Illuminations

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Illuminations episodes

  • Dostoïevski • Les Frères Karamazov • « Le Diable. Le cauchemar d’Ivan » (livre audio #LAPNJD)

    — Parce que, moi aussi, tout comme toi, je souffre du fantastique et c'est pour ça que j'aime votre réalisme terrestre. (…) 

    — La philosophie qui te reprend ! marmonna haineusement Ivan. (...) 

    — Sans critique, il n’y aura que ‘’l’hosanna’’. Mais, pour la vie, l’hosanna tout seul ne suffit pas, il faut que cet hosanna passe par les forges du doute, bon, et ainsi de suite, sur ce ton-là. Moi, remarque, tout ça, je ne m’en mêle pas, pas moi qui l’ai créé, pas moi qui en réponds. Bon, et donc, ils vous ont choisi un bouc émissaire, ils l’obligent à écrire dans la section critique, et c’est ça qui a fait la vie. Nous, on la comprend, cette comédie : moi, par exemple, j’exige purement et simplement qu’on m’anéantisse. Non, vis toujours, ils me disent, parce que, sans toi, il n’y aura rien. Si tout était raisonnable sur la terre, il ne se serait rien produit. Sans toi, il n’y aura aucun événement, et il faut qu’il y ait des événements. Et donc, je travaille, content ou pas, à ce qu’il y ait des événements, et je crée de l’irraisonnable sur ordre. Les gens prennent cette comédie pour quelque chose de sérieux, malgré toute leur indubitable intelligence. Là est leur tragédie. Bon, et ils souffrent, bien sûr, mais… mais, malgré tout, ils vivent réellement, pas dans le fantastique ; parce que c’est la souffrance qui est la vie. Sans la souffrance, quel plaisir on pourrait avoir - tout se transformerait en une espèce de prière sans fin : c’est saint, bien sûr, mais c’est barbant. Bon, et moi ? Moi, je souffre, et, malgré ça, je ne vis pas. Je suis un x dans une équation à plusieurs inconnues. Je suis une espèce de fantôme de vie qui a perdu tous les débuts et toutes les fins, et je finis par oublier moi-même comment je m’appelle. Tu rigoles… non, tu ne rigoles pas, tu t’es remis en colère. Tu es toujours en colère, toi, il te faudrait seulement de l’intelligence, et, là encore, je te répéterai que je donnerais toute cette vie de l’éther, tous les rangs et les honneurs juste pour m’incarner dans une marchande de cent vingt kilos et mettre des cierges au bon Dieu.  

    Lecture du chap IX, Livre XI, Quatrième partie, des Frères Karamazov de Dostoïevski, dans la traduction d’A. Markowicz.  

    #LivreAudio #LivreAudioPourNeJamaisDormir #LAPNJD 

    Le chapitre lu (dans la traduction Mongault) : https://fr.wikisource.org/wiki/Les_Fr...  

    Peinture : M-E. Nabe — qui, dit-on, n'aime pas beaucoup la traduction Markowicz, tant pis pour lui !

    1 hr 1 min
  • « Enjoy the ride » IV • « Il faut égorger la langue française » (feat LAWAND/ H. Rani & D. Czocher)

    Ce quatrième volet de la série « Enjoy the ride » poursuit le projet d’une « prose à streamer », voire d’un chamanisme du péril. Le petit prince de Marseille, Zamdane, avait synthétisé cette idée simple qu’on voudrait bien lui voler : « T'écoutes comme si c'était un podcast ». T’écoutes, donc, et même tu réécoutes : to stream, ça ruisselle. Et parfois, à la faveur de la grâce et des bifurcations, au détour d’une phrase, d’un son, d’une couleur, d’un bloc de sensations, d’une expérience fabulée ou d’un souvenir de quelque chose que tu n’as jamais vécu, ton âme s’arrache de sa torpeur, secouée, et puis tu vois, réellement - même pas tu « poétises », tu vois (c’est important). #DeveloppementImpersonnel #ProseAstreamer

    Ce quatrième volet est lui-même la suite d’une secousse ressentie, due à la parole du Peintre qui a dit : « il faut égorger la langue française ». Deux lignes se sont alors étendues, séparées, dont on a cherché à retrouver les traces distinctes pour mieux les rendre sensibles, ainsi archivées : une ligne obèse (la version prose à streamer de la secousse, étouffante, ici même) et une ligne dégrossie ou efflanquée (la version poème de la secousse, « respirable » comme a dit N., à respirer ici : https://oncleo.tumblr.com/post/670196... ). Enjoy the ride !

    Playlist de la série à streamer : https://youtube.com/playlist?list=PLd...

    Peinture : LAWAND, Ceux qui attendent les oiseaux, Technique mixte sur toile 44 x 51,5 cm, 2021.

    Musique : Hania Rani & Dobrawa Czocher Live @ Look Closer Sessions

    11 min
  • « Enjoy the ride » III (Terrorisme des sentiments moraux) • (feat Hania Rani)

    Ce nouveau tapuscrit retrouvé est le troisième volet de la série « Enjoy the ride » (« Profite de la balade », « Apprécie la descente », « Kiffe la glisse », etc.) qui fait l’expérience du « Terrorisme des sentiments moraux ». Pareil aux deux premiers, ce troisième volet n’a pas été écrit. Il cherche à appliquer la méthode cinématique du montage à partir de la méthode plastique du collage (ici d’impressions multiples et concomitantes). Sa mise en voix poursuit un objectif tactique honteux au milieu de la guérilla culturelle planétaire qui se déroule au sein de l’Internet-Empire-State : fabriquer de la prose à streamer, explorer les formes contemporaines d’un chamanisme du péril et d’une poésie mainstream - au sens strict. Tout cela n’est pas exactement ironique. Tout cela ne veut, à la lettre, rien dire. Et pourtant « ça ne veut pas rien dire » - peut-être.  

    Texte : https://oncleo.tumblr.com/post/667036038743687168

    Peinture : LAWAND, « La petite nocturne » ou « L’homme à la cigarette ». 

    Acrylique sur panneau, 26,5x17,5cm, 1995. Musique : Hania Rani, Zero Hour.

    9 min
  • F. S. Fitzgerald • « La fêlure » • livre audio

    « Toute vie est bien entendu un processus de démolition ». Peu de phrases, écrit Deleuze, résonnent autant dans notre tête avec ce bruit de marteau. Peu de textes ont ce caractère irrémédiable de chef-d'œuvre, et d'imposer silence, de forcer un acquiescement terrifié, autant que la courte nouvelle de Fitzgerald. Toute l’œuvre de Fitzgerald est l’unique développement de cette proposition, et surtout de son « bien entendu ».  

    Lecture de la nouvelle de F. S. Fitzgerald, publiée en 1936 en trois temps sous le titre «The Crack Up». En dehors du premier paragraphe, lu dans la traduction Aubry, le reste est lu dans la traduction de Marc Chénetier.   

    Musique : Julien Lourau, album The rise, « Tu Mi Turbi intro » et « Tu mi Turbi » https://youtu.be/idHOScinCQ8 

    00:11 : La fêlure 

    15:33 : Recoller les morceaux 

    29:05 : Manier avec précaution  

    42:19 : Musique de Julien Lourau « Tu mi Turbi » https://youtu.be/idHOScinCQ8

    47 min
  • Nietzsche • Ainsi parlait Zarathoustra (« En passant ») feat Deleuze

    Ce que j’aime chez Nietzsche, c’est l’art du déséquilibre. Et des fausses pistes. Et du retournement. « Je suis caché et je ne le suis pas » comme dit Arthur. On comprendrait ça, on comprendrait tout de Nietzsche aussi. Et on respirerait loin, très loin, le plus loin possible de tout le petit cortège de fous bouffons, tristes, déjà mort-nés, qui en ont fait leur idole, drôle d’idole tout de même, et le suçotent en vierge folle. « Où l’on ne peut plus aimer, dit Zarathoustra, il faut passer ».  

    Lecture du chapitre « En passant » d’Ainsi parlait Zarathoustra (Troisième partie), dans la traduction de G-A. Goldschmidt. Il faut aller jusqu’au bout de la lecture, qui rencontre un feat improbable avec Deleuze lisant lui-même un paragraphe d’Humain trop humain (« Le voyageur ») sur la musique de Heldon. 

    Musique finale : « Le voyageur », Heldon.

    10 min
  • Dostoïevski • REMIX (feat Maud Geffray)

    Pour une fois, j’ai cédé à la demande. Et je dois dire que je me suis amusé. Pardon, Dosto.

    Musique : Maud Geffray - quel nom, n’est-ce pas ?

    Textes : extraits de la fin des Carnets du sous-sol de Dostoïevski.

    Illustration : © Séverine Scaglia

    8 min
  • Philip K. Dick • « Le dénuement de l’écrivain et la réalité » (Préface) • livre audio

    Je connais très mal Philip K. Dick. Mais, une fois que j’entendais à la radio un extrait de cette préface qu’il écrit en 1978, j’en ai été assez bouleversé. Paradoxalement, c’est sa sobriété (son absence de pathos) et sa cruauté géniale (ou bien sa lucidité tragique) qui me touchaient. Lecture, donc, d’une préface traduite en français par Alain Dorémieux, publiée dans le recueil « Les dédales démesurés ». Le texte original est disponible ici : https://www.nemaloknig.net/read-92067/?page=14#booktxt   

    Musiques : essentiellement, la B.O. de Blade Runner de Vangelis + les morceaux qui traversent l’esprit de K. Dick et qu’il mentionne lui-même. 

    Illustration : cover du livre d'Anthony Peake

    43 min

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