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Gestion de l’humain.
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Extra classe, des podcasts produits par Réseau Canopé.
Interview animée en mai 2020 par : Laëtitia Pourel
Directrice de publication : Marie-Caroline Missir
Coordination et production : Hervé Turri, Luc Taramini, Magali Devance
Mixage : Simon Gattegno
Secrétariat de rédaction : Valérie Sourdieux
Contactez-nous sur : [email protected]
© Réseau Canopé, 2020
Transcription :
LAËTITIA POUREL | Face à la pandémie de Covid-19, notre société connaît actuellement une période de crise, de doute. Ces inquiétudes sont également partagées par les enseignants et les élèves. Comment et pourquoi aborder ce sujet en classe ? Comment accueillir la parole des élèves ? Nous sommes en ligne avec Abdennour Bidar, docteur en philosophie, inspecteur général de l'Éducation nationale. Abdennour Bidar, bonjour ! Tout d'abord, la pandémie de Covid-19 et le confinement qui a suivi, ont-ils créé une rupture dans la dynamique de classe ?
ABDENNOUR BIDAR | Ah oui, une véritable rupture, et ce pour plusieurs raisons. Tout d'abord, l'événement même du confinement a été exceptionnel. D'une part par son ampleur mondiale et puis également par sa durée très longue — on rappelle que le confinement a duré du 17 mars au 11 mai 2020 en France —, et d'une situation de claustration et d'isolement imposée à tous, complètement inédite et qui a sans doute revêtue une véritable dimension d’épreuve pour les uns et les autres à cause de sa difficulté même. Difficulté de ne plus pouvoir sortir de chez soi, mais d'y rester entre quatre murs, privant ainsi tout le monde de la plupart des interactions habituelles que nous entretenons avec le monde, et réduisant ses interactions, en l'occurrence au minimum des relations familiales et du virtuel d'internet. Donc pour tout cela, une véritable rupture et une épreuve psychologique, notamment une rupture du mode normal ou usuel de la scolarité des élèves, qui a généré pour les adultes comme pour les enfants et les adolescents, tout un ensemble de tensions singulières, de questionnements, d'inquiétudes, et d'inquiétudes alimentées, qui plus est, par une couverture médiatique entièrement focalisée sur le sujet de la pandémie et ramenant donc continuellement les esprits à ce motif d'anxiété, voire d'angoisse. Et dès lors, on comprend pourquoi, l'école, en particulier, ne saurait, comme si de rien n’était, reprendre son cours normal sans prendre en compte le fait que les élèves vont y revenir en ayant accumulé toute cette somme de tensions et de questions qui risquerait, si elle n'était pas appréhendée et prise en charge par les équipes éducatives, de rendre les élèves intellectuellement et psychologiquement indisponibles pour les différents apprentissages.
LP | Se pose donc la question de la responsabilité dans cette préparation, responsabil...
Miguel Pyram, enseignant en lycée professionnel et général, formateur académique, aborde les problématiques d'accompagnement d'élèves particulièrement exposés durant ce confinement : les mineurs isolés, logés à l'hôtel, sans moyens numériques. Quelles adaptations pour eux et pour l'enseignant ?
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Interview animée en mai 2020 par : Silvère Chéret
Directrice de publication : Marie-Caroline Missir
Coordination et production : Hervé Turri, Luc Taramini, Magali Devance
Mixage : Laurent Gaillard
Secrétariat de rédaction : Valérie Sourdieux
Contactez-nous sur : [email protected]
© Réseau Canopé, 2020
Transcription :
SILVÈRE CHÉRET | Nous recevons aujourd'hui Miguel Pyram. Vous êtes à la fois enseignant en lycée professionnel, métiers du bâtiment et enseignant dit « ordinaire ». Vous suivez cette année quatre classes en seconde, première, terminale cursus scolaire et cursus d'apprentissage en alternance. Pour être complet, j'ajoute que vous êtes formateur académique sur l'académie de Lyon.
MIGUEL PYRAM | Tout à fait à la DFIE [ndlr : Délégation Formation Innovation Expérimentation].
SC | J'aimerais commencer cet échange autour des situations de confinement particulièrement difficiles et singulières et très probablement partagées par de nombreux jeunes en France. Situations auxquelles ont été confrontés certains de vos élèves. Pourriez-vous nous les décrire, nous raconter la vie de ces jeunes et nous dire ce qu'elles ont en quelque sorte, exigé de vous ?
MP | Parmi nos élèves, élèves et apprentis, donc plutôt les élèves, les apprentis ont quand même le salaire qui fait foi, mais certains de nos élèves sont des mineurs isolés. Ce sont des élèves qui sont arrivés il n'y a pas longtemps sur le territoire français et qui peuvent être isolés du fait que c'est une association qui les prend en charge ou une famille. D'autres de ces jeunes ne sont plus mineurs, ils sont majeurs, certes, mais ils vivent, des fois, dans des conditions un peu particulières, dans une chambre d'hôtel. Donc tous ces jeunes ont le point commun de n'avoir que le smartphone pour pouvoir assurer la continuité pédagogique et ça nous a mis devant quelques problèmes de connexion parce qu’au-delà du smartphone, certains de ces élèves n'ont peut-être pas le forfait adéquat pour pouvoir suivre une classe virtuelle. Cela a nécessité quelques acrobaties de notre part. Nous sommes plusieurs collègues dans ce cas. Ne serait-ce que pour le suivi des classes virtuelles, l'écran étant très petit, nous sommes dans une discipline qui nécessite énormément de plans, de pièces graphiques et le smartphone est quand même un peu petit pour ça. L'autre deuxième problème, c'est la connexion qui pouvait couper. Et le troisième problème, c'est la restitution de leurs devoirs. Ils ont des devoirs à me faire. Je me retrouve en tant qu'enseignant à avoir beaucoup de restitution par Snapchat, des photos, des formats très variés et qu'il faut regrouper pour constituer une copie. Ce qui nécessit...
Autour de cette table ronde, deux professionnels partagent avec nous leur expertise sur la gestion du stress sous l'angle du sport et de la médecine.
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Émission animée en mai 2020 par : Fanny Milhe Poutingon
Directrice de publication : Marie-Caroline Missir
Coordination et production : Hervé Turri, Luc Taramini, Magali Devance
Mixage : Simon Gattegno
Secrétariat de rédaction : Séverine Aubrée
Contactez-nous sur : [email protected]
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Transcription :
FANNY MILHE POUTINGON | L'annonce de la réouverture des établissements scolaires a soulevé de nombreuses questions, générant quelques angoisses, aussi bien chez les parents, les enseignants et les élèves. Une fois dépassé ces angoisses liées à la reprise, demeurera le stress lié aux apprentissages scolaires. Plusieurs semaines sans classe ont en effet provoqué différentes formes de stress. Mieux les comprendre pourrait nous permettre de les apprivoiser ou de mieux les déjouer. Alors comment vivre le plus sereinement possible la poursuite de la scolarité ? Comment diminuer le stress ? Comment finalement rassurer les parents et permettre aux élèves d'avoir l'esprit libre et disponible pour apprendre ? Pour tenter de répondre à ces questions, nous accueillons aujourd'hui deux invités. Raymond Barbry, Bonjour.
RAYMOND BARBRY | Bonjour.
FMP | Vous êtes consultant, ancien professeur de sport et sportif de haut niveau dans les ultra-distances, vous travaillez entre autres sur les notions de stress et sur-stress au travail. Martine Orlewski, Bonjour.
MARTINE ORLEWSKI | Bonjour.
FMP | Vous avez plusieurs casquettes. Vous avez fondé une école de sophrologie, vous intervenez dans les écoles dans l'académie de Créteil, vous êtes spécialiste du stress en entreprise et vous êtes surtout médecin. Alors justement, j'ai une première question pour vous. On le sait, la période a généré du stress : pouvez-vous nous aider à clarifier ce terme au regard de ce que nous vivons ?
MO | Tout d'abord, le stress, c'est un mot que nous avons l'habitude d'utiliser dans beaucoup de situations différentes. Ce qui est important, c'est de savoir que nous ne pouvons pas vivre sans stress. Le stress, c'est la vie. C'est-à-dire, c'est le système dont nous disposons pour nous adapter aux situations et aux changements. Nous avons beaucoup l'habitude dans notre quotidien de vivre dans le stress de tous les jours : une maman se réveille le matin, s'aperçoit que son enfant a un peu de fièvre, eh bien, c'est un stress. Il va falloir qu'elle s'adapte à cette situation. Ou je prends ma voi...
Témoignage d'une inspectrice de Sciences de la Vie et de la Terre.
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Interview animée en avril 2020 par : Fanny Milhe Poutingon
Directrice de publication : Marie-Caroline Missir
Coordination et production : Hervé Turri, Luc Taramini, Magali Devance
Mixage : Simon Gattegno
Secrétariat de rédaction : Séverine Aubrée
Contactez-nous sur : [email protected]
© Réseau Canopé, 2020
Transcription :
FANNY MILHE POUTINGON | Le confinement et le contexte actuel ont renforcé notre besoin de communiquer que ce soit avec notre famille, nos amis ou bien nos collègues de travail. Au sein de l'école, les outils numériques ont permis rapidement de mettre en place la continuité pédagogique permettant les échanges entre parents, enseignants et élèves. Dans ce contexte particulier les parents sont très vite devenus des piliers de l'école à la maison, récupérant les devoirs, accompagnant les élèves dans leur travail quotidien, devenant parfois même de véritables pédagogues. Alors comment s'emparer de cette dynamique positive avec les parents dans le futur ? Quelles sont les adaptations que l'on peut envisager ? Finalement, comment capitaliser sur toutes ces expériences positives pour mieux apprendre et poursuivre la coéducation entre parents et enseignants ? Quand parents et enseignants font l'école ensemble. Une émission d'Extra Classe produite par Réseau Canopé. Avec nous aujourd'hui pour répondre à ces questions, nous recevons une inspectrice de sciences et vie de la Terre de l'académie de Créteil. Bénédicte Hare, bonjour.
BÉNÉDICTE HARE | Bonjour !
FMP | Vous êtes IA-IPR, pilote d'une mission pédagogique sur les compétences psychosociales et vous faites partie du groupe de réflexion BCR (Bienveillance coopération et réussite) de l'académie de Créteil. Pourriez-vous nous éclairer sur les compétences psychosociales ? Finalement, que met-on derrière cette expression ?
BH | Les compétences psychosociales ont été définies par l'organisation mondiale de la santé, en 93. Elle les a définis comme une capacité d'une personne à s'adapter aux exigences de la vie quotidienne, à maintenir son état de bien-être, tout ça en lien avec les autres, l'environnement et la culture. Deux classifications existent mais la plus récente organise ses compétences psychosociales en trois sous-catégories :
- On peut commencer pa...
Une parole d’expert avec Olivier Scarpa, pédopsychiatre, membre de l'équipe médicale de la Maison des adolescents de la Moselle.
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Interview animée en mai 2020 par : Régis Forgione
Directrice de publication : Marie-Caroline Missir
Coordination et production : Hervé Turri, Luc Taramini, Magali Devance
Mixage : Régis Forgione
Secrétariat de rédaction : Valérie Sourdieux
Contactez-nous sur : [email protected]
© Réseau Canopé, 2020
Transcription :
RÉGIS FORGIONE | Suite à une expérience collective comme le confinement, il semble nécessaire de recueillir la parole des élèves lors du retour en classe. Mais en quoi est-ce utile ? Comment procéder et avec quels garde-fous ? C’est ce que nous allons voir avec Olivier Scarpa, pédopsychiatre en centre hospitalier et qui travaille depuis plusieurs années auprès d’adolescents en tant que membre de l’équipe médicale de la maison des adolescents de la Moselle. Bonjour Olivier Scarpa !
OLIVIER SCARPA | Bonjour !
RF | On entend qu’avec le retour à l’école des élèves, il sera important de recueillir leur parole suite à l’expérience du confinement. Ce temps de recueil est-il réellement important ? Et si oui, pourquoi ?
OS | Oui, ça semble nécessaire pour plusieurs raisons. Redémarrer sur le plan scolaire comme si de rien n’était face à une expérience comme celle-là, si inédite, ça serait incompréhensible, je pense, pour les élèves. Donc la première raison c’est de prendre en compte cette période extraordinaire. Pouvoir, se retrouver après, dans ce contexte-là, après le confinement nécessite qu’on prenne en compte cette expérience. Après, la prise de parole collective, en parler ensemble va être aussi nécessaire par rapport au doute ou à l’incertitude qui marque ce contexte-là, incertitude qui était très présente au moment du confinement, mais qui reste très vive sur l’après confinement, puisqu’on ne sait pas trop comment tout ça va se dérouler et que les élèves sont face aux mêmes doutes, craintes, questionnements que les adultes. Donc en parler ça permet de préparer ces retrouvailles de manière un peu plus sereine en rendant les élèves acteurs, si on leur propose, sur la base du volontariat, de s’exprimer sur ce qu’ils ont vécu, sur ce qu’ils ont ressenti, sur ce qu’ils souhaitent dire de cette expérience. Je crois que parler de manière collective, ça peut avoir un objectif pédagogique, c’est-à-dire s’assurer auprès des élèves de tout âge, même si là on parle essentiellement des collégiens, qu’ils aient une bonne compréhension, une bonne lecture de ces événements. Il y a eu tellement d’informations contradictoires...
Témoignage d'un professeur de lettres-histoire.
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interview animée en mai 2020 par : Hélène Audard
Directrice de publication : Marie-Caroline Missir
Coordination et production : Hervé Turri, Luc Taramini, Magali Devance
Mixage : Laurent Gaillard
Secrétariat de rédaction : Dimitri Bourrie
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Transcription :
HÉLÈNE AUDARD | Recueillir les témoignages, les traces et les chefs-d’œuvre réalisés pendant le confinement par ses élèves de lycée professionnel, c'est le projet de David Lannoote, professeur de lettres/histoire au lycée professionnel Jan Lavezzari à Berck-sur-Mer. Un projet pour prendre collectivement la mesure de l'événement vécu et pour faire une passerelle avec le retour au lycée. Recueillir la mémoire du confinement, un projet pour le retour au lycée, une émission d'Extra Classe. David Lannoote, bonjour.
DAVID LANNOOTE | Bonjour.
HA | Pour commencer est-ce que vous pouvez nous dire rapidement quelles sont les formations qui sont préparées par vos élèves ?
DL | Le lycée Lavezzari est un lycée polyvalent avec une section d'enseignement professionnel spécialisé dans les lycées des métiers de la santé. J'ai des élèves en CAP qui travaillent en aide à domicile, des élèves en sécurité, en accueil, en soins à la personne… et donc on va comme ça du bac pro jusqu'au BTS et la licence pro.
HA | Donc des élèves qui sont plutôt dans un domaine qui a dû les interpeller pendant cette période de confinement. Là, on va rentrer dans une nouvelle phase de transition, quels sont pour vous les enjeux de ce retour au lycée ?
DL | Leur donner envie de venir et surtout essayer de sortir un peu de cet esprit de confinement. On va essayer de redévelopper l'idée du savoir vivre ensemble, puisque pendant un moment, la protection était de vivre de façon isolée et il va falloir remettre au point des nouvelles formes de sociabilité et leur donner l’envie et le courage de revenir à l'école.
HA | Avec l’idée aussi de recueillir leur parole.
DL | La première chose qu'on peut s'attendre à avoir lorsqu'on les aura en cours, c'est la série de questions, la volonté de comprendre, la volonté d'en parler. Le problème c'est qu’en tant qu'enseignant on n'est pas psychologue et qu'il va falloir offrir un cadre scolaire à toute cette volonté de parole et d’échange, d'où l'idée de travailler autour de cette enquête.
HA | Parlez-nous de ce projet que vous avez imaginé pour vos élèves de 2de SPVL [Services de proximité et vie locale], services de proximité et vie locale, un projet autour de la mémoire d...
Témoignage du président de la plus importante fédération de parents d'élèves du Danemark.
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Interview animée en avril 2020 par : Hélène Audard
Directrice de publication : Marie-Caroline Missir
Coordination et production : Hervé Turri, Luc Taramini, Magali Devance
Mixage : Laurent Gaillard
Traduction : Aurélie Dulin
Secrétariat de rédaction : Séverine Aubrée
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Transcription :
HÉLÈNE AUDARD | Quoi de neuf en Europe ? Nous poursuivons le tour de nos voisins européens : aujourd’hui au Danemark. Entré en confinement le 11 mars, le pays a été le premier à envisager de rouvrir ses écoles dès mi-avril. Pour quels élèves ? Dans quelles conditions ? Avec quels résultats ? C’est ce que nous avons demandé à Rasmus Edelberg, président de Skole-Foraeldre, la plus grosse association de parents d’élèves du pays basée à Copenhague. Et lui-même papa de deux enfants. Rasmus, bonjour. Pouvez-vous nous résumer ce qui s’est passé dans les écoles danoises depuis le début du mois d’avril ?
RASMUS EDELBERG | Oui. Après Pâques, les écoles ont ouvert pour la moitié des élèves, c’est-à-dire tous les élèves en dessous de 11 ans. Cette décision a été prise après des négociations sur les critères de sélection : à qui allions-nous ouvrir les écoles ? Aux élèves les plus âgés, parce qu’ils finissent leur cursus et qu’il est très important qu’ils aient un bon diplôme et une bonne formation ? Ou alors est-ce qu’on allait privilégier les plus petits parce qu’ils sont moins autonomes et que les parents pouvaient plus facilement travailler ? Au final, la décision a été prise de façon plus ou moins arbitraire : on a coupé la poire en deux… et on a pris les plus jeunes en premier. Cela a impliqué l’instauration de certaines règles.
- Règle numéro 1 : tous les élèves doivent être séparés d’une distance minimale de deux mètres dans les classes. Cela fait qu’il y a la place pour la moitié des élèves. On divise alors les classes en deux, on réorganise les tables et les chaises… Et là, on y arrive presque !
- Règle numéro 2 : un maximum d’enseignements doit se faire à l’extérieur. C’est problématique, principalement en ville. Actuellement, les écoles sont pleines et des appels ont été lancés. Par exemple, les jardins Tivoli à Copenhague sont utilisés comme lieu d’enseignement, mais aussi certains hôtels ou salles de conférences. J’ai également entendu quelqu’un dire que puisque le Roskilde rock festival ne va pas avoir lieu, nous pourrions utiliser cet espace géant pour faire cours en plein air ou même des églises… Tout espace ou bâtiment actuellement inoccupé est susceptible d’être réquisitionné pour l’école.
...Témoignages d'acteurs de terrain en Finlande, Italie et Angleterre.
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Interviews animées en mai 2020 par : Hélène Audard
Directrice de publication : Marie-Caroline Missir
Coordination et production : Hervé Turri, Luc Taramini, Magali Devance
Mixage : Simon Gattegno
Traduction : Aurélie Dulin
Secrétariat de rédaction : Dimitri Bourrie
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Transcription :
HÉLÈNE AUDARD | Quoi de neuf en Europe ? Extra Classe vous propose trois regards européens sur le retour progressif des élèves et des professeurs dans les classes. Nous allons rencontrer des acteurs de l'éducation dans trois pays, Italie, Finlande et Angleterre. Trois pays qui n'ont pas fait les mêmes choix et dont l'expérience peut nous éclairer à quelques jours de la réouverture des établissements scolaires en France. Nous partons tout d'abord en Finlande où les mesures de confinement ont été beaucoup moins strictes qu'en France et où elles ont reposé pour beaucoup sur la coopération des citoyens. Marie-Laure Lions-Olivieri est directrice de l'Institut français d’Helsinki et nous lui avons demandé quelle était la situation actuelle dans les écoles finlandaises.
MARIE-LAURE LIONS-OLIVIERI | Alors il faut dire qu'en Finlande, les écoles, les crèches et les écoles primaires n'ont jamais été fermées. La première semaine, elles étaient ouvertes uniquement pour les enfants des personnels soignants ou des personnes qui ne pouvaient pas télétravailler. Une semaine plus tard, la Première ministre, Sanna Marin, a trouvé que cette disposition n'était pas du tout égalitaire — parce que nous sommes dans un pays égalitaire — et donc l'école a été déclarée ouverte pour tous les enfants jusqu’à la classe 4, ce qui correspond à des enfants de 8-9 ans. Et là, les parents ont décidé s'ils mettaient leurs enfants à l'école ou s’ils les gardaient à la maison. On voit le nombre d'enfants augmenter, maintenant, car comme nous le savons très bien, avec un peu de recul, il est difficile pour les parents en télétravail de s'occuper aussi de leurs enfants au niveau de leur scolarité.
HA | Marie-Laure, comment les écoles ont elles géré des classes avec des enfants en présentiel et d'autres en distanciel ?
MLLO | L'organisation durant cet épisode dépend...
Témoignage d'un proviseur de lycée hôtelier.
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Interview animée en avril 2020 par : Pierre Danckers
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Transcription :
PIERRE DANCKERS : Aujourd’hui je reçois Roberto Ghin, proviseur du lycée hôtelier Guillaume Tirel dans le 14e arrondissement de Paris, qui nous livre quelques pistes sur l'organisation d'un établissement scolaire à la sortie du confinement. Roberto, Bonjour.
ROBERTO GHIN : Bonjour !
PD | Comment envisagez-vous les derniers jours précédant la fin du confinement ?
RG | Avant la reprise des cours, il va bien falloir prévenir et préparer le retour des différents acteurs. Donc en équipe de direction, présente au sein du lycée, nous allons déjà définir et baliser les conditions d'accueil des usagers, que ce soient les professeurs, les élèves, les agents et puis toutes les personnes qui travaillent avec nous. On va faire préparer les lieux en les faisant nettoyer, désinfecter. Et puis on va bien sûr veiller au respect des consignes sanitaires qui nous serons donc imposées pour pouvoir accueillir les usagers. Avec mon adjoint, nous allons devoir réorganiser les temps de travail, refaire en partie les emplois du temps, en tenant compte des priorités du moment. Donc il y aura certaines classes qui rentreront avant d'autres classes. Chaque classe sera divisée en groupes. Nous allons organiser le quotidien en séparant les élèves dans des groupes bien distincts, avec des élèves qui resteront toujours dans la même salle de classe pour éviter qu'il y ait une promiscuité supplémentaire, et qu’il y ait à désinfecter en permanence les différents lieux occupés par les élèves. Bien entendu, à titre d'exemple, nous allons d'abord faire rentrer les classes de première puisqu'il va falloir les préparer à l'oral de français. On envisage de les faire revenir au moins trois demi-journées dans la semaine, où ils vont travailler principalement l'oral de français. On va demander à tous les professeurs de français du lycée, même ceux qui n'ont pas les élèves, de participer à l'accompagnement de ces élèves puisque ces mêmes professeurs n'auront pas à faire à d'autres élèves qui eux ne seront pas encore rentrés. Il va falloir aussi que l'on veille à doser le travail des enseignants de manière équitable, pui...
Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Témoignage d'un professeur des écoles d'un établissement médico-social.
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Interview animée en avril 2020 par : Régis Forgione
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Transcription :
RÉGIS FORGIONE | C’est une élève de 3e comme les autres, à ceci près qu’elle est atteinte de troubles des fonctions auditives et que le confinement est une épreuve supplémentaire dans son quotidien personnel et scolaire. Pour témoigner de sa situation, qui fait écho à des centaines d’autres, nous avons invité Nicolas Rallet. Il est professeur des écoles au sein d’un établissement médico-social. Il est spécialisé dans la prise en charge des élèves atteints de troubles spécifiques du langage et des apprentissages (TSLA) ou de troubles des fonctions auditives (TFA). Bonjour Nicolas.
NICOLAS RALLET | Bonjour !
RF | Cette année vous avez donc dans votre classe une élève atteinte de troubles des fonctions auditives, je crois qu’on peut dire « sourde » comme vous me l’avez confirmé en préparant cette émission. Comment a-t-elle vécu ces premières semaines de confinement et de continuité pédagogique ?
NR | Au début ça a été très compliqué parce que quand on a appris la décision du président de ne plus mettre les enfants à l’école, on a dû organiser un peu à la va-vite cette continuité. Donc moi je disposais déjà d’outils numériques pour maintenir le lien avec les élèves. Mais ce qui s'est passé avec cette jeune fille, elle a voulu absolument être présente sur tous les réseaux parce qu’elle avait besoin d’informations. Ça c’est une caractéristique des personnes sourdes, c’est-à-dire que comme l’information n’est pas toujours accessible, ils cherchent par tous les moyens de savoir ce qu’il se passe. Donc elle, elle cherchait le moyen de savoir ce qu’il se passe, à la fois au niveau de la situation générale mais aussi au niveau de ses cours. Et puis ensuite, la deuxième chose, elle est aussi en situation de fragilité, de sentiment de ne pas contrôler les choses et donc le fait d’être présente un peu partout, elle s’est donnée l’illusion de contrôler un peu la situation. Ce qu’il s’est passé c’est qu’au bout du deuxième ou troisième jour la maman m’a appelé pour me dire qu’elle avait fait un malaise. Elle avait une sorte d’overdose d’écrans, d’informations. Donc à ce moment j’ai contacté la psychologue qui la suit et puis on a repris ça avec ell...
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