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Invités: Philippe Sollers, pour son roman Beauté (Ed. Gallimard, 2017) et Marc Pautrel pour La sainte réalité. Vie de Jean-Siméon Chardin (Ed. Gallimard-Collection l’infini, 2017).
Beauté est un roman musical, poétique et sensuel, c’est un roman d’amour. Lisa, son héroïne grecque, porte en elle toute la culture occidentale et devient une pianiste virtuose.
Marc Pautrel, lui, nous invite à une plongée dans le travail de Chardin, pas seulement dans la vie du peintre mais aussi, et surtout, dans la vie qu’il y a dans ses tableaux. Il nous montre comment ses natures mortes sont des messages sur le fait d’être vivant. L’auteur nous révèle que ce sont les tableaux qui lui ont dicté des phrases comme celles-ci : « l’amour serait un bouquet impétueux dans un vase trop sage », « la fidélité visuelle est un leurre, seule compte la fidélité sensorielle ». Derrière Chardin on sent poindre l’impressionnisme…
Josyane SAVIGNEAU reçoit aujourd’hui Michèle SARDE pour son livre Revenir du silence (Ed. Julliard), Luc LANG pour son roman Au commencement du septième jour (Ed. Stock) et Benoît DUTEURTRE pour Livre pour adulte (Ed. Gallimard).
Michèle SARDE : sa mère, Jenny, est l’héroïne de son roman. Après les errances qui ont suivies l’expulsion de Juifs d’Espagne en 1492, sa famille se fixe à Salonique, dans l’empire Ottoman. Pendant quatre siècles les Juifs furent accueillis dans cette terre musulmane avant d’en être chassés. Quatre siècles pendant lesquels les Juifs conservèrent leur religion et leur langue, le judéo-espagnol. C’est le grand incendie de 1917 de cette ville construite en bois qui fut le déclencheur de l’exil.
Jenny et sa famille arrivent en France dans les années 30 avec une volonté farouche d’intégration. Souscrire aux valeurs de la République, celles diffusées par l’école, et aux mœurs de la nouvelle patrie, tout en conservant leur identité et leur religion, pratiquée dans le privé.
Naturalisée avec ses parents dès 1924, Jenny est Française. Quand la guerre éclate elle a 23 ans. Pour survivre, elle dissimule son identité juive et pratique le catholicisme. A la fin de la guerre, le traumatisme est tel qu’elle décide de conserver cette identité catholique, pour elle comme pour sa fille, une petite Française comme les autres, une chrétienne qui sera baptisée à l’âge de 7 ans, avec une véritable éducation religieuse acquise au catéchisme.
Puis, lorsqu’elle annonce vouloir préparer sa 1ère communion, c’est le choc. « Non, tu ne peux pas la faire, nous sommes juifs ! ».
Comme Benoît DUTEURTRE est également producteur et animateur d'une émission de radio musicale (Étonnez-moi Benoît, France Musique), il n’est pas surprenant que ce soit une vieille dame, Madeleine, la femme de Darius Milhaud, qui ouvre cet ouvrage. On y croise également Suzie Delair et Léo Marjane qui nous font voyager dans un passé lointain.
Luc LANG : Au commencement du septième jour, quand Dieu s’arrête de travailler, commence l’Histoire des Hommes, commence une temporalité humaine.
Le personnage central, Thomas, semble avoir une vie lisse et parfaite. Une femme, deux enfants, une belle maison, un bon travail, une vie contemporaine parfaitement accomplie. Survient un accident terrible et c’est l’ensemble de cette vie qui bascule. Après un long coma, sa femme, Camille, décède.
Le livre commence par une enquête. Que faisait-elle là, sur cette route ? Comment cet accident a pu se produire sur cette route sans danger particulier. Cette enquête va venir perturber profondément la vie professionnelle de Thomas.
Il essaie de se recentrer en allant retrouver les Pyrénées, paysages de son enfance et en s’appuyant sur Jean, son frère ainé qui l’a en partie élevé. Jean, ingénieur, qui a choisi de s’occuper d’un troupeau et de mener une vie pastorale, ce qui ne manque pas d’interroger Thomas qui considère le choix de son frère comme un renoncement. Il a évité de tomber dans le gouffre de la montagne mais il tombe dans celui du secret de famille.
Au commencement du septième jour est un récit initiatique. La connotation biblique est évidente. Thomas est un homme surarmé, sur-adapté au monde contemporain occidental et, finalement, il va apprendre le dépouillement et c’est à partir de ce dépouillement qu’il va pouvoir réinventer l’existence.
Une belle réflexion sur notre époque avec cet art de l’intrigue qui donne envie, à chaque page, d’en savoir plus sur ce fameux secret et de découvrir pourquoi cette femme est morte.
Josyane SAVIGNEAU reçoit aujourd’hui Elisabeth GOUSLAN pour son livre Truffaut et les femmes (Ed. Grasset), Ariane CHEMIN pour Mariage en douce (Ed. Des Equateurs) ainsi que le critique littéraire Philippe-Jean CATINCHI.
Elisabeth Gouslan : sa biographie d’Ava Gardner est sous-titrée « La femme qui aimait les hommes », c’est donc tout naturellement que son nouveau livre est consacré à François Truffaut, l’homme qui aimait les femmes.
Ariane CHEMIN : Mariage en douce, des personnages hors du commun dans un cadre hors du commun, les préparatifs du mariage de Romain Gary avec Jean Seberg relèvent du roman d’espionnage. On y croise un agent secret, qui prend en charge l’organisation à Sarrola-Carcopino, village proche d’Ajaccio, de ce qui deviendra une véritable légende corse.
Puis, deux livres de Catherine GRIVE
Enfin, pour les tout-petits, un petit album cartonné sans texte, Vu d’en haut, de Marie POIRIER.
Josyane SAVIGNEAU reçoit aujourd’hui Alice D’ANDIGNÉ, responsable de la fiction française chez Stock, Mara GOYET, professeure de Français et romancière, pour son essai Sous le charme du fait divers, et Aude LECHRIST pour son roman Une allure impeccable.
Alice D’ANDIGNÉ a édité ces deux ouvrages chez Stock. « Deux livres dont je suis très fière car ils ont de la personnalité ». « La littérature c’est raconter, taire, dévoiler, provoquer le mystère ».
Mara GOYET, cet essai prolonge le texte de Roland Barthes sur la structure du fait divers, c’est ce qui m’a donné l’envie d’écrire ce livre. Un fait divers ça ne ressemble à rien, c’est un peu tout mais quand on en croise un, on est sûr que c’en est un. C’est sur un fond d’ennui que les faits divers prennent de l’importance. La province est le monde idéal du fait divers.
Aude LECHRIST, Une allure impeccable s’inspire de l’autobiographie du mannequin Freddy.
Josyane SAVIGNEAU reçoit aujourd’hui Bernard-Henri LÉVY pour son essai L’esprit du judaïsme (Ed. Grasset, 2016) et Philippe SOLLERS pour son roman Mouvement (Ed. Gallimard, 2016).
« Le seul vrai roman est le mouvement de l'Esprit, rien d'autre » note Philippe SOLLERS au cœur de son dernier ouvrage.
Et c’est à un dialogue enthousiasmant auquel nous sommes conviés.
Verbatim :
Bernard-Henri LÉVY : « chacun des romans de Sollers est en rupture par rapport aux précédents. »
Philippe SOLLERS : « L’esprit du judaïsme est un livre majeur, c’est-à-dire en augmentation par rapport à tout ce qu’aura fait Bernard-Henri LÉVY dans son lent cheminement depuis Le testament de Dieu, publié en 1979 ».
Bernard-Henri LÉVY traite le sujet « d’une façon décapante ».
Bernard-Henri LÉVY : « Le Talmud invente cette idée que plus on va vers la fin, plus on se rapproche du début. Il invente cette histoire que l’affaire de la sainteté, de la transcendance, ça se joue dans les mots, dans la lettre, dans le travail du signifiant »
Philippe SOLLERS : « oui, c’est l’Évangile mal compris. Il y a des catholiques de confort comme il y a des juifs de confort. »
Bernard-Henri LÉVY : « l’hypothèse de Dieu est sérieuse mais ne peut venir qu’après une vie d’étude. Là il y a une différence majeure avec le catholicisme qui, lui, aboutit au pari de Pascal, à cette façon d’aller très vite, de faire l’économie de la patience de l’exégèse. Il y a là quelque chose qui distingue jusqu’à aujourd’hui les deux rapports au texte, à la lettre. »
Philippe SOLLERS : « pour ce qui concerne Pascal, il faut rappeler qu’il s’agit d’une illumination intérieure, ça peut être des visions, mais tout le monde peut s’engouffrer dans ce mensonge. »
Bernard-Henri LÉVY : « Ce qui est impressionnant dans Mouvement c’est l’annonce de ce qui est en train de se passer. Seuls HOUELLEBECQ et SOLLERS le font, sur le djihadisme. »
C’est sur une question que se termine cet entretien. D’une manière tout à fait étonnante, dans les deux ouvrages, Mouvement et L’esprit du judaïsme le personnage de Jonas tient un rôle important.
Josyane SAVIGNEAU reçoit aujourd’hui Sophie de SIVRY qui dirige les éditions de l’Iconoclaste, Rivages, Pascale ROBERT-DIARD, journaliste, pour son roman La déposition, et Céline CURIOL pour son livre Les vieux ne pleurent jamais.
Céline CURIOL nous donne à voir ce qu’est la vie d’une femme, veuve, de soixante-dix ans et comment elle trouve sa place dans la société, ou pas. Les vieux ne pleurent jamais (Ed. Actes Sud) est un hommage à ce qu’est le fait de vieillir et de garder sa dignité, de continuer à vivre, à avoir des projets. Un hommage à la force qu’il faut avoir pour vieillir, cet étrange phénomène qui change nos corps mais pas nos âmes.
Sophie de SIVRY, éditrice, raconte son goût pour l’intime, tout ce qui est autour de l’Homme, de la vie des hommes et des femmes. Elle explique que dans une petite structure l’auteur est accompagné et soutenu, comment une confiance réciproque s’instaure. Elle rappelle l’essentiel : un auteur vous confie le plus précieux de ce qu’il possède.
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Une émission littéraire proposée et animée par Josyane Savigneau, tous les 2 e jeudis du mois de 11h00 à 12h00
Josyane Savigneau écrivaine et journaliste. Responsable du Monde des Livres, supplément hebdomadaire du Monde, de 1991 à 2005. Auteur de plusieurs livres, dont deux biographies, de Marguerite Yourcenar et de Carson McCullers, d’un livre autobiographique, « Point de côté », où elle évoque sa vie, son parcours et sa « destitution de la direction du Monde des livres ».
En 2014, elle publie chez Gallimard Avec Philip Roth. Le 17 janvier de la même année, elle est élue membre du jury du prix Femina. Elle publie en 2016 toujours chez Gallimard La passion des écrivains: Rencontres et portraits.
Depuis janvier 2015, elle anime sur RCJ l’émission mensuelle: « Un monde de livres » le dernier jeudi du mois de 11h05 à 11h55 ainsi qu’une chronique littéraire tous les quinze jours le lundi dans le 12/13.

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