencontrent au cours de l’évolution de la maladie, comme elles s’adaptent aux traitements. On sait aujourd’hui qu’une nouvelle cible thérapeutique, au-delà de la division cellulaire exacerbée qui caractérise les cancers, ce sont ces mécanismes d’adaptation. C’est sur ce sujet que nous travaillons notamment à l’Institut Curie.
Vous avez dit récemment qu’en 2050, on pourra probablement guérir tous les cancers. Qu’est-ce qui vous fait dire cela ?
A.P. : Ce sont les avancées actuelles. Il y a une très nette progression au cours de ces 20 dernières années, grâce à la compréhension. Je ne résiste pas à citer Marie Curie : « Dans la vie, rien n’est à craindre, tout est à comprendre. » Ça s’applique parfaitement au cancer. C’est en comprenant qu’on arrive à des avancées majeures, qui ont conduit aux thérapies ciblées, aux immunothérapies. Je pense qu’une nouvelle ère s’ouvre en cancérologie, grâce à la compréhension des processus métastatiques et de la résistance aux traitements — qui relèvent globalement des mêmes mécanismes. Si on parvient à cibler ces mécanismes d’adaptation — et nous y parviendrons — on franchira un palier très important en termes de qualité de prise en charge.
Les Français sont confrontés à des informations paradoxales : des promesses croissantes de guérison grâce à l’innovation, mais aussi des cancers plus nombreux, qui frappent parfois des catégories nouvelles comme les jeunes ou les femmes sur certaines pathologies. Comment y voir plus clair ?
A.P. : L’augmentation de fréquence dont vous parlez est réelle. En termes médicaux, on parle d’incidence — le nombre de nouveaux cas diagnostiqués chaque année. Depuis 1990, l’incidence des cancers a doublé. Cela paraît très inquiétant, mais il faut comprendre. La moitié de cette augmentation s’explique par un facteur démographique : nous avons la chance de vivre plus longtemps. Or, plus on vieillit, plus le risque de développer un cancer est élevé.
Ce qui veut dire que jusqu’à une certaine époque, on mourait d’autre chose avant d’avoir le temps de développer un cancer, mais avec 20 ans d’espérance de vie en plus, ce risque augmente mécaniquement.
A.P. : Exactement. Le cancer de la prostate en est un bon exemple : avant 60 ans, c’est très rare ; à partir de 70-80 ans, ça devient fréquent. On peut se réjouir de l’allongement de la vie, mais cela a pour conséquence une augmentation des cancers. La deuxième raison explique 25 % de ce doublement, et elle est totalement positive : c’est le dépistage. On cherche davantage, on en trouve davantage, ce qui fait mécaniquement augmenter l’incidence. Il reste un quart de cette augmentation qui correspond, lui, à une véritable hausse de fréquence de certains cancers — notamment chez les jeunes de moins de 50 ans. Le cancer du pancréas, pour des raisons pas encore totalement élucidées, et le cancer du sein chez la femme jeune, augmentent effectivement en fréquence.
Une étude citée ce matin suggère que les végétariens seraient davantage protégés de certains cancers, notamment du sein, de la prostate, et peut-être du pancréas. Vous souscrivez ?
A.P. : On sait que la consommation élevée de viande rouge augmente le risque de certains cancers — c’est établi. C’est probablement une première explication. Par ailleurs, les personnes qui ne mangent pas de viande consomment généralement beaucoup de fruits et légumes, ce qui est protecteur. Mais c’est avant tout une question d’équilibre. Je ne pense pas que tout le monde doive absolument devenir végétarien. En revanche, l’excès de viande rouge est délétère, tout comme une consommation insuffisante de fibres via les fruits et légumes.
Vous êtes bien placé pour savoir qu’il y a des attaques de l’obscurantisme sur la science. Est-ce que le sectarisme, le complotisme, ou la religion mal interprétée menacent aujourd’hui la recherche sur le cancer ?
A.P. : De façon générale, la science et la recherche sont menacées. Il y a évidemment le cas particulier des États-Unis avec l’administration Trump, qui s’attaque à la science pour des raisons à la fois idéologiques et liées à de puissants intérêts privés. C’est absolument dramatique. La recherche est un pilier fondamental de toute société — on l’a illustré avec le cancer. Ces 65 % de survie, c’est grâce à la recherche. On pourrait aussi citer l’infectiologie : avant les antibiotiques, un enfant sur deux décédait de maladies infectieuses.
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Grâce à ces avancées et à la vaccination — qui est elle aussi attaquée — on a éradiqué des maladies qui réapparaissent aujourd’hui. La liberté académique, c’est-à-dire la liberté des chercheurs de développer leur recherche, diminue dans un très grand nombre de pays. L’année dernière, 134 pays ont vu leur liberté académique reculer. C’est une évolution extrêmement inquiétante.
Est-ce que des chercheurs américains vous contactent pour venir s’installer en France, à l’Institut Curie ?
A.P. : Oui. Une chercheuse américaine va d’ailleurs bientôt nous rejoindre. Et ce n’est pas propre à l’Institut Curie. Une étude publiée dans Nature a rapporté que 75 % des chercheurs américains réfléchissaient à quitter les États-Unis en raison de ces attaques contre la science. Beaucoup font le dos rond en espérant que la situation s’améliore.
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En 1993, une étude publiée dans Nature attise la curiosité : écouter Mozart améliorerait, brièvement, certaines performances cognitives. Très vite, l’observation est propulsée hors du laboratoire et recyclée en promesse grand public, celle d’un « boost » d’intelligence, surtout chez les bébés. Baptisée « effet Mozart », l’idée devient un phénomène médiatique, puis un argument commercial. Trente ans plus tard, que dit réellement la science, et comment le résultat d’une étude a-t-il pu se transformer en neuromythe ?
À l’origine, ce sont les travaux de Frances Rauscher, Gordon Shaw et Catherine Ky, publiés en 1993, qui constatent que des étudiants ayant écouté la Sonate pour deux pianos en ré majeur (K.448) obtiennent de meilleurs scores à un test de raisonnement spatial que d’autres participants placés dans le silence ou soumis à une relaxation guidée.
Mais l’effet est modeste et surtout très bref : il s’estompe au bout d’une quinzaine de minutes. Ce détail, central scientifiquement, se perd pourtant dans la traduction médiatique. L’amélioration ponctuelle d’une tâche spécifique devient, dans les titres et les discours, une hausse du QI, et l’idée s’installe qu’un nourrisson exposé à Mozart « prendra de l’avance ».
Dans les années 1990, l’emballement franchit même le seuil des politiques publiques : certains États américains financent la distribution de CD de musique classique aux jeunes parents. Une hypothèse circonscrite se mue alors en norme culturelle. C’est précisément le mécanisme typique d’un neuromythe : une affirmation séduisante, adossée à un vernis neuroscientifique, simplifiée à l’extrême et diffusée comme une vérité pratique.
La communauté scientifique, elle, tempère aussi rapidement que possible. En 1999, le psychologue Christopher F. Chabris publie dans Nature une méta-analyse : l’effet observé est faible, inconstant, et surtout limité à certaines tâches spatiales, sans preuve de conséquence durable sur l’intelligence générale. Autrement dit : pas de « Mozart = QI augmenté », mais un effet transitoire, contextuel.
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En 2010, Jakob Pietschnig, Martin Voracek et Anton K. Formann enfoncent le clou dans une nouvelle méta-analyse (Intelligence). Leur conclusion est plus sceptique encore : l’« effet Mozart », compris comme un avantage cognitif spécifique lié à Mozart, ne repose pas sur des preuves solides. Les gains mesurés seraient plutôt attribuables à des facteurs plus généraux, comme l’humeur, le niveau d’éveil, ou la motivation, qu’à une propriété unique de la musique du compositeur autrichien.
Aujourd’hui, la plupart des chercheurs considèrent que l’« effet Mozart » au sens populaire relève du neuromythe : écouter Mozart ne rend pas durablement plus intelligent. En revanche, la musique, qu’il s’agisse de celle de Mozart ou une autre, surtout si elle est appréciée, peut moduler temporairement l’attention, l’énergie mentale et l’état émotionnel, et donc influencer certaines performances à court terme.
Daphnée Cataldo
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A l’occasion de la sortie de son nouvel album « Ombres et visions », Nour Ayadi sera, ce jeudi 12 mars à 20h, l’invitée du Journal du Classique.
Son nouvel album, sorti sous le label Scala Music, est conçu comme un fascinant voyage à travers les siècles et les styles, un voyage intérieur assez étourdissant comparable à une course vers l’abîme, dans lequel apparaît la figure de Faust. Un programme personnel, narratif voire philosophique comme Nour Ayadi aime les concevoir.
La pianiste nous éclairera ce soir sur cet album qui s’ouvre sur la transcription par Busoni de la Chaconne en ré mineur de Bach et s’achève avec la Fantasia quasi sonata, Après une lecture du Dante de Liszt. « Un parcours entre clarté et désordre, foi et faille, où chaque œuvre semble porter en elle la fin de ce qu’elle célèbre » nous dit-elle.
Laure Mézan
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Malgré la contestation provoquée par l’annonce de la nomination de Beatrice Venezi au poste de directrice musicale du Teatro La Fenice, la direction de l’institution vénitienne a confirmé officiellement ce mardi que la cheffe d’orchestre italienne, proche de Giorgia Meloni, entrera bien en fonction à l’automne prochain. Une annonce qui a provoqué la démission d’un membre important du conseil d’administration.
Une grève des musiciens, des pétitions, des lettres ouvertes, des mobilisations publiques et des déclarations de personnalités n’y ont rien fait. La nomination de Beatrice Venezi à la tête de l’orchestre de La Fenice a été officialisée mardi par le conseil d’administration de l’institution, présidé par le maire de Venise Luigi Brugnaro. La jeune cheffe d’orchestre italienne, qui vient de fêter ses 36 ans, entrera en fonction en octobre prochain pour un mandat initial de quatre ans.
Dans un communiqué, le surintendant Nicola Colabianchi a estimé que la nomination de Beatrice Venezi est « un investissement pour l’avenir de l’institution, qui pourra compter sur une jeune cheffe d’orchestre dont le profil s’inscrit parfaitement dans la tradition italienne et européenne de la direction d’orchestre ».
Cette officialisation a eu pour conséquence la première démission d’un membre du conseil d’administration, celle d’Alessandro Tortato, chef d’orchestre reconnu et professeur de musique au conservatoire de Venise, nommé en janvier 2025. Dans un long message, publié sur son compte Facebook, Alessandro Tortato reconnaît que la nomination de Beatrice Venezi est légale mais conteste la position officielle du conseil d’administration qui a déclaré que cette décision a été approuvée « à l’unanimité, ce qui, selon lui, « n’a jamais eu lieu ».
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Le musicien reproche également à Beatrice Venezi d’avoir qualifié La Fenice de « théâtre à la gestion anarchique » et surtout que les membres de l’orchestre et du chœur seraient des « imbéciles dont le plus haut diplôme est le baptême ». Il est vrai que la maestra n’avait pas arrangé son cas et fait calmer la contestation en déclarant récemment dans un journal argentin, pour sa première prise de position suite à sa nomination en septembre : « Cette polémique est une attaque politique qui vise le gouvernement Meloni », ajoutant surtout que ses détracteurs ont peur de la nouveauté et que les abonnés de La Fenice avaient tous plus de 80 ans.
En conclusion de son message, Alessandro Tortaro écrit : « Ce fut un véritable honneur pour moi (d’intégrer le conseil d’administration de La Fenice), même si ce fut pour une courte période et pendant l’une des plus difficiles qu’ait connue ce théâtre extraordinaire au cours de sa longue et glorieuse histoire. Mais c’est ainsi. La vie… Vive La Fenice ! Vive Venise ! ».
Philippe Gault
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Avant George Sand et la légende parisienne, Frédéric Chopin a connu les premiers battements de cœur d’un jeune homme romantique dans la Varsovie de sa jeunesse. Son amour pour Konstancja Gladkowska, jeune cantatrice adulée dans les cercles musicaux de la capitale polonaise, a laissé une empreinte profonde sur le compositeur, inspirant ses premières œuvres et révélant la sensibilité à fleur de peau d’un génie en devenir.
Au tournant des années 1820, Chopin, adolescent prodige, fréquente la Haute École de musique de Varsovie. Dans la société cultivée de la ville, il croise la route de Konstancja Gladkowska, jeune soprano prometteuse. Immédiatement, le musicien tombe sous le charme. L’admiration qu’il porte à la chanteuse se traduit par une timidité et une ferveur juvéniles : Chopin assiste à tous ses concerts, lui dédie ses premières compositions, et rêve, en secret, d’un amour partagé.
Leur relation, faite de regards échangés et de correspondances délicates, reste cependant platonique. Konstancja incarne pour Chopin l’idéal féminin, lointain et inaccessible, qui nourrit son imagination romantique. Dans ses lettres, le jeune homme évoque la voix cristalline de la cantatrice, la grâce de ses gestes et l’émotion qu’elle fait naître en lui. Cette passion contenue, plus rêvée que vécue, façonne les premières années créatrices du compositeur.
En 1829, Chopin quitte Varsovie pour Vienne, emportant avec lui le souvenir de Konstancja. La distance met un terme à cet amour naissant, mais le compositeur ne l’oublie pas. Dans ses lettres, il exprime sa nostalgie : « Pour faire la couronne de ta gloire impérissable, tu abandonnes les amis chers et la famille bien-aimée. » L’éloignement, la carrière musicale et les bouleversements politiques en Pologne condamnent leur histoire à rester un rêve inachevé.
Cette déception sentimentale marque durablement Chopin. La douleur de la séparation, mêlée à la conscience d’un destin d’exilé, s’invite dans ses œuvres, où la délicatesse des mazurkas et la mélancolie des nocturnes portent encore l’écho de ce premier amour.
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Si l’histoire entre Chopin et Konstancja Gladkowska n’a jamais pris la forme d’une romance accomplie, elle a joué un rôle essentiel dans la formation de l’artiste. Konstancja demeure la première muse, celle qui a éveillé chez Chopin la capacité de sublimer l’émotion amoureuse par la musique. Plus tard, d’autres femmes et d’autres passions viendront traverser la vie du compositeur, mais le souvenir de Konstancja restera comme le symbole d’un amour pur, idéalisé, qui a posé les fondations du romantisme chopinien.
Franck Ferrand
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Sous l’impulsion du pianiste argentin Nelson Goerner, un tout nouveau festival d’été sera créé en Suisse l’été prochain à La-Chaux-de-Fonds, dans le canton de Neufchâtel. La première édition réunira un plateau d’exception pendant la deuxième semaine de juillet, avec la présence annoncée de la pianiste légendaire Martha Argerich.
Après Verbier, Gstaadt, Genève et Lucerne, la Confédération Helvétique se dote d’un nouveau grand rendez-vous estival de musique classique avec le festival de La-Chaux-de-Fonds, dans le Jura suisse, dont la première édition se déroulera du mardi 7 au dimanche 12 juillet. Une initiative que l’on doit à Nelson Goerner qui en est le directeur artistique et qui vise à réunir de grands noms de la scène classique, tout en soutenant la jeune génération à travers masterclasses et projets pédagogiques.
Et pour cette première édition, dont la grande majorité des représentations se déroulera dans la Salle de musique de La Chaux-de-Fonds, réputée pour son acoustique, le pianiste argentin s’est entouré d’un plateau prestigieux. À commencer par sa compatriote mais résidente à Genève, Martha Argerich qui ouvrira le festival lors d’un récital à deux pianos justement avec Nelson Goerner. Le duo argentin interprétera des adaptations d’œuvres pour piano de Wolfgang Amadeus Mozart, Franz Schubert et Serge Rachmaninov.
Les deux pianistes qu’on retrouvera pour le concert de clôture le dimanche 13 juillet. Au côté de la violoniste sud-coréenne Bomsori Kim et accompagnés par l’orchestre du Festival Strings Lucerne dirigé par Daniel Dodds, ils interpréteront le Concerto pour deux pianos en ré mineur de Francis Poulenc, le Concerto pour violon n° 5 en la majeur de WA Mozart et des œuvres de Darius Milhaud et Henrik Wieniawski.
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Parmi les autres invités de marque du festival de La-Chaux-de-Fonds pour cette première édition : le violoniste Renaud Capuçon qui interprétera, avec l’alitiste Paul Zientara et le violoncelliste Krzysztof Michalski, une transcription pour cordes des Variations Goldberg de Jean-Sébastien Bach le 8 juillet.
Également à l’affiche, le chef d’orchestre japonais Kazuki Yamada qui dirigera, le 10 juillet, la Seiji Ozawa International Academy Switzerland notamment dans le Divertimento Sz 113 pour orchestre à cordes de Béla Bartók. Par ailleurs, un concert des amateurs sera donné le 11 juillet au Conservatoire de La-Chaux-de-Fonds et les enfants auront droit à leur concert le dimanche 12 juillet à 11h. Ils pourront découvrir L’histoire de Babar, mise en musique par Francis Poulenc, jouée au piano et contée par Annie Dutoit qui n’est autre que la fille de… Martha Argerich.
Philippe Gault
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A l’occasion de la sortie de leur nouvel album « Echoes of Vienna », les musiciens du Quatuor Hermès seront, ce mercredi 11 mars à 20h, les invités du Journal du Classique.
C’est à Vienne que nous entrainent les musiciens du quatuor Hermès dans leur nouvel album sorti chez La Dolce Volta. Un programme qui associe Mozart à deux compositeurs du début du XXe siècle, Webern et Korngold. Ainsi célèbrent-t-ils la grande école viennoise du XVIIIe siècle siècle comme les derniers feux du romantisme et l’entrée dans la modernité. Et cela à travers des œuvres qui, chacune dans leurs styles, portent en elles une vraie fébrilité.
Les musiciens du quatuor Hermès nous éclaireront ce soir sur ce programme qu’ils donneront en concert le 1er avril à la salle Cortot. L’un des premiers concerts du quatuor dans son nouvel effectif puisque l’altiste Lou Chang a choisi, après 18 ans d’aventure, de céder sa place à Manuel Vioque-Judde.
Laure Mézan
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Jean-Claude Beaujour était l’invité de la matinale Radio Classique. L’avocat et spécialiste du droit international et des Etats-Unis, a livré son analyse de la « méthode Trump » qui atteint ses limites outre-Atlantique. Il a par ailleurs alerté sur l’explosion des prix du pétrole liée au blocage du détroit d’Ormuz et au « jeu de l’offre et de la demande » qui impactent le prix de l’essence à la pompe.
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La langue française est une grande voyageuse qui transforme des noms propres en noms communs, comme pour rappeler que derrière chaque mot se cache une histoire.
Ce verbe doit son nom à la ville de Limoges. En 1914, cette ville appartenait à la 12ᵉ région militaire, qui incluait la Charente, la Corrèze, la Creuse, la Dordogne et la Haute-Vienne. C’est là qu’étaient envoyés par le commandant en chef, en l’occurrence le général Joffre, les officiers qui n’apportaient pas satisfaction.
Pourquoi cette zone ? Parce qu’elle était éloignée du centre décisionnaire de Paris et moins exposée au combat. Le verbe « limoger » est apparu en 1916 en référence à la ville de Limoges, même si les hauts gradés étaient également envoyés ailleurs, loin du front.
Ce tissu très léger, fabriqué avec de fins fils de soie ou de coton, forme un réseau de mailles lâches. Il doit son nom, d’après le Littré, au chef-lieu de la Corrèze, Tulle, où les premières fabriques de ce textile ont été établies.
La ville de Bayonne est à l’origine du mot « baïonnette ». Selon la tradition, on attribue la paternité de ce terme aux paysans de Bayonne qui, lors d’une révolte aux alentours de 1660, se trouvèrent à court de munitions. Ils fabriquèrent alors de nouvelles armes en fixant un couteau de chasse au bout d’un bâton. D’autres expliquent que ce nom vient de Bayonne car la ville était réputée pour sa fabrication d’armes et de coutellerie.
Ce terme qui désigne un type de voiture vient bien du nom de la ville de Berlin. C’est dans la capitale prussienne que la berline a été construite et rendue populaire en 1670. Il s’agissait alors d’une voiture hippomobile, c’est-à-dire tirée par des chevaux.
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Aujourd’hui, la berline est une automobile possédant une carrosserie fermée, à quatre ou six places, qui comporte quatre portes et quatre fenêtres latérales. La plupart des voitures sont des berlines.
Karine Dijoud
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