L’écran est à la fois ce qui fait obstacle, empêche de voir, et ce qui focalise le regard, permet de voir. Dans tous les cas, il est toutefois une interposition, une médiation, un « voile » intercalé entre la réalité et le « corps voyant » : de fait, la pomme dont je vois l’image projetée sur l’écran – du cinéma, de la télévision, de la tablette, du smartphone – n’a aucun goût, ni sucré ni acidulé. Aussi, depuis longtemps, parle-t-on des « dangers » qu’il y a à prendre l’ombre pour la proie, à ne percevoir la réalité qu’au travers des images, en allant jusqu’à dire que les addictions aux écrans sont comme des mutilations de notre rapport au monde. Ces dangers sont-ils réels, et de quel ordre ? Sont-ils supérieurs à ceux que fait courir aux enfants et adolescent(e)s le constant usage des réseaux sociaux, aux risques qu’ils soient confrontés là à des photos, des images, des sollicitations, des échanges qui violent leur sensibilité, les entraînent subrepticement à des comportements nuisibles, auto-destructeurs, ou encore les piègent dans des stratégies de
cyberbullying, de harcèlement ? Les enfants sont-ils les victimes désignées de la « face sombre » des réseaux sociaux ? De quels droits protecteurs bénéficient-ils ?
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