« Muselés en vain par vos lois sociales, dorment parmi vous des énergies à faire sauter le monde. À leurs regards allumeurs d’incendie, je reconnais dans les chantiers déserts : Attila, Gengis-Khan, Tamerlan. L’ivresse de l’alcool est pour les ouvriers la plus noble protestation contre la vie sordide qui leur est faite. Dans l’attente de la mort, enfin, de la pensée d’Occident, dans l’attente du cataclysme futur, auréolé de révolutions, moi, Morphée, je taille les hordes à venir par ma rude hygiène. En attendant l’heure, c’est sur eux-mêmes que je les contrains d’exercer leur force de détruire. Et les mutilations volontaires, les empoisonnements terribles des alcools qui roulent l’être pantelant aux rivages de la mort, les coups de tête dans les murs, toutes les souffrances à soi-même infligées sont les seuls critériums qui m’assurent des hommes assez physiquement désespérés, assez mort à leur propre individu pour montrer sur leur visage le sarcasme impassible du désintérêt devant la vie, gage unique de tous les actes surhumains. »