Les grandes réformes économiques et sociales lancées par le Shah dans les années 1960 ont pour objectif de transformer l’Iran, de consolider la modernisation du pays et d’en faire ainsi une grande puissance. Mais cette révolution dite blanche n'est pas du goût de tout le monde, en particulier du clergé.
En 1963, le discours de Khomeiny contre les réformes est accompagné de violentes manifestations. Au fil des années, l'opposition au régime du Shah va croître. Ses détracteurs, issus de différents mouvements, dénoncent notamment l’autoritarisme grandissant du monarque.
Dès lors, en 1978-79, la révolution iranienne est menée par les mollahs mais aussi par des forces de gauche et des intellectuels libéraux. Tous s’en prennent au shah... pour beaucoup sans en mesurer complètement les conséquences. L’impérialisme américain est lui aussi condamné et lorsqu'en novembre 1979, près de 300 étudiants envahissent l’ambassade des Etats-Unis à Téhéran et prennent en otages les diplomates, la rupture des relations entre l’Iran et les Etats-Unis est spectaculaire.
Laurent Huguenin-Elie poursuit son entretien avec Yann Richard, historien, spécialiste de l’Iran contemporain, professeur émérite à la Sorbonne nouvelle et auteur de nombreux ouvrages dont "L'Iran de 1800 à nos jours" (Flammarion) et récemment "Le Grand Satan, le Shah et l’Imam - Les relations entre l’Iran et les Etats-Unis jusqu'à la révolution de 1979" (CNRS-Éditions).
L'Iran est aussi au programme de la 21e édition du FIFDH (Genève) avec la projection de films et l'organisation d'un forum intitulé "Iran une répression à huis clos" (voir liens ci-contre).
Photo: un mollah iranien devant l'ancienne ambassade des États-Unis, à Téhéran, en novembre 2022. Derrière lui, la peinture murale marque le 43e anniversaire de la prise de contrôle de l'ambassade des États-Unis. Dès le 4 novembre 1979, après que les États-Unis ont autorisé le Shah à être hospitalisé sur leur sol, plus de 50 diplomates et gardes américains ont été retenus en otage par les étudiants durant 444 jours. (© ABEDIN TAHERKENAREH/EPA/KEYSTONE)