La Série fiction

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La Série fiction episodes

  • Il était un piano noir...de Barbara 2/10
    durée : 00:23:54 - " Plus jamais je ne rentrerai en scène. Je ne chanterai jamais plus. Plus jamais ces heures passées dans la loge à souligner l'oil et à dessiner les lèvres avec toute cette scintillance de poudre et de lumière. Plus jamais revêtir le strass, le pailleté du velours noir. Plus jamais cette attente dans les coulisses, le cour à se rompre. Plus jamais descendre vers vous, venir à vous pour enfin nous retrouver. Écrire, aujourd'hui, est un moyen de continuer le dialogue. " L'immense auteur compositrice interprète Barbara, figure de la chanson française, meurt brutalement en 1997 à l'âge de 67 ans, laissant inachevée la rédaction de ses mémoires. Après avoir longtemps hésité, sa famille décide de les publier en novembre 1998, un an après sa mort. Les dix épisodes de ce feuilleton radiophonique reviennent sur ce que Barbara avait choisi d'écrire, elle qui se livrait si peu. L'enfance, le public, la solitude ou l'amour, elle raconte, accompagnée par celui qui a toujours été là, dans sa tête ou sur scène, son piano noir. Et bien sûr sur ses chansons, que l'on pourra entendre en saisissant de façon intime comment elles s'enracinent dans sa vie. Feuilleton biographique, feuilleton musical, Il était un piano noir propose de rencontrer Barbara par elle-même ; pas un mot dans ces dix épisodes qui ne soit d'elle.
    24 min
  • Il était un piano noir...de Barbara 1/10
    durée : 00:24:40 - " Plus jamais je ne rentrerai en scène. Je ne chanterai jamais plus. Plus jamais ces heures passées dans la loge à souligner l'¿il et à dessiner les lèvres avec toute cette scintillance de poudre et de lumière. Plus jamais revêtir le strass, le pailleté du velours noir. Plus jamais cette attente dans les coulisses, le c¿ur à se rompre. Plus jamais descendre vers vous, venir à vous pour enfin nous retrouver. Écrire, aujourd'hui, est un moyen de continuer le dialogue. " L'immense auteur compositrice interprète Barbara, figure de la chanson française, meurt brutalement en 1997 à l'âge de 67 ans, laissant inachevée la rédaction de ses mémoires. Après avoir longtemps hésité, sa famille décide de les publier en novembre 1998, un an après sa mort. Les dix épisodes de ce feuilleton radiophonique reviennent sur ce que Barbara avait choisi d'écrire, elle qui se livrait si peu. L'enfance, le public, la solitude ou l'amour, elle raconte, accompagnée par celui qui a toujours été là, dans sa tête ou sur scène, son piano noir. Et bien sûr sur ses chansons, que l'on pourra entendre en saisissant de façon intime comment elles s'enracinent dans sa vie. Feuilleton biographique, feuilleton musical, Il était un piano noir propose de rencontrer Barbara par elle-même ; pas un mot dans ces dix épisodes qui ne soit d'elle.
    25 min
  • Pages arrachées aux discours de réception des prix Nobel de littérature 6/10
    durée : 00:25:06 - De 1901 à 2013, le prix Nobel de littérature a récompensé 110 écrivains et honoré 25 langues dans lesquelles ils ont bâti leur ouvre. Tous les ans, dans les premiers jours de décembre, les lauréats se sont succédé sous les ors de l'Académie de Stockholm. Les discours qu'ils prononcent alors ne sont en rien complaisants ou académiques ; ce sont des textes inspirés, puissants et souvent surprenants, sur la création littéraire, sur l'enjeu vital et affectif qu'elle représente. Certains écrivains affirment l'engagement politique lié à l'acte d'écrire et de publier, d'autres convoquent de lointains et intimes souvenirs, rendent hommage aux personnages - le plus souvent obscurs et parfois illettrés-, au pays, à la langue, auxquels ils doivent leur honneur présent. D'autres encore saluent les écrivains dont la lecture a initié et accompagne leur travail. Ces discours ont enfin été réunis dans une anthologie publiée par les éditions Flammarion en partenariat avec France Culture et nous avons demandé à Eglal Errera - qui a dirigé et présenté cette anthologie - de choisir onze écrivains dont les discours lui semblaient indispensables, pour les donner à entendre aux auditeurs de France Culture. Du norvégien Bjørnstjerne Bjørnson (1903) au péruvien-espagnol Mario Vargas LLosa (2010), en passant par le français Albert Camus (1957), le russe Soljenitsyne (1970) ou le hongrois Imre Kertész (2002), autant de réflexions uniques sur l'écriture livrées ici à la méditation de chacun. Rappelons à cette occasion, que le prix Nobel de littérature 2013 attribué à la canadienne Alice Munro lui sera remis ce 10 décembre à Stockholm.
    26 min
  • Pages arrachées aux discours de réception des prix Nobel de littérature 8/10
    durée : 00:25:06 - De 1901 à 2013, le prix Nobel de littérature a récompensé 110 écrivains et honoré 25 langues dans lesquelles ils ont bâti leur ouvre. Tous les ans, dans les premiers jours de décembre, les lauréats se sont succédé sous les ors de l'Académie de Stockholm. Les discours qu'ils prononcent alors ne sont en rien complaisants ou académiques ; ce sont des textes inspirés, puissants et souvent surprenants, sur la création littéraire, sur l'enjeu vital et affectif qu'elle représente. Certains écrivains affirment l'engagement politique lié à l'acte d'écrire et de publier, d'autres convoquent de lointains et intimes souvenirs, rendent hommage aux personnages - le plus souvent obscurs et parfois illettrés-, au pays, à la langue, auxquels ils doivent leur honneur présent. D'autres encore saluent les écrivains dont la lecture a initié et accompagne leur travail. Ces discours ont enfin été réunis dans une anthologie publiée par les éditions Flammarion en partenariat avec France Culture et nous avons demandé à Eglal Errera - qui a dirigé et présenté cette anthologie - de choisir onze écrivains dont les discours lui semblaient indispensables, pour les donner à entendre aux auditeurs de France Culture. Du norvégien Bjørnstjerne Bjørnson (1903) au péruvien-espagnol Mario Vargas LLosa (2010), en passant par le français Albert Camus (1957), le russe Soljenitsyne (1970) ou le hongrois Imre Kertész (2002), autant de réflexions uniques sur l'écriture livrées ici à la méditation de chacun. Rappelons à cette occasion, que le prix Nobel de littérature 2013 attribué à la canadienne Alice Munro lui sera remis ce 10 décembre à Stockholm.
    26 min
  • Pages arrachées aux discours de réception des prix Nobel de littérature 7/10
    durée : 00:25:06 - De 1901 à 2013, le prix Nobel de littérature a récompensé 110 écrivains et honoré 25 langues dans lesquelles ils ont bâti leur ouvre. Tous les ans, dans les premiers jours de décembre, les lauréats se sont succédé sous les ors de l'Académie de Stockholm. Les discours qu'ils prononcent alors ne sont en rien complaisants ou académiques ; ce sont des textes inspirés, puissants et souvent surprenants, sur la création littéraire, sur l'enjeu vital et affectif qu'elle représente. Certains écrivains affirment l'engagement politique lié à l'acte d'écrire et de publier, d'autres convoquent de lointains et intimes souvenirs, rendent hommage aux personnages - le plus souvent obscurs et parfois illettrés-, au pays, à la langue, auxquels ils doivent leur honneur présent. D'autres encore saluent les écrivains dont la lecture a initié et accompagne leur travail. Ces discours ont enfin été réunis dans une anthologie publiée par les éditions Flammarion en partenariat avec France Culture et nous avons demandé à Eglal Errera - qui a dirigé et présenté cette anthologie - de choisir onze écrivains dont les discours lui semblaient indispensables, pour les donner à entendre aux auditeurs de France Culture. Du norvégien Bjørnstjerne Bjørnson (1903) au péruvien-espagnol Mario Vargas LLosa (2010), en passant par le français Albert Camus (1957), le russe Soljenitsyne (1970) ou le hongrois Imre Kertész (2002), autant de réflexions uniques sur l'écriture livrées ici à la méditation de chacun. Rappelons à cette occasion, que le prix Nobel de littérature 2013 attribué à la canadienne Alice Munro lui sera remis ce 10 décembre à Stockholm.
    26 min
  • Pages arrachées aux discours de réception des prix Nobel de littérature 5/10
    durée : 00:25:06 - De 1901 à 2013, le prix Nobel de littérature a récompensé 110 écrivains et honoré 25 langues dans lesquelles ils ont bâti leur ouvre. Tous les ans, dans les premiers jours de décembre, les lauréats se sont succédé sous les ors de l'Académie de Stockholm. Les discours qu'ils prononcent alors ne sont en rien complaisants ou académiques ; ce sont des textes inspirés, puissants et souvent surprenants, sur la création littéraire, sur l'enjeu vital et affectif qu'elle représente. Certains écrivains affirment l'engagement politique lié à l'acte d'écrire et de publier, d'autres convoquent de lointains et intimes souvenirs, rendent hommage aux personnages - le plus souvent obscurs et parfois illettrés-, au pays, à la langue, auxquels ils doivent leur honneur présent. D'autres encore saluent les écrivains dont la lecture a initié et accompagne leur travail. Ces discours ont enfin été réunis dans une anthologie publiée par les éditions Flammarion en partenariat avec France Culture et nous avons demandé à Eglal Errera - qui a dirigé et présenté cette anthologie - de choisir onze écrivains dont les discours lui semblaient indispensables, pour les donner à entendre aux auditeurs de France Culture. Du norvégien Bjørnstjerne Bjørnson (1903) au péruvien-espagnol Mario Vargas LLosa (2010), en passant par le français Albert Camus (1957), le russe Soljenitsyne (1970) ou le hongrois Imre Kertész (2002), autant de réflexions uniques sur l'écriture livrées ici à la méditation de chacun. Rappelons à cette occasion, que le prix Nobel de littérature 2013 attribué à la canadienne Alice Munro lui sera remis ce 10 décembre à Stockholm.
    26 min
  • Pages arrachées aux discours de réception des prix Nobel de littérature 3/10
    durée : 00:25:03 - De 1901 à 2013, le prix Nobel de littérature a récompensé 110 écrivains et honoré 25 langues dans lesquelles ils ont bâti leur ouvre. Tous les ans, dans les premiers jours de décembre, les lauréats se sont succédé sous les ors de l'Académie de Stockholm. Les discours qu'ils prononcent alors ne sont en rien complaisants ou académiques ; ce sont des textes inspirés, puissants et souvent surprenants, sur la création littéraire, sur l'enjeu vital et affectif qu'elle représente. Certains écrivains affirment l'engagement politique lié à l'acte d'écrire et de publier, d'autres convoquent de lointains et intimes souvenirs, rendent hommage aux personnages - le plus souvent obscurs et parfois illettrés-, au pays, à la langue, auxquels ils doivent leur honneur présent. D'autres encore saluent les écrivains dont la lecture a initié et accompagne leur travail. Ces discours ont enfin été réunis dans une anthologie publiée par les éditions Flammarion en partenariat avec France Culture et nous avons demandé à Eglal Errera - qui a dirigé et présenté cette anthologie - de choisir onze écrivains dont les discours lui semblaient indispensables, pour les donner à entendre aux auditeurs de France Culture. Du norvégien Bjørnstjerne Bjørnson (1903) au péruvien-espagnol Mario Vargas LLosa (2010), en passant par le français Albert Camus (1957), le russe Soljenitsyne (1970) ou le hongrois Imre Kertész (2002), autant de réflexions uniques sur l'écriture livrées ici à la méditation de chacun. Rappelons à cette occasion, que le prix Nobel de littérature 2013 attribué à la canadienne Alice Munro lui sera remis ce 10 décembre à Stockholm.
    26 min
  • Pages arrachées à Nicolas Bouvier 5/5
    durée : 00:24:58 - " En 1953, ses vingt ans à peine révolus, Nicolas Bouvier prit la route. Il avait un compagnon, le peintre Thierry Vernet, qu'il devait rejoindre à Belgrade, et un improbable véhicule, une minuscule Fiat Topolino dont il apprendra à démonter et remonter les six mille pièces. Tous deux allaient s'enfoncer vers l'Est, toujours plus avant, traversant la Yougoslavie, la Macédoine, l'Iran, l'Afghanistan. Thierry Vernet le quitta à ce moment. (.) Bouvier continuera seul le voyage : l'Inde, Ceylan, où il sombra dans la maladie et les hallucinations et le Japon qu'il aima au point de s'y implanter durablement et d'y retourner deux fois. (.) Etre nomade : une occupation rare à l'époque, réservée à quelques malheureux, et pas trop bien considérée à l'époque (1953). Quand il partit, Nicolas Bouvier quittait l'université, Genève et la Suisse, un territoire exigu et le carcan familial. Il quittait un milieu de bourgeois aisés, un père érudit, silencieux, dépressif, avec lequel, l'âge adulte venu, il s'entendit bien, une mère très cultivée, un peu raide, directive, qui elle ne le comprenait pas, une gouvernante prussienne terrifiante et sadique qui régentait la maison de ses grands-parents maternels, les belles demeures de l'été posées sur de longues pelouses, le cercle des connaissances célèbres, écrivains et musiciens, amis de son grand-père, qui était compositeur d'opéras, ou familiers de la bibliothèque où officiait son père. Il quittait une vie close, un peu surannée, marquée par la pruderie et la méfiance du corps, par l'influence judéo-chrétienne que l'expérience de l'Asie contribuera à effacer. Il partait loin des " alibis et des malédictions natales ", d'un moralisme paralysant et d'une prudence dangereuse. Une fuite positive vers des choses dont il avait besoin. Et parce qu'il était prêt, ces choses se présentèrent à lui. Il avait le crâne bourré de ses lectures d'enfant, en tête desquelles venaient Stevenson, Jack London, James Oliver Curwood, Alexandre Dumas ou Jules verne, auteurs qui avaient inscrit en lui " l'impatience du monde ". Pas d'autres armes. Il s'en allait sans esprit de retour. La route. L'espace comme une drogue, l'immensité qui le saoulait de bonheur. Sans ce déplacement géographique, sans cet élan donné par le plaisir, sans cette liberté d'aller et venir, à laquelle correspondait une liberté intérieure, il n'aurait, dit-il, pas écrit. " Christine Jordis Extraits d'une préface à l'ouvre de Nicolas Bouvier (Quarto, Gallimard)
    25 min
  • Pages arrachées à Nicolas Bouvier 4/5
    durée : 00:24:57 - " En 1953, ses vingt ans à peine révolus, Nicolas Bouvier prit la route. Il avait un compagnon, le peintre Thierry Vernet, qu'il devait rejoindre à Belgrade, et un improbable véhicule, une minuscule Fiat Topolino dont il apprendra à démonter et remonter les six mille pièces. Tous deux allaient s'enfoncer vers l'Est, toujours plus avant, traversant la Yougoslavie, la Macédoine, l'Iran, l'Afghanistan. Thierry Vernet le quitta à ce moment. (.) Bouvier continuera seul le voyage : l'Inde, Ceylan, où il sombra dans la maladie et les hallucinations et le Japon qu'il aima au point de s'y implanter durablement et d'y retourner deux fois. (.) Etre nomade : une occupation rare à l'époque, réservée à quelques malheureux, et pas trop bien considérée à l'époque (1953). Quand il partit, Nicolas Bouvier quittait l'université, Genève et la Suisse, un territoire exigu et le carcan familial. Il quittait un milieu de bourgeois aisés, un père érudit, silencieux, dépressif, avec lequel, l'âge adulte venu, il s'entendit bien, une mère très cultivée, un peu raide, directive, qui elle ne le comprenait pas, une gouvernante prussienne terrifiante et sadique qui régentait la maison de ses grands-parents maternels, les belles demeures de l'été posées sur de longues pelouses, le cercle des connaissances célèbres, écrivains et musiciens, amis de son grand-père, qui était compositeur d'opéras, ou familiers de la bibliothèque où officiait son père. Il quittait une vie close, un peu surannée, marquée par la pruderie et la méfiance du corps, par l'influence judéo-chrétienne que l'expérience de l'Asie contribuera à effacer. Il partait loin des " alibis et des malédictions natales ", d'un moralisme paralysant et d'une prudence dangereuse. Une fuite positive vers des choses dont il avait besoin. Et parce qu'il était prêt, ces choses se présentèrent à lui. Il avait le crâne bourré de ses lectures d'enfant, en tête desquelles venaient Stevenson, Jack London, James Oliver Curwood, Alexandre Dumas ou Jules verne, auteurs qui avaient inscrit en lui " l'impatience du monde ". Pas d'autres armes. Il s'en allait sans esprit de retour. La route. L'espace comme une drogue, l'immensité qui le saoulait de bonheur. Sans ce déplacement géographique, sans cet élan donné par le plaisir, sans cette liberté d'aller et venir, à laquelle correspondait une liberté intérieure, il n'aurait, dit-il, pas écrit. " Christine Jordis Extraits d'une préface à l'ouvre de Nicolas Bouvier (Quarto, Gallimard)
    25 min
  • Pages arrachées à Nicolas Bouvier 3/5
    durée : 00:25:08 - " En 1953, ses vingt ans à peine révolus, Nicolas Bouvier prit la route. Il avait un compagnon, le peintre Thierry Vernet, qu'il devait rejoindre à Belgrade, et un improbable véhicule, une minuscule Fiat Topolino dont il apprendra à démonter et remonter les six mille pièces. Tous deux allaient s'enfoncer vers l'Est, toujours plus avant, traversant la Yougoslavie, la Macédoine, l'Iran, l'Afghanistan. Thierry Vernet le quitta à ce moment. (.) Bouvier continuera seul le voyage : l'Inde, Ceylan, où il sombra dans la maladie et les hallucinations et le Japon qu'il aima au point de s'y implanter durablement et d'y retourner deux fois. (.) Etre nomade : une occupation rare à l'époque, réservée à quelques malheureux, et pas trop bien considérée à l'époque (1953). Quand il partit, Nicolas Bouvier quittait l'université, Genève et la Suisse, un territoire exigu et le carcan familial. Il quittait un milieu de bourgeois aisés, un père érudit, silencieux, dépressif, avec lequel, l'âge adulte venu, il s'entendit bien, une mère très cultivée, un peu raide, directive, qui elle ne le comprenait pas, une gouvernante prussienne terrifiante et sadique qui régentait la maison de ses grands-parents maternels, les belles demeures de l'été posées sur de longues pelouses, le cercle des connaissances célèbres, écrivains et musiciens, amis de son grand-père, qui était compositeur d'opéras, ou familiers de la bibliothèque où officiait son père. Il quittait une vie close, un peu surannée, marquée par la pruderie et la méfiance du corps, par l'influence judéo-chrétienne que l'expérience de l'Asie contribuera à effacer. Il partait loin des " alibis et des malédictions natales ", d'un moralisme paralysant et d'une prudence dangereuse. Une fuite positive vers des choses dont il avait besoin. Et parce qu'il était prêt, ces choses se présentèrent à lui. Il avait le crâne bourré de ses lectures d'enfant, en tête desquelles venaient Stevenson, Jack London, James Oliver Curwood, Alexandre Dumas ou Jules verne, auteurs qui avaient inscrit en lui " l'impatience du monde ". Pas d'autres armes. Il s'en allait sans esprit de retour. La route. L'espace comme une drogue, l'immensité qui le saoulait de bonheur. Sans ce déplacement géographique, sans cet élan donné par le plaisir, sans cette liberté d'aller et venir, à laquelle correspondait une liberté intérieure, il n'aurait, dit-il, pas écrit. " Christine Jordis Extraits d'une préface à l'ouvre de Nicolas Bouvier (Quarto, Gallimard)
    26 min

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