Les podcasts de RadioVino, vin naturel et gastronomie

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Les podcasts de RadioVino, vin naturel et gastronomie episodes

  • Immerpif 09 - Immerpif À La Pao
    Cette semaine, Julien s'est (presque) déconfiné en allant préparer une 500 (les byodinamistes comprendront…) chez Agnès et Jacques Carroget du domaine de la Pao(nnerie), , et ils parlent engagements et militantisme.
    +++++
    « Cette semaine on fait une 500 ».
    Je me souviens du moment où Jacques m’a dit « cette semaine on fait une 500 »
    Une 500, c’est une préparation de biodynamie. Elle est assez connue (surtout des détracteurs). C’est cette préparation à base de bouse de vache fermentée dans le sol durant la période hivernale, de la bouse de vache introduite dans des cornes de vaches.
    Ce qui me titille surtout, c'est que la dynamisation de cette 500 on la fait à la Pao ! Et la Pao, c’est pas loin mais ça fait presque 2 mois que…. petit retour, nous sommes début mars, pendant le salon Canons à Nantes, je croise Agnès et Jacques Carroget et leur dis "je passe dans la semaine"… Nous sommes fin avril... nous y passons enfin.
    Agnès et Jacques, je les connais sans les connaitre mais on se croise souvent sur des salons… Agnès fait déguster et Jacques entre deux dégustations participe en général à une table ronde. C’est le genre de couple engagé. Je ne sais pas trop combien, mais il y a souvent pas mal de sigles rattaché à Jacques, des sigles de structures militantes locales, nationales et européennes. La dernière fois que je suis passé, il y a 4 ans, Agnès m’accueille « C’est dommage, Jacquo est parti à Bruxelles ! Viens avec moi je dois passer chercher le pain chez le paysan boulanger »… Voilà, c’est comme ça à la Pao.
    Bref, Jacques c’est le genre de mec qui fait du vin et qui fait que le secteur et la filière avancent, progressent.
    Dans les sigles qui sont souvent proches de Jacques, il a en général, agri, viti, bio, nature…
    Nous sommes mercredi, Jacques (Février) et Philippe (Chevarin) ont prévu de faire une 500 de printemps. On part donc dynamiser à la Pao ! j’ai bien cette phrase, tiens, on va dynamiser à la Pao. Dynamiser c’est quoi ? C'est brasser l’eau et la préparation biody. Dans le dynamiseur, les pales tournent pour créer un tourbillon, un vortex, puis s’arrêtent …et repartent dans l’autre sens… un peu comme dans un torrent.
    On arrive donc, Jacques est sur son tracteur. Chouette, il est là ! On file au chai. On y croise Marie, fille et vigneronne, Rachel, l’autre fille qui « moutonne », n’est pas là.
    On commence le process. il y en a pour une heure.
    Jacques arrive. Masque bleu, sobre. On refait le monde. Agnès arrive. Masque bariolé, un panier, du thé, du café. Y’avait même un gars de Cyclovino ! Bref, on cause. Ça fait du bien. Même à distance.
    On parle du vin, de la vigne, du temps paysan. On parle militantisme. On parle du temps militant. Du temps que ça prend, du temps qu’il prend, du temps qu’on peut vouloir donner. Une des actualités est la récente création du Syndicat de défense des Vins Naturels. On parle Vin Méthode Nature. Ce Syndicat à la base c’est la rencontre de Gilles AZZONI, Jacques CARROGET, Sébastien DAVID, Eric MORAIN, Christelle PINEAU et Antonin IOMMI-AMUNATEGUI.
    Selon eux il y avait « besoin que les vignerons donnent un engagement » et surtout pour reprend les mots de Jacques dans une vidéo débat du New York Times « que les vignerons aient la liberté de crée le goût dont ils ont envie »
    Le dynamiseur s’arrête. L’eau est dynamisée, nous aussi ! Ca a duré une heure. Un peu plus en fait, on a gouté quelques trucs quand même.
    Faire du vin, du bon vin de façon réfléchie, respectueuse de l’environnement et de l’humain, c’est militer, échanger, débattre, construire, confronter. C’est militer ! Dire ce que l’on a dire, dire ce en quoi l’on croit, c’est militer.
    ====
    Texte, son : Julien Gangand
    Montage : Laurent Le Coustumer
    Musique : Supernature, de Cerrone (cover par CYRYEL)
    4 min
  • Immerpif 08 - They Are The Words
    Pause culture ! Julien nous recommande quelques lectures dans cet épisode de pause au milieu de son séjour oudonnais. Des livres, des BD, et des formats inhabituels… il y en a pour tous les goûts vinesques.
    =====
    Texte, son : Julien Gangand
    Montage : Laurent Le Coustumer
    Musique : Bertrand le pote lyonnais
    Retrouvez le texte complet sur https://www.radiovino.fr/immerpif-episode-8-they-are-the-words
    4 min
  • Immerpif 07 - La Mécanique Des Fluides
    Julien revient sur un épisode qui l'a marqué à son arrivée chez Jacques Février : une mise en bouteille rythmique et entêtante.
    =====
    La mécanique des fluides
    [Texte intégral sur https://www.radiovino.fr/reportages/immerpif]
    Texte, son : Julien Gangand
    Montage : Laurent Le Coustumer
    Musique : Viralstreetdude, un track bien techno-mental d'Hubert, restaurateur à Lyon
    4 min
  • Vendanges 2019 au Château du Perron
    RadioVino s’est rendue pendant l'automne 2019 chez François Blanchard au Château du Perron à Lémeré, près de Chinon, pour vous raconter le rude travail des vendanges, ici ponctué des banquets, des rassemblements musicaux et des rires éclatants au milieu des vignes.
    Entre des premiers souvenirs gravés dans une mémoire collective ou des impressions étirées à travers le temps et les ressemblances, RadioVino a recueilli les mots doux et joyeux des vendangeurs qui se sont gentiment prêté au jeu. Vous entendrez parmi d’autres les voix de Framboise, Sebastien, Lucy, Cedric, Stef, Daniele, Eric, rires aussi de Martha, et Clothaire.
    Texte, son : Ghita Taghi
    Montage : Laurent Le Coustumer
    10 min
  • Immerpif 06 - Oudon Do Brazil
    En cette fin de deuxième semaine d'avril, Julien est toujours confiné (avec de la place) à Oudon. Entre deux coups de sécateur, il a le temps d'imaginer un week-end pascal spécial… sur fond d'accordéon !
    =========
    Oudon do Brazil
    Immerpif d’Oudon, good morning d’Oudon… mais d’où ? d’Oudon ! J’ai l’impression d’être dans « Un jour sans fin » avec son fameux jour des marmottes !
    On va être honnête je suis un privilégié du confinement. J’habite habituellement un 50 mètres carrés à Lyon et là j’ai quelques hectares comme périmètre sécurisé. Je fais moins d’ordi et plus de sécateurs.
    Pour ce 7ème épisode [ndlr : on a numéroté le prologue 0, donc on est au numéro 6…], je voulais lever un peu le pied, non pas sur les podcasts, mais l’idée en ce week-end de Pâques était d’en faire un moins technique, plus un truc d’ambiance.
    Depuis le dernier, je sollicite des potes musiciens pour la bande son. J’appelle Nico, un pote accordéoniste… Je reçois l’enregistrement un matin, je suis dans les vignes. Et là : Samba !
    Je ne m’attendais pas à du Verchuren ni à de la guinguette de sa part, ou alors une adaptation, mais de la Samba… Je lui demande un son « pinard » il m’envoie de la Samba, je kiffe. J’arrête la rédaction de mon billet. Feuille blanche, on recommence !
    Oudon do Brazil ! Bienvenue donc à Oudon do Brazil, la température extérieure est de 25 degrés, ça tombe bien. On trouvera bien une parcelle avec des sédiments tertiaires : argiles, sables à galets pour faire office de plage !
    25 degrés c’est bien, ne viens pas à la maison mais y’a le printemps qui chante, on s’fera un skype.
    Le printemps s’installe. On pense aux repas de familles et banquets d’amis, vous savez ces repas trop longs ou trop courts. Ces repas où au début on n’a pas toujours grand-chose à dire et qui finalement n’en finissent pas ! On parlerait de quoi ? Quels seraient les sujets d’engueulades ? On disserterait sur quoi ? Les repas de copains, on parlerait de nos week-end ? Des vacances à venir ? Tout serait programmé. Oudon do Brazil ! Moi j’y suis en tous cas !
    Vous avez réservé votre agneau ? Et vos chocolats ? Dépêchez-vous Kinder va faire gueule ? ah oui c’est Pâques ce week-end !
    Imaginez la (s)cène, c’est de circonstance. Prenez du recul, vous la voyez cette table de copains ? Sauf un il paraît. Ils sont treize, et pas une femme ! Prenez encore un peu de recul, allez un peu plus. Léonard va revenir il est parti chercher des rallonges, il a eu un contrôle, les distanciations sociales n’étaient pas respectées.
    Ça fait presque rêver une table de copains, même avec le respect de la distanciation, ça serait chouette une tablée de potes. On boirait quoi d’ailleurs, on mangerait quoi ? du vin nature j’espère, des produits en circuits courts j’espère, vous savez ces productions dont nombre de nos concitoyens viennent de redécouvrir l’existence ?
    Il y avait donc une tablée de copains il y a, à priori, quelques 2000 ans, ils mangeaient, du pain sans levain, un ragoût de haricots, de l’agneau, des olives, des herbes amères, une sauce de poisson et des dattes et du vin de Palestine, du Neheleschol ? un raisin de table du coin !
    Moi je ne sais pas encore. Il faut que je me renseigne s’il y a de la caïpirinha à Oudon do Brazil !
    On s’habillera bien pour notre repas de copains, on se fera Magniffffique !
    Pour une fois il n’y aura pas de téléphones sur la table ça sera chouette, la table sera dans le téléphone ! On pourra mettre les pieds sur la table et même, les pieds dans le plat sur les sujets d’actualité ! on trinquera à distance en mangeant de l’agneau confit-tout court !
    Texte, son : Julien Gangand
    Montage : Laurent Le Coustumer
    Musique : l'accordéon de Nico !
    3 min
  • Immerpif 05 - Faut Qu'ça Roule !
    Julien est toujours chez Jacques Février à Oudon.
    Il s'attaque à un travail de la vigne peu connu : il va devoir rouler les baguettes !
    ++++
    Faut qu'ça roule !
    Cela fait maintenant presque un mois que j’ai quitté Lyon.
    C’est si long, c’est si court ! C’était avant le confinement, cette période où on pouvait encore envisager des choses, rencontrer, embrasser, trinquer…
    Lamartine par sa poésie nous proposait une ode au temps presque d’actualité dans son poème le Lac « Ô temps ! Suspends ton vol, et vous, heures propices ! Suspendez votre cours : Laissez-nous savourer les rapides délices Des plus beaux de nos jours ! » il y a un peu de cela en ce moment, oui, le temps semble suspendu, figé… puis non en fait on se pose et on voit qu’il file, qu’il fuit.
    Je suis toujours chez Jacques Février à Oudon et la vigne nous rappelle quotidiennement que le temps avance, vite souvent, trop vite parfois, mais ne nous attend pas. Et quand le temps calendaire se confronte au temps météo, il y a une chance sur une qu’on soit à la bourre.
    Un soir Jacques me dit : « Demain on roule les melons » !
    Temps d’arrêt dans ma tête. Jargon ! J’apprends.
    Le rapprochement se fait toutefois assez simplement : Melon, c’est le melon B, melon de bourgogne, cépage blanc du muscadet, ça, je vois.
    Mais rouler ?
    Ah oui, rouler, c’est plier les bois !
    Petit rappel : quand la vigne est taillée en technique guyot-poussard et que l’on a retiré les bois, en gros tout ce qui a été utile une année mais dont on déleste la vigne pour l’année suivante, il reste selon ce type de taille, ce que l’on appelle une baguette.
    Jacques taille son muscadet, son gamay, son sauvignon mais aussi son pinot gris avec cette technique.
    L’idée de rouler est donc de dompter cette baguette, ce long et seul bois qui part du cep, en le faisant courir sur le fil de palissage. La baguette comporte les bourgeons et chaque bourgeon est invité à faire une grappe. Les aléas climatiques étant ce qu’ils sont, quand on roule, on est invité à dorloter ces bourgeons qui sont déjà bien en avance.
    Honnêtement, ce n’est pas l’activité la plus stimulante et pourtant je me prends à l’utiliser en sas introspectif. C’est une activité très répétitive. Mais il y a comme un truc, sensuel et poétique. La main accompagne le bois, le courbe, le cambre pour qu’il s’enroule autour du fil. Il faut envisager la résistance, la flexibilité et donc ne pas casser. Les mains caressent le bois, effleurent les bourgeons, les doigts dansent sur les fils.
    Alors on se prend à voir la parcelle comme une partition, ou le fil comme une corde de guitare. C’est pourquoi j’ai demandé à Jeannot de nous faire la musique ! Jeannot c’est un copain lyonnais rencontré il y a quelque temps au Troquet des Sens, chez Mat et Flo — Le Troquet c’est un traquenard à pinard dans le quartier d’Ainay à Lyon. Et Jean, j’ai le souvenir d’il y a quasi un an, à la guitare, pendant un bœuf avec des vignerons à la Bojaliene, un salon en Beaujolais.
    Rouler les bois, c’est aussi redécouvrir son dos car on est à peu près toujours courbé, le dos à l’équerre. Alors me vient ici un deuxième clin d’œil lyonnais. Une fois par jour, méditation et reliance grâce à la vidéo de Pascal, copain du Chababa, un autre rade lyonnais, d’habitués. Son truc, à Pascal, c’est la Gestalt Térapy, et j’aime bien car sa vidéo commence par : « posez bien vos pieds au sol », et après on part vingt minutes.
    Rien de tel que d’avoir les pieds ancrés pour laisser son esprit divaguer, rien de tel que l’avoir un cep dans les mains, des bois, des bourgeons entre les doigts pour laisser son esprit rêver. Le temps est propice, le soleil est là, le temps est sec, le temps est suspendu, le temps file !
    ======
    Texte, voix : Julien Gangand
    Montage : Laurent Le Coustumer
    Musique : Green-House, Soft Meadow. Puis une petite impro de Jeannot à la guitare !
    4 min
  • Immerpif 04 - Mercure et gel(s)
    Juste avant l'annonce du confinement, Julien se rend chez Jacques Février à Oudon, pour quelques jours, croit-il.
    Le gel est annoncé, il faut accompagner la vigne dans cette épreuve climatique…
    ++++++
    Texte, son : Julien Gangand
    Montage : Laurent Le Coustumer
    Musique : Last Summer, Frozen Meadow
    ========
    Mercure et gel-(s)
    Je vous ai quitté épuisé mais ravi de ce salon Canons. C’était cette époque où nous n’envisagions pas encore toutes les annulations de salons qui allaient suivre !
    Un passage chez Jacques Février, Le Raisin à Plume, vigneron à Oudon, était planifié. Il me récupère en gare de Nantes, nous sommes le 10 mars. Direction le vignoble, quelques jours sont prévus au rythme du travail saisonnier.
    Mais comme une planification est faite pour être déplanifiée, adaptée, subie ou optimisée, aujourd’hui 29 mars j’y suis toujours.
    Les premiers jours étaient dans les clous de ce qui était envisagé, on a embouteillé (ouf, à temps), on a étiqueté, on a tiré les bois, on a bu des coups, on devisait… Puis, les jours passant, l’actualité s’assombrissait et la pandémie que le monde traverse s’imposait. Puis, les jours passant, la météo se rappelait à nous. Et cet hiver qui ne s’était pas encore manifesté réellement avait soudain envie de venir nous challenger. Pas la journée — les après-midi sont quasi printanières. Mais le matin, « à l’heure ou blanchit la campagne » comme dirait l’autre. Pas de Contemplation possible Monsieur Hugo, de l’action.
    Le gel est annoncé. L’hydro-alcoolique est en rupture mais si nous voulons pouvoir faire commerce d’un millésime 2020, il faut nous battre contre Mercure dans les vignes. En clair, du gel est annoncé pendant plusieurs jours, plusieurs matins, plusieurs levers de soleil !
    L’hiver a été doux, la végétation est en avance, le débourrement est précoce. Le débourrement c’est cette période ou les bourgeons se sentent assez à l’aise pour sortir. Ils sont donc sortis, pas sur tous les cépages mais certains sont bien, trop bien, en avance.
    L’idée est donc d’accompagner la vigne dans cette épreuve climatique.
    Jacques travaille en biodynamie. Une des techniques utilisée pour le gel est de pulvériser de la valériane à 5 ml par hectare dans 30 à 35 litres d’eau tiède et dynamisée 20 minutes (mais nous en reparlerons spécifiquement dans un autre épisode). L’idée est de créer un « manteau de chaleur autour du bourgeon » et de « donner une intention à la plante avant les gelées qui font leur pic généralement entre 5h et le lever du soleil vers 7h moins le quart en ce moment !
    Le soir on observe donc la météo (est-ce que ça va passer ?) Ce samedi, ce dimanche ça passe ! Mais 3 réveils hâtifs la semaine dernière et la semaine prochaine s’annonce tendue. On passe un coup de fil à Marie Carroget, la voisine d’Ancenis, on prend des nouvelles de Xavière, et des autres vignerons du coin.
    Décision prise, on appelle Philippe, ami et vigneron avec qui Jacques échange et collabore tout au long de l’année.
    Rendez-vous à la parcelle à 4h30 ! On a choisi les parcelles les plus gélives et les cépages les plus précoces.
    Et nous voilà à la frontale, arpentant les vignes, avec nos pulvérisateurs à dos en cuivre. Plus ou moins réveillés ! En tous cas, bien frigorifiés et silencieux.
    Uderzo est mort, il n’y a pas de potion magique. Mais ces traitements biodynamiques ont fait leurs preuves sur des gelées légères alors on tente. Et on regarde le soleil se lever vers 7h, un verre de blanc à la main, on pensant à celui de l’année prochaine.
    Je voulais ici adresser un message de soutien à toute la filière. Aux vigneronnes et vignerons qui n’ont pas pu embouteiller, qui ne peuvent pas expédier. Aux cavistes et bars qui ne peuvent plus conseiller, aux restaurateurs qui ne peuvent plus accorder. Aux consommateurs et consommatrices pour qui chaque bouteille à finalement un goût de confinement. A très vite de pouvoir retrinquer !
    4 min
  • Immerpif 03 - No Women No Wine
    Troisième épisode : Julien accompagne Loren Tisserand à la deuxième édition de "Canons", le salon nantais des vigneronnes naturelles !
    ===
    No Women No Wine.
    Je vous ai quitté dans mon précédent podcast chez la viti-vinicultrice Loren. Elle m’avait embarqué à Canons, un salon de vigneronnes dont la 2nd édition avait lieu à Nantes début mars.
    Il y avait Xavière , Laurence, Pascale, Valérie, Margot, Natalia, Marie, Nathalie, Carole, Corine, Sybil, Ariane, Elodie, Loren, Mu, Sandrine, Zoé, Elise, Nadège, Emilie, Elodie, Saskia, Tessa, Eve, Anne-Laure, Marie, Stéphanie, Aurelie, Elodie, Pauline, Christelle…
    C’est chouette, c’était bon !
    C’est parce que ce que vous n’avez rien à prouver qu’il est nécessaire de le prouver !
    C’est parce que vous n’avez rien à justifier que la société vous demande encore de vous justifier !
    Et si vous n’en n’aviez rien à foutre… se serait si simple, plus simple.
    Alors c’est sans chercher à prouver, à justifier vous avez présenté vos vins.
    C’est en tous cas mon ressenti, un ressenti de mec, un mec du monde du vin, qui n’engage que ma perception, donc, de ce salon.
    Je n’ai pas envie de faire ici la liste des clichés sexistes, pour ne pas dire beaufs.
    Je n’ai pas envie de faire ici la liste de ce qui depuis longtemps, trop longtemps, conditionne et minore.
    Je n’ai pas envie de tout ça parce que dans ce salon je n’ai discerné et ressenti que des bonnes ondes et de bons échanges. Non pas qu’il n’y ait de compétition, je ne suis pas que fleur-bleue. Mais les challenges, discrètement perceptibles, étaient constructifs ! on sentait, du bon, du bienveillant, du simple, du normal si cela veut dire quelque chose.
    J’accompagnais Loren, j’étais donc un des rares mecs derrière un stand, ça fait drôle en fait, j’faisais pas le fier.
    Ce salon présentait des vins de vigneronnes, je ne saurais dire s’il y a une différence gustative et qualitative avec un vin de vignerons et, en fait, si, je sais qu’il n’y en a pas… Et, d’ailleurs, si je devenais vigneron, mon vin aurait-il un goût de vin de pédé ?
    C’est con à rappeler, mais une femme ne fait pas que du rosé et un mec du vin bleu… et moi je ne ferais pas de vin Rainbow. Je lapallisse, je lapallisse !
    Le vin ne fait pas genre, ça foire en général. On a donc dégusté des vins, simplement au goût humain. La différence était dans l’approche, peut -être. Pour certaines, ça roulait simplement, naturellement. Pour d’autres, des combats d’affirmations étaient nécessaires, non pas qu’elles le voulaient, mais la société, le milieu pinardier leur demandait, encore.
    Il y a bien sûr des combats militants encore et toujours nécessaires, des tribunes à signer, des slogans à revendiquer, de comportements à condamner et des connards a qui broyer les couilles pour leur rappeler que ce n’est pas nécessaire de sortir un magnum pour protéger leurs attributs qui manquent d’arguments.
    Alors j’imagine une table, un banquet, réunissant Spendaramet la géorgienne, la grecque Démeter, l’Iranienne Spenta Armaiti, Bacchus le romain et Dyonisos le grec. Des carafes, des brocs, des cruches, des grappes, des verres pleins, des toasts portés. Toutes et tous trinquant, s’enivrant, dégustant, vivant sans distinction, côte à côte et non face à face.
    Sans refaire de lapalissade, imaginons un monde du vin palissé ou les ceps et rameau ne ferait qu’un, un cep, une grappe, un vin, un cuvée !
    Alors bravo à toutes pour ce que vous faites. Bravo de vos breuvages. Que vous les fassiez en militant ou non, ils ont le goût de la passion, la rigueur de la technique, et ils nous saoulent tout autant ! Et qu’un jour il n’y ait plus ce petit truc, parfois trop gros, gênant, malsain et lourdingue qu’on vous demande, juste parce que vous êtes des femmes.
    ======
    Texte, son : Julien Gangand
    Montage : Laurent Le Coustumer
    Musique : Soon Hot And Sunny, These Boots Are Made For Walkin' (Nancy Sinatra cover)
    4 min
  • Immerpif 02 - C'était bien, chez Loren !
    Au début de son Immerpif, Julien est à Saint-Pourçain-Sur-Sioule, chez Loren Tisserand. Il s'y initie à la taille, fait quelques livraisons, et goûte au chai sur fond… d'Offenbach.
    ==
    C’était bien, chez Loren !
    La première étape de mon Immerpif a eu lieu, il y a quelques semaines, le 4 mars exactement. Ne sachant par où commencer, j’avais choisi de faire « local ».
    J’ai sollicité Loren, qui m’a répondu tout de go ! C’était parti. Alors me voici à prendre le train pour Moulin. Mais si, vous savez, Moulin, dans l’Allier.
    Loren est une « jeune » vigneronne, elle est revenue sur le domaine familial en 2015.
    Me voici donc arrivé en gare de Moulin, ce 4 mars, Loren m’attend, on se claque la bise. Oui on pouvait encore à l’époque. Je ne connais pas le programme je me laisse porter, on a envisagé de la biody, à voir. Loren m’embarque… en livraison. Moi qui me voyais dans les vignes ou la tête au-dessus du fût ! On commence par de la bagnole.
    Et oui, faire du vin c’est bien, mais il faut le vendre, une dégut’, deux livraisons et de beaux échanges avec des revendeurs, des prescripteurs en fait, un des maillons de cette chaine du vin.
    Mais revenons-en à Loren, je ne sais plus trop mais j’ai dû la rencontrer sur des salons. Le domaine est basé à Saint Pourçain.
    Stop, je m’arrête.
    Ce billet est un exercice de diction pour qui a, comme une fantaisie linguale. En clair, Loren Tisserand fait du Saint Pourçain avec du Tressalier avec des sols argilo-silicieux. Gloups, ça s’est dit ! R’met moi une rasade. Oh merde, y a encore un S…
    A Saint Pourçain on est dans les vins d’Auvergne et ceux du vignoble ligérien, l’adjectif relatif à la vallée de la Loire.
    Loren bosse au domaine avec ses parents, Luc et Claudine, qui ont passé le domaine en bio en 2010. Elle a donc un beau et sain terroir quand elle revient sur le domaine, à elle de jouer maintenant sur les vinif’.
    On a fait de l’étiquetage, non pas que ce soit passionnant, mais nécessaire, ça permet aussi de réfléchir, cette rythmique, de réfléchir sans réfléchir, et puis dans quelques jours, y’a salon.
    Moins mécanique fut le jeudi. A la taille !
    On part dans les vignes, rejoindre Luc. On se cale, un sécateur à la main. Let’s go !
    Pause.
    « Hey Loren, je fais quoi là ? »
    -Et bien, tu regardes le cep, tu le comprends et tu laisses 2 coursons, une baguette, 2 yeux par coursons et pour la baguette ça dépend, tu gères. Et au côté opposé de l’année dernière.
    Je me mets donc devant le cep, je cale…
    Je le regarde, j’essaye de le comprendre. Je suis perplexe. la taille est complexe et très personnelle pour les vigneronnes. Une mauvaise taille engendrera, hors autres péripéties dans l’année, une mauvaise récolte.
    Le sécateur est manuel, un coup sec ! Ne pas blesser le cep, ne pas stresser le bois… J’opte pour une stratégie d’accompagnement, je demande donc à Loren de valider mes choix. A priori, ils sont bons. Au bout de quelques pieds, je me lance. J’avoue ne pas avoir été des plus productif ! Je ne pensais pas me retrouver « si seul et un peu con » devant un cep ? Tailler c’est comprendre le cep, comprendre comme il a été taillé auparavant et vers quoi on veut l’emmener. Bref j’ai réussi. 
Verdict de la patronne, « ça va, t’as plutôt bien compris. » 
Ouf ! Il y aura à boire !
    Durant ces quelques jours, bien évidemment un tour au chai. Le nez sur les fûts, et goûter les vins en cuves, un plaisir, une communion. 
Dans le chai, Loren met en permanence de la musique. Le verre en main, le vin en bouche, Offenbach nous accompagne.
    Vendredi matin, on se lève tôt, pour un doublé Canon. Loren m’embarque à Nantes pour le salon Canons, un salon de vigneronnes. Sur le chemin on fera un pause chez l’ami Antoine, dans sa cave Canon, à Poitiers !
    ====
    Texte, son : Julien Gangand
    Montage : Laurent Le Coustumer
    Musique :
    - Michel Delpech, Chez Laurette
    - Jacques Offenbach, Barcarolle, dans Les contes d'Hoffmann
    4 min
  • Immerpif 01 - Coronadivisor
    Dimanche 15 mars 2020, juste après l'annonce du Stade 3, moment particulier dans le projet d'immersion de Julien qui est depuis presque une semaine à Oudon chez Jacques Février.
    Les travaux continuent à la vigne. On craint les gelées qui n'ont pas encore vraiment eu lieu, on attend et on se prépare.
    Ici comme ailleurs, tout est question d'adaptation.
    =====
    Texte, son : Julien Gangand
    Montage : Laurent Le Coustumer
    Musique : Herr Shinoz, "Seven Eight"
    3 min

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