
Sign up to save your podcasts
Or


Based on Podcast App listening data
Ancien ambassadeur de la France à Washington, à Berlin et auprès de l’Union européenne, ex-conseiller diplomatique d’Emmanuel Macron, Philippe Étienne publie Sherpa, ses mémoires, et cosigne un article dans Le Grand Continent intitulé Guérir les démocraties. « Nos démocraties souffrent incontestablement de l’intérieur et de l’extérieur », affirme-t-il d’emblée. Mais loin du fatalisme, il insiste : « Je pense qu’on se trompe si on croit qu’elles sont condamnées. »
À l’heure d’un monde qui se brutalise, Étienne défend la diplomatie comme un outil plus nécessaire que jamais. Face aux empires décomplexés - États-Unis, Chine, Russie - il plaide pour une Europe - et un Canada - lucides, capables de conjuguer coopération et rapport de force. « Plus un monde est conflictuel, plus on a besoin de diplomatie », soutient-il, rappelant que la puissance européenne existe, mais qu’elle doit se structurer. Sur la guerre en Ukraine et la menace russe, son propos est sans détour : « Si nous voulons ne pas avoir la guerre, il faut se faire respecter. » L’esprit de défense, dit-il, est devenu une condition de la paix.
L’ancien ambassadeur décrypte de l’intérieur l’ère Donald Trump, qu’il a côtoyé dès le premier mandat. Trump 2.0 ? « Un développement exponentiel », observe-t-il, reconnaissant avoir été surpris par « la rapidité et parfois la brutalité » des décisions. Mais il met en garde contre la caricature : derrière l’outrance, une stratégie, une lecture assumée des intérêts américains. À travers crises diplomatiques, affrontements commerciaux et rivalités technologiques, Philippe Étienne propose un diagnostic sans complaisance : la démocratie n’est pas morte, mais elle exige un sursaut de volonté.
Pour de l’information concernant l’utilisation de vos données personnelles - https://omnystudio.com/policies/listener/fr
Dans cet épisode de Contact, nous recevons l’écrivain et essayiste Didier Van Cauwelaert, lauréat du prix Goncourt, qui poursuit depuis plusieurs années une exploration singulière des frontières entre science, conscience et mystère du vivant. À l’occasion de la parution de son nouvel ouvrage L’Intelligence naturelle - Quand le génie du vivant surpasse l’IA, il propose un regard décalé sur notre fascination contemporaine pour l’intelligence artificielle, en la confrontant à quatre milliards d’années d’évolution biologique. « Je m’attache aux faits et aux liens », explique-t-il, revendiquant une démarche nourrie autant par la curiosité du romancier que par un travail minutieux de vérification.
Loin d’opposer science et intuition, Didier Van Cauwelaert invite à reconsidérer ce que nous appelons « intelligence ». Selon lui, le terme est souvent mal compris : « L’intelligence, c’est mettre en évidence les liens entre les choses et en créer de nouveaux. » Des bactéries aux végétaux, il décrit un monde vivant capable d’adaptation, de communication et de stratégies complexes bien avant l’apparition des technologies humaines. « Nous sommes composés à 90 % de bactéries. Tout le monde l’oublie, mais c’est la réalité », rappelle-t-il, plaidant pour une humilité renouvelée face aux mécanismes du vivant.
L’auteur explore les limites de l’IA, les découvertes troublantes de la recherche sur le comportement des plantes et des animaux, mais aussi les implications philosophiques de ces phénomènes. Entre vulgarisation scientifique, réflexion existentielle et récits étonnants, il appelle à conjuguer esprit critique et confiance : « Il faut être lucide… mais si vous n’êtes que lucide, vous êtes condamné à un pessimisme stérile. » Un échange qui questionne notre rapport au progrès, à la connaissance - et à ce que signifie réellement comprendre le monde.
Pour de l’information concernant l’utilisation de vos données personnelles - https://omnystudio.com/policies/listener/fr
Congédié quelques jours avant Noël après de longues années comme correspondant et chroniqueur du Devoir à Paris, Christian Rioux revient au micro de Contact pour raconter les coulisses d’une rupture qui dépasse son cas personnel. Plus qu’un différend professionnel, il y voit le symptôme d’un climat médiatique devenu plus polarisé, où certains points de vue deviennent difficiles à exprimer. « On m’a vraiment montré la porte », affirme-t-il sans détour, tout en rappelant que, selon lui, la question centrale reste celle de la pluralité des opinions dans l’espace public. « J’ai dit que Le Devoir s’intéressait plus à la théorie du genre qu’à l’avenir du Québec, et je maintiens cette affirmation. »
Rioux évoque une société qui évite la confrontation d’idées et où le consensus prend souvent le pas sur la controverse. « À force de ne pas dire les choses, on finit par s’engueuler », observe-t-il, estimant qu’un débat ouvert permet au contraire d’apaiser les tensions. Pour lui, les médias ont choisi de se radicaliser plutôt que de chercher à refléter toute la diversité des sensibilités présentes dans la société.
La montée en force de Donald Trump pendant la campagne présidentielle de 2016 serait un des points de bascule où les journalistes des médias traditionnels auraient choisi d’abandonner toute prétention à la neutralité pour faire une information engagée. La crise du Covid n’aurait qu’accéléré ce pari éditorial. Résultat des courses, une défiance grandissante pour une partie de la population à l’endroit de ces médias qui se disent « de référence ».
Pour de l’information concernant l’utilisation de vos données personnelles - https://omnystudio.com/policies/listener/fr
Dis-moi ce que tu manges et je te dirai qui tu es !
La consommation de viande animale trahit-elle autre chose que notre goût pour les protéines ? Suzanne Zaccour en est convaincue.
Docteure en droit de l’Université d’Oxford, avocate et essayiste, elle s’intéresse aux liens entre féminisme, antispécisme et alimentation. Autrice de La Fabrique du viol et du récent Pourquoi Trump ne mange pas de tofu ?, elle déconstruit les normes sociales qui façonnent notre rapport à la violence et au pouvoir que nous exerçons sur les animaux.
Chaque année, 100 milliards de bêtes sont tuées pour satisfaire nos appétits. Une hécatombe qui viendrait aussi combler d’autres besoins. « La viande a un effet remasculinisant qui apaise l’ego des hommes fragilisés », avance-t-elle, s’appuyant sur des études sociologiques qui montrent une corrélation entre adhésion aux stéréotypes de genre et rejet du végétarisme.
Pour Suzanne Zaccour, le véganisme n’est ni une posture morale supérieure ni un dogme, mais un refus de participer à une violence qu’elle juge évitable. Question: faut-il alors interdire la consommation de protéines animales ?
Pour de l’information concernant l’utilisation de vos données personnelles - https://omnystudio.com/policies/listener/fr
Gestionnaire de portefeuille et ingénieur de formation, Sylvain Goulet observe depuis des années la trajectoire singulière de l’or et de l’argent. « Quand le casse-tête économique, financier et géopolitique devient d’une complexité inouïe, l’or redevient central », explique-t-il d’emblée, rappelant que ce métal demeure « la seule devise qui ne s’imprime pas ».
L’entretien retrace l’histoire longue de l’or, depuis son rôle fondateur dans les systèmes monétaires jusqu’à la rupture de 1971, lorsque les États-Unis mettent fin à l’étalon-or. Goulet souligne à quel point cette décision a transformé notre rapport à la monnaie : « Le papier-monnaie tend toujours vers sa valeur intrinsèque, c’est-à-dire zéro », rappelle-t-il en citant Voltaire. Dans un monde dominé par l’endettement souverain et les monnaies dites fiat, l’or conserve selon lui une singularité : « Tout l’or produit depuis des milliers d’années existe encore quelque part ».
La volatilité des marchés, la défiance envers les obligations, l’achat massif d’or par les banques centrales et l’envolée spectaculaire de l’argent sont aussi au menu de cette conversation qui intéressera tous les investisseurs. « Depuis quelques années, l’or a plus que doublé, et le silver a littéralement quadruplé », observe Sylvain Goulet, qui y voit moins une spéculation qu’un symptôme. « Ce n’est pas seulement de la peur, c’est l’opacité du monde qui se reflète dans le prix de l’or ».
Pour de l’information concernant l’utilisation de vos données personnelles - https://omnystudio.com/policies/listener/fr
Spécialiste reconnue du Proche et du Moyen-Orient, chroniqueuse régulière sur les plateaux d’information et professeure en communication à Paris, Maya Khadra répond à mes questions pour éclairer l’un des foyers géopolitiques les plus instables du moment : l’Iran. Alors que l’actualité régionale connaît de profonds bouleversements depuis le 7 octobre 2023, elle propose une lecture rigoureuse de la République islamique, de ses réseaux d’influence et des fragilités internes du régime. « Ce que nous vivons depuis le 7 octobre, c’est un véritable séisme régional, bien au-delà d’Israël et de Gaza », résume-t-elle d’entrée de jeu.
Maya Khadra revient sur les fondements idéologiques du régime iranien, nés de la révolution de 1979, et sur la mécanique d’exportation de la révolution islamique, de Beyrouth à Sanaa, de Damas à Bagdad. Elle explique comment l’Iran a bâti un empire d’influence politique, militaire et financier, souvent sous-estimé en Occident, mais aujourd’hui fragilisé. « L’Iran a péché par orgueil. Il s’est cru intouchable », affirme-t-elle, évoquant l’affaiblissement des proxies iraniens, la chute de Bachar al-Assad et les effets cumulés des sanctions internationales.
Pour de l’information concernant l’utilisation de vos données personnelles - https://omnystudio.com/policies/listener/fr
Philosophe et essayiste prolifique, Michel Onfray ouvre l’année au micro de Contact pour une conversation où il reconnaît qu’après toutes ces années à débattre dans l’espace public, l’envie de faire silence l’habite parfois.
Nous débutons l’entretien avec un clin d'œil à son travail de longue haleine consacré à Pierre-Joseph Proudhon, figure fondatrice et pourtant méconnue de l’anarchisme.
La discussion porte ensuite sur une réflexion plus large sur la politique contemporaine, la démocratie représentative et les impasses idéologiques actuelles. Onfray y questionne frontalement les notions de gauche et de droite, qu’il juge largement dévoyées, et assume ses ruptures : « Si être de gauche aujourd’hui, c’est être raciste, antisémite ou faire commerce du corps des femmes, alors ce n’est pas ma gauche ».
L’entretien prend une ampleur davantage anthropologique lorsque Michel Onfray aborde l’intelligence artificielle, l’école, la transmission et l’avenir même de l’humanité. Inquiet d’une délégation croissante de notre capacité de jugement aux machines, il met en garde contre une « atrophie de l’intelligence » et une perte du sens critique : « L’école ne permet pas l’émergence de l’intelligence, l’école est un instrument d’idéologie. »
Pour de l’information concernant l’utilisation de vos données personnelles - https://omnystudio.com/policies/listener/fr
À la tête de GardaWorld, géant mondial de la sécurité comptant plus de 130 000 employés et générant plus de 8 milliards de dollars de chiffre d’affaires, Stéphan Crétier évolue au carrefour du renseignement, de la protection et du pouvoir. Parti de presque rien, devenu milliardaire sans jamais, dit-il, avoir « pensé le succès en termes de dollars », l’entrepreneur québécois décrit un monde où la sécurité est désormais globale, intégrée, et profondément marquée par l’intelligence artificielle. « La sécurité, aujourd’hui, est holistique », affirme-t-il, évoquant aussi bien la protection des infrastructures que celle des grandes fortunes, des chaînes d’approvisionnement ou des zones de crise.
Au cœur de l’entretien, Crétier dévoile les coulisses d’une industrie où l’anticipation est devenue la clé. Grâce à des outils d’IA développés notamment en partenariat avec Palantir, son groupe mise sur une « intelligence anticipative » capable de cartographier les vulnérabilités et de prévoir les risques avant qu’ils ne surviennent. « La réponse est probablement oui », concède-t-il lorsque Stéphan Bureau évoque Minority Report et la possibilité de prévenir certains crimes avant leur commission. Mais cette puissance prédictive pose aussi un vertigineux dilemme démocratique.
Plus personnel, l’échange se conclut sur le parcours intime de Crétier : fils d’immigrants européens, marqué par la précarité, la mort précoce de son père et la fragilité des services publics. Sa réussite s’est construite dans une logique de survie autant que d’ambition. « On a le choix de lire le menu ou d’être au menu », résume-t-il, décrivant un monde qu’il juge « prédatorial », où l’Occident vit désormais retranché, assiégé, tandis que les inégalités de protection et d’accès aux soins explosent. Un constat lucide, parfois brutal, sur la sécurité comme nouveau révélateur des fractures contemporaines.
Pour de l’information concernant l’utilisation de vos données personnelles - https://omnystudio.com/policies/listener/fr
Commissaire général de police, ancien membre de la cellule de coordination du renseignement à l’Élysée, aujourd’hui directeur de l’Académie du renseignement, Jean-François Gayraud revient au micro de Contact pour explorer la face cachée du crime organisé. Auteur du récent Les sociétés du silence, il propose une lecture dérangeante mais lucide d’un monde criminel qui prospère d’abord sur l’invisible. Pour lui, l’angle mort majeur de notre compréhension n’est ni la violence, ni l’argent, mais le mutisme : « Ce qui est silencieux, ce qui est invisible… on ne le combat pas, tout simplement. »
Au fil de l’échange, Gayraud déconstruit les illusions médiatiques et politiques entourant mafias, cartels et crimes en col blanc. Il rappelle que l'hyper-visibilité — comme celle de la « DZ mafia » marseillaise — ne représente souvent qu’une distraction. L’essentiel, dit-il, se joue ailleurs : dans des organisations matures qui préfèrent l’influence à la brutalité, la compromission à la terreur, la discrétion à la gloire. « Les territoires où le crime organisé devient hégémonique transforment les citoyens en sourds et en muets », explique-t-il, évoquant ces zones grises où souveraineté politique et pouvoir criminel s’enchevêtrent.
L’entretien se fait plus large, plus sombre aussi, lorsqu’il aborde les dérives systémiques : la puissance réelle des cartels, les liens anciens entre États et mondes interlopes, l’usage stratégique du silence dans la finance comme dans la géopolitique. Sans paranoïa, mais sans naïveté, Gayraud rappelle que ces forces savent infiltrer, corrompre, se déguiser. Pourtant, il conserve une foi intacte dans l’État de droit : « J’ai toujours foi en mon église », dit-il, convaincu que la connaissance doit précéder l’action et que la lucidité demeure la seule voie pour « regarder derrière les apparences ».
Une conversation dense, grave et éclairante sur ce qui se voit… et surtout ce qui se tait.
Pour de l’information concernant l’utilisation de vos données personnelles - https://omnystudio.com/policies/listener/fr
Olivier Babeau - essayiste, économiste, président du think tank Sapiens - déploie une réflexion ambitieuse sur le monde qui vient, dans la continuité de ses ouvrages La tyrannie du divertissement et Ne faites plus d’études. D’entrée de jeu, il raconte comment la révolution technologique bouleverse la hiérarchie traditionnelle des valeurs : « L’intelligence, qui était le truc le plus rare, est devenue une commodité », résume-t-il. Cette bascule affecte profondément l’école, le travail, l’accès à la compétence et la structuration des élites.
Babeau avance une thèse dérangeante : l’IA ne bouleverse pas seulement l’économie, elle menace de transformer l’humain lui-même. Héritiers d’un « cerveau de chasseur-cueilleur » mal adapté au déluge technologique moderne, nous sommes vulnérables à la sédentarité cognitive et à l’économie de l’attention, qui « fabrique des crétins » en exploitant nos réflexes neurobiologiques les plus archaïques. Entre ceux qui utiliseront les technologies comme levier d’ascension et ceux qui s’y abandonnent comme à une prothèse, il voit se dessiner « deux humanités » : l’une disciplinée, l’autre happée par l’immédiateté.
Enfin, l’auteur pointe la fragilisation des sociétés démocratiques, notamment par la surproduction d’élites diplômées mais sans débouchés, source d’amertume et de tensions explosives. L’université, selon lui, traverse une crise existentielle : massifiée, coûteuse, déconnectée. « Il n’y a plus d’excuse au fait de ne pas savoir », dit-il, rappelant que la connaissance est désormais à un clic de distance. Face à ce monde où les machines feront toujours mieux que nous, Babeau plaide pour un retour aux humanités, à l’esprit critique et à la formation d’un individu capable non seulement d’apprendre, mais de juger : car « la vraie valeur ajoutée, demain, ce sera de savoir aller plus loin que la machine ».
Pour de l’information concernant l’utilisation de vos données personnelles - https://omnystudio.com/policies/listener/fr
From the publisher's feed
Stéphan Bureau mène de longs entretiens avec des invités qui pensent, créent ou façonnent notre monde. Dans l’air du temps sans être dans l’actualité brûlante, Contact se veut une tribune plurielle…

56 Listeners

19 Listeners

82 Listeners

1 Listeners

0 Listeners

0 Listeners

6 Listeners

3 Listeners

0 Listeners

2 Listeners

0 Listeners

0 Listeners

3 Listeners

18 Listeners

30 Listeners

0 Listeners

0 Listeners

17 Listeners

0 Listeners

0 Listeners

21 Listeners

0 Listeners

25 Listeners

12 Listeners

21 Listeners

1 Listeners

41 Listeners

0 Listeners

1 Listeners

0 Listeners

8 Listeners

0 Listeners

0 Listeners

16 Listeners

2 Listeners