En 2025, l'or n'a pas grimpé parce que l'économie allait mal, mais parce que le risque n'était plus mesurable. Quand les décisions politiques deviennent imprévisibles, les modèles économiques ne servent plus à grand-chose. Les investisseurs ne cherchent alors plus à gagner davantage, mais un actif qui ne peut pas les tromper. C'est l'analyse d'Amid Faljaoui, directeur du magazine économique Trends Tendances.
Longtemps considéré comme une "relique barbare", l'or connaît en 2025 l'une de ses meilleures performances modernes avec une envolée de plusieurs dizaines de pourcents. Cette progression spectaculaire dépasse largement celle de la plupart des grandes classes d'actifs, dans un contexte où les marchés financiers font face à une incertitude politique croissante, notamment avec le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche.
Alors que l'attention des investisseurs restait focalisée sur les bourses et l'intelligence artificielle, l'or a discrètement pris la tête du peloton des investissements. Cette performance surprend dans un monde théoriquement dominé par les actions américaines, la technologie et un dollar encore puissant.
Le métal précieux bénéficie d'un changement de paradigme sur les marchés financiers. Face à l'imprévisibilité politique qui caractérise la période actuelle, les investisseurs modifient leur stratégie : plutôt que de chercher le meilleur rendement, ils privilégient désormais la limitation des risques.
L'or tire sa force de son indépendance totale vis-à-vis des gouvernements et des institutions financières. Cette caractéristique devient particulièrement attractive dans un contexte où l'imprévisibilité politique constitue un paramètre de risque supplémentaire pour les investisseurs.
Le retour de Donald Trump à la présidence américaine a renforcé cette dynamique, plaçant l'incertitude politique au centre des préoccupations des marchés. Une fois le doute installé, les comportements d'investissement évoluent naturellement vers la recherche de sécurité plutôt que de performance.
L'analyse des acheteurs révèle une tendance particulièrement significative : au-delà des traders et fonds spéculatifs traditionnels, de nombreuses banques centrales se positionnent massivement sur l'or. La Pologne, la Chine, le Kazakhstan, la Turquie, l'Inde et les pays du Golfe figurent parmi les acquéreurs les plus actifs.
Cette diversité géographique des acheteurs institutionnels témoigne d'une stratégie de diversification à l'échelle mondiale. Ces institutions cherchent à réduire leur dépendance aux devises traditionnelles et aux systèmes financiers centralisés.
La dernière fois que l'or a enregistré une surperformance comparable remonte à 2008, au cœur de la crise financière des subprimes. Cette comparaison historique souligne le caractère exceptionnel de la situation actuelle et confirme le rôle de l'or comme indicateur de tensions systémiques.
Toutefois, une différence majeure distingue la période actuelle de 2008 : le désordre ne provient plus de la périphérie du système financier mondial, mais de son centre même, les États-Unis. Cette inversion géographique des sources d'instabilité renforce paradoxalement l'attractivité des actifs refuges.
L'envolée de l'or ne prédit pas nécessairement une catastrophe financière, mais signale plutôt une érosion progressive de la confiance dans le système financier traditionnel. Le recul ponctuel du dollar et l'appréciation corrélative de l'or illustrent ce phénomène de redistribution des préférences d'investissement.
La question centrale ne porte donc pas sur le niveau de prix de l'or, mais sur les raisons qui poussent les investisseurs à privilégier un actif totalement indépendant dès que la visibilité économique se dégrade. En période d'incertitude, la réduction de l'exposition aux risques prime sur la recherche de rendement, expliquant le succès retrouvé du métal précieux.
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--- La chronique économique d'Amid Faljaoui, tous les jours à 8h30 et à 17h30.
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