â « [âŠ]
Jacques rĂ©citait ses poĂšmes partout. Si ce nâĂ©tait pas lui, dâautres les rĂ©citaient. Tout le monde connaissait les poĂšmes de Jacques. Les gens pleuraient quand ils Ă©coutaient ses poĂšmes. [âŠ] » (Interview de Lionel Vieux, ami et camarade de Jacques Viau Renaud, le 8 avril 2017)
« [âŠ]
Dominicain, HaĂŻtien, quâen est-il de lâhomme ?
Câest la premiĂšre question Ă poser et Jacques Viau nous la pose. Sans dĂ©tours. Sans tangentes. Que nous reste-t-il de lâhomme ?
Grande tĂąche que de chercher lâhomme. Sans aucun doute. Si grande que nombreux sont ceux quâelle trouble qui prĂ©tendaient la mĂ©priser.
Câest quâil est aisĂ© de se perdre et dâerrer toute la vie.
[âŠ]
Ă sa dure question de poĂšte haĂŻtien du XXe siĂšcle, il Ă©tait prĂšs dâentrevoir la rĂ©ponse. Il lâa mĂȘme Ă©bauchĂ©e ! Comme poĂšte de son peuple, de son monde, de son temps, il lâa dit avec courage : « rien ne perdure comme la sanglot. »
Et il faut le rĂ©pĂ©ter Ă haute voix. Il Ă©tait sur la bonne voie. Câest tout ce qui nous est restĂ© de lâhomme. Le sanglot. Câest dans ce monde-lĂ que nous le trouverons. Il est cachĂ© parce quâon lui a appris Ă avoir honte de lui-mĂȘme. Il se mĂ©prise et se hait. Il en est le messager.
Trouvons-le. Nous lui apprendrons Ă sâaimer. [âŠ] » (PrĂ©face de Permanencia del llanto par Antonio Lockward Artiles, traduction de Paul Bertoni)
« NĂ© Ă Port-au-Prince le 28 juillet 1941, Joseph Anne Albert Jacques Viau Renaud arrive Ă Santo Domingo avec ses parents [âŠ] et ses frĂšres et sĆurs, en 1948, aprĂšs lâassassinat de son frĂšre GĂ©rard sous le gouvernement de Dumarsais EstimĂ© (1900-1953). Ă peine ĂągĂ© de sept ans, il apprend lâespagnol et, plus tard, crĂ©e de profonds liens dâamitiĂ© avec les poĂštes et artistes dominicains des annĂ©es 1960. Pendant lâoccupation de la RĂ©publique Dominicaine par les forces armĂ©es des Ătats-Unis en 1965, il rejoint les forces de la rĂ©sistance, les Constitutionnalistes, et est gravement blessĂ©, mourant une semaine plus tard, le 21 juin, alors quâil allait fĂȘter ses 24 ans [âŠ]. »
[âŠ]
Jâessaie de vous parler de ma patrie,
Ă partir dâici,
ma taniĂšre saline,
Santo Domingo,
peut-ĂȘtre vous parlerai-je des deux :
ce sont deux mottes complémentaires,
points cardinaux de ma tristesse
tombés de la rose des vents,
comme deux amants dont lâĂ©treinte sâest brisĂ©e.
[âŠ] (Jacques Viau Renaud, Jâessaie de vous parler de ma patrie, traduction de Carolina Benavente)
0:00 - Nous nous sommes réfugiés
2:06 - Rien ne perdure comme le sanglot
3:39 - Générique
đ RĂ©fĂ©rence bibliographique :
âȘ Jacques Viau Renaud, Jâessaie de vous parler de ma patrie, Ăditions MĂ©moire dâencrier, 2018
đ” Bande sonore originale : Sergey Cheremisinov - Way To Silence
âȘ Way To Silence by Sergey Cheremisinov is licensed under an Attribution 4.0 International License.
đ Site :
âȘ https://freemusicarchive.org/music/Sergey_Cheremisinov/way-to-silence/way-to-silence
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