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Épisode estival, Antoine et Lays se penchent sur une vieille tradition suivant laquelle Arthur, plutôt que de reposer dans une Avalon sur les mers nordiques bordant la Grande-Bretagne aurait été emporté en Méditerranée, et plus précisément en Sicile, à Mongibel, où reposerait aussi la Fée Morgane, ce qui serait donc l’Etna…
Cette tradition remonte au XIIème siècle, et semble s’être ancrée dans le folklore local, ce qui n’est pas si étonnant puisque c’est en Italie qu’on trouve certaines des premières traces de la matière de Bretagne sur le continent, dans les images ornant les cathédrales de Modène et d’Otrente.
Après avoir passé en revue les attestations de ce motif, on commence par le plus tardif des deux romans examinés, La Faula (1360-1375?), texte catalan où un certain Guillem de Torroella est emporté par une baleine merveilleuse sur une île tout aussi merveilleuse, où il a l’honneur de voir le Roi Arthur, très mélancolique car dans les reflets d’Excalibur, son épée, il contemple la déchéance de la chevalerie au XIVème siècle. Le narrateur connaît en tout cas très bien le canon français du Lancelot-Graal (RQRF 15-18) et ne s’étonne pas que Morgane, Arthur, mais aussi un serpent magique s’adressent à lui en français…
Pour un texte plus classique, on enchaîne avec Floriant et Florete, roman français en vers, relativement dérivatif, qui reprend beaucoup de vers de Chrétien de Troyes ou de Claris et Laris. Après la mort de son père, seigneur de Palerme, le jeune Floriant est enlevé par la Fée Morgane qui l’élèvera, prenant le rôle de la Dame du Lac, atypique pour elle, tandis que sa mère sera assiégée par le traître sénéchal Maragot qui a pris le pouvoir. Une fois assez âgé, Floriant fait preuve de valeur en massacrant divers monstres, emporté par un navire magique qui l’emmène où il veut, et rallie la Table Ronde. Avec l’aide d’Arthur et de ses chevaliers il part libérer sa mère des troupes du sénéchal et des renforts byzantins qui sont venus le soutenir. Il tombe alors amoureux de la fille de l’Empereur d’Orient, Florete, et Gauvain de Blanchandine, fille du roi de Hongrie. Il bat le sénéchal en duel et expose sa trahison, il est alors restauré sur le trône de son père et épouse Florete. S’ouvre une deuxième partie du roman : devenu trop sédentaire à cause de son mariage heureux, il veut repartir éprouver sa valeur chevaleresque, mais sa femme insiste pour l’accompagner, mais incognito. Ils seront le Beau Sauvage et la Plaisante de l’Île. En chemin, ils vainquent un dragon (d’ailleurs achevé par Florete), et un roi injuste, avant de venir au secours de l’empereur de Rome, injuste mais assailli par les Sarrasins. Après avoir tué le Sultan et été récompensé, les amants retrouvent la cour d’Arthur, où ils sont rejoints par des messagers de Grèce qui annoncent que le père de Florete, l’empereur est mort, et que l’Empire revient à Floriant ce qu’il accepte. Ils retournent cependant en Sicile, et c’est un retour vers la féérie qui marque la fin du roman : Morgane attire Floriant dans un château merveilleux perdu dans une montagne, et il apprend qu’il devrait mourir et donc, comme le roi Arthur qui viendra là plus tard, il ne peut repartir. Mais, consolation, Florete peut le rejoindre, ce qui conclut le roman, car on n’entendit plus parler d’eux.
Une longue et intéressante tradition où le merveilleux arthurien a pris résidence en Méditerranée.
Image : facsimilé du début du roman (NYPL MA 122 fol. 1r) dans l’édition Michel (1873), la miniature abîmée représente probablement Elyadus et sa femme.
Texte catalan d’un certain Guillem de Torroella, de la deuxième moitié du XIVe siècle, préservé dans quatre manuscrits.
Éditions et traductions
Antoine et Lays se penchent sur deux textes qui traitent du motif de la Loathly Lady, femme d’une laideur monstrueuse mais qui se révèle finalement d’une beauté merveilleuse une fois mariée.
Dans ses Contes de Canterbury (~1387-1400), Geoffrey Chaucer place dans la bouche d’une femme (ou bourgeoise) de Bath, un conte situé à la cour d’Arthur, où un chevalier coupable de viol doit trouver ce que les femmes désirent le plus pour sauver sa vie, mais la vieille dame repoussante qui lui a donné la réponse (la sovereynetee sur elles-mêmes et leur mari) exige qu’il la marie en échange. Elle lui demande ensuite de choisir s’il préfère qu’elle reste laide, mais une femme fidèle et honnête, ou s’il la voudrait belle, mais qu’elle risquerait alors d’être infidèle. Ayant retenu la leçon, il lui laisse le choix, et elle sera donc à la fois belle et fidèle…
Même logique dans le poème anglais The Wedding of Sir Gawain and Dame Ragnelle, texte du XVème siècle, préservé dans un seul manuscrit. Commençant comme souvent par une partie de chasse, durant laquelle Arthur est cerné par Gromer Sommer Jour, qui veut le tuer, car il aurait donné ses terres à Gawain — comme Galeron dans The Awyntyrs Off Arthure (RQRF #40). Il impose alors une épreuve à Arthur : il devra découvrir ce que les femmes désirent le plus, et revenir lui donner la réponse un an plus tard, un peu comme le Chevalier Vert de Sir Gawain and the Green Knight (RQRF #39) — mais cette fois lui initime de n’en rien dire à personne. Malgré cela, il finit par s’en confier à Gauvain, et ils partent, chacun de leur côté récolter des réponses qu’ils inscrivent chacun dans un livre. Pas rassuré par la variété des réponses, alors qu’il reste un mois, Arthur repart en quête, et tombe sur Ragnelle, une femme, repoussante en tous points, mais ici carrément monstrueuse dans ses proportions, avec des défenses de sanglier qui sortent de sa bouche… Elle veut bien lui donner la réponse (les femmes veulent toujours la souveraineté), mais en échange elle veut la main de Gauvain. Ce dernier, héroïque, accepte volontiers pour sauver Arthur, sans avoir vu la Dame. Arthur arrive donc à se libérer, mais Gauvain doit donc l’épouser… Pendant la nuit de noces, d’un coup, il la voit dotée d’une beauté merveilleuse, mais apprend qu’il doit choisir : la préfère-t-il belle pendant la nuit ou la journée ? Gauvain, bien sûr, lui laisse le choix, brisant la malédiction…
Le merveilleux sert ici à interroger les relations idéales entre les hommes et les femmes, préoccupation d’autres romans anglais — pensons à la tolérance de Baldwyn quand on lui fait croire que sa femme est infidèle, dans The Avowyngs of Arthur (RQRF #40). Qui plus est, quand Chaucer place le conte dans la bouche d’une veuve de Bath, il nous rappelle peut-être que ces œuvres avaient bien un public féminin.
Sommaire
Éditions discutées
Actualités discutées en introduction
Antoine et Lays reviennent avec deux textes arthuriens du XIVe siècle en vers allitératifs anglais, dans la suite de nos épisodes sur les Morts d’Arthur (RQRF #36) et Sir Gawain and the Green Knight (RQRF #37) — par rapport à ce dernier on va d’ailleurs revoir une mise en scène d’adultère, un chevalier vert, une blessure à la nuque pour Gauvain…
Dans The Avowyngs of Arthur, Arthur jure d’affronter un terrible sanglier, décrit comme un être démoniaque, et encourage ses chevaliers à également faire un vœu, mais là où Gauvain et Keu se comportent en chevaliers de roman et partent également à l’aventure dans la forêt, Baudoin, avant de rentrer chez lui, fait des vœux qui se rapportent davantage à la morale quotidienne : ne pas craindre la mort, ne pas être jaloux d’une femme et ne jamais refuser de nourriture à quiconque. Dans la deuxième moitié du poème, Arthur et ses chevaliers vont essayer d’éprouver ses vœux, qu’il va ensuite expliquer à l’aide de plusieurs histoires qui lui sont arrivées, même si la morale n’est pas toujours claire…
Dans The Awyntyrs Off Arthure, Gauvain et Guenièvre sont témoins de la terrible apparition d’un spectre lors d’une partie de chasse. Alors que les cieux s’assombrissent, il s’avère que ce revenant est en fait la mère de Guenièvre, qui les met en garde quant à leur orgueil : leurs richesses et leurs triomphes ne les empêcheront pas de finir dévorés par les vers et les tourments du purgatoire comme elle. Et qui plus est, elle prophétise sur la chute de la Table Ronde et la mort de Gauvain… Alors qu’ils s’appliquent à la charité pour le salut de leur âme, et qu’on fasse donner des messes en son honneur pour atténuer ses souffrances. Dans la seconde moitié du poème, Galeron de Galloway accuse Gauvain et Arthur d’avoir injustement pris possession de ses terres et il veut se battre pour celles-ci. Gauvain relève le défi. Le combat est terrible, et les deux chevaliers gravement blessés, quand la bonne amie de Galeron intercède auprès de Guenièvre pour le faire interrompre, mais justement quand Galeron reconnaît que Gauvain a l’avantage. Arthur propose alors à Gauvain de nouvelles terres pour qu’il rende à Galeron celles qu’il demandait, et qu’il puisse rejoindre la Table Ronde — ce qui est fait. Et Guenièvre fait donner un million de messes pour sa mère.
Dans ces deux textes anglais, nous voyons la Table Ronde investie par des questions morales qui devaient être plus proches des préoccupations de leur lectorat (de petits nobles ou bourgeois) que les dilemmes héroïques des chevaliers errants classiques, que ce soit la morale individuelle de Baudoin ou bien l’économie religieuse de la charité qui entoure le Salut de la mère de Guenièvre.
Suite de l'épopée Kaamelott au cinéma : les dieux ne sont pas contents (encore), Arthur est déprimé sur son lit de mélancolie (encore), Lancelot est méchant (encore), mais la nouvelle Table Ronde se disperse en quête de dragons, d’amis perdus et d’aventures, de méchants sorciers font joujou avec de la magie noire pendant que de gentils enchanteurs essaient d’y remédier. Malgré l’absence de Perceval, même la Quête du Graal semble se relancer — avant que le première partie de ce deuxième volet ne s’interrompe. Il faudra attendre un an avant la conclusion, mais avant de savoir si elle sera satisfaisante, qu’en ont pensé Antoine et Lays, les seuls vrais fans de Kaamelott ? Découvrez-le dans ce nouvel épisode de Rex Quondam Rexque Futurus.
Sommaire :
Bonnes fêtes et bonne fin d’année !
Probablement rédigé dans les années 1270 au nord de l'Italie, le roman en français intitulé les Prophéties de Merlin, déjà abordé dans notre épisode sur Ségurant (RQRF 38) développe une intrigue centrée sur la collecte des… prophéties de Merlin. Dans celles-ci on devine les fascinations religieuses et politiques de l'auteur (ou des auteurs successifs ?) : l'avènement du Dragon de Babylone, l'Antéchrist, qui semble avoir les traits de Frédéric II, on lamente les abus du clergé, on dénonce les vices des femmes, on loue les Vénitiens… À cette intrigue qui suit Merlin, qui continue de prophétiser depuis la tombe où la Dame du Lac l'a enfermé, comme le veut la tradition, la version longue entremêle sur sa fin toute une série d'aventures romanesques plus proches de ce à quoi les romans arthuriens nous ont habitués, mais parfois très déjantées. C'est la version la plus développée de cette version longue, dans le manuscrit Bodmer 116, qu'Antoine et Lays vont (longuement !) vous résumer dans cet épisode. Un tournoi de Sorelois organisé pendant l'épisode de la Fausse Guenièvre (voir RQRF 15 sur le Lancelot propre), rien d'inhabituel mais on y trouve aussi une grande guerre contre les Saxons durant laquelle le bouffon Daguenet dilapide l'argent du royaume, en défenestre le trésorier et menace de faire pareil au roi Arthur ! Les aventures de Ségurant côtoient celles d'Alexandre l'Orphelin, neveu du Roi Marc, qui sera enlevé par Morgane, la magicienne que l'on voit aussi se battre violemment avec ses consœurs, et en ressortir humiliée…
Un roman riche dont la structure foisonnante et unique, alternant ces diverses trames narratives, laisse beaucoup à se mettre sous la dent. Un peu trop, même ?
Un roman arthurien retrouvé ! Un chevalier jusqu’ici oublié ! L’édition et la traduction des aventures de Ségurant le Brun, chevalier au dragon, ont été ponctuées, ces dernières années, d’annonces tonitruantes sur la mise au jour de cette « matière de Ségurant ». Une version unique des Prophéties de Merlin, contenue par le manuscrit 5229 de l’Arsenal contient en effet une série d’épisodes uniques centrés sur Ségurant, enchanté au tournoi de Winchester et qui se met à pourchasser un dragon, qui n’est en fait que l’apparence prise par un démon…
Comme le remarquaient déjà Löseth à la fin du XIXème siècle ou Paton dans son édition des Prophéties de Merlin en 1926-1927, son histoire semble se continuer dans la version longue des Prophéties de Merlin, et dans toutes ses versions plusieurs prophéties du sage Merlin font allusion à la destinée de Ségurant, qui trouvera la tombe de Merlin, partira en Orient, où il sera couronné roi de Babylone et d’Abiron, se rendra à Jérusalem… Suivant Paton, Ernst Brugger, à la fin des années 30, concluait donc que Ségurant était une part centrale de la forme originale des Prophéties de Merlin. Les spécialistes remarquaient déjà qu’on retrouve aussi Ségurant dans la Queste 12599, dans une compilation « guironienne » rattachée à Rusticien de Pise, et des « versions alternatives » qui en descendent et réécrivent l’histoire du chevalier au dragon.
Cependant, le manuscrit de l’Arsenal est très tardif (1390-1403 pour Arioli) et le lignage des Bruns apparaissait dans le cycle de Guiron le Courtois, donc c’est généralement à l’univers guironien que la discipline rattachait Ségurant, dont les épisodes se trouvaient donc dans la tradition éclatée des Prophéties de Merlin et diverses compilations guironiennes dont la variété a de quoi étourdir les analystes. En 2009, Nathalie Koble attire à nouveau l’attention sur le manuscrit de l’Arsenal dans son examen des Prophéties de Merlin et un article consacré qui en détaille le contenu. Suivant ses travaux, et des analyses plus précises de Guiron le Courtois, Emanuele Arioli a réévalué la chronologie et les rapports de ces textes : puisque de nombreux éléments de la version cardinale sont attestés à la fin du XIIIe siècle, c’est celle-ci qui doit être la source de toute cette matière de Ségurant, directement ou après son intégration dans les Prophéties de Merlin dans les années 1270.
Dans ce (long) épisode, Merlin (Lays) et Maître Antoine reviennent sur les différents épisodes édités et traduits par Arioli, les questions soulevées par ses théories et celles de ses collègues.
De par la large étendue des textes couvert, cet épisode est (malheureusement) le plus long que nous ayons produit jusqu’ici, et avec celui-ci nous dépassons les 100 heures de Rex Quondam Rexque Futurus… L’occasion de vous remercier si vous nous écoutez encore !
Adaptation du classique Sir Gawain and the Green Knight, discuté dans le dernier épisode (RQRF 37), The Green Knight (2021) de David Lowery, avec Dev Patel dans le rôle de Gauvain, adapte habilement l'essentiel du roman.
Classique indétrônable de la littérature anglaise, Sir Gawain and the Green Knight a été le fruit d’innombrables éditions, traductions, et commentaires, qui n’épuisent pas le charme de cette œuvre singulière, certainement le roman arthurien qui se distingue le plus dans la tradition anglaise. Un mystérieux chevalier, complètement vert, vient défier la cour d’Arthur à Noël avec un petit jeu : qui sera assez courageux pour lui porter un coup avec sa hache, à condition qu’un an après, il le lui rende ? Gauvain s’y colle et décapite le joueur, espérant peut-être échapper à sa riposte, mais il ramasse sa tête et repart… L’année suivante se termine, et Gauvain part à sa recherche, mais très proche de sa chapelle verte, il s’arrête dans un château très (trop) accueillant, où la femme du seigneur lui fait des avances très insistantes tandis que son mari est à la chasse — et notre héros a accepté un marché étrange : à la fin de chaque journée, ils doivent échanger ce qu’ils y ont gagné…
Cette reprise du « jeu du décapité » déjà croisé dans la Première Continuation, la Mule sans frein, Hunbaut et le Perlesvaus, la verdeur mystérieuse du chevalier, souvent interprété ensuite comme un symbole ou un esprit de la Nature, les scènes de chasse d’une vivacité poétique forte, entrecoupées du malaise et de la tentation propres à la séduction, la fin fort peu triomphante de Gauvain : tout se conjugue pour créer une aventure intrigante et inoubliable, malgré sa simplicité.
Avec ces deux « Morts d'Arthur », la tradition anglaise adapte La Mort le Roi Artu (RQRF 17) à sa sauce, déjà en la séparant du Lancelot-Graal, mais aussi en réintégrant des éléments de la « tradition historique » de Geoffrey de Monmouth (RQRF 3) et ses continuateurs Wace et Layamon (RQRF 4).
La Morte Arthure stanzaïque (ou strophique) suit d'assez près la trame de son modèle français mais, privé des monologues intérieurs de la prose française, Lancelot se retrouve encore plus idéalisé comme le modèle courtois par excellence. Par contraste, le texte souligne la passivité d'Arthur, entraîné par les actions des autres, surtout Gauvain et son animosité contre Lancelot. Ses strophes rythment solennellement les batailles finales du royaume arthurien, avec quelques twists.
La Morte Arthure allitérative se démarque davantage. Cette forme de poésie qui repose sur l'allitération, la répétition de sons similaires (plutôt que la rime, par exemple) l'inscrit dans une ancienne tradition propre à la langue anglaise. L'histoire s'affranchit bien davantage de ses modèles antérieurs. Retour à Geoffrey, Wace et Layamon : les campagnes d'Arthur sur le continent, qui mènent à sa chute, n'ont plus de lien avec Lancelot, ce dernier étant un simple lieutenant, aucune relation avec Guenièvre en vue. Mais Arthur ne se satisfait pas d'avoir réglé son compte à Rome, il se déchaîne contre les habitants de la Toscane, projette de reconquérir la Terre Sainte, s'imagine presque en souverain du monde entier… quand la trahison de Mordred le ramène à la réalité, et en Grande-Bretagne.
Variations sur les thèmes connus de la chute du royaume arthurien, qui n'en finit plus de chuter, ils ont pourtant durablement marqué le verbe arthurien. Ce Lancelot très-courtois, cet Arthur particulièrement orgueilleux seront notamment repris par Thomas Malory : la Mort allitérative inspire directement ses campagnes continentales au début du règne d'Arthur, et la Mort stanzaïque la conclusion de sa grande fresque. Avec « l'anglicisation » contemporaine de l'Arthuriana, cela peut expliquer que leur sens de la formule, l'extériorité dramatique des déclamations de leurs chevaliers, soient devenus pour nous le langage de la légende arthurienne, peut-être plus encore que les vers fleuris de Chrétien de Troyes…
0:39:45 Sur le procès de Guenièvre, dans la Mort Artu on lui aurait coupé la tête plutôt que la brûler. Mais la Morte Arthure stanzaïque rajoute effectivement la torture des coupables.
Entorse à la chronologie ! Il reste beaucoup d’œuvres françaises à passer en revue, mais les plus importantes sont longues, tortueuses, et souvent pas traduites… Antoine et Lays vont donc bientôt aborder les romans anglais, qu’on trouve dans les siècles suivant le foisonnement du treizième siècle français auquel nous sommes habitués. Après une petite actualité (un peu enrhumée, c’est d’actualité), ils présentent quelques chroniques anglaises, notamment le Prose Brut, ou les Metrical Chronicles, qui reprennent la tradition “historique” de Geoffrey de Monmouth (RQRF 3) ou du Brut de Layamon (RQRF 4), avant ça la seule œuvre anglaise majeure que nous avions examinée. De même quelques adaptations et traductions sont abordées. Pas de grand roman, de grandes aventures résumées point par point dans cet épisode, mais plutôt un passage en revue du contexte anglais dans lequel arrivent les Morts d’Arthur et les romans centrés sur Gauvain, que nous allons examiner en cette fin d’année.
Notes : à 22 minutes, Antoine fait référence à ce montage. Juste après, il faut compléter Lays, manifestement fatigué : Trachsler n'a pas édité Guiron seul en 2020, c'est le fruit du groupe Guiron, bien sûr !
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