Les coulisses du pouvoir : l'édito politique

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Les coulisses du pouvoir : l'édito politique episodes

  • Les réactions politiques face au conflit au Proche-Orient
    L’attaque du Hamas contre Israël à été abondamment commentée par les politiques belges ce week-end. Entre gauche et droite, il y a plus que des nuances. Oui en effet, le conflit israélo-palestinien est l’objet de longue date de lectures différentes voire carrément divergentes. La droite du spectre politique insistant plutôt sur un soutien à Israël, la gauche insistant de son côté sur un soutien à la cause palestinienne. Les deux pôles s’accusent mutuellement d’aveuglement, de militantisme et de partis pris. Il y a des exceptions bien sûr, et puis entre ces deux pôles il existe une série d'expressions plus nuancées. Comme lors des derniers affrontements entre le Hamas et Israël, ces lignes de fractures sont apparues au grand jour chez nous, comme dans la plupart des pays occidentaux. FRH La violence et la cruauté des attaques du Hamas, n’a pas rassemblé toutes les forces politiques ? BEHE Non, pas de rassemblement unanime dans la condamnation. Du côté du gouvernement d’abord, on le sait la Vivaldi n’hésite pas à se déchirer publiquement sur une série de dossier. Ici, pas de déchirure mais des nuances. Le premier ministre Alexander de Croo par exemple. Il utilise le nous, au nom du gouvernement et du peuple belge : “nous sommes aux côtés d’Israël en ces heures sombres, les attaques terroristes qui frappent vos villes ne peuvent être condamnées que dans les termes les plus fermes.” Le Partenaire MR suit cette ligne avec le vice premier David Clarinval qui évoque d’actes Criminel et demande aux Hamas d’arrêter les violences. Le PS dit lui aussi condamner avec la plus grande fermeté les attaques violentes et indiscriminées du Hamas contre des populations civiles. Le PS qui ajoute quand même “il est temps que l'UE prenne clairement position en vue d'une résolution de ce conflit après des décennies de déclarations non suivies de mise en pratique.” Ce qui est une manière de dire que l’attaque d’hier s’inscrit dans un contexte particulier. La réaction d’Ecolo est plus nuancée encore, le vice premier Georges Gilkinet écrit par exemple qu’il est profondément horrifié, mais ajoute cette phrase “D’où qu’elles proviennent et quelle qu’en soit l'origine, les attaques à l’encontre de civils innocents sont injustifiables.” Condamnation puis nuance, on retrouve également ces deux moment chez le député écolo Simon Moutquin qui écrit “Je condamne sans réserve les tirs de roquettes du Hamas lancés sur des civils, de même que cette occupation et cette politique israélienne d’apartheid qui, chaque jour, nourrit les cycles de violence et nous éloigne d’une paix juste et durable.” Condamnation unilatérale du Hamas donc à la droite du gouvernement, condamnation avec nuance et rappel du contexte à la gauche du gouvernement. FRH Dans l’opposition, on retrouve également ces nuances. BEHE Oui avec Maxime Prévot président des engagés qui à tout d’abord tweeté ceci “Quand une attaque d'Israël agresse la Palestine agresse et fait des morts, nous nous indignons, quand une attaque palestinienne agresse et fait des morts nous nous indignons avec la même force”. Une forme d’équidistance, qui à suscité beaucoup de réaction en interne, Maxime Prévot à retiré son tweet, et l’a remplacé par un autre qui insiste sur la dimension terroriste du Hamas qu’il condamne fermement, mais en gardant cette idée je le cite qu’il “faut cesser que chacun des camps ne continue l'escalade avec des actes générant de nombreux blessés et morts depuis des décennies.” Enfin au PTB là, pas de condamnation claire des attaques, c’est le seul parti dans ce cas. Le président Raoul Heddebouw parle d’image terrible, mais n’utilise pas le terme de terrorisme pour qualifier l’attaque du Hamas, mais d’assaut, et pointe la puissance de feu de l’armée Israélienne qui s’est déchainée en réponse. Dans un post assez long il explique : “ l’appartheid et l’occupation israélien sont la source du problème”. Le gouvernement de Benjamin Netanyahu est longuement pointé du doigt pour sa politique, mais le Hamas n’est jamais dénoncé une seule fois. Un posture que l’on retrouve également chez La France Insoumise en France et qui à suscité là bas une intense polémique ce Week-End.
    6 min
  • Le train est-il le ciment de la Belgique ?
    Le train est-il le ciment de la Belgique ? C’est la question qu’on se pose dans les coulisses du pouvoir ? L’activité ferroviaire est en tous les cas indissociable de l’histoire de la Belgique. Et comme elle, son avenir n’est pas sur des rails. BEHE Oui la Belgique est créée en 1830, je ne vous apprend rien, et le premier train roule 5 ans plus tard. En 1835, Léopold 1er inaugure ce qui est alors la première ligne de chemin de fer du continent européen à Malines. A l’époque, les autorités belge veulent faire de Malines, siège de l’Episcopat, le nœud ferroviaire de la Belgique. Au grand dam des Wallons déjà, et de certains milieux laïques… Pour la petite histoire, le train qui était censé ramener Leopold premier et les presque 900 invités à Bruxelles est tombé en panne…Ca ne s’invente pas. Tout ce petit monde à du retourner en calèche… Mais bref, retenons ceci, la construction de la Belgique comme Etat Nation se matérialise avec la construction très rapide d’un réseau, qui sera pour longtemps un des plus dense du monde. La Belgique est petite et très industrialisée. Et très vite, ce réseau se construit, comme les institutions belge de manière centralisée, en étoile pour relier les grandes villes du pays à Bruxelles. Et le réseau est si dense qu’il structure profondément le territoire, y compris dans les zones plus reculées… Jusque dans les années 50, les années de l’expo 58, la SNCB est l’objet d’une certaine fierté nationale. D’ailleurs l’ancêtre de la RTBF, l’INR réalisait déjà des spéciales dans les trains… Et il y avait déjà des journalistes avec un micro volant dans les Wagons… SON SNCB 1 ¨ FRH On a rien inventé en matière de spéciale donc, même si on joue sans doute un peu moins à la Belote. BEHE Oui et une fois passé les années 50 commence la période du désamour pour le rail, avec l’avènement de la voiture, mais en parallèle nous vivons aussi le désamour pour la Belgique. Début 1970 le rail est comme la Belgique dépassé par les faits. Au même moment ou Gaston Eyskens premier ministre pronnonce sa phrase célèbre L’etat unitaire est dépassée par les faits, on ferme des gares à toute vapeur. SON SNCB 2 ¨ FRH Le ton a bien changé, le rail entre en dépression… BEHE Oui comme la Belgique, le parallèle est vraiment frappant. Il n’y a pas nécéssairement un lien de cause à effet, mais une corrélation très marquante. A partir des années 80 on parle du rail en termes de coûts, la SNCB est une structure lourde, il faut l’alléger. On continue à fermer des gares, à supprimer des lignes. Dès 1999, le parlement flamand demande la régionalisation de la SNCB. L’idée apparaît assez vite comme très difficilement réalisable. Mais, au début des années 2000, alors que les francophones ont besoin d’argent pour leurs écoles, on couche pour la première fois la fameuse clef de répartition 60/40. Cette clé qui à conduit à arrêter des travaux du RER côté francophone, parce qu’on avait pas encore dépensé tout l’argent côté flamand. Mais plusieurs élus flamands ont déjà demandé de revoir cette clé pour avoir plus d’argent pour investir dans le port d’Anvers. Enfin, 10 ans plus tard, au moment où la sixième réforme de l’Etat rend la Belgique définitivement illisible, on divise aussi le rail en trois entités, la SNCB, la SNCB Holding et infrabel on y comprends tellement plus rien, qu’on réformera la réforme pour arriver à deux entités. Infrabel et la SNCB. On en est là aujourd’hui, le rail belge aura épousé toute les vicissitudes de l’Etat Belge, et en même temps elle lui aura aussi résisté. La régionalisation du rail apparaît tellement comme inefficace et coûteuse que même les nationalistes flamands, n’en font vraiment une priorité.
    6 min
  • Le MR est-il le parti de Georges Louis Bouchez ?
    Mais que faire de Georges Louis Bouchez ? C’est la question à laquelle le MR ne parvient pas à répondre. Son mandat de président arrive à échéance fin novembre et le parti est profondément divisé sur la suite. Le MR est à un tournant. Oui, l'histoire du MR est marquée depuis ses débuts par d'âpres sagas de luttes fratricides pour le pouvoir au sein du parti. Bien sûr, ces luttes existent aussi dans les autres partis, mais chez les libéraux, c'est devenu une tradition. Ces luttes sont publiques, profondes et très souvent duel, virant à la bataille clanique. On se souviendra des duels Gol-Michel père, Reynders-Michel père et fils qui ont émaillé près de 30 ans de vie politique. En 2019, lorsque Georges Louis Bouchez est devenu président, c'est parce que le leader incontesté de l'époque, Charles Michel, est parti faire carrière en Europe. Le clan Michel, qui dominait de la tête et des pieds le parti, a choisi son candidat, le candidat de l'appareil donc, Georges Louis Bouchez, qui l'a emporté contre Denis Ducarme, qui se présentait lui-même comme le candidat de la base. À l'époque, c'était très clair pour les barons du parti que Georges Louis Bouchez était "l'homme de", l'homme des Michel, un président de transition. Mais lui ne l'entend pas de cette oreille et compte bien devenir le numéro 1. Oui, c'est sa seule ambition, il ne s'en cache d'ailleurs pas. Aucune place autre que celle de numéro 1 ne pourrait lui convenir. Depuis 4 ans, il cherche donc à s'émanciper en imposant son style sans s'inquiéter beaucoup des conséquences sur la participation du MR dans les différents gouvernements. On le sait, cette stratégie a passablement énervé ses partenaires et suscité l'intervention forcée des poids lourds, tels que Borsus, Wilmès, Jeholet et Michel, afin de l'encadrer, c'est le mot qui a été trouvé, le président. Mais ces tentatives se sont révélées vaines. Georges Louis Bouchez n'a jamais dévié de sa ligne de rupture. Parce que sa ligne, ce n'était pas celle d'un président qui gérait des gouvernements, mais plutôt celle d'un président qui a mené une longue campagne de 4 ans auprès de la base du parti pour chercher une légitimité qu'il ne trouvait pas auprès des cadres du parti. Et aujourd'hui, Georges Louis Bouchez est en position de force dans le parti ? Lui, en tous cas, le pense. Il se dit que la posture radicale qu'il a suivie lui vaudra les suffrages de la base des militants. Lui qui a dit un jour "Le seul défaut de la Belgique, c'est qu'il n'y a pas d'élection présidentielle". Là, il a une élection où sa posture sarkozyste peut payer. Il n'a donc pas peur de l'élection ouverte et se permet donc de refuser toutes les tentatives de prolongation avec conditions que lui proposent les cadres, tels que Borsus, Wilmès, Michel, etc. Ils veulent éviter une guerre ouverte avant les élections, ils veulent aussi en profiter pour une nouvelle fois tenter d'encadrer leur président durant la campagne et les négociations à venir. Plus le temps passe, moins on trouve une solution, plus Georges Louis Bouchez se rapproche d'une élection qu'il est convaincu de remporter. Bien évidemment, c'est un parti. D'autres personnalités dans le parti me disent qu'il bluffe, qu'il a une base de fans, mais aussi une solide opposition parmi les militants, qu'il n'est pas du tout certain de gagner. Un ministre me disait hier, même un chien avec chapeau gagnerait contre lui. Comme dans toute négociation, on se trouve dans une phase de dramatisation. Une phase où les acteurs bluffent en se disant "ça va saigner" pour mieux rendre trop coûteuse l'absence de compromis. Mais voilà ce qui se joue. Il y a quatre ans, Georges Louis Bouchez était l'otage des barons, en particulier du clan Michel. Il ne cesse depuis lors de s'émanciper. Aujourd'hui, la question qui se pose c'est de savoir si le MR n'est pas devenu l'otage de Georges Louis Bouchez. Car lui n'a qu'une ambition, que le MR devienne son parti. Comme avant lui, le parti était celui de Jean Gol, le parti De Reynders ou le parti de Michel. Peut-être qu'il bluffe en disant qu'il serait facilemnet réélu, mais sur ses intentions, celle de régner sans partage, ce n'est pas du bluff, par contre...
    6 min
  • La remontada des Engagés
    Le remontada des engagés est-elle bien engagée ? Le parti ou plutôt le mouvement centriste enchaine les transferts de noms ronflants pour prendre les têtes de liste des prochaines élections. Et un récent sondage semble montrer que la stratégie de reconquête des électeurs portée par Maxime Prevot porte ses fruits, Himad. ((HIME)) Depuis 5 ans, quand vous discutiez avec des gens à propos du cdH puis les engagés, la teneur des propos était souvent la même. Ca ressemblait à ceci. ((extrait film)) ¨ Vous avez certainement reconnu "la nuit des morts vivants", le remake de John Romero signé Tom Savini en 1990, un classique du films de zombies. Les morts-vivants, c’était la description la plus souvent entendue ces dernières années lorsqu'on évoquait les centristes. Et pourtant, et pourtant, les engagés sont revenus d’entre les morts, plus d’un an et demi après un changement de nom et alors que la mayonnaise n’avait pas vraiment pris depuis. Un tout récent sondage le soir-RTL les donne, en wallonie, à quasi 14%. Il faut remonter à mars 2015 pour retrouver ce mouvement politique aussi haut. Depuis les dernières élections, les engagés végétaient en-dessous de 10% au sud du pays. Vous me direz, et vous n’aurez pas tort, qu’il y a la marge d’erreur. Mais quand même, on ne peut nier l’existence d’une dynamique turquoise, comme la couleur des engagés. ((HER)) Et on l’explique comment cette dynamique ou cette résurrection ? ((HIME)) Pour tout un tas de raisons. D'abord, un passage, qui plus est choisi, dans l'opposition ça ne fait pas trop de mal. Puis surtout, la marque "les engagés" commence à prendre. On a beaucoup rit l'an dernier, avec les bêtes jeux de mots, les enragés, les dégagés, les empaffés, les ce que vous voulez. Mais 18 mois après le changement de nom, les blagues c'est fini. D'ailleurs, on a même oublié "il fera beau demain", vous vous souvenez, le plateforme de transition du cdH vers les engagés. Les récents transferts ont d'une certaine façon crédibilisé la marque, de quoi la remettre au devant de la scène. Le travail de fond des troupes de Maxime Prévot semble également payer, avec une volonté de rompre avec le passé, entre autres avec des transferts qu'on aurait pas nécessairement attendu au PSC ou au cdH. Vous imaginez Olivier De Wasseige, l'ancien patron des patrons wallons, au cdH de Joëlle Milquet ? Ou Yves Coppieters, le professeur de l'ULB, pilier laïc, au PSC ? Un profil comme Jean-Jacques Cloquet, comme les deux derniers cités, aurait pu, aurait dû, se retrouver au MR. Et ne parlons même pas de Jean-Luc Crucke, évidemment. Et dans le même temps, avec Elisabeth Degrise, tête de liste à la Chambre à Bruxelles, elle qui est ancienne collaboratrice de Joëlle Milquet, membre fondatrice d'INES, un think tank de gauche, et vice-présidente des mutualités chrétiennes, les engagés gardent un pied à gauche et retournent aux sources du pilier chrétien. Comme avec l'arrivée attendue cette semaine de Vincent Blondel, le recteur de l'UCLouvain, comme tête de liste en Brabant wallon. La Libre l'a évoqué. On rajoutera qu'il est également question, sur cette même liste, d'une autre personnalité médiatique très connue, qui n'est pas une présentatrice de JT. On a du neuf, on a de l'ancien, on pourrait avoir du surprenant, en tout cas, le projet est conforté. Comme on en football, on ne gagne pas un championnat sur les transferts, mais on peut le perdre. Et pour le moment, les engagés s'en sortent pas mal, avec des coups réussis qui crée un cercle vertueux. A côté de ces éléments "internes", si l'on peut dire, il y a aussi au moins un contexte externe qui arrange bien les engagés : il y a un boulevard au centre. Entre un MR qui va chercher plus à droite les voix qui lui manquent, Défi qui est inexistant en Wallonie et perd des plumes à Bruxelles et Ecolo décentré par les questions woke, les engagés entendent bien redevenir ce qu'ils ont été : un parti, un mouvement, pivot. Pour les engagés, 2024 sera l'année du retour au pouvoir, ou ne sera pas.
    5 min

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Bertrand Henne réalise l'exercice de l'édito politique et décrypte l’actualité politique belge et les grands débats de société. Une chronique indispensable pour mieux comprendre le pouvoir en Belgique. Avec un œil critique et accessible, la politique belge n’aura plus de secret pour vous.

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