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Or


"C'est pour ton bien; Racines de la violence dans l'éducation de l'enfant" de Alice Miller 1980. (Champs Flammarion 2015)
Dans la préface, Alice Miller souligne que « l’opinion publique est loin d’avoir pris conscience que ce qui arrivait à l’enfant dans les premières années de sa vie se répercutait inévitablement sur l’ensemble de la société, et que la psychose, la drogue et la criminalité étaient des expressions codées des expériences de la petite enfance », et elle estime donc que sa « tâche est de sensibiliser cette opinion aux souffrances de la petite enfance, en [s]’efforçant d’atteindre chez le lecteur adulte l’enfant qu’il a été ».
La première partie du livre est consacrée à « la pédagogie noire » et à son terrible corollaire : la transmission transgénérationnelle de la violence. La deuxième partie de l’ouvrage est consacrée au devenir de sujets dont l’enfance a été détruite par leurs parents, analysé à travers trois études de cas : Moi Christiane F. 13 ans, droguée, prostituée, L’enfance d’Adolf Hitler et Jürgen Bartsch, un criminel qui met en lumière la gravité des carences affectives.
Choix musical. Camille:"La jeune fille aux cheveux blancs" et Dechen Monlam : 2016 Remaster par Choying Drolma et Steve Tibbets
Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
"La place du conducteur" de Muriel Spark Traduit de l'anglais par Alain Delahaye (Folio1987) Ecrit en 1970.
Lise, trente-quatre ans, s'apprête à quitter sa froide ville septentrionale pour aller passer des vacances sur la Riviera. Elle a un comportement bizarre. Elle achète un ensemble, jaune, orange, mauve-bleu et rouge, des couleurs tapageuses, qui ne lui ressemblent pas, elle dont l'intérieur est d'un goût parfait. Elle éclate en sanglots devant ses collègues, elle qui est habituellement posée. Elle se fait remarquer en tenant des propos ridicules et en parlant trop fort à l'aéroport, à l'hôtel où elle est descendue, et dans un grand magasin. Elle confie à la charmante vieille dame qui l'accompagne qu'elle poursuit l'homme de ses rêves - un inconnu, qu'elle veut, qu'elle doit, absolument, rencontrer. Et à chaque homme qu'elle rencontre, elle dit "Vous n'êtes pas mon type d'homme". Elle finit par retrouver celui qu'elle avait rencontrer dans l'avion, le neveu de la vieille dame: son assassin.
Pourquoi Lise cherche-t-elle à se faire tuer? Quelle vérité est donc la sienne ? Muriel Spark ne donne jamais de réponse. C'est la question qui importe.
Choix musicaux: Donny Hathaway "A song to you" et Peggy Lee/George Shearing "Do I love you"
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Entre "La collection disparue" de Pauline Baer de Perignon (Stock 2020) et "Le lièvre aux yeux d'ambre" de Edmund de Waal (Flammarion 2010), il y a plus d'un point commun: une enquête de famille, un monde perdu, une collection d'art spoliée par les nazis.
Chez Pauline Baer de Perignon, il s'agit de son arrière-grand-père, Jules Strauss, chez Edmund de Waal, sa famille, les Ephrussi qu'il suit d'Odessa au XIXème, à Paris au temps de Proust, à Vienne pendant la seconde guerre mondiale, puis à Tokyo en 1950. On suit l'itinéraire de netsuke qui retrouvent leur pays d'origine.
"Je ne suis pas historienne de l’art, j’ai simplement voulu mener une enquête, policière et sentimentale, sur les traces de ma famille, juive, spoliée." dit Pauline Baert de Perignon
"Les tableaux voyagent et sont témoins de nos vies et de nos revers de fortune."
Choix musicaux : Joao Gilberto & Caetano Veloso "Chega de Saudade" et Charles Trenet "L'âme des poètes"
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Un jour, Alexandre Eiffel s'aperçoit avec effroi qu'il est devenu une grande personne, un empaillé de trente-huit ans. Il a la maladie de l’adultie. Il est devenu ce qu’il s’était promis tout jeune de ne jamais devenir; un homme ennuyeux dans une vie faite répétitions, qui a réussi sa vie professionnelle avec une société de serrures, un mari domestiqué; sa femme est ravissante mais assommante.
Un jour donc Alexandre retrouve son oiseau d’enfance dans une boutique. Le perroquet qui répète "Le Petit Sauvage, tu es fou " ranime la voix de son père et toute son enfance qu'il a trahie. Alexandre laisse tout derrière lui, se fait passer pour mort, dans le but de renaitre dans la personne du Petit Sauvage, le petit garçon cocasse qu’il avait été.
Il rachète la maison de son enfance dans le midi de la France, retrouve la Société Secrète des Crusoé et ses anciens camardes. Il vit surtout une véritable passion avec Manon, la fille de son amour d'enfance. Elle contrôle les volcans, joue aussi à l'enfant. Il n'a pas pour autant envie d'une relation d'adulte avec elle puis va tout faire pour la reconquérir…
Choix musicaux: Alain Souchon "J'ai 10 ans" et Vivaldi "L'été"
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"Impasse des 2 palais" est suivi par "Le palais du désir" et "Le jardin du passé" qui formaient à l'origine un seul roman: "La trilogie du Caire" de Naguib Mahfouz traduit de l'arabe par Philippe Vigreux. Ecrit en 1956 et paru chez Jean-Claude Lattès en 1985.
C'est un roman historique qui commence en 1917, pendant la Première Guerre mondiale, et se termine alors qu'éclate la Révolution égyptienne de 1919. C'est entre la fin du règne du roi Farouk et l'avènement de Nasser. Le politique, le religieux et le social y sont inextricablement mêlés.
C'est aussi l'histoire d'une famille dont chaque membre représente une facette de la réalité sociale égyptienne.
Choix musical : U2 "Pride" et Mozart: concerto pour piano 21. 1er mouvement
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Une jeune et belle héritière, Isabelle Archer, qui affronte la vie avec confiance, rejette deux prétendants honnêtes et sincères, pour se marier à un coureur de dot peu scrupuleux. Intelligente, orgueilleuse, droite, éprise de liberté, la jeune héroïne est pleine d'illusions et d'espoirs et veut choisir son destin. Elle connaît le malheur, tente de s'en sortir, puis se soumet, par devoir, à la triste vie qu'elle s'est créée elle-même.
Choix musical: Queen "Somebody to love" et Joseph Haydn : " She never told her love"
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"Raison et sentiments" de Jane Austen et "Prudence et passion" de Christine Jordis
Jane Austen opposait deux soeurs qui proposaient deux regards sur la vie. Marianne s'abandonne à une passion qui menace de lui brûler les ailes, la sage Elinor prend le risque de perdre l'amour à force de tempérance.
Christine Jordis transpose ce roman dans la France d'aujourd'hui, dominé par la tyrannie nouvel ordre moral. Elinor, toujours aussi prudente, qui s'appelle désormais Elena, retrouve Marianne, toujours aussi exaltée, lesquelles, lors de discussions enflammées débattent des questions qui les hantent : dans le tumulte ambiant, face aux pressions exercées, quel comportement adopter ? Faut-il s'engager, se replier sur soi, fuir ?
Jane Austen nous prodiguait une leçon de vie, Christine Jordis la reprend à son compte et en posant une question: « Veux-tu la vérité ou plaire à un monde qui ment ? »
Choix musical : Johnny Cash : « Folsom Prison Blues »
Ray Charles: « Hit the road Jack »
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"La Muraille de Chine" de Takeshi Kaikô (Ed Philippe Picquier 1992) Taduit par Jacques Lalloz
Ecrit en 1959, l'auteur a alors 29 ans, "La Muraille de Chine, récit d'un fugitif " (la traduction exacte est Journal d'errance) est un long récit, rédigé, dit-on, en une nuit, qui évoque par sa forme même la pesanteur de la construction de la Muraille de Chine.
Dans ce récit historique, qui se situe dans la Chine du IIIème siècle avant Jésus-Christ, le narrateur, un simple paysan chinois, observe et relate froidement l'évolution qu'il perçoit depuis son village minuscule, le destin de ces esclaves arrachés à leur terre, l'emprise de l'Empereur qui a apporté la paix mais aussi la peur, le bouc émissaire, les Barbares, ces porteurs de mort qui sont une menace permanente. Et voilà tout un peuple, accablé par la fatalité, jeté par la haine dans une gigantesque entreprise : participer à l'œuvre commune, la grande muraille, qui scelle un système de bureaucratie rationalisé et égalitaire, sous la houlette du Grand Empereur. Il est question de mégalomanie, de révolte, de cet homme qui trouvera en lui-même la force de survivre, de poser ses briques d'argile et de partir vers le désert.
Musique: "Giant Heart" de The Angelcy et Gladiator "Progeny"
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François-Henri Désérable: "Un certain M. Piekielny" (Gallimard 2017)
Dans "La Promesse de l'aube" Romain Gary invente ce personnage attachant, son voisin lorsqu'il était enfant qui ressemblait à "une souris triste à la barbe roussie par le tabac »" et qui lui disait : «"Quand tu rencontreras de grands personnages, des hommes importants, promets-moi de leur dire : au n° 16 de la rue Grande-Pohulanka, à Wilno, habitait M. Piekielny..." Il faut dire que la mère de Romain Gary avait persuadé tout le monde que son fils allait devenir célèbre.
François-Henri Désérable va chercher à donner vie à Monsieur Piekielny. Très sérieusement. Il va compulser les archives locales et il lui invente mille épisodes de sa présumée vie.
A-t-il vraiment existé ? Quelle était sa vie, qui était-il ? Etait-il vraiment le voisin du petit Roman Kacew ? Et voici que le cerveau du romancier se met en route:. Qui est ce Monsieur Piekielny? N'est-il pas simplement le symbole de la communauté juive disparue de cette partie de l'Europe, éliminée par la Shoah?
C'est aussi un livre sur le pouvoir de l'imaginaire. « Comment distinguer ce qui relève de la littérature de ce qui n’en est pas ? « Si l’on ne peut trouver de jouissance à lire et relire un livre, disait Oscar Wilde, il n’est d’aucune utilité de le lire même une fois. »
choix musicaux :
Bob Dylan: "Lay Lady Lay"
Mozart: "La Flûte enchantée", Aria de la Reine de la nuit, chanté par Diana Damrau
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Vladimir Nabokov "Lettres à Vera" (Fayard 2017)
Ecrites entre 1923 et 1976, les lettres de Vladimir Nabokov à Vera sont le formidable témoignage d'un amour ayant survécu à tout.
lls se sont rencontrés en 1923 à Berlin, dans un bal de l’émigration russe, après avoir fui le pouvoir bolchevique. Elle a 21 ans et adore déjà sa poésie. Lui en a 26 et tombe fou amoureux d'elle. Deux ans plus tard, ils se marient, le 15 avril 1925.
Vera devient sa plus grande conseillère, son agent littéraire, sa première et plus précieuse lectrice, sévère, intransigeante et amoureuse. Dans ce lettres, nous sommes témoin d'une grande intimité, de complicité et de compréhension. Londres, Paris, New York, la Suisse, nous suivons sa vie - à sens unique puisque Vera a jeté ses lettres. Jusqu’au bout, elle sera sa « vie adorée », son « amour multicolore », son «grand ciel rose », et ses lettres seront ponctuées, au milieu d’une phrase, de « je t’aime » sur lequel s’enchaîne la suite de son récit. Une vraie histoire d'amour.
"Tu es entrée dans ma vie, non comme on rend une visite, mais comme on arrive dans un royaume où toutes les rivières attendaient ton reflet et toutes les routes, tes pas."
Choix musical: The Doors "Rider on the storm " et Simon and Garfunkel "Sound of silence ."
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