La Série fiction

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  • Pages arrachées à Nicolas Bouvier 4/5
    durée : 00:24:57 - " En 1953, ses vingt ans à peine révolus, Nicolas Bouvier prit la route. Il avait un compagnon, le peintre Thierry Vernet, qu'il devait rejoindre à Belgrade, et un improbable véhicule, une minuscule Fiat Topolino dont il apprendra à démonter et remonter les six mille pièces. Tous deux allaient s'enfoncer vers l'Est, toujours plus avant, traversant la Yougoslavie, la Macédoine, l'Iran, l'Afghanistan. Thierry Vernet le quitta à ce moment. (.) Bouvier continuera seul le voyage : l'Inde, Ceylan, où il sombra dans la maladie et les hallucinations et le Japon qu'il aima au point de s'y implanter durablement et d'y retourner deux fois. (.) Etre nomade : une occupation rare à l'époque, réservée à quelques malheureux, et pas trop bien considérée à l'époque (1953). Quand il partit, Nicolas Bouvier quittait l'université, Genève et la Suisse, un territoire exigu et le carcan familial. Il quittait un milieu de bourgeois aisés, un père érudit, silencieux, dépressif, avec lequel, l'âge adulte venu, il s'entendit bien, une mère très cultivée, un peu raide, directive, qui elle ne le comprenait pas, une gouvernante prussienne terrifiante et sadique qui régentait la maison de ses grands-parents maternels, les belles demeures de l'été posées sur de longues pelouses, le cercle des connaissances célèbres, écrivains et musiciens, amis de son grand-père, qui était compositeur d'opéras, ou familiers de la bibliothèque où officiait son père. Il quittait une vie close, un peu surannée, marquée par la pruderie et la méfiance du corps, par l'influence judéo-chrétienne que l'expérience de l'Asie contribuera à effacer. Il partait loin des " alibis et des malédictions natales ", d'un moralisme paralysant et d'une prudence dangereuse. Une fuite positive vers des choses dont il avait besoin. Et parce qu'il était prêt, ces choses se présentèrent à lui. Il avait le crâne bourré de ses lectures d'enfant, en tête desquelles venaient Stevenson, Jack London, James Oliver Curwood, Alexandre Dumas ou Jules verne, auteurs qui avaient inscrit en lui " l'impatience du monde ". Pas d'autres armes. Il s'en allait sans esprit de retour. La route. L'espace comme une drogue, l'immensité qui le saoulait de bonheur. Sans ce déplacement géographique, sans cet élan donné par le plaisir, sans cette liberté d'aller et venir, à laquelle correspondait une liberté intérieure, il n'aurait, dit-il, pas écrit. " Christine Jordis Extraits d'une préface à l'ouvre de Nicolas Bouvier (Quarto, Gallimard)
    25 min
  • Pages arrachées à Nicolas Bouvier 3/5
    durée : 00:25:08 - " En 1953, ses vingt ans à peine révolus, Nicolas Bouvier prit la route. Il avait un compagnon, le peintre Thierry Vernet, qu'il devait rejoindre à Belgrade, et un improbable véhicule, une minuscule Fiat Topolino dont il apprendra à démonter et remonter les six mille pièces. Tous deux allaient s'enfoncer vers l'Est, toujours plus avant, traversant la Yougoslavie, la Macédoine, l'Iran, l'Afghanistan. Thierry Vernet le quitta à ce moment. (.) Bouvier continuera seul le voyage : l'Inde, Ceylan, où il sombra dans la maladie et les hallucinations et le Japon qu'il aima au point de s'y implanter durablement et d'y retourner deux fois. (.) Etre nomade : une occupation rare à l'époque, réservée à quelques malheureux, et pas trop bien considérée à l'époque (1953). Quand il partit, Nicolas Bouvier quittait l'université, Genève et la Suisse, un territoire exigu et le carcan familial. Il quittait un milieu de bourgeois aisés, un père érudit, silencieux, dépressif, avec lequel, l'âge adulte venu, il s'entendit bien, une mère très cultivée, un peu raide, directive, qui elle ne le comprenait pas, une gouvernante prussienne terrifiante et sadique qui régentait la maison de ses grands-parents maternels, les belles demeures de l'été posées sur de longues pelouses, le cercle des connaissances célèbres, écrivains et musiciens, amis de son grand-père, qui était compositeur d'opéras, ou familiers de la bibliothèque où officiait son père. Il quittait une vie close, un peu surannée, marquée par la pruderie et la méfiance du corps, par l'influence judéo-chrétienne que l'expérience de l'Asie contribuera à effacer. Il partait loin des " alibis et des malédictions natales ", d'un moralisme paralysant et d'une prudence dangereuse. Une fuite positive vers des choses dont il avait besoin. Et parce qu'il était prêt, ces choses se présentèrent à lui. Il avait le crâne bourré de ses lectures d'enfant, en tête desquelles venaient Stevenson, Jack London, James Oliver Curwood, Alexandre Dumas ou Jules verne, auteurs qui avaient inscrit en lui " l'impatience du monde ". Pas d'autres armes. Il s'en allait sans esprit de retour. La route. L'espace comme une drogue, l'immensité qui le saoulait de bonheur. Sans ce déplacement géographique, sans cet élan donné par le plaisir, sans cette liberté d'aller et venir, à laquelle correspondait une liberté intérieure, il n'aurait, dit-il, pas écrit. " Christine Jordis Extraits d'une préface à l'ouvre de Nicolas Bouvier (Quarto, Gallimard)
    26 min
  • Pages arrachées à Nicolas Bouvier 2/5
    durée : 00:25:06 - " En 1953, ses vingt ans à peine révolus, Nicolas Bouvier prit la route. Il avait un compagnon, le peintre Thierry Vernet, qu'il devait rejoindre à Belgrade, et un improbable véhicule, une minuscule Fiat Topolino dont il apprendra à démonter et remonter les six mille pièces. Tous deux allaient s'enfoncer vers l'Est, toujours plus avant, traversant la Yougoslavie, la Macédoine, l'Iran, l'Afghanistan. Thierry Vernet le quitta à ce moment. (.) Bouvier continuera seul le voyage : l'Inde, Ceylan, où il sombra dans la maladie et les hallucinations et le Japon qu'il aima au point de s'y implanter durablement et d'y retourner deux fois. (.) Etre nomade : une occupation rare à l'époque, réservée à quelques malheureux, et pas trop bien considérée à l'époque (1953). Quand il partit, Nicolas Bouvier quittait l'université, Genève et la Suisse, un territoire exigu et le carcan familial. Il quittait un milieu de bourgeois aisés, un père érudit, silencieux, dépressif, avec lequel, l'âge adulte venu, il s'entendit bien, une mère très cultivée, un peu raide, directive, qui elle ne le comprenait pas, une gouvernante prussienne terrifiante et sadique qui régentait la maison de ses grands-parents maternels, les belles demeures de l'été posées sur de longues pelouses, le cercle des connaissances célèbres, écrivains et musiciens, amis de son grand-père, qui était compositeur d'opéras, ou familiers de la bibliothèque où officiait son père. Il quittait une vie close, un peu surannée, marquée par la pruderie et la méfiance du corps, par l'influence judéo-chrétienne que l'expérience de l'Asie contribuera à effacer. Il partait loin des " alibis et des malédictions natales ", d'un moralisme paralysant et d'une prudence dangereuse. Une fuite positive vers des choses dont il avait besoin. Et parce qu'il était prêt, ces choses se présentèrent à lui. Il avait le crâne bourré de ses lectures d'enfant, en tête desquelles venaient Stevenson, Jack London, James Oliver Curwood, Alexandre Dumas ou Jules verne, auteurs qui avaient inscrit en lui " l'impatience du monde ". Pas d'autres armes. Il s'en allait sans esprit de retour. La route. L'espace comme une drogue, l'immensité qui le saoulait de bonheur. Sans ce déplacement géographique, sans cet élan donné par le plaisir, sans cette liberté d'aller et venir, à laquelle correspondait une liberté intérieure, il n'aurait, dit-il, pas écrit. " Christine Jordis Extraits d'une préface à l'ouvre de Nicolas Bouvier (Quarto, Gallimard)
    26 min
  • Pages arrachées à Nicolas Bouvier 1/5
    durée : 00:25:03 - " En 1953, ses vingt ans à peine révolus, Nicolas Bouvier prit la route. Il avait un compagnon, le peintre Thierry Vernet, qu'il devait rejoindre à Belgrade, et un improbable véhicule, une minuscule Fiat Topolino dont il apprendra à démonter et remonter les six mille pièces. Tous deux allaient s'enfoncer vers l'Est, toujours plus avant, traversant la Yougoslavie, la Macédoine, l'Iran, l'Afghanistan. Thierry Vernet le quitta à ce moment. (.) Bouvier continuera seul le voyage : l'Inde, Ceylan, où il sombra dans la maladie et les hallucinations et le Japon qu'il aima au point de s'y implanter durablement et d'y retourner deux fois. (.) Etre nomade : une occupation rare à l'époque, réservée à quelques malheureux, et pas trop bien considérée à l'époque (1953). Quand il partit, Nicolas Bouvier quittait l'université, Genève et la Suisse, un territoire exigu et le carcan familial. Il quittait un milieu de bourgeois aisés, un père érudit, silencieux, dépressif, avec lequel, l'âge adulte venu, il s'entendit bien, une mère très cultivée, un peu raide, directive, qui elle ne le comprenait pas, une gouvernante prussienne terrifiante et sadique qui régentait la maison de ses grands-parents maternels, les belles demeures de l'été posées sur de longues pelouses, le cercle des connaissances célèbres, écrivains et musiciens, amis de son grand-père, qui était compositeur d'opéras, ou familiers de la bibliothèque où officiait son père. Il quittait une vie close, un peu surannée, marquée par la pruderie et la méfiance du corps, par l'influence judéo-chrétienne que l'expérience de l'Asie contribuera à effacer. Il partait loin des " alibis et des malédictions natales ", d'un moralisme paralysant et d'une prudence dangereuse. Une fuite positive vers des choses dont il avait besoin. Et parce qu'il était prêt, ces choses se présentèrent à lui. Il avait le crâne bourré de ses lectures d'enfant, en tête desquelles venaient Stevenson, Jack London, James Oliver Curwood, Alexandre Dumas ou Jules verne, auteurs qui avaient inscrit en lui " l'impatience du monde ". Pas d'autres armes. Il s'en allait sans esprit de retour. La route. L'espace comme une drogue, l'immensité qui le saoulait de bonheur. Sans ce déplacement géographique, sans cet élan donné par le plaisir, sans cette liberté d'aller et venir, à laquelle correspondait une liberté intérieure, il n'aurait, dit-il, pas écrit. " Christine Jordis Extraits d'une préface à l'ouvre de Nicolas Bouvier (Quarto, Gallimard)
    26 min
  • Mon enfant de Berlin de Anne Wiazemsky 5/5
    durée : 00:25:02 - En septembre 1944, Claire, ambulancière à la Croix-Rouge, se trouve à Béziers avec sa section, alors que dans quelques mois elle suivra les armées alliées dans un Berlin en ruine. Elle a vingt-sept ans, c'est une très jolie jeune femme avec de grands yeux sombres et de hautes pommettes slaves. Si on lui en fait compliment, elle feint de l'ignorer. Elle souhaite n'exister que par son travail depuis son entrée à la Croix-Rouge, un an et demi auparavant. Son courage moral et physique, son ardeur font l'admiration de ses chefs. Ses compagnes ont oublié qu'elle est la fille d'un écrivain célèbre, François Mauriac, et la considèrent comme l'une d'entre elles. Au volant de son ambulance, quand elle transporte des blessés vers des hôpitaux surchargés, elle se sent vivre pour la première fois. Mais à travers la guerre, sans même le savoir, c'est l'amour que Claire cherche. Elle va le trouver à Berlin. Note de l'éditeur
    26 min
  • Mon enfant de Berlin de Anne Wiazemsky 3/5
    durée : 00:24:51 - En septembre 1944, Claire, ambulancière à la Croix-Rouge, se trouve à Béziers avec sa section, alors que dans quelques mois elle suivra les armées alliées dans un Berlin en ruine. Elle a vingt-sept ans, c'est une très jolie jeune femme avec de grands yeux sombres et de hautes pommettes slaves. Si on lui en fait compliment, elle feint de l'ignorer. Elle souhaite n'exister que par son travail depuis son entrée à la Croix-Rouge, un an et demi auparavant. Son courage moral et physique, son ardeur font l'admiration de ses chefs. Ses compagnes ont oublié qu'elle est la fille d'un écrivain célèbre, François Mauriac, et la considèrent comme l'une d'entre elles. Au volant de son ambulance, quand elle transporte des blessés vers des hôpitaux surchargés, elle se sent vivre pour la première fois. Mais à travers la guerre, sans même le savoir, c'est l'amour que Claire cherche. Elle va le trouver à Berlin. Note de l'éditeur
    25 min
  • La Traversée de l'Hudson de Peter Stephan Jungk 5/5
    durée : 00:25:32 - " Le pont le plus long au-dessus de l'Hudson, un embouteillage monstre, deux personnages dans une voiture, la mère et le fils. La scène semble dressée pour un psychodrame. Surtout quand la mère est juive et le fils douloureusement attaché à son père mort. Un père mondialement connu pour ses ouvrages scientifiques, un père bouillant d'une énergie et d'une joie de vivre qui font tellement défaut au fils, un père aimant aussi. Car dans cette turbulente famille, toujours entre New York, Vienne et Berlin, l'amour est partout, l'intimité excessive. Et quand le fils découvre en se penchant sur la rambarde du pont le corps géant et nu de son père posé sur l'eau, c'est comme si une obscénité recluse dans le passé resurgissait. " Note de l'éditeur
    26 min
  • La Traversée de l'Hudson de Peter Stephan Jungk 4/5
    durée : 00:26:17 - " Le pont le plus long au-dessus de l'Hudson, un embouteillage monstre, deux personnages dans une voiture, la mère et le fils. La scène semble dressée pour un psychodrame. Surtout quand la mère est juive et le fils douloureusement attaché à son père mort. Un père mondialement connu pour ses ouvrages scientifiques, un père bouillant d'une énergie et d'une joie de vivre qui font tellement défaut au fils, un père aimant aussi. Car dans cette turbulente famille, toujours entre New York, Vienne et Berlin, l'amour est partout, l'intimité excessive. Et quand le fils découvre en se penchant sur la rambarde du pont le corps géant et nu de son père posé sur l'eau, c'est comme si une obscénité recluse dans le passé resurgissait. " Note de l'éditeur
    27 min
  • La Traversée de l'Hudson de Peter Stephan Jungk 2/5
    durée : 00:25:18 - " Le pont le plus long au-dessus de l'Hudson, un embouteillage monstre, deux personnages dans une voiture, la mère et le fils. La scène semble dressée pour un psychodrame. Surtout quand la mère est juive et le fils douloureusement attaché à son père mort. Un père mondialement connu pour ses ouvrages scientifiques, un père bouillant d'une énergie et d'une joie de vivre qui font tellement défaut au fils, un père aimant aussi. Car dans cette turbulente famille, toujours entre New York, Vienne et Berlin, l'amour est partout, l'intimité excessive. Et quand le fils découvre en se penchant sur la rambarde du pont le corps géant et nu de son père posé sur l'eau, c'est comme si une obscénité recluse dans le passé resurgissait. " Note de l'éditeur
    26 min
  • La Traversée de l'Hudson de Peter Stephan Jungk 1/5
    durée : 00:26:19 - " Le pont le plus long au-dessus de l'Hudson, un embouteillage monstre, deux personnages dans une voiture, la mère et le fils. La scène semble dressée pour un psychodrame. Surtout quand la mère est juive et le fils douloureusement attaché à son père mort. Un père mondialement connu pour ses ouvrages scientifiques, un père bouillant d'une énergie et d'une joie de vivre qui font tellement défaut au fils, un père aimant aussi. Car dans cette turbulente famille, toujours entre New York, Vienne et Berlin, l'amour est partout, l'intimité excessive. Et quand le fils découvre en se penchant sur la rambarde du pont le corps géant et nu de son père posé sur l'eau, c'est comme si une obscénité recluse dans le passé resurgissait. " Note de l'éditeur
    27 min

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