Les coulisses du pouvoir : l'édito politique

Les coulisses du pouvoir : l'édito politique

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Les coulisses du pouvoir : l'édito politique episodes

  • Crise diplomatique après le discours de De Croo à Rafah
    Bertrand Henne revient sur la crise diplomatique entre la Belgique et Israël, déclenchée par le discours d'Alexander De Croo à Rafah le 24/11/2023
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  • La diplomatie belge tente de faire entendre sa voix singulière
    Les coulisses du pouvoir - la diplomatie belge tente de faire entendre sa voix singulière
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  • Surprise électorale aux Pays-Bas
    Les coulisses du pouvoir - Surprise électorale aux Pays-Bas.
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  • Démission de Conner Rousseau
    Les coulisses du pouvoir - Démission de Conner Rousseau
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  • Les élus, le massacre du 7 octobre, l’émotion et la raison
    Les députés doivent-ils oui ou non regarder le film des massacres perpétrés par le Hamas le 7 octobre ? Il n’y a pas eu de consensus à la Chambre sur le sujet. Pour certains, on détourne le regard, pour d’autres, on risque la manipulation. Le débat va désormais avoir lieu au Sénat. Beau débat d’éthique de la communication. Faut-il que les députés visionnent la vidéo montée par les autorités israéliennes sur les massacres du 7 octobre ? Un montage effectué sur la base de plusieurs sources, caméras de surveillance, bodycam des terroristes, téléphones des victimes ou des secouristes. Une vidéo terriblement dure qu’Israël n’a pas voulu rendre accessible au grand public par respect pour la volonté des familles. Mais elle a été montrée, avec des mesures de précaution pour éviter les enregistrements, à de nombreux journalistes en Israël et dans le monde. Ce fut le cas aussi à l’ambassade d’Israël en Belgique. Israël souhaite aussi la montrer aux décideurs, afin de justifier la riposte en cours et le droit d’Israël à se défendre. Elle a déjà été montrée par le Congrès américain ou l’Assemblée nationale en France. Refus belge La Chambre a donc refusé cette demande de diffusion aux députés. Il n’y a pas de consensus, dit la présidente de la Chambre, Eliane Tillieux. Sur les arguments des uns et des autres, c’est un peu confus puisque la décision a été prise en conférence des présidents, cette instance composée des présidents de groupe qui organise l’agenda. Ces discussions ne sont pas publiques. Pas de consensus, dit la présidente de la Chambre. On sait, parce qu’il assume que le PTB a dit non. Ecolo assume aussi et juge la diffusion peu nécessaire. Le PS aurait évoqué le souci de réciprocité, montrer alors une vidéo sur les morts palestiniens. En revanche, le MR, les Engagés et la N-VA y étaient favorables. Le MR a d’ailleurs proposé de louer une salle au Sénat et de diffuser le film lui-même. Une proposition saluée par l’ambassadrice d’Israël en Belgique. Par contre, la décision de la Chambre passe mal auprès du gouvernement israélien. Le ministre des Affaires étrangères israélien, Eli Cohen, a ainsi publiquement, dans un tweet, interpellé la présidente de la Chambre, Eliane Tillieux, en l’accusant nommément, je cite, de “détourner le regard face à des crimes de guerre et face aux crimes contre l’Humanité qui ont été commis par le Hamas”. Faut-il oui ou non montrer ce film aux élus ? J’aurais tendance à répondre par la négative. La question est: qu’est-ce que va changer cette diffusion ? Quel sera son impact ? Un des arguments en faveur de la diffusion est de lutter contre le relativisme des faits, la remise en cause de l’horreur du 7 octobre qui a pu exister quelques jours après l’attaque. Il me semble que la décision de diffusion limitée à des professionnels de l’information, à des journalistes dont le métier est la vérification et la publication de faits, est défendable. La limitation pouvant se justifier au nom de la dignité des victimes, au nom du risque de publicité des actes de terrorisme aussi. Désormais, les faits sont établis. La vidéo a pu jouer un rôle dans la révélation des faits et puisque, à défaut de pouvoir rentrer dans Gaza, les journalistes sont encore libres d’exercer en Israël, ils ont eu accès à de très nombreuses sources et rapporté une foule de témoignages directs accablants et recoupés sur ces massacres. En Belgique, si plusieurs élus ont hésité à qualifier les attaques de terroristes, rares sont ceux qui ont nié l’existence de massacres, ou l’horreur de ceux-ci. Les élus ont accès, comme tous les citoyens, à une importante quantité d’informations sur ces massacres. Alors pourquoi diffuser cette vidéo à des élus, plus d’un mois après l’attaque ? L’historien Christian Delage, spécialiste du rôle des images dans les conflits, disait ceci dans Le Monde : les images de violences extrêmes nécessitent un encadrement analytique et une forme de protection de leurs spectateurs pour transformer leur vision en un travail de connaissance et de mémoire. Sans quoi, seul l’effet de sidération l’emportera. La question devient alors : veut-on que les élus doivent-ils prendre le risque d’être sidérés, d’être dominé par l’émotion ? Ou veut-on qu’ils soient plutôt guidés par une analyse plus rationnelle des événements ?
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  • Les PFAS, la Wallonie et la géoplitique
    La pollution de l’eau du robinet par les PFAS, les polluants éternels, va animer la journée en Wallonie. La ministre de l'environnement Céline Tellier est attendue de pied ferme au parlement. Une polémique qui intervient alors que dans le même temps l’Europe renonce à les interdire par peur du déclassement industriel. Polluants éternels Oui, les PFAS sont des polluants éternels, oui, les PFAS sont un problème de santé publique. Oui, ils interviennent dans la survenue de cancers, de dysfonctionnements hormonaux, d’affaiblissement du système immunitaire. Pourtant, non, on ne va pas les interdire. Car l’industrie européenne dit n'avoir à ce jour aucune alternative économiquement crédible et rentable pour les remplacer. Or, ce sont des éléments importants dans la chaîne industrielle et de consommation: GSM, cosmétiques, imperméables, produits de nettoyage, emballages alimentaires, voitures, éoliennes, appareils médicaux. La Commission européenne a donc discrètement décidé il y a quelques jours d’abandonner la proposition d’interdiction de ces polluants qui figurait pourtant dans le Green Deal de la présidente Ursula Von der Leyen. Santé publique VS Géopolitique Les temps ont changé. Au moment où Ursula Von Der Leyen a présenté son Green Deal, l’interdiction des PFAS paraissait un objectif atteignable. Il y avait un coût bien sûr pour l’industrie, mais un coût qui semblait politiquement assumable. Désormais, sur fond de guerre en Ukraine, et de recomposition rapide du monde, la souveraineté industrielle est devenue un thème majeur. La Chine, la Russie et surtout les États-Unis mettent en place des politiques protectionnistes. L’Europe, en particulier l’Allemagne et son industrie chimique bâtie sur le gaz russe, est en train de perdre des milliards d’euros d’investissement au profit de pays plus accueillants et plus compétitifs. C'est le cas en particulier des États-Unis dopés par le méga plan de relance de Joe Biden. Résultat, l'économie européenne décroche face aux États-Unis. C’était déjà vrai depuis la crise de 2008, mais l’écart s’accentue depuis la guerre en Ukraine. En Allemagne, il suffit d’ouvrir un journal, c’est la panique, le risque de déclassement industriel est évoqué tous les jours. Les lobbyistes du secteur chimique n’ont pas dû chercher bien loin des arguments pour convaincre les décideurs européens, y compris la Belgique, de reporter une interdiction des PFAS, qui aurait encore affaibli leurs positions. Conflits La montée de la préoccupation pour la souveraineté industrielle en Europe va poser des tas de questions environnementales dans un continent très peuplé, armé de législations strictes. Au nom de la souveraineté industrielle, l’Europe est amenée à construire de nouvelles capacités nucléaires, ou à ouvrir ses propres mines de lithium pour alimenter les batteries des voitures électriques. Le temps où l’union pouvait délocaliser ses industries les plus polluantes et tabler sur une économie de service et de hautes technologies semble révolu. La pause réglementaire réclamée par Alexander De Croo il y a quelques mois au nom d’impératifs stratégiques est en train de s’imposer. L’abandon de l’interdiction des PFAS par la Commission en est une parfaite illustration. La Wallonie en bout de chaîne, n’aura pas d’autre choix que de faire face. Il va falloir faire avec des PFAS dans notre environnement, assumer le coût pour la dépollution des sols et de l’eau, assumer le coût pour la santé publique. Selon une étude de l’Agence européenne des produits chimiques, le coût des PFAS sur la santé publique est estimé entre 52 et 84 milliards d’euros par an en Europe. Une autre étude, menée par la commission et citée par le journal Le Monde, calculait que le coût d’une interdiction pour l’industrie était bien moins important : entre 1 milliard et 2,7 milliards d’euros par an. Mais dans une Europe qui risque le déclassement, l’industrie est en position de force et ces arguments ne sont plus audibles.
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  • Ecolo sous pression des PFAS, l’ADN des Verts menacé
    La pollution de l’eau potable fragilise la ministre wallonne de l'environnement. L’écologiste Céline Tellier va devoir s’expliquer cette semaine devant le parlement wallon à propos des révélations de la RTBF concernant la présence en trop grande quantité de PFAS, des polluants éternels, dans l’eau du robinet de plusieurs communes wallonnes. Il y a un risque que cette affaire débouche sur un scandale plus grand. Pour Ecolo les voyants sont au rouge vif. Oui, à ce stade, on ne parle que d’un problème de communication. Des taux trop élevés par rapport à une norme qui n’entrera en vigueur qu’en 2026, localisés dans quelques communes. Un manque de transparence qui fragilise la ministre, mais pas encore d’un scandale majeur. Mais rien ne dit qu’un tel scandale ne se produise pas. En Flandre, c’est ce qui est arrivé. Au départ l’annonce d’une pollution à ces polluants éternels à l’usine 3M de Zwijndrecht apparaissait comme un événement isolé. Mais on est allé de révélation en révélation dans cette affaire. Lors de travaux sur un site proche de l’usine, on trouve une concentration importante de ces polluants. On découvre des fraudes de l’entrepreneur pour masquer le problème. Inquiétude des riverains, interdiction de manger des légumes ou des œufs produits dans la zone, prise de sang généralisée qui révélera des taux trop élevés chez de nombreuses personnes. On découvrira que les autorités auraient pu intervenir plus tôt mais ont préféré éviter de communiquer sur le sujet par crainte de mettre en péril l’important chantier du contournement d’Anvers. L’homologue de Céline Tellier en Flandre est pointée du doigt. Une commission d’enquête est mise sur pied. Elle aboutit à charger l’usine 3M. La ministre Zuhal Demir de la NVA finira par s’en sortir en exigeant de 3M d'importantes compensations financières, plus de 500 millions d’euros pour des travaux d’assainissement. Céline Tellier n’est pas encore dans une position aussi compliquée que celle de Zuhal Démir. Non, mais quand une affaire comme celle-ci débute, on ne sait jamais où cela va s’arrêter. S'il y a une pollution, il y a forcément un pollueur. Que s’est-il passé ? Pourquoi est-ce qu’il y a eu pollution ? Qui savait ? Qui ne savait pas ? Et puis n’y a-t-il pas pollution ailleurs ? C’est un champ de mines qui se présente devant la ministre Ecolo Céline Tellier et d’ailleurs devant le gouvernement wallon, car la ministre socialiste de la santé Christie Morreale ou le ministre libéral de l’économie Willy Borsus pourraient à un moment donné éventuellement se retrouver sous le feu des projecteurs. Céline Tellier, la ministre de l'environnement, sera entendue ce mardi en commission du parlement wallon. Son explication sera décisive. Oui, et pour les écologistes, c’est un moment particulièrement sensible. Ce n’est pas pour rien qu’Ecolo avait choisi Céline Tellier, ancienne responsable d’Inter-environnement, issue de la société civile pour ce poste. Ecolo est en partie né politiquement d’un scandale sanitaire. Le scandale sanitaire de la dioxine en 1999. À l’époque, on découvre en pleine campagne électorale que des farines animales contiennent des quantités importantes de dioxine, dangereuse pour la santé. Fraudes, mensonge, incurie des autorités, tout y passe… les ministres de la santé et de l’agriculture démissionnent. Ecolo, déjà très haut dans les sondages, bétonne un score historique, monte au gouvernement pour la première fois et obtient, notamment la création de l'AFSCA, l’agence pour la sécurité de la chaîne alimentaire. Malgré les difficultés de cette première participation, Ecolo est crédité d’avoir renforcé la législation sanitaire et environnementale et mieux protégé les citoyens contre les pollutions. Ces avancées restent créditées au vert. Ce crédit est donc potentiellement en danger. C’est l’ADN d’Ecolo qui pourrait trembler. Oui, demain la ministre devra s’expliquer. Pourquoi ces taux trop élevés n’ont pas été révélés ? Qu’est-ce qui a été fait ? La ministre devra démontrer que cette pollution est un événement mineur et isolé dans un dispositif solide et qu’elle n’en est pas directement responsable. Sur base de ce qu’on sait, ce n’est pas une tâche impossible, elle a des arguments à faire valoir. D’ailleurs, aucun parti ne demande sa démission à ce stade. Mais dans ce genre d'affaires le danger ne provient pas tellement de ce qu’on sait, mais de ce qu’on ne sait pas encore. L’effet pelote de laine, le fil qu’on tire, si ce fil est long, il pourrait se dérouler jusqu’à la campagne et mettre en danger Écolo sur un de ses fondamentaux. Tous les adversaires des verts le savent et sont désormais à l'affût.
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  • Magnette VS. Bouchez: un débat du passé
    Un débat exceptionnel hier entre Paul Magnette, président du PS, et Georges Louis Bouchez, président du MR. Sur le plateau de la Une TV, les deux hommes se sont affrontés durant 30 minutes. Vous nous dites, Bertrand Henne, que c’est un débat du passé. Un débat du passé, oui, ce qui ne veut pas dire qu'il est dépassé, mais un débat du passé au sens du passif, du passif que le MR et le PS ont en commun après 4 ans de route ensemble depuis les dernières élections. Et, faut-il le rappeler, ces 4 années ont été marquées par les divergences, les dissensions, les polémiques entre ces deux partis qui sont en coalition à tous les étages de la maison Belgique, sauf à Bruxelles. Le débat d'hier a été comme un concentré de ces quatre années, un concentré du passif entre les deux sur la fiscalité, l'emploi, la sécurité ou le conflit au Proche-Orient. Sur le fond, on n'a pas appris grand-chose. La plupart des arguments étaient déjà connus. Le MR accuse le PS de communautarisme sur le conflit israélo-palestinien, de laxisme sur la sécurité, de vouloir tout taxer, et d’arrogance morale… et le PS accuse le MR de défendre les riches, de vouloir instaurer l’austérité, de vouloir gouverner avec la N-VA. Un débat qui crée une situation de dissonance cognitive. Voilà deux partis qui tous les jours nouent des accords et prennent des décisions ensemble et qui en une demi-heure ne semblent pas d'accord sur rien ou à peu près. C’est un peu le problème d’une campagne permanente, c’est qu'une fois la campagne venue, elle a une impression de déjà vu. Pourtant, ce débat était une première du genre… Oui, dans cette configuration, en face à face en tout cas. Ce qui pousse à la question. Pourquoi Paul Magnette et Georges Louis Bouchez ont-ils accepté de passer du débat à distance au débat direct, ce débat que la RTBF tenait à organiser depuis longtemps. Sans doute parce que les deux n'espèrent plus grand-chose désormais des différents gouvernements. Sans doute parce que les deux partis ont besoin de s'affirmer comme les deux grands du jeu politique francophones, positions qui, pour les deux, sont plus fragiles qu'avant. Sans doute parce que Georges Louis Bouchez, récemment reconduit dans la douleur dans sa fonction de président, a besoin de débattre avec le président du plus grand parti pour relancer son autorité. Sans doute parce que Paul Magnette a besoin de Georges Louis Bouchez comme d'un épouvantail pour gagner en crédibilité comme leader de la gauche. Finalement, ce qu'il faut retenir de ce débat, c’est qu'il n'a pas tourné à la cacophonie complète. Comme ce fut le cas l’année passée dans un fameux débat des présidents à QR. Georges Louis Bouchez était plus dans son rôle de président que dans son costume de troll sur Twitter. Paul Magnette était plus dans son rôle de président que dans son costume de professeur d’université. Mais au bout du compte, la question reste. Ces deux-là gouvernent ensemble, pourront-ils encore le faire? Si c'est possible non, si c'est nécessaire oui. C'était là la conclusion du débat d'hier soir. Une conclusion qui risque bien d'être encore vraie la veille de l'élection. Notons malgré tout que ce débat d'hier portait sur le passif. Mais dans les prochaines semaines, les partis vont établir leurs programmes. Et on peut alors espérer que le débat porte enfin sur le futur. Sur les visions du monde, les propositions, les idéologies. Car le conflit qui s’est exprimé hier soir est plutôt sain en démocratie. La démocratie, c'est une expérience assumée de gestion de conflit. Mais pour l'instant, ce conflit entre le PS et le MR semble tourner en rond, car il est tourné vers le passé. Ce sont les projets, les idées pour demain qui peuvent constituer une campagne digne de ce nom. Vite, la vraie campagne…
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  • La N-VA a-t-elle abandonné les Palestiniens ?
    Pourquoi la N-VA ne soutient-elle pas les Palestiniens dans la guerre de Gaza ? Historiquement, pourtant, le nationalisme flamand a toujours été proche des mouvements de libération nationale. Mais le tournant idéologique imprimé par Bart De Wever a gommé cet héritage. Le camp de la lumière Depuis le début du conflit, la N-VA affiche un soutien à Israël. Quelques jours après l’attaque, Bart De Wever avait déclaré : "Aujourd’hui, il n’y a qu’un seul camp à choisir : c’est le côté d’Israël. Le côté de la démocratie, le côté de la lumière. Contre les forces de la tyrannie et des ténèbres." Une déclaration qu’il a un peu tempérée depuis, en expliquant qu’il ne niait pas pour autant la souffrance des Palestiniens. Mais la N-VA reste, dans ses différentes prises de position dans les médias ou au parlement, un fervent soutien d’Israël. Très rares sont les prises de position sur la situation humanitaire à Gaza. Bart De Wever a encore récemment relayé une carte blanche sur l’absence d’empathie morale de la gauche envers les crimes du Hamas. Le député Michael Freilich relaye intensément les témoignages des victimes israéliennes, mais aucun des victimes palestiniennes. Le chef de groupe, Peter de Roover, semble plus discret, distant et plus mesuré. On reviendra sur son cas plus tard, car il montre que la N-VA n’est pas aussi unilatérale que son président dans ce conflit. Le camp des peuples Pourtant la N-VA fut plutôt favorable à la cause palestinienne à ses débuts. La jeune N-VA reprenait la doctrine de la Volksunie, celle du nationalisme flamand d’après-guerre qui affichait un soutien pour tous les mouvements de libération nationale, les mouvements d’émancipation des peuples contre les États, même si ces mouvements usaient parfois de violence. La Palestine et l’OLP se retrouvaient un peu dans la même catégorie que le Pays basque et l’ETA ou que l’Irlande et l’IRA. La Volksunie rejetait la violence politique, mais affichait un soutien indéfectible à la lutte des peuples contre les États oppresseurs. Lors de la deuxième Intifada au début des années 2000, la Volksunie vit ses dernières années. Mais, elle prend une position favorable aux Palestiniens et à la reconnaissance de deux États. Geert Bourgeois, qui va bientôt faire dissidence et lancer la N-VA, estime que la Belgique ne peut pratiquer, le "deux poids deux mesures en matière de droits humains". Tournant conservateur Le calcul de Bart De Wever, il l’a encore récemment exprimé dans une longue interview à Wilfried, c’est de transformer la N-VA en un grand parti conservateur de droite. L’ADN du parti n’est plus le nationalisme mais le conservatisme, ce qui n’empêche pas le nationalisme, mais en fait une conséquence plutôt qu’un point de départ. Et pour Bart De Wever, le conservatisme implique de choisir un camp, comme il le dit : "celui d’Israël, celui de la démocratie, de la lumière. Contre les forces de la tyrannie et des ténèbres". Son nationalisme se borne désormais à créer les conditions d’un "nous flamand", une référence identitaire, mais ne s’inscrit plus dans une logique d’émancipation des peuples. Bart De Wever mène désormais une guerre culturelle pour ancrer le "nous" flamand dans des valeurs conservatrices. D’où les croisades de Bart De Wever envers le wokisme ou l’islamo-gauchisme, présenté comme des dangers pour le peuple flamand. Une guerre culturelle ne s’embarrasse pas de nuances, la cause palestinienne, identifiée sommairement à l’islamo-gauchisme, ne peut donc faire partie des causes défendues par la N-VA. Nuances Certains membres de la N-VA ne sont pas à l’aise avec le point de vue de Bart De Wever, mais la N-VA est sans doute le parti, qui après le PTB, observe le plus strictement la discipline interne. Un Peter de Roover, le chef de groupe dont nous évoquions tout à l’heure la discrétion sur le sujet, ne partage sans doute pas les vues de Bart De Wever. Ancien président du Mouvement flamand, il est élu en 2014 et se retrouve à la commission des Affaires étrangères. Voici ce qu’il déclare en 2015 : "Pour un nationaliste flamand, le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes est clair comme le jour. Il ne s’agit donc pas d’un choix entre Israël ou la Palestine, mais d’un choix en faveur de l’idée d’une solution à deux États. C’est pourquoi nous refusons systématiquement de prendre parti. La question de savoir si la N-VA porte une kippa ou une " écharpe Arafat " est une question que nous voulons transcender." Bart De Wever ne semble plus du tout vouloir transcender cette question, puisqu’aujourd’hui il n’y a selon lui qu’un seul camp à choisir.
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  • En un mois de guerre à Gaza, la Belgique a-t-elle changé de camp ?
    En mois après l’attaque d’Israël par le Hamas, qu’est-ce que ce conflit dit de la politique Belge ? Entre le soutien inconditionnel à Israël dans les premières heures, à la demande d’un cessez-le-feu, la Belgique a-t-elle changé de camp ? Assignations identitaires Premier constat, la Belgique n’échappe pas à la polarisation. Cette polarisation s’exprime sans doute moins fortement chez nous que dans des pays comme l’Allemagne, la France ou l’Angleterre où le débat politique est plus tendu. C’est une des spécificités du conflit israélo-palestinien, il conduit à des assignations identitaires. Vous êtes soit pro-israélien, soit pro-palestinien, pro-juif, pro-musulman, pro-guerre ou pro-cessez-le-feu. Une polarisation qui a des airs de guerre de civilisation de Samuel Huntington et cette polarisation, comme toutes les polarisations, a évidemment tendance à gommer toute la complexité de la réalité politique et sociale. C’est sur cette poudrière que s’est déployée la réaction officielle du gouvernement belge. Evolutions Une réaction qui a beaucoup évolué en un mois. Au lendemain de l’attaque, la position du gouvernement belge était celle d’une condamnation des actes terroristes du Hamas, du soutien inconditionnel à Israël, une position surtout exprimée par le Premier ministre, mais qui était celle du gouvernement entre son aile gauche et son aile droite. Dans ce premier moment, c’est l’émotion face à la gravité des actes commis par le Hamas qui a dominé la réaction. La ligne était de soutenir sans réserve le droit d’Israël à se défendre. Une position qui ancrait la Belgique dans le camp du soutien à Israël largement exprimé dans les pays occidentaux. Dans les rangs parlementaires, pas d’unanimité par contre. Le PTB s’est démarqué dès le début en avec une position pro-palestinienne affirmée, en refusant de qualifier le Hamas de terroriste et de condamner ses actes et en pointant Israël comme responsable de la situation. Puis, la position belge a évolué. La violence de la réaction israélienne dans la bande de Gaza et son impact sur l’opinion publique belge a fait bouger les lignes. Cessez-le-feu Du droit d’Israël à se défendre, on est passé au rappel du respect du droit international et puis à la demande d’un cessez-le-feu humanitaire. Entre l’aile gauche et l’aile droite du gouvernement, le débat a commencé à se tendre et la position belge s’est faite hésitante. Il y a trois semaines au Parlement, la socialiste flamande Caroline Gennez, ministre de la coopération au développement, a parlé d’un cessez-le-feu humanitaire, alors que le Premier ministre évoquait une simple désescalade. Mais les images de Gaza, le décompte des morts civils, le risque d’importation du conflit chez nous, ont poussé le gouvernement à demander officiellement ce cessez-le-feu humanitaire et à relativiser son soutien à Israël. Cette évolution a été plus rapide chez nous que dans beaucoup de pays européens. Un marqueur : la Jordanie a déposé le 27 octobre une résolution à l’Assemblée générale de l’ONU demandant "une trêve humanitaire immédiate, durable et soutenue, à ce que toutes les parties respectent le droit international et à une aide continue et sans entrave dans la bande de Gaza". La résolution ne mentionne pas explicitement de demande de libération inconditionnelle des otages du Hamas, ni le droit d’Israël à se défendre. La Belgique a pourtant voté pour avec l’Espagne, la France, l’Irlande, le Portugal, le Luxembourg, Malte et la Slovénie. Tous les autres pays européens se sont abstenus ou ont voté contre. Les États-Unis ont bien sûr voté contre et Israël a dénoncé une infamie, estimant que l’ONU défendait les “Nazis terroristes” du Hamas. La Belgique fait donc partie du groupe de 7 pays européens qui exigent un cessez-le-feu et remettent en question le soutien inconditionnel à Israël. Sanctions ? On l’a compris. Nous sommes dans une dynamique. La position belge qui tente un équilibre diplomatique au nom du respect du droit international, cet équilibre évolue avec le conflit. La position belge évoluera donc encore. Caroline Gennez, ministre de la coopération au développement (Vooruit), qui fut la plus en pointe pour demander un cessez-le-feu, parle désormais de sanctions contre Israël. Autre évolution, le Premier ministre a parlé hier, c’est une première, de réaction disproportionnée de la part d’Israël dans la bande de Gaza. Or, si la réaction est disproportionnée, la Belgique doit-elle officiellement condamner l’action d’Israël ? Ce serait perçu comme un changement de cap, voire un changement de camp dans ce conflit très polarisé. Ce sera le débat des semaines à venir.
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About Les coulisses du pouvoir : l'édito politique

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Bertrand Henne réalise l'exercice de l'édito politique et décrypte l’actualité politique belge et les grands débats de société. Une chronique indispensable pour mieux comprendre le pouvoir en Belgique. Avec un œil critique et accessible, la politique belge n’aura plus de secret pour vous.

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