Les coulisses du pouvoir : l'édito politique

Les coulisses du pouvoir : l'édito politique

Download on the App Store

Les coulisses du pouvoir : l'édito politique episodes

  • Indignation sélective face aux blocages des agriculteurs
    Nos indignations à propos des blocages et des mobilisations sont-elles sélectives ? La mobilisation des agriculteurs subit en tous cas beaucoup moins de critiques que les mobilisations syndicales dans les grands médias et sur les médias sociaux. Une autoroute bloquée, un feu de palette qui détériore la voirie. Une centaine de manifestants et toute une région sont bloqués. On n'est pas à Daussoulx, mais à Cheratte en 2015. Des syndicalistes de la FGTB manifestent. Ils subissent une pluie de critiques. "Prise d’otage" est le terme qui revient le plus souvent dans les éditoriaux de presse. A leur droit de grève, on leur oppose la liberté de déplacement et de travail. Sur les réseaux sociaux, les syndicalistes sont dépeints comme des alcooliques accrochés à leurs canettes, ou comme des fainéants qui prennent un jour de grève comme un jour de congé pour aller faire cuire des saucisses sur un barbecue improvisé. Plus grave, on les accuse d’être des criminels, d’avoir causé la mort d’une personne qui n’a pu se rendre à temps à l'hôpital. Une plainte sera déposée, les syndicalistes seront blanchis par la justice. Par contre, la justice les condamnera à des peines de prison avec sursis et des amendes pour entrave méchante à la circulation. Ces derniers jours, des scènes similaires se sont produites, mais les vestes rouges, vertes ou bleues des syndicats ont été remplacées par celles des syndicats agricoles. Des autoroutes sont bloquées, des pneus et des palettes brûlent. Pire qu'à Cheratte, c’est même un échangeur, donc deux autoroutes qui ont été bloquées par quelques centaines d’agriculteurs. Et pourtant, dans la presse, pas d’éditoriaux hurlant à la prise d’otage, pas, ou très peu d’insultes et de caricatures sur les réseaux sociaux. Pas d’action de la justice pour entrave méchante à la circulation. La mobilisation des agriculteurs apparaît plus sympathique que celle des syndicalistes. Oui, et pourtant elle n’est sans doute pas moins clivante, nous le verrons. Mais ce contraste révèle combien nous sommes naturellement victimes de préjugés sur les luttes sociales, des préjugés souvent très anciens d’ailleurs. Depuis le 19ème siècle au moins, les mobilisations ouvrières sont l’objet d'attaques virulentes dans une partie de la presse, on retrouve déjà les accusations d’ivrognerie, d’ignorance, de fainéantise prêtée à la classe ouvrière. Plus généralement, nous avons tendance à juger du bien-fondé des moyens d’une mobilisation en fonction de la sympathie que l’on a pour la cause et les buts poursuivis. La sympathie dont semble bénéficier le mouvement des agriculteurs repose sur trois arguments souvent croisés sur les réseaux sociaux. Ils feraient un métier indispensable, ils travailleraient dur et ils seraient apolitiques. Ce n’est pas faux, les agriculteurs travaillent dur, font un métier indispensable et ne sont pas politisés comme les syndicats. Eh bien, il faut nuancer cela. D’abord, de nombreux ouvriers, enseignants, professions de santé que l’on retrouve dans les manifs travaillent dur aussi. Pour la plupart, ils font un métier tout aussi indispensable. Ces deux arguments reposent largement sur des procès d’intention. Enfin, il y a cette nature apolitique de la mobilisation des agriculteurs. Là aussi, il faut nuancer. Les grands syndicats agricoles ont eux aussi des relais dans les partis. Traditionnellement plutôt au MR et chez Les Engagés, l’ex-PSC. Il est vrai que ces liens sont moins marqués que dans l’action commune que la FGTB forme avec le PS. Mais la politique et l’idéologie ne sont pas absentes. Céline Tellier, ministre écolo de l’environnement, interrompue et huée par les agriculteurs dans le JT hier, peut en témoigner. Les agriculteurs qui dénoncent l’écologie punitive ou les diktats verts se mobilisent autour d’un clivage politique majeur de la campagne. Ceux qui dénoncent l’ultralibéralisme de la commission font aussi de la politique. Il ne s’agit pas ici de faire une hiérarchie des causes politiques entre agriculteurs, ouvriers, service public. Elles ont toutes leur légitimité, mais d’observer combien nos réactions à des mouvements sociaux peuvent être variables en fonction de nos propres inclinaisons politiques. C’est un biais naturel et sans doute impossible à surmonter. Mais cette disproportion des réactions devrait tout de même nous inviter à remettre en cause nos indignations sélectives et à nous interroger sur nos préjugés politiques. C'est vrai pour tout le monde, et encore plus vrai dans les grands médias qui doivent traiter ces mouvements sociaux avec la plus grande impartialité possible.
    Merci pour votre écoute
    Les coulisses du Pouvoir c'est également en direct tous les jours de la semaine vers 7h40 sur www.rtbf.be/lapremiere
    Retrouvez tous les épisodes de Les coulisses du Pouvoir sur notre plateforme Auvio.be :
    https://auvio.rtbf.be/emission/11443
    Retrouvez également les autres séquences de Matin Première en podcast : https://audmns.com/ZfOoFbG
    Et si vous avez apprécié ce podcast, n'hésitez pas à nous donner des étoiles ou des commentaires, cela nous aide à le faire connaître plus largement.
    6 min
  • Charles Michel, horizon bouché(ez)
    Que cache la volte-face de Charles Michel ? Après avoir annoncé sa candidature à l’élection européenne pour le MR, il la retire aujourd’hui. Une séquence qui provoque beaucoup de dégâts et mine la crédibilité de l’ex-Premier ministre libéral. Questions Mais que s’est-il donc passé vendredi ? Charles Michel annonce abandonner sa fonction de président du Conseil pour être candidat à l’Europe, essuie une volée de critiques, puis retire sa candidature. Dans cette aventure, Charles Michel ruine sa crédibilité personnelle sur la scène internationale et sur la scène belge, affaiblit l’image de l’institution européenne, diminue la renommée de la Belgique pour les postes européens de haut niveau, et affaiblit enfin son parti. Rappelons que son autoproclamation tardive comme tête de liste avait évincé Didier Reynders, désormais désigné officiellement par la Belgique comme candidat au Conseil de l’Europe. Il peut toujours renoncer, créant ainsi un nouveau problème. Mais la manœuvre de Charles Michel installera quoi qu’il arrive la future tête de liste libérale à l’Europe dans un rôle de second choix. Bref, une petite catastrophe politique. Et donc, on revient à notre question : qu’est-ce qui a bien pu se passer dans la tête de Charles Michel ? Dans son communiqué, le président du Conseil évoque une sorte de prise de conscience, de renoncement psychologique avant d’être politique, un homme atteint personnellement par les critiques et qui veut se protéger, lui et son entourage. Burn-Out ? Une sorte de burn-out politique n’est pas impossible mais peu crédible. On en est réduit aux hypothèses. Au vu de sa carrière, un Charles Michel dépassé par ses affects est peu probable. Charles Michel est ce qu’on appelle un poisson froid. Il a encaissé de nombreuses critiques depuis son premier poste ministériel à 24 ans. Le “fils de” qui a osé un putsch à la tête de son parti, qui a osé former un gouvernement avec la N-VA. Il a toujours résisté à tout et toujours réussi à placer son ambition avant tout le reste. L’hypothèse la plus probable est donc celle du calcul d’intérêt. Charles Michel a sans doute conclu que cet abandon de poste risquait de lui être trop défavorable et que, pour sauver la suite de sa carrière, il valait mieux rester jusqu’à la fin. Lui a-t-on promis quelque poste en échange de sa volte-face ? Personne ne peut le dire aujourd’hui. Face à la perspective d’un horizon bouché en Europe, Charles Michel a aussi mesuré combien l’horizon belge était Georges-Louis Bouchez. C’est l’autre élément, avancé par des cadors libéraux : l’accueil de sa candidature n’a pas été très chaud dans le parti. Les militants l’ont applaudi poliment durant la tournée des vœux. Charles Michel aurait mesuré l’évolution de son parti, un parti où le président qu’il a pourtant lui-même installé a pris beaucoup de place, plus qu’il ne l’imaginait en cas d’éventuel retour. Fin de carrière ? Ces horizons bouchés expliquent sans doute cette phrase dans son communiqué : "Cela m’amène à m’interroger sur le sens et l’impact, pour moi et mes proches, de mon engagement". Une phrase qui pourrait signifier la fin de la carrière politique de Charles Michel. Le conditionnel est de rigueur. Il y a trois semaines, je vous disais en commentant l’annonce de sa candidature qu’avec Charles Michel, la surprise n’a rien de surprenant. Il pourrait, qui sait, faire bonne impression dans les derniers mois de sa présidence et se placer dans un grand marchandage de dernière minute. Son crédit européen apparaît bien entaché, mais qui sait. Sur la scène belge, il sera libre en novembre, il pourrait, qui sait là encore, apparaître comme un facilitateur dans la formation d’un gouvernement, mais là aussi son crédit apparaît bien entaché. Et puis, pour un éventuel poste de Premier ministre libéral, il y a du monde : Georges-Louis Bouchez ou Sophie Wilmès. Des figures qui désormais sont plus légitimes et plus puissantes au MR que lui. Bref, horizon bouché et horizon Bouchez, il n’y a pas loin du Capitole à la roche Tarpéienne, Arx tarpeia Capitoli proxima. Ce vieux proverbe romain évoque la chute rapide à laquelle se risquent les ambitieux. En étant monté très vite très haut sans ménager ceux qui l’ont aidé, Charles Michel semble, à 48 ans, arriver au bout de son parcours politique. Sauf surprise donc. Et avec Charles Michel, la surprise n’a rien de surprenant.
    Merci pour votre écoute
    Les coulisses du Pouvoir c'est également en direct tous les jours de la semaine vers 7h40 sur www.rtbf.be/lapremiere
    Retrouvez tous les épisodes de Les coulisses du Pouvoir sur notre plateforme Auvio.be :
    https://auvio.rtbf.be/emission/11443
    Retrouvez également les autres séquences de Matin Première en podcast : https://audmns.com/ZfOoFbG
    Et si vous avez apprécié ce podcast, n'hésitez pas à nous donner des étoiles ou des commentaires, cela nous aide à le faire connaître plus largement.
    6 min
  • Colère des agriculteurs, le crainte d’un embrasement
    Comme une traînée de poudre. La mobilisation des agriculteurs gagne un peu partout en Europe. Chez nous, des actions sont prévues en fin de semaine. Peut-elle peser sur le scrutin ? Voire faire basculer l’opinion ? C’est la crainte de nombreux partis en Europe. Le BBB Tout le monde a en tête ce qui s’est passé aux Pays-Bas. En mars de l’année passée, le BBB, le Boer Burger Beweging, le mouvement agriculteur citoyen, est devenu le premier parti du royaume. Le BBB s’était formé suite au mouvement de protestation des agriculteurs néerlandais contre l’imposition de normes limitant la pollution par l’azote. Ce qui avait frappé à l’époque, c’était la capacité d’un mouvement corporatiste, le syndicalisme agricole, à agréger avec lui de nombreux citoyens mécontents. Des mécontents envers des mesures climatiques, comme les taxes sur les carburants, l’installation d’éoliennes, mais aussi d’autres mécontents en particulier contre l’immigration, contre le manque de démocratie en Europe ou contre les élites d’Amsterdam ou de La Haye, jugée trop éloignée des préoccupations des citoyens ruraux. Le BBB n’a pas confirmé aux récentes élections nationales, mais ses thèmes ont été largement repris et exploités par Geert Wilders, le leader de l’extrême droite. En tout cas, ce mécontentement n’a pas pu être canalisé par les partis classiques. C’est la crainte des grands partis européens. Que cette colère leur échappe. Canaux et relais Oui, généralement, les grands syndicats agricoles ont des relais dans les partis de droite ou de centre-droit. C’est le cas chez nous, par exemple, entre le Boerenbond et le CD&V, et de plus en plus la N-VA. Ou dans le sud du pays entre la FWA et le MR ou Les Engagés, l’ex-CDh. Un peu partout en Europe, d’autres syndicats qui défendent les intérêts d’une agriculture moins industrielle et plus paysanne pèsent aussi avec d’autres relais. Chez nous, c’est par exemple la Fugea. Or, cette fois, cette colère pourrait bien leur échapper. Entre l’Allemagne, la France, les Pays-Bas, la Roumanie, la Pologne, bientôt la Belgique, l’Espagne et l’Italie, les revendications varient parfois. A l’Est c’est notamment la concurrence avec l’Ukraine qui pose problème. Mais on retrouve partout dans le monde agricole le sentiment de " se faire imposer " des mesures trop drastiques dans le cadre de la transition écologique, selon la patronne de la FNSEA en France. Un sentiment encore exacerbé par le fait que des produits agricoles qui ne respectent pas ces normes en matière de pesticides ou de bien-être animal continuent d’entrer en Europe, ce qui suscite selon les agriculteurs une concurrence déloyale. À quelques mois des élections, si ce mouvement dure et échappe aux relais classiques des organisations agricoles, qui sont largement au pouvoir en Europe, il y a un risque que ce mouvement coalise dans l’opinion des électeurs qui partagent eux aussi un sentiment de ras-le-bol face aux contraintes imposées par les politiques climatiques, ou un ras-le-bol face à une Europe jugée trop libérale et pas assez protectrice. L’extrême droite à l’affût Ce qu’on a observé aux Pays-Bas, on l’observe aussi en Allemagne, en France ou en Flandre. Où respectivement l’AFD, le Rassemblement national ou le Vlaams Belang tentent de récupérer le vote des agriculteurs. Pourtant, cette colère du monde agricole n’est pas destinée à soutenir le récit de l’extrême droite. En Wallonie, par exemple, la colère des syndicats agricoles contre le CETA, le traité de libre-échange avec le Canada en 2015, avait été partagée avec d’autres organisations de la société civile et largement soutenue par le monde politique, à l’exception à l’époque des libéraux. Au fond, l’enjeu est bien la politisation du mouvement : est-ce que les grandes familles politiques, libéraux, socialistes, écologistes, communistes, démocratie chrétienne peuvent donner un sens à ce qui se passe, l’intégrer à leur logiciel, proposer des réponses crédibles ? De leur côté, est-ce que les syndicats agricoles veulent rester dans ce cadre ? Si ce n’est pas le cas, alors la situation pourrait favoriser les partis eurosceptiques et conduire l’affaiblissement de l’Europe.
    Merci pour votre écoute
    Les coulisses du Pouvoir c'est également en direct tous les jours de la semaine vers 7h40 sur www.rtbf.be/lapremiere
    Retrouvez tous les épisodes de Les coulisses du Pouvoir sur notre plateforme Auvio.be :
    https://auvio.rtbf.be/emission/11443
    Retrouvez également les autres séquences de Matin Première en podcast : https://audmns.com/ZfOoFbG
    Et si vous avez apprécié ce podcast, n'hésitez pas à nous donner des étoiles ou des commentaires, cela nous aide à le faire connaître plus largement.
    6 min
  • Faut-il aider les propriétaires des voitures de société les plus polluantes ?
    Faut-il un coup de pouce pour les propriétaires des voitures de société les plus polluantes ? Le ministre des Finances, le CD&V Vincent Van Peteghem, voudrait faire un geste avant les élections. Les partis de gauche, PS et Ecolo, sont vent debout. Repas de famille Si vous n’aviez pas eu assez de disputes au cours des dîners de famille de fin d’année, que vous avez épuisé tous les sujets, le wokisme, le nucléaire, les SUV... Vincent Van Peteghem vous propose un petit rabiot pour la Chandeleur, un vieux classique revisité : les voitures de société. Idéal, en particulier au moment des crêpes. La question idéale pour se disputer est donc : faut-il aider les bénéficiaires d’une voiture de société essence ou Diesel. C’est l’idée de Vincent Van Peteghem. Auréolé du succès de ses bons d’État, mais orphelin de sa réforme fiscale, il se cherche encore un trophée avant les élections. Il propose donc de faire un geste fiscal envers les bénéficiaires d’une voiture de société thermique. Un vivier électoral immense. Il faut se plonger dans les chiffres pour comprendre l’enjeu. Selon Stabel, il y aurait en Belgique plus d’1.200.000 voitures salaires en circulation, 300.000 hybrides, 100.000 électriques, et donc 779.000 thermiques, Diesel ou essence. Dernier élément, les voitures salaires sont plus présentes en Flandre que dans le sud du pays. Contradiction Mais pourquoi aider les propriétaires de voitures thermiques ? Le gouvernement pousse pourtant à passer à l’électrique. Justement parce que le gouvernement favorise l’électrique, les bénéficiaires d’une voiture de société thermique vont voir leur ATN, leur avantage de toute nature, augmenter cette année. Pour faire simple, l’ATN - c’est-à-dire ce qu’un travailleur qui bénéficie d’une voiture doit au fisc - est calculé en fonction de l'empreinte carbone moyenne du parc. Or, puisqu’il y a de plus en plus d’électriques, cette moyenne baisse. Toutes les voitures qui se retrouvent au-dessus de la moyenne vont donc payer plus cher. Un exemple, pour une BMW X1, un des modèles les plus populaires en société, l’ATN mensuel passerait, pour un véhicule à essence, de 171 euros en 2023 à 216 euros en 2024, soit 45 euros par mois en plus. Le ministre des Finances veut donc intervenir pour atténuer cette hausse, c’est-à-dire contrer les effets d’une politique qu’il a décidée avec le gouvernement pour justement décourager les voitures de société thermique au profit de l’électrique ou des hybrides. Bronca Bien sûr, les écologistes ne sont pas du tout d’accord et les socialistes non plus. Car cette intervention aura un coût disent-ils, ils évoquent un chiffre de 200 millions d’euros de manque à gagner. Non, dit le ministre des Finances, car cette hausse de l’ATN n’avait pas été anticipée dans le budget (qui est largement déficitaire). Mais ce qui met du piment dans la discussion, c’est que le ministre ait pu laisser entendre qu’il pourrait décider lui-même de ne pas publier les arrêtés royaux, pas d’arrêté, pas de hausse, pas de hausse… pas de hausse. Ce geste serait très mal pris par les socialistes et les écologistes qui souhaitent donc négocier et mettent d’autres dossiers dans la balance : augmentation de l’indemnité vélo, lutte plus importante contre les abus d’optimisation fiscale, bref, de quoi imaginer une franche discussion avant les élections, le Kern de fin de semaine pourrait ressembler à un mauvais dîner de famille.
    Merci pour votre écoute
    Les coulisses du Pouvoir c'est également en direct tous les jours de la semaine vers 7h40 sur www.rtbf.be/lapremiere
    Retrouvez tous les épisodes de Les coulisses du Pouvoir sur notre plateforme Auvio.be :
    https://auvio.rtbf.be/emission/11443
    Retrouvez également les autres séquences de Matin Première en podcast : https://audmns.com/ZfOoFbG
    Et si vous avez apprécié ce podcast, n'hésitez pas à nous donner des étoiles ou des commentaires, cela nous aide à le faire connaître plus largement.
    6 min
  • Les Engagés se dégagent une route vers le pouvoir
    Les Engagés ont validé leur programme pour les élections. 700 pages de propositions et une ambiance de fête. Comme si les Engagés étaient persuadés d’avoir réussi à faire le plus difficile : apparaître comme une offre nouvelle et faire oublier le cdH. Du changement Oui, pour les cadres des Engagés, quelque chose a changé. La presse revient aux événements, les sondages ne sont pas trop mauvais, certaines propositions du parti font débat, des candidates et des candidats rejoignent les listes du parti. Et puis surtout, plus grand monde ne parle du vieux cdH, qui en fait n’était pas très vieux, enfin dans sa version cdH, mais qui apparaissait comme usé, émoussé, en fin de cycle. Au-delà des efforts, plutôt efficaces des agences de communication pour rebrander le parti, est-ce que ce programme des Engagés tranche avec ce que pouvait proposer le cdH ? On notera d’abord que les thèmes de la famille et de l’enseignement sont moins mis en avant qu’auparavant au profit de la transition climatique, la santé ou le socio-économique. Sur le socio-économique, en particulier, l’exercice de comparaison n’est pas facile, parce qu’il y a beaucoup de mesures à comparer. On pourrait, en prenant beaucoup de temps, relever dans une colonne les mesures plus marquées à gauche, et une autre colonne avec les mesures plus marquées à droite. Et puis on conclurait sans doute que le parti tente une synthèse. Une synthèse qui ancre malgré tout le parti un peu plus clairement au centre-droit que ne l’était le cdH. Centre droit L’affirmation plus nette au centre droit est marquée d’abord par les personnalités du parti. Malgré la présence d’Elisabeth Degryse des mutualités chrétiennes, les profils de Maxime Prévot, Jean Luc Crucke (Ex-MR), Yvan Verougstraete (entrepreneur), Vincent Blondel (recteur UCL), Olivier de Wasseiges (ex UWE), Jean Jacques Cloquet (entrepreneur) sont plutôt marqués centre-droit. Malgré un souci constant d’équilibre, certaines mesures servent de marqueur de centre droit : la fin de la limitation des allocations de chômage dans le temps, la suppression des droits de succession, l’introduction d’un “bonus bosseur” pour alléger la fiscalité sur le travail, 10 milliards d’économie sur le train de vie de l’État. Les Engagés se distinguent du PTB, du PS et d’ECOLO sur ces points. Ils ont aussi renoué avec le CD&V et ne ferment pas la porte à la N-VA, ce qui les distingue de Défi dans la lutte des centres. A ce constat Maxime Prévot opposerait que le parti reprend à son compte certaines mesures marquées à gauche, comme la taxation des plus-values, ou comme la globalisation des revenus (englober sur la fiche d’impôt tous les revenus, travail et capital, pour les taxer de la même manière, sauf les revenus locatifs.) Des éléments de modération, d’équilibre qui distinguent aussi les Engagés de la direction plus droitière que Georges-Louis Bouchez veut donner au MR. Une route dégagée Avec cette nouvelle offre, la campagne des Engagés s’annonce plus facile que les précédentes. Au-delà de leur mue, c’est surtout l’évolution du paysage politique francophone qui leur ouvre un champ plus large. Avec le choix de la polarisation du MR et la radicalité du PTB, les Engagés tablent sur une reconquête de l’électorat modéré, en particulier donc l’électorat modéré de centre-droit rebuté par les outrances de Georges-Louis Bouchez mais aussi l’électorat modéré de centre-gauche qui pourrait être déçu de la législature d’Ecolo. Ce double espace reste à conquérir, mais par rapport à 2014 et 2019, les Engagés ont des raisons de penser qu’il y a là une possibilité de rebondir, eux qui il y a quelques mois encore étaient dans une crise existentielle. Vous remarquez d’ailleurs qu’on se pose beaucoup moins la question aujourd’hui de la possible disparition du parti héritier du PSC. C’est déjà une première victoire pour les Engagés.
    Merci pour votre écoute
    Les coulisses du Pouvoir c'est également en direct tous les jours de la semaine vers 7h40 sur www.rtbf.be/lapremiere
    Retrouvez tous les épisodes de Les coulisses du Pouvoir sur notre plateforme Auvio.be :
    https://auvio.rtbf.be/emission/11443
    Retrouvez également les autres séquences de Matin Première en podcast : https://audmns.com/ZfOoFbG
    Et si vous avez apprécié ce podcast, n'hésitez pas à nous donner des étoiles ou des commentaires, cela nous aide à le faire connaître plus largement.
    6 min
  • La neige est-elle politique ?
    La neige est-elle politique ?
    Merci pour votre écoute
    Les coulisses du Pouvoir c'est également en direct tous les jours de la semaine vers 7h40 sur www.rtbf.be/lapremiere
    Retrouvez tous les épisodes de Les coulisses du Pouvoir sur notre plateforme Auvio.be :
    https://auvio.rtbf.be/emission/11443
    Retrouvez également les autres séquences de Matin Première en podcast : https://audmns.com/ZfOoFbG
    Et si vous avez apprécié ce podcast, n'hésitez pas à nous donner des étoiles ou des commentaires, cela nous aide à le faire connaître plus largement.
    6 min
  • La mauvais calcul du PTB
    Quand le PTB s’emberlificote dans les chiffres. La rentrée du PTB a été marquée par une tromperie sur les impôts payés par Colruyt. Une mésaventure dont le PTB et coutumier et qui va nuire à la crédibilité de sa campagne, surtout en Flandre. Oui, la Flandre c’est devenu la priorité du PTB. En tant que parti unitaire, le PTB soufre de la disproportion entre ses scores au nord et au sud du pays. Quand Raoul Heddebouw, le président du parti, dans son discours de rentrée choisi de s’attaquer à Colruyt, il choisit une cible qu’il sait très populaire en Flandre. Un groupe flamand, une famille flamande, une success story flamande. Pour appuyer l’idée qu’une “multinationale paie moins d’impôt qu’une femme de ménage”, Raoul Heddebouw a pris l’exemple du groupe Corluyt, qui sur 1,8 milliard d’euros de bénéfice en 2022 a payé au total seulement 0,27 % d’impôts. Assez rapidement, l’affaire a été débunkée. Le chiffre choisi par le PTB ne concerne que la holding du groupe installée au Luxembourg qui ne paie effectivement que peu d’impôt. Mais les filiales de l'entreprise en Belgique paie elle bien de l’impôt à un taux moyen de 25%, soit le taux moyen de l’Impôt des sociétés. Soit, 62 millions d’euros d’impôt. Retour de flamme donc pour le PTB. Qui pourtant ne s’est pas trompé. BEHE Non d’ailleurs, il ne retire pas ses chiffres. Il ne s’est pas trompé, il a volontairement trompé, ce qui n’est pas la même chose. Depuis une dizaine d'années, le PTB effectue des classements des impôts payés par les maisons mères de multinationales et relève des taux d’imposition ridiculement bas. Google, Abinbev, Delhaize, leur chiffres ne sont pas faux mais incomplets puisque le parti dans sa communication ne précise jamais, que les filiales de ses groupes paient elle de l’impôt (en Belgique ou en Europe) mais qu’en vertu du principe fiscal de bénéfices définitivement taxé, un bénéfice déjà taxé dans une filiale qui revient à la maison mère d’un groupe ne l’est pas une deuxième fois. Ce n’est pas la première fois que le PTB présente la réalité fiscale ou budgétaire avec beaucoup de légèreté. En mai 2023, au pic de l’inflation, le PTB avait calculé le surprofit des entreprises à 35 milliards d’euros. Un calcul juste à 26 milliard près. Xavier Dupret, un économiste, pourtant marxiste, avait rectifié, les surprofits s'élevaient à 9 milliards d’euros. Est-ce que le PTB risque de perdre de sa crédibilité avec ce genre de pratique ? Alors ça dépend auprès de qui ? L’impact sur son électorat n’est pas évident du tout à imaginer. Le PTB ne cherche pas à convaincre les réviseurs d’entreprises ou les professeurs de la Vlerick School. Ceci pourrait malgré tout affaiblir le parti dans sa tentative de séduction des médias en Flandre. Depuis des années, le PTB était blacklisté des plateaux TV, considéré au mieux comme le Vlaams Belang, voire pire. Mais le travail politique de Raoul Heddebouw paie, et le PTB a désormais droit à un traitement plus équitable au regard de ses élus et de ses scores dans les sondages. Cette affaire sape, en partie le travail effectué depuis des années et pourrait nuire à sa couverture médiatique durant les élections au nord du pays. L’autre point est le déficit de crédibilité à gauche. En particulier dans les milieux syndicaux. Les syndicats sont au jour le jour dans les entreprises pour défendre leurs affiliés. Ils produisent une masse d’information sérieuses pour connaître les bénéfices, les impôts payés, les subsides aux entreprises, l’augmentation des salaires. Pour eux les chiffres du PTB sont souvent contre productifs. Il génère parfois des tensions, les délégués sont parfois obliger de débunker les infos du PTB auprès de leurs affiliés légitimement en colère après avoir entendu certaines affirmations du parti. C’est ce qui s’était passé à propos des salaires, la PTB affirmait récemment que les salaires réels avaient baissé en Belgique, mais la FGTB dit elle-même qu'ils ont en moyenne augmenté légèrement, la Belgique étant un des rares pays européen à avoir autant protégé ses salaires grâce à l’indexation. A la FGTB ou à la CSC, on estime que la réalité est suffisamment problématique, sur le montant des dividendes payés aux actionnaires, sur les subventions aux entreprises, sur le bien être psychologique des travailleurs, ou sur le nombre de travailleurs en invalidité pour ne pas en rajouter. Même pour les syndicalistes qui se disent marxistes et qui se réclame de l’analyse scientifique des contradictions du capitalisme, le manque de rigueur du PTB énerve. C’est du point de vue de ces milieux là, que la rentrée du PTB est un mauvais calcul.
    Merci pour votre écoute
    Les coulisses du Pouvoir c'est également en direct tous les jours de la semaine vers 7h40 sur www.rtbf.be/lapremiere
    Retrouvez tous les épisodes de Les coulisses du Pouvoir sur notre plateforme Auvio.be :
    https://auvio.rtbf.be/emission/11443
    Retrouvez également les autres séquences de Matin Première en podcast : https://audmns.com/ZfOoFbG
    Et si vous avez apprécié ce podcast, n'hésitez pas à nous donner des étoiles ou des commentaires, cela nous aide à le faire connaître plus largement.
    6 min
  • Le communautarisme au pays du communautarisme
    Zakia Khattabi, Ahmed Laaouej, Hadja Lahbib, l’élection à Bruxelles va se jouer autour de figures politiques issues de la diversité. Une évolution qui fait dire à certains que la politique bruxelloise est rongée par le communautarisme. Aveugle L’accusation de communautarisme a ceci de marquant, c’est qu’elle dénonce toujours le communautarisme des autres et reste aveugle à son propre communautarisme, c’est-à-dire au fait de voter pour des gens auxquels on s’identifie sur le plan de l’origine culturelle, territoriale, religieuse, du genre, de l’âge, de l’origine socio-économique et pas seulement, comme on l’affirme souvent, pour des valeurs. Une évidence jamais évidente à reconnaître, encore accentuée en Belgique par le communautarisme de la langue. Le point n’est pas tellement de dénoncer le communautarisme, mais de se demander où est-ce qu’il n’y en a pas ? Dans ce pays qui a officiellement reconnu trois communautés linguistiques, et en réalité trois communautés culturelles, le vote est organisé sur base communautaire. À Bruxelles en particulier, notre système a des airs de Liban. Les deux communautés linguistiques votent pour des listes séparées et élisent un nombre garanti de députés, qui est plus favorable à la communauté flamande. Un système qui serait, dans la France pétrie de Jacobinisme, considéré comme une horreur communautariste. Machine à voix Mais pourquoi les partis ont-ils décidé cette fois de placer autant de candidats issus de la diversité en haut de leur liste ? Parce qu’ils font des voix. Ahmed Laaouej, lors de la dernière élection au fédéral, avait réalisé 31 000 voix, Zakia Khattabi 29.000 voix. Dans le même temps, à la région, Rudi Vervoort faisait 16.000 voix et Alain Maron 11.000. À partir du moment où Ahmed Laaouej a annoncé son rapatriement à la région, Ecolo et puis le MR ont été poussés à ramener eux aussi à Bruxelles leur machine à voix. Le MR aurait pu choisir Didier Reynders qui avait réalisé 33.000 voix en 2019 ou Sophie Wilmès mais tous les deux avaient d’autres ambitions. David Leisterh n’étant pas encore suffisamment populaire, Hadja Lahbib a été poussée à venir l’épauler. La logique aurait sans doute été qu’elle soit tête de liste, mais les équilibres internes ont joué. Esprit de clocher Mais est-ce que ça veut dire qu’il faut absolument avoir des origines marocaines ou algériennes pour réussir à Bruxelles. Non, mais ça veut dire que la démocratie joue son rôle. Les partis se doivent de représenter la diversité des électeurs de la circonscription où ils se trouvent. Dans une élection communale d’une région rurale à la population plus ou moins homogène culturellement, l’enjeu est de former des listes où se trouvent des représentants des différents villages, car l’esprit de clocher joue encore fortement. Vous allez voter pour des représentants de votre quartier, de votre village, parce que vous jugez que c’est votre intérêt ou que vous vous identifiez à eux. Dans une zone urbaine où la population est beaucoup moins homogène, la diversité est plus difficile à représenter sur des listes, mais le phénomène est un peu le même. L’électeur se sent représenté par des élus dans lesquels il se reconnaît. Et les études de sociologie électorale montrent que ce phénomène d’identification est plus marqué chez les minorités, Juifs, Arabes, Turcs, homosexuels, jeunes. Tout l’enjeu évidemment est de ne pas participer à enfermer l’électeur dans son identité, dans sa communauté d’appartenance, puisqu’en réalité, chaque électeur participe d’une identité multiple. L’enjeu est aussi que ce souci de représentation de la diversité n’écrase pas la référence aux valeurs des différents partis. C’est le chemin qui mène à la politisation et à la reconnaissance. On ne fait pas de politique en niant les identités, mais si on fait une politique entièrement axée sur les identités, on finit par nier la politique. Le pire à Bruxelles aurait été de se retrouver avec des listes ethniques, des listes pour des blancs, des listes pour les musulmans. Bref, le pire serait d’aboutir à ce qu’on a fait pour les langues dans ce pays, enfermer chacun dans sa communauté.
    Merci pour votre écoute
    Les coulisses du Pouvoir c'est également en direct tous les jours de la semaine vers 7h40 sur www.rtbf.be/lapremiere
    Retrouvez tous les épisodes de Les coulisses du Pouvoir sur notre plateforme Auvio.be :
    https://auvio.rtbf.be/emission/11443
    Retrouvez également les autres séquences de Matin Première en podcast : https://audmns.com/ZfOoFbG
    Et si vous avez apprécié ce podcast, n'hésitez pas à nous donner des étoiles ou des commentaires, cela nous aide à le faire connaître plus largement.
    6 min
  • Elections 2024 : David Leisterh et Hadja Lahbib mèneront la liste MR à Bruxelles.
    Elections 2024 : David Leisterh et Hadja Lahbib mèneront la liste MR à Bruxelles. Sophie Wilmès et Michel De Maegd à la Chambre
    Merci pour votre écoute
    Les coulisses du Pouvoir c'est également en direct tous les jours de la semaine vers 7h40 sur www.rtbf.be/lapremiere
    Retrouvez tous les épisodes de Les coulisses du Pouvoir sur notre plateforme Auvio.be :
    https://auvio.rtbf.be/emission/11443
    Retrouvez également les autres séquences de Matin Première en podcast : https://audmns.com/ZfOoFbG
    Et si vous avez apprécié ce podcast, n'hésitez pas à nous donner des étoiles ou des commentaires, cela nous aide à le faire connaître plus largement.
    6 min
  • Les partis et la quête sans fin du renouveau
    L’annonce de débauchage de candidats de la société civile par les partis continue. Aujourd’hui, Défi devrait confirmer l’arrivée du juge Michel Claise sur ses listes. Le MR, lui, a recruté l’ex-animateur radio Marc Ysaye. Un phénomène symptomatique d’une crise de la représentation. Contradictions C’est certain, personne dans les partis politiques n’ignore la crise de la représentation. Le fait qu’une part croissante des électeurs se sente mal ou pas représentée par leurs élus. Des élus accusés d’être des élites qui seraient coupées de la réalité. Or, la politique belge présente en matière de personnel politique deux caractéristiques apparemment contradictoires. D’abord, un phénomène endogène, celui des dynasties politiques. De très nombreux élus sont les fils et filles de ce qui apparaît à première vue comme la quintessence de l’entre-soi et de la mal-représentation. Ensuite, un phénomène exogène, avec l’arrivée de candidats dits de la société civile, comprenez extérieurs au monde politique, qui seraient censé représenter mieux la réalité de la société. Dans une certaine mesure, j’ai l’impression qu’on n’assiste pas tellement à une contradiction, mais à un phénomène complémentaire. La multiplication des candidats extérieurs à la politique sert à compenser, aux yeux des électeurs, le poids de l’intérieur. D’un côté, la politique s’est professionnalisée : c’est une carrière, parfois une carrière de père en fille, ou en fils, avec les De Croo, Michel, Van Peteghem, Ducarme, Merckx, Désir, Maingain et, comme pour compenser ce phénomène, les partis cherchent à recruter des non-professionnels. PTB et MR Le phénomène touche les partis à des degrés très divers. Je voudrais prendre deux exemples de deux partis que tout oppose, le MR et le PTB. Le PTB d’abord. Voilà un parti presque entièrement fondé sur des dynasties. Ce sont essentiellement des filles et des fils de militants et de dirigeants du PTB qui ont hérité du parti dans les années 2000. C’est vrai pour Raoul Hedebouw, Sophie Merckx ou David Pestieau. Ce sont des révolutionnaires professionnels. Ce qui pose problème quand on prône le retour au peuple et la corruption des élites. Le PTB tente de compenser cela en s’ouvrant à de nouvelles personnalités, essentiellement issues du monde du travail. Résultat, l’élection d’une série de députés au profil ouvrier ou salarié. Des élus que le PTB affirme payer au salaire moyen, ce qui leur donnerait une vertu que les autres auraient, pour le PTB, perdue. Autre exemple, le MR, lui aussi touché par le phénomène des dynasties. Avec évidemment la famille Michel, le père et les deux fils, et qui compense en jouant lui aussi la carte de l’extérieur. Mais là où le PTB ratisse les délégations syndicales, le MR ratisse les médias. La liste commence à s’allonger. Marc Ysaye, Hadja Lahbib, Olivier Maroy de la RTBF, Frédérique Ries, Michel de Maegd, Florence Reuter de RTL. Le MR semble avoir une affection particulière pour l’élite médiatique francophone belge. Et l’élite médiatique francophone belge semble avoir une prédilection pour le parti de droite. Notons que Ecolo avec Céline Tellier, Les Engagés avec Yves Coppieters ou Défi avec Michel Claise ou François de Smet, cherchent aussi le renouvellement dans la société civile. Le PS semble le parti qui a le moins recours à ce procédé et organise le renouvellement en interne en se reposant surtout sur ses élus locaux. Renouvellement ? Se dirige-t-on vers un renouvellement de la classe politique ? Le phénomène est déjà là. En 2019, la chambre a été chamboulée. Sur les 150 élus, 80 n’avaient jamais siégé à la chambre, dont plusieurs n’avaient même aucune expérience locale. Dans les exécutifs aussi de nombreux ministres étaient des novices, Van Peteghem, Verlinden, Dermine, Schlitz, Leroy, Linard, Glatigny, Tellier et j’en passe. Or, le phénomène de méfiance persiste au renouvellement. Il faut alors se demander s’il est bien lié à une crise de la représentation ou s’il est avant tout lié à la nature des politiques qui sont menées, indépendamment de qui les incarne
    Merci pour votre écoute
    Les coulisses du Pouvoir c'est également en direct tous les jours de la semaine vers 7h40 sur www.rtbf.be/lapremiere
    Retrouvez tous les épisodes de Les coulisses du Pouvoir sur notre plateforme Auvio.be :
    https://auvio.rtbf.be/emission/11443
    Retrouvez également les autres séquences de Matin Première en podcast : https://audmns.com/ZfOoFbG
    Et si vous avez apprécié ce podcast, n'hésitez pas à nous donner des étoiles ou des commentaires, cela nous aide à le faire connaître plus largement.
    6 min

About Les coulisses du pouvoir : l'édito politique

From the publisher's feed

Bertrand Henne réalise l'exercice de l'édito politique et décrypte l’actualité politique belge et les grands débats de société. Une chronique indispensable pour mieux comprendre le pouvoir en Belgique. Avec un œil critique et accessible, la politique belge n’aura plus de secret pour vous.

Best of Les coulisses du pouvoir : l'édito politique

Ranked by our users in the last 21 days

More shows like Les coulisses du pouvoir : l'édito politique

Chronique économique by RTBF

Chronique économique

7 Listeners

Affaires étrangères by France Culture

Affaires étrangères

104 Listeners

Les Enjeux internationaux by France Culture

Les Enjeux internationaux

34 Listeners

Géopolitique by France Inter

Géopolitique

203 Listeners

L'édito politique by France Inter

L'édito politique

19 Listeners

La Revue de presse internationale by France Culture

La Revue de presse internationale

32 Listeners

Un Jour dans l'Histoire by RTBF

Un Jour dans l'Histoire

20 Listeners

Les Clés by RTBF

Les Clés

8 Listeners

L’Histoire continue : revivre les grands dossiers médiatiques by RTBF

L’Histoire continue : revivre les grands dossiers médiatiques

4 Listeners

New Deal by Slate.fr Podcasts

New Deal

62 Listeners

Les petits papiers, interviews d'artistes by RTBF

Les petits papiers, interviews d'artistes

1 Listeners

Slate Infos by Slate.fr Podcasts

Slate Infos

32 Listeners

L'invité de Matin Première by RTBF

L'invité de Matin Première

0 Listeners

Histoire criminelle, les enquêtes de Scotland Yard by RTBF

Histoire criminelle, les enquêtes de Scotland Yard

0 Listeners

Ma voix t'accompagnera : le podcast by RTBF

Ma voix t'accompagnera : le podcast

1 Listeners

C politique by France Télévisions

C politique

11 Listeners

Le Brief by L'Echo

Le Brief

2 Listeners

L'Heure H by RTBF

L'Heure H

10 Listeners

Déclic - Le Tournant by RTBF

Déclic - Le Tournant

2 Listeners

Dracula by RTBF

Dracula

2 Listeners

Franquin par Franquin by RTBF

Franquin par Franquin

0 Listeners

Promesses tenues ? Le bilan politique des ministres. by RTBF

Promesses tenues ? Le bilan politique des ministres.

0 Listeners

D-Day : les 80 ans du Débarquement by RTBF

D-Day : les 80 ans du Débarquement

0 Listeners

Femmes coupables by RTBF

Femmes coupables

4 Listeners

Les Jeux Olympiques, l’étonnant miroir de notre Histoire by RTBF

Les Jeux Olympiques, l’étonnant miroir de notre Histoire

0 Listeners

Des gens ordinaires by RTBF

Des gens ordinaires

0 Listeners

Zoomer ! La génération Z au micro by RTBF

Zoomer ! La génération Z au micro

0 Listeners

Nom : Van Hamme, Profession : Scénariste by RTBF

Nom : Van Hamme, Profession : Scénariste

0 Listeners

Le Monde en direct : décrypte votre actualité by RTBF

Le Monde en direct : décrypte votre actualité

2 Listeners

Salam Shalom : Un espoir israélo-palestinien ? by RTBF

Salam Shalom : Un espoir israélo-palestinien ?

0 Listeners

1944 : les 80 ans de la Bataille des Ardennes by RTBF

1944 : les 80 ans de la Bataille des Ardennes

0 Listeners