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Or


Il ne se passe pas une semaine sans que je sois informé d'une nouvelle idiotie écrite dans le Vidal, devant l’indifférence de l’ANSM (Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé). Ils n'arrivent pas à faire une équivalence de lithium libération immédiate et prolongée.
400 mg de lithium libération immédiate sont équivalents à 400 mg de lithium libération prolongée.
C'est pas compliqué. Mais ils arrivent à se foirer.
C'est très fort. Ce sont des personnes qu’il faut mettre dehors le plus tôt possible.
Lithium et Téralithe LP : pourquoi l’équivalence est problématique
La notice du médicament (le RCP) propose un tableau de correspondance entre Téralithe à libération immédiate et Téralithe LP. Dans cette vidéo, je reprends les conversions 500→600 mg et 625→800 mg, la quantité de lithium élémentaire et les questions pratiques posées par un changement de formulation.
Lithiémie en une prise et risque rénal
Le deuxième point de litige concerne la prise unique ou fractionnée et l’heure de la lithiémie, à 12 ou 24 heures. Ce sont des questions distinctes de la simple dose de carbonate administrée, parce que la formulation et le rythme de prise modifient le profil des concentrations.
Pour en savoir plus :
* Lithium et émotions
* Lithium et antalgiques
* Le lithium à faible dose
Les commentaires, critiques et questions sont les bienvenus.
Je n’ai pas eu l’occasion de dire tout ce que j’avais à dire lors du débat sur France Inter.
Voici donc la suite.
N'hésitez pas à commenter !
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Pour ceux qui veulent un récit plus personnel sur la psychiatrie, le trouble bipolaire, l’hôpital et les traitements : mon livre Blouse blanche, idées noires est disponible ici.
Le minimum syndical à avoir essayé
Avec Clara, je reprends des passages d’Intérieur nuit, le livre de Nicolas Demorand sur sa bipolarité. Nous discutons de ce qu’il raconte des consultations, du diagnostic et des traitements. Je précise aussi ce qu’on ne peut pas savoir à partir d’un témoignage : nous ne sommes pas ses médecins et nous n’avons pas son dossier.
Vivre en gris, est-ce la même chose qu’être stable ?
Une grande partie de l’échange porte sur la vie entre les épisodes. Est-ce que se sentir stable signifie forcément vivre en gris ? Comment distinguer une émotion moins intense, un effet gênant du traitement et une dépression qui persiste ? Nous parlons du lithium, du sommeil, des horaires de travail et de la façon dont un médicament est vécu.
Que veut dire avoir tout essayé ?
Nous interrogeons enfin l’idée d’avoir tout essayé. Quels traitements ont été pris, pendant combien de temps, et avec quel résultat ? Le livre nous amène à parler de dépression résistante, de kétamine et du risque suicidaire. Nous discutons du pronostic sans transformer l’expérience d’une personne en règle pour toutes les autres. Cela n’empêche pas de prendre le récit au sérieux, ni de discuter ce qu’il laisse entendre sur les possibilités de soin.
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En vrac.
Sur la question d’une vie devenue monotone sous traitement, vous pouvez lire Lithium et émotions.
À lire aussi – stabilité et émotions
* Lithium et émotions : stabilité et émoussement émotionnel
* Trouble bipolaire : stabilité, émotions et traitements
Point de vigilance scientifique
Un témoignage ne suffit pas à établir ce qui serait adapté à une personne. Sur le lithium et le suicide, la méta-analyse de 2013 est favorable, tandis que celle de 2022 est non concluante. Une étude observationnelle de 2026 apporte encore un contrepoint, avec des limites de dose et d’observance. Cela ne justifie ni une promesse de protection, ni une conclusion d’inefficacité générale.
Littérature scientifique – lithium et risque suicidaire
* Lithium in the prevention of suicide in mood disorders: updated systematic review and meta-analysis – Lithium dans la prévention du suicide dans les troubles de l’humeur : revue systématique et méta-analyse actualiséesBMJ, 2013. Moins de suicides sous lithium que sous placebo dans les essais analysés : OR 0,13, IC 95 % 0,03–0,66. Événements rares ; la réduction des suicides ne se confond pas avec celle des idées suicidaires ou des tentatives.
* Effects of lithium on suicide and suicidal behaviour: a systematic review and meta-analysis of randomised trials – Effets du lithium sur le suicide et les comportements suicidaires : revue systématique et méta-analyse d’essais randomisésEpidemiology and Psychiatric Sciences, 2022. Douze essais, 2 578 participants ; résultat non concluant sur le suicide, OR 0,41, IC 95 % 0,03–2,49. Événements rares et choix analytiques discutés. Ne démontre pas l’absence de tout effet du lithium. Contrepoint précis au résultat de 2013.
* Lithium for the prevention of suicide in US veterans: a target trial emulation – Lithium pour prévenir le suicide chez les anciens combattants américains : émulation d’essais ciblesBMJ Mental Health, 2026. Pas de réduction substantielle des décès par suicide estimée à dix ans : RR per-protocole 1,00, IC 95 % 0,86–1,15. Données observationnelles ; doses, concentrations et observance non mesurées directement, sous-groupes bipolaires imprécis.
Je reviens sur la réponse reçue après mon courrier à l’Ordre des médecins. Je raconte la démarche engagée à propos de deux médecins-conseils et ce que je comprends des possibilités de saisine. Ce qui me frappe, c’est la différence de traitement avec les médecins contrôlés.
Le double standard que je dénonce
Je compare la rapidité de la réaction au signalement me concernant avec les démarches qui me sont indiquées lorsque je souhaite contester les actes de médecins-conseils. Je parle de l’agence régionale de santé (ARS), du ministère et du procureur. C’est mon récit et mon point de vue sur cette situation.
Les témoignages que je rapporte
Je demande aussi à Clara à quelle fréquence nous entendons des témoignages de patients sur leurs échanges avec la caisse. Je rapporte l’exemple d’un message téléphonique menaçant de remettre des demandes à zéro. Je précise ensuite que le médecin-conseil évoqué dans mon dossier ne dépend pas de la caisse de Mayenne.
Version vidéo du post « Le double standard ».
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À lire aussi – ma démarche auprès de l’Ordre
* Plainte contre les médecins-conseils : mon parcours
* CPAM : mon courrier de signalement à l’Ordre des médecins
Point de vigilance juridique – service public et fonction de contrôle
Le cadre distingue deux situations. Pour certains actes de service public, l’article L. 4124-2 permet notamment une saisine par les conseils de l’Ordre. Pour les actes d’une fonction de contrôle prévue par la loi ou le règlement, son deuxième alinéa réserve la saisine disciplinaire au ministre, au préfet, au directeur général de l’ARS ou au procureur. Cela ne crée pas une immunité générale : le Conseil d’État rappelle aussi les autres voies de responsabilité.
Textes officiels – saisine de l’Ordre contre un médecin-conseil
* Article L. 4124-2 du Code de la santé publiqueVersion affichée depuis le 26 février 2010. Le texte distingue les actes de service public et ceux d’une fonction de contrôle prévue par la loi ou le règlement. Le deuxième alinéa énumère les autorités pouvant engager la saisine disciplinaire dans ce dernier cas.
* Décision du 13 janvier 2014, n° 372804Conseil d’État, 2014. La décision expose les motifs d’indépendance et d’impartialité de cette restriction de saisine et rappelle l’existence d’autres voies de responsabilité.
La vidéo commence par un essai du pramipexole dans la dépression résistante. Je reviens sur ses résultats, sur la dopamine et sur la comparaison des traitements. Clara a lu Intérieur nuit, de Nicolas Demorand. De mon côté, je réagis à la fin du livre que nous discutons ensemble. Je ne prétends pas en avoir fait une lecture complète.
Stabilité, tempérament et émotions
Une question traverse la discussion : quand on a un trouble bipolaire, faut-il accepter de vivre en gris pour être stable ? Nous parlons de la différence entre humeur, tempérament et émotions. Clara décrit aussi ce qu’elle a ressenti avec certains médicaments. Je confronte ces récits à mon expérience clinique, en précisant ce que je n’ai pas vu et ce que je ne peux pas exclure. Nous ne connaissons pas la situation médicale de l’auteur du livre.
Traitements et avenir : ce que l’on peut attendre
Le lithium, la lamotrigine, les antipsychotiques et le pramipexole reviennent dans l’échange. Nous discutons des effets secondaires, de l’anhédonie – la difficulté à ressentir du plaisir – et des objectifs fixés avec un patient. Les désaccords portent aussi sur l’avenir : je refuse d’en faire une fatalité, sans pouvoir promettre une réponse à chaque personne.
À lire aussi – comprendre l’essai du pramipexole
* Étude du pramipexole : commentaires (1) – Le premier commentaire sur l’introduction et les mécanismes discutés.
* Étude du pramipexole : commentaires (2) – Le volet consacré à la gravité initiale et à la régression vers la moyenne.
Point de vigilanceL’essai PAX-D porte sur des adultes atteints de dépression unipolaire résistante. Il ne compare pas directement le pramipexole aux antipsychotiques. À douze semaines, le nombre de personnes à traiter pour une réponse supplémentaire (NNT) est d’environ quatre : ça ne veut pas dire qu’un patient traité sur quatre répond. Ces résultats ne se transposent pas directement à la dépression bipolaire ni aux adolescents. Dans PAX-BD, le critère principal à douze semaines n’est pas statistiquement significatif. Les résultats secondaires plus tardifs ne rendent pas ce critère positif.
Littérature scientifique – pramipexole dans la dépression résistante
* Pramipexole augmentation for the acute phase of treatment-resistant, unipolar depression: a placebo-controlled, double-blind, randomised trial in the UK – Ajout de pramipexole dans la phase aiguë d’une dépression unipolaire résistante : essai randomisé en double aveugle contre placebo au Royaume-Uni.The Lancet Psychiatry, 2025. L’essai PAX-D est celui discuté au début de cette vidéo. Chez 150 adultes, l’ajout de pramipexole à l’antidépresseur donne une réponse à douze semaines chez 44,1 % des patients, contre 16,4 % sous placebo. Les arrêts pour effets indésirables sont plus fréquents sous pramipexole : 20 % contre 5 %.
* A randomised double-blind, placebo-controlled trial of pramipexole in addition to mood stabilisers for patients with treatment-resistant bipolar depression (the PAX-BD study) – Ajout de pramipexole aux thymorégulateurs dans la dépression bipolaire résistante : essai PAX-BD, randomisé en double aveugle contre placebo.Journal of Psychopharmacology, 2025. Le critère principal à douze semaines n’est pas statistiquement significatif ; des résultats secondaires plus tardifs favorisent le pramipexole. Seulement 39 personnes randomisées, arrêt prématuré ; hausse des symptômes hypomaniaques. Les résultats tardifs ne rendent pas positif le critère principal. Ce contrepoint évite de transposer PAX-D au trouble bipolaire.
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Présentation faite au ministère de la santé devant notamment la directrice générale de l’agence nationale du médicament, dans le cadre de la mise en demeure sur le sujet de la pénurie de psychotropes.
Nous attendons leur réponse.
Pour retrouver le contexte de cette démarche, consultez l’appel collectif face aux pénuries de psychotropes, puis la page où je partage le document préparé pour la rencontre avec l’ANSM.
Psychiatrie Internationale est une publication quotidienne, sans lien d’intérêt avec les laboratoires pharmaceutiques. Pour soutenir mon travail, envisagez de devenir un abonné gratuit ou payant.
À lire aussi – abonnés payants : Pénurie de quétiapine : les consignes de la DGS à l’épreuve
J'ai besoin de votre aide !
Ça y est, j'ai signé avec l'éditeur pour mon premier livre et je cherche donc des conseils sur tout ce que vous estimerez pertinent pour le livre, que ce soit pour sa rédaction ou son contenu.
Objectif: mon histoire en tant que patient, analysée en tant que psychiatre, illustrant les limites de la discipline, du système de soin en France, et les pistes pour des améliorations.
Ça sera la première fois que j’écris pour le tout public, donc je suis preneur de tous les avis.
Vous pouvez donner votre avis ici:
https://forms.gle/rpbAG6y9s349EPLQA
Merci d'avance !
Pour retrouver les annonces et les coulisses de la publication : Vie de Psychiatrie Internationale : annonces, accès et coulisses.
Quelques exemples de pertes de poids sous metformine pour mes patients. On parle, à chaque fois, de patients auxquels je ne fais rien de plus que de prescrire la metformine. Ils ou elles ont en effet déjà eu un suivi nutritionniste avec les règles de bon sens alimentaire habituelles.
Cette patiente a perdu 28 kilos en un an:
Celle-ci 20 kilos; avec toujours une reprise de poids pendant les périodes estivales, allez savoir pourquoi.
Celle-là est ma préférée. On a droit à un ABA; mise sous traitement, puis arrêt de traitement, puis remise sous traitement. L’arrêt du traitement a été imposé par quelques ignorants qui insistaient pour dire que “ça ne marche que chez les diabétiques”.
Un patient qui a perdu le poids que l’olanzapine lui avait fait prendre:
Souvenez-vous, la metformine est plus efficace pour diminuer la faim que pour diminuer le poids; ce que ces courbes ne montrent pas.
Une autre patiente sous bypass:
Et parce qu’on n’en parle pas assez, un patient professionnel de santé qui a pris 7 kilos en 4 mois d’olanzapine:
Quand vous vous réveillez la nuit avec une crampe d’estomac tellement vous avez faim, les “règles hygiéno diététiques” ne vous aideront pas.
Enfin, on m’a proposé de faire un article dans un journal; c’est une première !
A priori ça sera même 2 articles, un premier étant une revue de la littérature sur l’utilisation de la metformine, et le second sera sur les données des patients auxquels j’ai proposé de la metformine.
Ça commence à faire pas mal de choses à faire.
Je continue à remercier la CPAM de Laval, sans laquelle rien de tout ceci ne serait arrivé.
À lire aussi – abonnés payants : La vraie vie : une maladie de Charcot dans un système à bout
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Littérature scientifique – metformine et poids sous antipsychotiques
* The Optimal Dosage and Duration of Metformin for Prevention and Treatment of Antipsychotic-Induced Weight Gain: An Updated Systematic Review and Meta-Analysis. – Dose et durée de la metformine pour prévenir ou traiter la prise de poids sous antipsychotiques : revue systématique actualiséeCette synthèse de vingt essais retrouve un bénéfice pondéral moyen d’environ trois kilos par rapport au placebo. Les pertes bien plus importantes des courbes présentées ici restent des observations individuelles ; elles ne sont pas l’effet attendu pour chaque patient.
La version audio du post sur la genèse de la recommandation des 14 jours d’arrêt de travail.
Arrêt de travail : la genèse d’un référentiel
On revient sur la genèse d’un référentiel d’arrêt de travail. Je reprends le document de la HAS et la façon dont la catégorie « pathologies anxio-dépressives mineures » y est utilisée. Ce qui m’intéresse, c’est le chemin entre la question de départ, la recherche de données et le chiffre qui finit dans le référentiel.
InfoMédicaments et la catégorie « sédatifs psychiques »
On passe ensuite au site InfoMédicaments, tel qu’il apparaît dans cette vidéo. Je critique la place des notices et la catégorie « sédatifs psychiques ». Le lithium est au centre de notre discussion sur cette façon de ranger les médicaments.
Clara et moi discutons aussi de ce que ces mots peuvent faire entendre aux patients. On parle des confusions entre les médicaments, leurs effets et les raisons de les prescrire. Je donne mon point de vue, assez peu enthousiaste, sur la façon dont ces informations sont présentées.
Arrêts de travail : mon commentaire d’une intervention à RTL
Je reprends une intervention du directeur de l’Assurance Maladie à RTL sur les arrêts de travail. Je m’arrête sur les mots employés, les durées de référence évoquées et les contrôles des prescriptions. C’est un commentaire critique, avec les objections que ces propos m’inspirent.
Je passe ensuite à une fiche destinée aux professionnels de santé. Je discute la manière dont elle présente les difficultés anxieuses et dépressives, les échelles d’évaluation et les durées d’arrêt proposées. Je mets en question le raisonnement derrière ces outils et leur place dans la pratique.
Une vidéo pour les médecins généralistes
La dernière partie reprend un extrait mettant en scène deux médecins généralistes. Je le commente au fil des échanges : évaluation, conseils donnés, arrêt de travail et rendez-vous suivant. Je termine par mon point de vue sur les référentiels et sur les relations entre praticiens et Assurance Maladie.
Voici la version vidéo (pour les gens sur le podcast YouTube) du post sur le directeur général de l’assurance maladie.
Il y a en plus une petite vidéo assez collector à la fin, pour les quelques médecins généralistes qui sont encore une fois considérés d’une façon assez étrange par la caisse.
À lire aussi – abonnés payants : Arrêts de travail et CPAM : mes billets LinkedIn sur les soins
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