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Témoignage d'un parent.
La transcription de cet épisode est disponible après les crédits.
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Extra classe, des podcasts produits par Réseau Canopé.
Interview animée en avril 2020 par : Claude Pereira Leconte
Directrice de publication : Marie-Caroline Missir
Coordination et production : Hervé Turri, Luc Taramini, Magali Devance
Mixage : Laurent Gaillard
Secrétariat de rédaction : Valérie Sourdieux
Contactez-nous sur : [email protected]
© Réseau Canopé, 2020
Transcription :
CLAUDE PEREIRA LECONTE | La fermeture des établissements scolaires, le 16 mars dernier, a demandé aux parents de se réorganiser en mettant l’école au cœur de la vie familiale. Une nouvelle situation qui questionne l'organisation du temps de travail personnel des enfants nous vient, parents, enseignants, mais aussi le rapport que l'on pouvait entretenir avec elle en tant qu'ancien élève. Pour en parler avec nous, nous recevons aujourd'hui Mélanie Collin, parent de deux enfants scolarisés en CM1 et en CM2 dans une école située en éducation prioritaire. Bonjour Mélanie !
MÉLANIE COLLIN | Bonjour !
CPL | Alors Mélanie, depuis le début du confinement, vous accompagnez vos enfants pour continuer à faire l'école à la maison, pouvez-vous nous dire comment vous vous organisez pour qu'ils puissent faire leur travail dans de bonnes conditions ?
MC | Comme vous l'avez dit, je suis maman de deux enfants. J'ai une fille en CM2 et un garçon en CM1. Je leur demande évidemment de faire leurs devoirs. Ma fille, vu qu'elle préfère faire ses devoirs très tôt le matin pour être tranquille l’après-midi, je commence par elle le matin. Et vu que mon fils, il préfère dormir le matin et plus travailler l'après-midi, mon fils commence ses devoirs l'après-midi.
CPL | D'accord, donc ça veut dire que vous avez accepté une certaine souplesse dans l'organisation. Pour quelle raison ?
MC | J’ai préféré prendre cette mesure étant donné que j'ai l'impression que plus on met la pression aux enfants et moins ils veulent travailler. Donc moi, je préfère leur laisser choisir par quoi ils veulent commencer. Comme ça, ça fonctionne tout à fait correctement et il n'y a pas de situation compliquée.
CPL | Ça fait un mois que les enfants suivent l'école à distance, comment est-ce que les enseignants vont pouvoir faire classe ? Comment est-ce qu'ils gardent le lien avec vous et les enfants ?
MC | On communique beaucoup par mail et par message, ce qui ne nous permet de beaucoup avoir d'informations, d'avoir les devoirs en temps réel. Et de pouvoir renvoyer les devoirs aussi. C'est très simple.
CPL | Vous me disiez que vous aviez quelques problèmes de c...
Témoignage d'une enseignante en cycle 3, épisode 3.
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Interview animée en avril 2020 par : Silvère Chéret
Directrice de publication : Marie-Caroline Missir
Coordination et production : Hervé Turri, Luc Taramini, Magali Devance
Mixage : Simon Gattegno
Secrétariat de rédaction : Valérie Sourdieux
Contactez-nous sur : [email protected]
© Réseau Canopé, 2020
Transcription :
SILVÈRE CHÉRET | Bonjour !
CLAIRE PERRILLAT | Bonjour !
SC | Je rappelle que tu es enseignante en école élémentaire dans une classe de CM1-CM2 en milieu urbain. Tu as deux enfants scolarisés l’un en CM1 et l'autre en 4e, c'est déjà notre troisième entretien avec toi. Dans nos échanges, nous avons exploré le thème du lien pédagogique et du lien humain en général durant cette période. Nous nous retrouvons aujourd'hui pour faire un point à ce sujet, à travers des outils et des dispositifs que tu as pu mettre en place et consolider au fur à mesure de ces semaines de confinement. Est-ce que tu pourrais nous décrire ce que tu as mis en place pour aborder des apprentissages nouveaux ou à consolider, tout en adaptant à la nécessaire autonomie des élèves qui s’impose à tous ?
CP | Alors je récapitule un peu mon bricolage. Donc j'envoie un plan de vol à la semaine, c'est notre programme à suivre avec un parcours imposé et un prolongement avec des situations de recherche qui brassent tout, mais autrement. Par exemple, dans les petits problèmes liés aux fractions, on a eu l'occasion de faire un cocktail fractions à partir d'un verre unité et de fractions d’ingrédients. On a eu l'occasion aussi de construire une créature en papier, un cerbère, comme la créature Cerbère, mais là, avec des parties du corps qui font référence à des surfaces, à des aires particulières. On a eu l'occasion aussi de réaliser un hélicoptère en papier pour amortir la chute d'Icare avec des étapes de planification. Le programme est envoyé par mail aux parents et puis il est publié sur le blog. Juste au sommet de la page du blog, chaque semaine je rédige un article qui s'appelle « On récapitule », avec toutes les étapes à suivre dans l'ordre et une vidéo explicative de deux à trois minutes qui reformule explicitement, en montrant où se trouvent les supports, comment on doit s'y prendre, pourquoi on fait ça et en quoi ça va nourrir notre projet de classe, même à distance. Je filme l'écran, j'ouvre les documents et puis je montre. Ensuite, j’écris aussi des petits articles pour certaines activités qui demandent d'être encore plus accompagnées avec une vidéo de présentation où je réactive ce que l'on sait déjà et comment est-ce qu'on fait en classe. Et puis souvent, je propose ensuite directement, ou la semaine d'après, une c...
Témoignage d'un professeur des écoles.
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Interview animée en avril 2020 par : Magali Devance
Directrice de publication : Marie-Caroline Missir
Coordination et production : Hervé Turri, Luc Taramini, Magali Devance
Mixage : Simon Gattegno
Secrétariat de rédaction : Valérie Sourdieux
Contactez-nous sur : [email protected]
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Transcription :
MAGALI DEVANCE | Bonjour Guillaume Leconte. Nous avons déjà eu le plaisir de vous entendre sur Extra Classe lors de la table ronde « Faire classe sans classe ni élève : une expérience à inventer au quotidien ». Nous sommes ravis de vous accueillir à nouveau. Ce que nous aimerions savoir aujourd'hui, c’est comment vous conservez les liens qui ont été tissés avec vos élèves depuis le début du confinement, et ce dans la durée. Avant ça, je rappelle à nos auditeurs que vous êtes professeur des écoles en cycle 3 et formateur. Et que vous travaillez dans un réseau d'éducation prioritaire. Guillaume, où en êtes-vous aujourd'hui avec vos élèves ?
GUILLAUME LECONTE | Il y a eu quelques changements. Il y a de la dynamique, exactement comme dans une classe ordinaire, bien sûr avec des particularités. Juste avant que les vacances arrivent, on a ressenti un petit coup de mou. Des élèves ont montré de la fatigue, des familles aussi. Mais on a eu aussi une dynamique dans un autre sens puisque des élèves que j'avais du mal à toucher au début du confinement ont raccroché les wagons. Aujourd'hui, il y a un élève avec lequel je n'ai toujours pas de contact. Mais plus qu’un seul.
MD | Vous parlez de plusieurs choses et notamment d’un coup de mou. Comment l'avez-vous surmonté ensemble, avec les parents, les élèves ?
GL | Je me doutais bien que ça allait arriver, donc j'étais particulièrement attentif. Et j’ai eu des témoignages. Des parents me l’ont clairement spécifié par message, par mail ou par téléphone, ou via le fil Twitter de la classe. J’ai vu aussi des attitudes d’élèves changer. Certains produisaient moins, rendaient moins de travail. Alors qu’est-ce que j’ai fait ? J'ai écrit aux parents. J’ai fait une lettre à tout le monde, où je les remerciais, un soir, de leur investissement. Je leur disais bien que j'étais conscient de ce que cela leur demandait et que j'étais… le mot que j’ai employé c’est « admiratif », de ce qu'ils étaient capables de faire. Et j'ai eu la même chose en retour. Les parents ont été sensibles à ça. Eux aussi sont entrés dans du coaching positif auprès de l'enseignant, en me remerciant et en marquant le fait qu'ils étaient sensibles à l'attention que je pouvais avoir pour leur enfant. Après, je...
Témoignage d'une enseignante en cycle 3, épisode 2.
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Interview animée en avril 2020 par : Silvère Chéret
Directrice de publication : Marie-Caroline Missir
Coordination et production : Hervé Turri, Luc Taramini, Magali Devance
Mixage : Laurent Gaillard
Secrétariat de rédaction : Valérie Sourdieux
Contactez-nous sur : [email protected]
© Réseau Canopé, 2020
Transcription :
SILVÈRE CHÉRET | Bonjour, nous sommes à nouveau avec Claire Perrillat. Je rappelle Claire que tu es enseignante à l'école élémentaire en classe de CM1-CM2, que tu as aussi par ailleurs deux enfants scolarisés, l’un en classe de CM1 et l'autre en quatrième. Tout ça pour comprendre aussi que tu es dans un contexte, où tu as plusieurs chats à fouetter. Je te remercie par avance d'avoir encore accepté ce second entretien. J'espère qu'il y en aura d'autres, enfin pas pour dire que le confinement doit durer, mais pour pouvoir faire des points réguliers. Et nous allons poursuivre sur le thème du lien qu'on avait entamé tous les deux, le lien et la motivation. Donc ma première question, ce serait après 4 semaines de confinement, pourrais-tu nous faire un état des lieux sur cette question des liens avec les élèves et les familles, nous dire s'il a été nécessaire de les redéfinir ? Comment on les maintient sur la durée et comment les as-tu redéfinis si ça a été nécessaire ?
CLAIRE PERRILLAT | Alors effectivement cette question de liens, elle est au cœur de tout, en fait ! Le plus difficile a été de redéfinir l'équilibre de notre classe coopérative et de tout faire pour conserver cet équilibre. On se retrouve en fait chacun chez soi. Il a fallu trouver un moyen pour casser les murs et transformer notre blog de classe en quartier général où on prend plaisir à se retrouver pour recevoir, mais aussi pour apporter, pour garder le moral, moins se sentir isolé, par exemple, et rester motivé. Il y a la messagerie qui tourne à plein régime en ce moment entre eux, mais aussi avec moi. Les articles du blog deviennent les reflets des différentes propositions de chacun ou des pistes à exploiter. Et le problème, c'est que cet équilibre, il reste très précaire avec ce confinement qui ne fait que se prolonger et on a tous besoin de garder confiance en nous, en tant qu’élève, en tant que parent et en tant qu’enseignant. Et pour cela, les encouragements et les félicitations sont d'autant plus importants. On se nourrit plus que jamais des retours positifs par mail, par SMS ou sur le blog. On désamorce les problèmes, on traduit, on reformule, on propose entre nous. En fait, il y a vraiment une question du nous. Voilà ! Les interactions, elles restent à la base de tout, même en ce moment, même si c'est difficile.
SC | Concernant les élèves et leurs familles, quelles nou...
Une parole d'expert avec Raymond Barbry, formateur et préparateur mental.
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Interview animée en avril 2020 par : Fanny Milhe Poutingon
Directrice de publication : Marie-Caroline Missir
Coordination et production : Hervé Turri, Luc Taramini, Magali Devance
Mixage : Simon Gattegno
Transcription : Séverine Aubrée
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Transcription :
FANNY MILHE POUTINGON | Les spécialistes et les médecins le disent : nous faisons face à une crise sanitaire sans précédent. La durée de cette crise nous est inconnue et les mécanismes du virus soulèvent encore un certain nombre de questions. L'avenir nous échappe, nous laissant au mieux dans une situation de doute et de questionnements, au pire dans un état de profonde mélancolie, voire pour certains de dépression. Pour vivre au mieux cette situation à l'école, chaque acteur du système éducatif se pose la question des outils à mettre en place pour tenir dans la durée. Aujourd'hui, comment tenir quand on est parent, quand on est enseignant, quand on est élève ? On se pose naturellement la question des outils pédagogiques, du rythme de travail et de la posture à adopter. « Tenir dans la durée, l'approche sportive » une émission d'Extra Classe afin de poursuivre le marathon du confinement. Et pour répondre à toutes ces questions nous accueillons aujourd'hui Raymond Barbry. Raymond bonjour, vous êtes consultant, formateur et préparateur mental, ancien professeur de sport et sportifs de haut niveau dans les ultra-distances, vous intervenez, entre autres, dans la formation des chefs d'établissement et des enseignants. Quel est votre domaine d'intervention plus précisément ?
RAYMOND BARBRY | Bonjour. J'interviens dans le cadre de la formation des chefs d'établissement et des enseignants, essentiellement en formation continue, et j'interviens sur les thématiques qui sont liées à la régulation du stress, à la régulation du conflit et j’ai développé une compétence un peu particulière sur les questions qui sont liées à l’attention / concentration par les pratiques de pleine d'attention depuis une dizaine d'années.
FMP | On l'a entendu, vous avez donc l'habitude de proposer des outils pour gérer des situations parfois délicates mais avant de nous intéresser plus en profondeur aux outils pour tenir sur la distance, est-ce que no...
Autour de cette table ronde, deux parents d'élèves partagent avec nous leur expérience de l'école à distance.
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Émission animée en avril 2020 par : Claude Pereira Leconte
Directrice de publication : Marie-Caroline Missir
Coordination et production : Hervé Turri, Luc Taramini, Magali Devance
Mixage : Laurent Gaillard
Transcription : Valérie Sourdieux
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Transcription :
CLAUDE PEREIRA LECONTE | Que leurs enfants soient scolarisés en maternelle ou au lycée, depuis le 16 mars, les parents sont devenus le lien indispensable entre les élèves et les enseignants, pour mettre en place la continuité pédagogique. Tantôt professeurs bis, tantôt gentils organisateurs, ils se retrouvent à devoir jongler entre les plans de travail donnés par les enseignants et leur activité professionnelle, à réinventer la vie quotidienne et les relations familiales, à faire face aux questions de leurs enfants et à leurs propres difficultés. Cette situation inédite questionne le lien entre la famille et l'école, l'éducation des enfants et les valeurs que l’on souhaite leur transmettre. Comment vit-on la continuité pédagogique lorsque l’on est parent ? Comment aide-t-on ses enfants au quotidien, dans leur travail et leur bien-être ? Quand les parents ont rendez-vous avec la continuité pédagogique, une émission d’Extra Classe, pour garder le lien pédagogique quand on ne peut pas être ensemble. Avec nous aujourd'hui, Catherine Herrero, parent de deux enfants à l'école primaire et au collège, et Sabine Turri, parent d'un enfant en primaire. Bonjour à toutes les deux.
CATHERINE HERRERO | Bonjour !
SABINE TURRI | Bonjour !
CPL | Merci d'être avec nous. Vous êtes toutes les deux ici pour nous parler de votre vécu en ce moment de continuité pédagogique. Sabine, cette situation est pour vous inédite, pour votre famille mais aussi pour les nombreuses personnes que vous rencontrez dans votre activité de travailleuse sociale. Pour vous Catherine, les choses sont plus différentes car vous avez déjà connu une situation similaire lors d'un tour du monde que vous avez fait il y a trois ans si je me souviens bien. Ces deux expériences sont riches et différentes et elles vont pouvoir éclairer nos auditeurs et répondre à nos interrogations. En échangeant avec nos proches ou en écoutant les témoignages de pare...
Une parole d'expert avec Geoffrey Dorne, designer graphique, blogueur et fondateur de l'atelier Design And Human.
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Interview animée en avril 2020 par : Claude Pereira Leconte
Directrice de publication : Marie-Caroline Missir
Coordination et production : Hervé Turri, Luc Taramini, Magali Devance
Mixage : Simon Gattegno
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Transcription :
CLAUDE PEREIRA LECONTE | Geoffrey Dorne, vous êtes designer graphique indépendant depuis 2005, vous travaillez sur des projets numériques, imprimés et d'identité. Vous êtes également fondateur de l'atelier de design social et engagé Design & Human. Bonjour Geoffrey !
GEOFFREY DORNE | Bonjour Claude !
CPL | Alors, la continuité pédagogique demande aux enseignants de dispenser principalement leur apprentissage au travers des écrans. Pensez-vous que ce temps passé devant les écrans soit une source d'inquiétude ? Et si oui, pourquoi ?
GD | Alors, en effet, c'est une très bonne question, merci de me la poser. On sait, ce n’est plus un mythe, ce n’est plus une rumeur : les écrans ont un impact cognitif sur le cerveau et notamment le cerveau des plus jeunes, des enfants. Et donc on déconseille l'utilisation des écrans pour les tout-petits et on essaie de limiter au maximum l'utilisation des écrans pour les plus grands. Mais par contre, là on n'a pas trop le choix parce que justement on est à la maison, on est confiné — c'est le mot qui est employé —, et on doit travailler sur la continuité pédagogique via l'ordinateur, le numérique, internet et les écrans. Donc en fait, l'inquiétude pour qui elle est ? Est-ce qu’elle est plutôt pour les parents ? Est-ce qu’elle est plutôt pour les enfants ? Est-ce que les enfants se sentent inquiets de passer trop de temps devant l'écran ? Est-ce qu'elle est aussi pour les enseignants ? Donc déjà la question c'est : qui est inquiet ? Est-ce qu’il y a vraiment des signes d'inquiétude ? Parfois, c'est peut-être plus pour les parents de voir leurs enfants toute la journée. Et pour discuter parfois avec des étudiants qui sont en études supérieures, ils nous disent aussi parfois qu’ils sont trop longtemps devant l'écran et ils en ont un peu marre. L’inquiétude elle peut être aussi à 3 niveaux. Ça peut être au niveau de la charge cognitive. On passe beaucoup de temps sur un écran, donc on a beaucoup d'informations parce que l'écran permet d'accéder à beaucoup d'informations très rapidement. Et donc la charge cognitive...
Cette table ronde réunit deux professeurs d'EPS.
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Émission animée en avril 2020 par : Hélène Audard
Directrice de publication : Marie-Caroline Missir
Coordination et production : Hervé Turri, Luc Taramini, Magali Devance
Mixage : Aurélie Dulin
Secrétariat de rédaction : Ludovic Oger
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Transcription :
HÉLÈNE AUDARD | Aujourd’hui, Extra Classe est consacrée à l’enseignement de l’EPS en un temps où les corps des élèves comme ceux des professeurs sont confinés. L’EPS est la discipline par excellence qui nécessite la présence des élèves, son outil principal de travail, c’est le corps. Comment les enseignants réinventent-ils donc leur pédagogie alors qu’ils sont contraints de travailler à distance ? Cette situation inédite met aussi en lumière des risques particuliers pour la santé. La sédentarité bien sûr mais aussi des risques psychosociaux, baisse de moral, isolement, décrochage de certains élèves. Dans ce contexte, comment maintenir le lien avec tous les élèves malgré la distance et les difficultés plus ou moins grandes de communication avec eux ? Comment savoir si les élèves font régulièrement les exercices proposés et comment ils les font ? Si le bien-être physique et psychologique des élèves est une des priorités des enseignants d’EPS, leur propre bien-être est aussi une donnée à considérer dans une période où les attentes sont fortes de tous côtés et les conditions d’exercice inégales. Les outils numériques sont le moyen privilégié de la communication entre profs et élèves mais certains peuvent se sentir déstabilisés malgré leur envie de bien faire. Le corps confiné c’est le sujet de notre émission avec nos invités qui sont tous les deux enseignants d’EPS.
PIERRE GREMMINGER | Tout à fait je suis enseignant dans un lycée professionnel du bâtiment depuis 20 ans et je fais un complément de service dans un lycée général à Calais depuis deux ans.
HÉLÈNE AUDARD | Et vous, Christelle Bohn, bonjour.
CHRISTELLE BOHN | Bonjour. Donc moi aussi je suis enseignante d’EPS mais je suis sur l’île de la Réunion depuis 18 ans et depuis 10 ans j’enseigne dans le même collège dans le sud de l’île.
HA | Une petite précision Christelle : à la Réunion le calendrier n’est pas tout à fait celui de la métropole et vous êtes entrés en confinement...
Témoignage d'une professeure en collège.
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Interview animée en avril 2020 par : Silvère Chéret
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Transcription :
SILVÈRE CHÉRET | Bonjour, je reçois aujourd'hui Nisa Fiogère. Bonjour Nisa.
NISA FIOGÈRE | Bonjour !
SC | Je te remercie par avance d'avoir accepté de consacrer du temps pour cet entretien. « Aucune expérience humaine n'est dénuée de sens ou indigne d’analyse », écrivait Primo Levi dans Si c'est un homme. C'est précisément d'expérience humaine et de son analyse dont nous allons parler ensemble. Je te propose d'aborder cet échange sous l'angle de la transformation que va peut-être provoquer cette expérience du confinement chez les enseignants, donc chez toi-même, dans les pratiques d'enseignement, et sur la nature éphémère ou durable de cette transformation. Ma première question est la suivante : pourrais-tu nous décrire ton cheminement pédagogique depuis le début de cette expérience de confinement ? A-t-il provoqué une réflexion, une remise en question, voire initié une transformation dans ta pratique ?
NF | Depuis plusieurs jours, le Covid ébranle mes habitudes de travail. J'ai vite compris que je ne pouvais pas envoyer mon cours classique à mes élèves, qu'il fallait repenser des contenus, ne plus répéter, ne pas envoyer ce qui était prêt, mais faire autrement. Ça signifie s'adapter, mais pas seulement. Parce que c'est un élève seul qui reçoit mon contenu. Un élève qui n'a pas forcément accès à un ordinateur régulièrement, un élève qui manque peut-être de motivation, qui reçoit des consignes de tous mes autres collègues en parallèle. Avec un peu de chance, il est peut-être accompagné par un parent, mais ce parent est-il familier du monde éducatif et de ses codes ? Est-ce qu'il a la disponibilité ? Est-ce que la relation enfant/parent est sereine ? C'est tout ça que j'avais en tête quand j'ai conçu mes premiers contenus. Au début j'ai fait des envois très simples, courts, avec des consignes que j'espérais les plus claires possibles. J'ai créé des fils de discussion en parallèle avec mes élèves. J'ai essayé d'être rassurante et pourtant je sentais que ça ne convenait pas. Je sentais que ça n’allait pas lorsque j’employais des formules comme : « Je vous laisse faire ce travail pour lundi » ; ou quand je terminais mes écrits par un simple « bonne journée ». Ce n’était pas du tout adapté. Parce que mes élève...
Témoignage d'une professeure en lycée.
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Transcription :
SILVÈRE CHÉRET | Bonjour, je reçois aujourd'hui Lucie Danlos.
LUCIE DANLOS | Bonjour !
SC | Tu enseignes la littérature dans un lycée en milieu urbain et tu as en charge quatre classes sur les niveaux de première et de terminale. Je te remercie par avance d'avoir accepté de consacrer du temps pour cet entretien. Lors de nos échanges, pour préparer cet entretien, tu me disais que cette situation de travail distanciel forcé entravait ta pédagogie. Peux-tu nous expliquer en quoi et pourquoi ?
LD | D'emblée, je me suis posé beaucoup de questions par rapport à cette situation, parce que mes cours reposent beaucoup sur l'oral. Pas nécessairement l'oral sur le modèle du cours dialogué, mais un oral qui privilégie les échanges entre élèves, les questionnements et les hypothèses entre élèves. L'écrit est présent aussi, mais il va plus servir d'écrit de travail, de tâtonnement dans la séance. L'oral est très souvent associé à une incitation à la créativité, par exemple avec des exposés à plusieurs dans lesquels j’incite les élèves à faire des mises en scène créatives. Ce type d'activité n'a de sens qu'en présence, c'est vraiment vivant, il y a quelque chose d'un peu théâtral. Les échanges peuvent aussi se faire à partir des écrits dans les carnets de lecteur : on a des partages de textes, des lectures de textes. Là, de la même manière, on est dans quelque chose qui nécessite de la présence. Autre élément, je privilégie beaucoup les activités de groupe, donc les échanges se produisent beaucoup entre élèves. Ensuite, à partir de ce qui ressort de ces échanges, je m’appuie sur leur travail pour avancer dans mon cours. Donc finalement, les moments d’apports magistraux sont plutôt ciblés et ils ne viennent que pour achever un travail, une réflexion, la compléter éventuellement. Mettre en scène tout ça dans un enseignement à distance me semblait extrêmement compliqué.
SC | Dès lors, comment t'es-tu adaptée à cette entrave, et comment as-tu adapté ta pédagogie pour essayer de retrouver l'essence de cette pédagogie et de tes modalités d’enseignement ?
LD | Je ne sais pas si j'ai pu retrouver l'essence de mes modalités d'enseignement. La première semaine, c'était plutôt... tâtonnant. J'ai essayé de m’interroger sur ce que je pouvais conserver, ce qui me semblait faisable, en pro...
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