L’esprit critique

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L’esprit critique episodes

  • PARTIE 2 -EP171, autour de "Vudú (3318) Blixen" d'Angelica Liddell

    « Je viens d’une génération qui voulait détruire le monde et surtout s’autodétruire, une génération où la folie était au cœur de la création. Le beau était violent, et le violent était beau. Je crois que cette liberté ne doit pas être perdue, cette sauvagerie esthétique, cet excès ! Je suis un samouraï, je me bats jusqu’à la mort. La mort est et sera toujours au centre de ma vie », avait déclaré Angelica Liddell à l’occasion de la remise d’un prix en juin 2025 pour Dämon, el funeral de Bergman.

    C’est dans ce registre que s’inscrit Vudú (3318) Blixen, titre de la nouvelle proposition de l’actrice, performeuse et metteuse en scène Angelica Liddell, placé sous le signe de la baronne danoise Karen Blixen, connue sous le nom de plume d’Isak Dinesen, autrice notamment du roman La ferme africaine et qui a donné son nom à l’astéroïde 3318.

    La pièce fait partie de la « trilogie des funérailles » proposée par Angelica Liddel, mais a été créée en réalité avant DÄMON, El funeral de Bergman, pièce présentée en juillet 2024 dans la cour d’honneur du Festival d’Avignon.

    De Blixen, Liddell retient principalement qu’elle « avait promis son âme au diable, en retour le diable lui avait promis que tout ce qu’elle vivrait désormais deviendrait une histoire ». Et c’est aussi une forme de pacte avec le diable qu’elle veut sceller pour se venger de l’homme qui l’a quittée et laissée avec une douleur irrémédiable qu’elle cherche à exorciser par les mots et les images.

    Prenant la forme d’un rituel occulte ou d’une grand-messe en bleu, noir et rouge, la pièce-cérémonie de plus de 5 heures est organisée en succession de cinq actes et tableaux qui paraissent épouser les étapes parfois associées au deuil : le déni à travers une reprise de la chanson de Jacques Brel « Ne me quitte pas » sur un monceau de fleurs blanches ; avant que ne se donnent à voir la colère, la tristesse exprimée notamment par un gigantesque boulet auprès duquel Angelica Liddell s’assoit, puis une forme de résignation traduite notamment par des images de futurs qui n’ont pas existé.

    Mais ce cycle censé classiquement se terminer par une reconstruction ne sied pas à la colère de la performeuse qui préfère organiser un final grandiose dans lequel elle orchestre ses propres funérailles, dans un dernier tableau ou le rouge sang a pris la place du bleu des débuts et où résonnent 101 coups de canons ainsi que la musique de Ray Heredia.

    Le spectacle a suscité une tribune du collectif « Décolonisons les arts », publiée sur ScèneWeb, et mettant en cause l’imagerie raciale à l’œuvre dans ce spectacle fondée sur une écrivaine dont l’œuvre est fortement située dans le contexte colonial.

    Vudú (3318) Blixen, d’Angelica Liddell, c’était récemment visible au Théâtre de l’Odéon.

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    19 min
  • PARTIE 1 -EP171, autour de "La Maison de Bernarda Alba", signé Thibaud Croisy, au T2G

    La maison de Bernarda Alba est l’ultime pièce du poète Federico Garcia Llorca, assassiné par des miliciens franquistes le 19 août 1936, deux mois seulement après avoir terminé ce texte prenant la forme d’un huis clos dans une maison andalouse dans laquelle une mère, Bernarda Alba, enferme ses cinq filles pendant des années pour respecter la tradition du deuil de son mari.

    Le metteur en scène Thibaud Croisy en propose une nouvelle traduction, effectuée en collaboration avec Laurey Braguier et publiée à L’Arche, et une nouvelle transposition sur scène, présentée au Théâtre de Gennevilliers, après être passée par Mulhouse et Bordeaux.

    Cette mise en scène perturbe la distribution habituelle de la pièce, puisque Thibaud Croisy a pris un homme pour jouer Poncia, la gouvernante et servante de la maisonnée qui commente le drame ; et qu’il a confié les rôles des cinq filles de Bernarda à des actrices aux corps et âges fort dissemblables.

    Ce choix de confier les rôles de la pièce non pas à des jeunes actrices qui se ressembleraient mais à des femmes d’âge mûr aux physiques différents souligne la cruauté de la situation de ces femmes célibataires dont les désirs se heurtent aux murs entre lesquels n’apparaissent que des fragments du monde extérieur.

    Parmi ces fragments sur lesquels fantasment les femmes enfermées, Pepe le Romano, l’un des plus bels homme de la région, que l’aînée et la plus laide des cinq sœurs, Angustias, pourrait épouser grâce à l’héritage que lui a laissé son père, mais dont est aussi tombée amoureuse la benjamine de la famille, Adela.

    La maison de Bernarda Alba de Thibaud Croisy, avec Elsa Bouchain, Charlotte Clamens, Céline Fuhrer, Michèle Gurtner, Emmanuelle Lafon, Helena de Laurens, Lucie Rouxel, Laurence Roy, Hélène Schwaller et Frédéric Leidgens, c’était récemment au Théâtre de Gennevilliers et ce sera bientôt visible à Bordeaux, au TCI à Paris, à Angers, Clermont-Ferrand, Béthune, Juvisy et Valenciennes.  

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    16 min
  • INTEGRALE -EP171, autour des spectacles "La Maison de Bernarda Alba" signé Thibault Croisy ; "Vudú (3318) Blixen" d'Angelica Liddell et "Manières d'être vivant" de Clara Hédouin

    Un classique du théâtre de l’entre-deux-guerres retraduit ; une référence à une baronne et écrivaine danoise ayant fait un pacte de création avec le diable et une tentative de mettre en et sur scène la philosophie contemporaine du vivant…

    On discute aujourd’hui dans « L’esprit critique » de l’ultime pièce du poète Federico Garcia Llorca, La maison de Bernarda Alba, mise en scène par Thibaud Croisy au Théâtre de Gennevilliers ; de Vudú (3318) Blixen, titre singulier donné à la nouvelle performance de plus de cinq heures proposée par l’espagnole Angelica Liddell qui était récemment visible au Théâtre de l’Odéon ; et enfin de la proposition de la metteuse en scène Clara Hédouin à partir de l’essai du philosophe Baptiste Morizot intitulé Manières d’être vivant, créé à l’automne à Villeurbanne et donnée récemment à la MC93 de Bobigny.

    Avec :

    • Zineb Soulaimani, que vous pouvez lire dans la revue Mouvement, Le Quotidien de l’art et dont vous pouvez aussi écouter le podcast « Le Beau Bizarre ».

     • Caroline Châtelet, qui écrit pour SceneWeb et les les trimestriels Théâtre, Novo et Jeux.

     •  Vincent Bouquet dont vous pouvez retrouver la plume sur SceneWeb.

     « L’esprit critique » est un podcast enregistré et réalisé comme chaque semaine par les équipes de Gong.

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    49 min
  • INTEGRALE -EP170, autour de "Jaune Soleil" d'Éric Chevillard , du "Carnet de notes. 2021-2025" de Pierre Bergounioux et du recueil de César Aira, "les guérisons miraculeuses du docteur Aira, et autres romans"

    Deux livres massifs publié par des sommités de la littérature mondiale et un texte bref commençant et finissant avec le regard d’une taupe. Deux ouvrages dont les narrateurs s’amusent sans cesse à dérouter lecteurs et lectrices, et un journal d’écrivain portant une dimension plus triste, voire tragique. Quoi qu’il en soit, pas loin de 1 500 pages à discuter en moins d’une heure.  

    On parle aujourd’hui dans « L’esprit critique » du nouveau texte d’Éric Chevillard intitulé Jaune Soleil que font paraître les éditions de Minuit ; de la nouvelle livraison du Carnet de notes de l’écrivain Pierre Bergounioux couvrant les années 2021-2025 publiée chez Verdier et enfin de la réunion en recueil de plusieurs textes de l’argentin César Aira sous le titre Les guérisons miraculeuses du docteur Aira, et autres romans, que traduisent les éditions Christian Bourgois.

    Avec : 

    • Youness Bousenna, qui chronique l’actualité littéraire pour Télérama

    • Blandine Rinkel, écrivaine, musicienne et critique

    • Pierre Poligone, cofondateur de Zone Critique, chargé de cours à l’université.

               

     « L’esprit critique » est un podcast enregistré et réalisé comme chaque semaine par les équipes de Gong.

     

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    41 min
  • PARTIE 3 -EP170, autour du recueil "Les guérisons miraculeuses du docteur Aira, et autres romans" de César Aira (Christian Bourgois)

    Les guérisons miraculeuses du docteur Aira, et autres romans est le titre donné à un recueil de César Aira, sans doute le plus grand écrivain argentin contemporain. Il est composé de différents textes écrits sur une durée de trente ans, chacun faisant environ une centaine de pages, pas tout à fait un roman donc, mais davantage qu’une nouvelle, peut-être la taille d’un fascicule comme ceux que veut composer le docteur Aira dans le texte qui porte le même nom que le recueil.

    Le tout fait pas loin de 600 pages, est publié chez Christian Bourgeois et traduit par Serge Mestre et Michel Lafon.

    Un épisode dans la vie du peintre voyageur, considéré comme un chef d’œuvre par l’écrivain chilien Roberto Bolaño ouvre ce recueil, dans lequel la réalité se plaît à dérailler ; où l’on rit souvent avant d’être pris de doutes quand l’auteur écrit « Je ne supporte pas les lecteurs qui me disent qu’ “ils ont ri“ avec mes livres, et je déplore amèrement leur attitude » ; et où l’on retrouve à plusieurs reprises la ville de Coronel Pringles, ville dont le nom semblerait inventé si elle n’était pas la cité de la province de Buenos Aires dans laquelle César Aira est né en 1949.

    Dans Un épisode dans la vie du peintre voyageur, qui date de 1995, César Aira écrit « On se fracasse contre les mots, et sans le savoir on est passé de l’autre côté, dans le corps-à-corps avec la pensée d’autrui. Il arrive la même chose à un peintre, mutatis mutandis, avec le monde visible. Elle arrivait au peintre voyageur. Ce que disait le monde était le monde. »

    Un de ses autres textes, La Couturière et le vent, débute ainsi : « Ces dernières semaines déjà avant de me rendre à Paris, j’ai cherché un sujet pour un prochain roman que je veux écrire : un roman d’aventures, plein d’évènements, de prodiges et d’inventions. Jusqu’à présent je n’ai eu aucune idée, sauf concernant le titre, que j’ai trouvé il y a plusieurs années et auquel je m’accroche avec l’obstination du vide : La Couturière et le vent. »

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    14 min
  • PARTIE 2 -EP170, autour de "Carnet de notes. 2021-2025" de Pierre Bergounioux

    Les éditions Verdier publient, comme tous les cinq ans, les carnets de notes de Pierre Bergounioux, c’est-à-dire le journal quotidien que tient l’écrivain. Chaque jour – et vraiment chaque jour puisque pas un dimanche, un jour férié ou un lendemain de fête ne manquent à l’appel en cinq ans - l’écrivain y note au moins une phrase, en général un paragraphe, au maximum une page sur un livre qui en compte plus de 700.

    Il y précise systématiquement son heure de lever, des éléments météorologiques, quelques-unes de ses activités de la journée, et beaucoup de ce qu’il lit. Très exceptionnellement ce qui se passe dans le monde.

    A l’approche des 80 ans, fragilisé par des difficultés cardiaques, ce journal édité depuis des décennies constitue, davantage que les précédents, une chronique sinon d’une mort annoncée, du moins d’un déclin physique débuté.  

    « Je peine à gravir le sentier escarpé. L’effort me porte sur le cœur et je resterai dolent, mal en point, tout près de la syncope, jusqu’à la fin de la journée, avec 10 de tension. Comme Sarah et Jeanne tiennent à toute force à pêcher, nous les emmenons jusqu’à l’aire de jeux où elles trempent dans le ruisseau un fil attaché à un bâton. J’ai connu, moi aussi, pareils magiques instants, au début du temps », écrit par exemple Pierre Bergounioux en notant aussi ailleurs : « L’âge est en train de m’enlever à la vie de mon vivant. »

    Sous forme à la fois systématique et fragmentaire, l’auteur de Miette, La Bête faramineuse ou Hôtel du Brésil nous donne ainsi à voir une hygiène de vie et d’écriture : « pas un jour sans une ligne » selon le précepte attribué à Pline l’ancien.

    « Quarante-cinq ans ont passé depuis que j’ai pris le parti de noter la teneur, la couleur de mes jours » écrit Bergounioux pour présenter ce nouvel ouvrage, dont une définition relativement juste serait sans doute ces mots qu’il cite de Singer : « Où sont donc parties toutes ces années ? Qui s’en souviendra quand nous ne serons plus là ? Les écrivains les mentionneront, certes, mais ils mélangeront tout. Il doit bien exister quelque part un lieu où tout est préservé, inscrit jusque dans les moindres détails. »

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    14 min
  • PARTIE 1 -EP170, autour de "Jaune Soleil" d’Éric Chevillard (Minuit)

    Jaune Soleil, le nouveau livre d’Éric Chevillard, que publient les éditions de Minuit, débute ainsi : « La taupe bifurqua, ouvrir une galerie verticale, repoussant avec énergie la terre devant elle, et risque une tête à la surface pour vérifier enfin la persistante rumeur selon laquelle existerait tout un monde au-dessus. »

    On ne dévoilera pas grand-chose de ce texte fantaisiste voire fantasque en disant que la taupe reviendra à la fin, mais qu’entretemps on aura croisé des personnages aux noms pour la plupart rocambolesques et en premier lieu, le trio formé par Philéon et Clodomir, avec Godelive, fille aux cheveux jaune soleil, dont ils sont épris tous les deux. 

    Mais cette histoire qui pourrait se dérouler au moyen-âge même si l’on y voit circuler des voiture Mercédès ne serait pas ce qu’elle est, ou ce qu’elle n’est pas, on ne sait pas trop, sans Monsieur Ristretto, un vieil écrivain attablé à la terrasse d’un café ou restaurant nommé les Grands Ducs et qui perturbe ou permet l’histoire – là encore on ne sait pas trop – avec ses souvenirs.

    « Afin de laisser passer cette autre voiture, monsieur Ristretto, toujours lui, fait marche arrière, obligeant un troisième automobiliste à se déporter sur la droite pour lui permettre de reculer, ce qui contraint une camionnette à piler brusquement et les répercussions en chaîne sur le trafic se poursuivent ainsi jusqu’à ce que chacun se décide à faire sagement demi-tour. Telle est l’influence de monsieur Ristretto sur le cours des choses. Va-t-il aussi embarquer tout le monde dans sa remémoration mélancolique ? » écrit ainsi Chevillard.

    Bref, on l’aura compris, il n’est pas évident, comme souvent avec cet écrivain, de résumer un texte où l’on croisera encore une baleine à bosse avalant un kayakiste ou un tromboniste n’attendant pas la fin du concert pour astiquer son cuivre.

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    13 min
  • PARTIE 3 -EP169, autour du film de Gus Van Sant, "La corde au cou"

    Le réalisateur américain Gus van Sant revient, après presque huit ans d’absence, avec un film intitulé La corde au cou.  Le long-métrage s’inspire, comme beaucoup de réalisations de Gus Van Sant, d’une histoire vraie, mais relativement oubliée, du moins sous nos latitudes.

    Cette histoire s’est déroulée le 8 février 1977 à Indianapolis, capitale de l’Indiana. Tony Kiritsis, un homme ruiné à cause d’un emprunt prend en otage le fils du courtier responsable de sa situation qu’il menace d’un fusil chargé attaché par un fil de fer reliant l’arme de la gâchette au cou de l’otage, risquant de le tuer au moindre mouvement : cette corde au cou qui donne son titre au film.

    La prise d’otages réelle dura 63 heures et fut filmée presque en direct par la caméra de la télévision locale puis nationale, suscitant maints débats sur le fait de savoir si Tony était d’abord un criminel ou d’abord une victime.

    La corde au cou, de Gus Van Sant, sera sur les écrans mercredi prochain 15 avril.

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    16 min
  • PARTIE 2 -EP169, autour du film "Silent Friend" d'Ildikó Enyedi

    Silent Friend est le septième film de la cinéaste hongroise Ildikó Enyedi, qui avait reçu l’Ours d’or à Berlin en 2017 pour son film Corps et Âme racontant une histoire d’amour entre deux personnes découvrant qu’elles se rêvaient chaque soir en cerf ou en biche, veillant l’une sur l’autre dans une forêt enneigée.

    Dans ce film-ci, il est aussi questions de frontières poreuses entre humains et non humains, puisque c’est un arbre installé dans le jardin botanique d’une université allemande – en l’occurrence un gigantesque Ginkgo biloba – qui constitue le personnage principal de ce long-métrage de près de deux heures et demie.

    Autour de lui, trois époques et trois personnages défilent en tissant des relations avec cet arbre qui les observe. Greta, première femme à intégrer cette université en 1908 doit affronter la misogynie du monde scientifique d’alors. Hannes, étudiant dans les années 1970, découvre l’amour en même temps que les interactions avec un géranium. Tony chercheur chinois en neurosciences invité sur le campus en 2020, se retrouve coincé par l’épidémie de covid et se lance alors dans une expérience avec le ginkgo.

    Pour les trois époques dans lesquelles la cinéaste plonge son arbre silencieux, elle a choisi trois formats différents : le segment contemporain est entièrement filmé en numérique qui permet notamment une précision de l’image à une échelle microscopique ; la partie de l’histoire qui se situe dans les années 1970 a été tournée dans un 16 mm qui intensifie les couleurs ; et la partie qui se déroule en 1908 est filmée en noir et blanc et en 35 mm.

    Dans un entretien qu’elle a donnée à Mediapart et à notre collègue Amélie Poinsot à l’occasion de la sortie du film, Ildikó Enyedi expliquait : « Mes personnages cherchent à se connecter aux plantes et se rendent compte qu’il y a un autre œil, Quand vous êtes dans un jardin, vous observez les plantes, mais elles vous observent aussi : vous vous trouvez au milieu d’autres observateurs. C’est cela que j’ai voulu rendre palpable dans le film – non pas l’expliquer, mais le faire ressentir. Les humains y apparaissent comme une partie d’une texture très riche. C’est une sensation plutôt plaisante : on se sent moins seul. »

    Silent Friend est sorti en salles le 1er avril dernier.

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    16 min
  • PARTIE 1 -EP169, autour de "The Drama" de Kristoffer Borgli

    The Drama est le titre du film du réalisateur norvégien Kristoffer Borgli avec en tête d’affiche les deux stars du moment que sont Robert Pattinson et Zendaya. Pour celles et ceux qui auraient réussi à échapper à l’intense campagne de promotion qui a accompagné la sortie du film, je rappelle que les deux jeunes gens se rencontrent dans un café autour d’un livre que l’une est en train de lire et que l’autre fait semblant d’avoir lu.

    Un coup de foudre et deux années plus tard, les deux tourtereaux se retrouvent à préparer dans les moindres détails un luxueux mariage, répétant leur danse inaugurale avec une chorégraphe, sélectionnant la meilleure DJ, préparant les discours qu’ils s’adresseront tous les deux.

    Mais alors qu’ils testent le menu et forcent sur les vins avec deux amis, la mécanique s’enraye après qu’a été demandé à chacun et chacune de raconter la pire chose commise de sa vie.

    Le film est issu de la société de production américaine A24, à l’origine de certains films qu’on a évoqués dans ce podcast comme The Brutalist de Brady Corbet ou Marty Supreme de Josh Safdie. Comme pour ces précédents long-métrages, on risque de se demander si cette société qui prétend renouveler le cinéma indépendant aux étatsuniens n’est pas le dernier avatar d’une conformité formelle et politique.

    The Drama est sorti en salles le 1er avril dernier.

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    15 min

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Cinéma, littérature, spectacles, expos : chaque semaine, L’esprit critique, c’est le nouveau podcast proposé par Mediapart pour inciser l’actualité culturelle, renouveler les voix qui…

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