Psychiatrie Internationale

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By Dr Michaël SikoravScienceMedicineHealth & Fitness
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Psychiatrie Internationale episodes

  • Maladie mentale et violence, de quoi parle-t-on ?

    Avec Clara, nous partons d’une question : est-ce qu’un diagnostic dit si une personne est violente ? Elle me demande ce qui pourrait changer la situation quand quelqu’un dort moins, arrête ses médicaments ou boit de l’alcool. Nous discutons des raccourcis du débat : mettre tous les patients dans le même sac, ou affirmer qu’il n’y a jamais de risque particulier.

    Risque de groupe et situation individuelle

    Nous parlons des études, des consommations de substances et de la différence entre un risque dans un groupe et ce qu’on peut dire d’une personne. Les antécédents, l’environnement et les conditions de vie reviennent aussi dans l’échange. J’explique pourquoi je regarde le contexte plutôt que le seul nom du trouble. Nous abordons également la place des traitements et les difficultés qui apparaissent quand une personne et son entourage ne voient pas la situation de la même façon.

    Menaces, sécurité et travail dans les services

    La discussion porte enfin sur les menaces reçues par les soignants et sur les réponses possibles dans les institutions. Je raconte une situation clinique en précisant que les détails ont été modifiés. Nous évoquons le secret professionnel, la sécurité et le débat sur la contention. Clara revient sur le décalage entre les discours généraux et les situations rencontrées dans les services.

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    J’ai fait plusieurs articles sur le sujet avec des études citées sur le substack, je vous invite à les consulter.

    À lire aussi – maladie mentale, violence et contention

    * Bipolarité : de la violence à la pharmacothérapie

    * Contention en psychiatrie : études, moyens et abolition

    * Abonnés payants : Violence envers les psychiatres : on a un problème

    Le texte écrit sur les populations étudiées, les risques absolus et les options pharmacologiques.

    Psychiatrie Internationale est une publication soutenue exclusivement par ses lecteurs, sans lien d’intérêt avec les laboratoires pharmaceutiques.

    Point de vigilance scientifique – association, risque individuel et secret professionnel

    Une association statistique ne permet pas, à elle seule, de prédire qu’une personne passera à l’acte. La HAS distingue plusieurs facteurs de risque. Les deux analyses de NESARC en 2009 et 2012 donnent aussi des lectures différentes. Le secret professionnel comporte plusieurs exceptions légales ; la formulation orale ne les résume pas toutes.

    Littérature scientifique – maladie mentale et violence

    * Bipolar disorder and violent crime: new evidence from population-based longitudinal studies and systematic review – Trouble bipolaire et criminalité violente : études longitudinales en population et revue systématique.Archives of General Psychiatry, 2010. Condamnations pour infractions violentes : 8,4 % dans le groupe bipolaire contre 3,5 % chez les témoins ; association surtout marquée avec les troubles liés aux substances. Cohorte suédoise sélectionnée par hospitalisations, suivi long et issues judiciaires ; l’association observée ne permet pas, à elle seule, de prédire un acte chez une personne.

    * The intricate link between violence and mental disorder: results from the National Epidemiologic Survey on Alcohol and Related Conditions – Le lien complexe entre violence et trouble mental : résultats de l’enquête NESARCArchives of General Psychiatry, 2009. Après ajustement, le trouble mental grave seul ne prédit pas la violence future dans cette analyse. Enquête déclarative, diagnostics regroupés ; son analyse est discutée par une réanalyse ultérieure. Contrepoint à une lecture qui attribuerait toute la violence au seul diagnostic.

    * Mental disorder and violence: is there a relationship beyond substance use? – Trouble mental et violence : existe-t-il un lien au-delà de l’usage de substances ?Social Psychiatry and Psychiatric Epidemiology, 2012. La réanalyse de NESARC retrouve une association modeste même sans trouble lié aux substances. Analyse observationnelle des mêmes données avec d’autres définitions et modèles ; ne démontre pas une causalité simple ni un risque individuel. Cette réanalyse montre que le résultat dépend aussi des choix d’analyse.



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    21 min
  • Trois médicaments sur une île déserte

    Une île déserte, un million d’habitants et trois médicaments. On emporterait lesquels ? Le lithium sort immédiatement – on est d’accord avec Clara. Pour la suite, ça diverge pas mal.

    Le troisième n’est pas évident

    Quétiapine, metformine, pramipexole… On fait le tri, on hésite, on se contredit. Derrière ce petit jeu, il y a une vraie question : ce qu’on attend d’un médicament et ce qu’on est prêt à supporter pour qu’il continue à nous aider.

    Dire les risques puis laisser décider

    La discussion dérive vers les reins, le poids, la grossesse et l’arrêt des traitements. Réciter une notice ne règle pas tout. On parle de ce que le médecin doit expliquer, de ses propres inquiétudes et de la place que le patient garde dans la décision.

    À lire aussi – lithium et quétiapine

    * Lithium à faible dose : discussion de l’approche de Ghaemi

    * Quétiapine : arrêt, sevrage, perte de poids et alternatives

    Point de vigilance scientifique

    Cette section est rédigée avec l’IA.

    Cette vidéo est une conversation clinique, avec des raccourcis et des souvenirs d’études. Les choix du jeu ne constituent pas une ordonnance pour tous. Le lithium exige notamment une surveillance et une attention aux interactions, dont les anti-inflammatoires. Recommandations NICE.

    Dire que le pramipexole marche ne dispense pas d’études. PAX-D apporte un résultat favorable dans la dépression unipolaire résistante, en ajout à un antidépresseur. Les arrêts pour effets indésirables étaient de 20 % contre 5 % sous placebo. Un rectificatif existe ; son texte complet n’a pas pu être consulté ici.

    Sur les reins, « pas de souci » est trop catégorique. La cohorte suédoise de 2023 est plutôt rassurante face au valproate, mais la méta-analyse de 2026 retrouve une fonction rénale moyenne plus basse sous lithium. Et une cohorte de 2025 suggère un ralentissement du déclin après l’arrêt. Ce résultat observationnel ne garantit pas un bénéfice chez chaque patient.

    Pendant la grossesse, il faut regarder les deux côtés. Une grande cohorte de 2017 retrouve une augmentation du risque de malformations cardiaques ; une cohorte publiée en 2026 apporte aussi un signal de prématurité. Le « 70 % » évoqué oralement n’est pas un risque individuel universel : les 71 % de l’étude de 2007 portent sur toute la cohorte et sur plusieurs thymorégulateurs.

    La quétiapine à 50 mg a bien fait l’objet d’un essai publié dans l’anxiété généralisée. Ça ne permet pas de confirmer l’histoire d’une autre étude enfouie, qui n’est pas identifiée. L’essai pédiatrique sur le lithium concerne des épisodes maniaques ou mixtes de trouble bipolaire I. Enfin, l’arrêt brutal peut compliquer les essais d’entretien, mais on ne peut pas attribuer toutes les rechutes au seul sevrage : la revue Cochrane retrouve un bénéfice du traitement d’entretien de la schizophrénie.

    Sources scientifiques – choix des psychotropes et risques

    * Pramipexole augmentation for the acute phase of treatment-resistant, unipolar depression: a placebo-controlled, double-blind, randomised trial in the UK – Ajout de pramipexole dans la phase aiguë d’une dépression unipolaire résistante : essai randomisé, en double aveugle, contre placebo, au Royaume-UniThe Lancet Psychiatry, 2025. Essai d’augmentation chez 150 adultes analysés. Bénéfice à 12 semaines ; arrêts pour effets indésirables plus fréquents. Cela ne valide pas toutes les indications.

    * Kidney function decline improves after lithium discontinuation – Le déclin de la fonction rénale ralentit après l’arrêt du lithiumJournal of Internal Medicine, 2025. Cohorte rétrospective de 168 personnes, comparées avant et après l’arrêt. Signal de ralentissement du déclin, sans preuve causale ni garantie individuelle.

    * Absolute and Relative Risks of Kidney Outcomes Associated With Lithium vs Valproate Use in Sweden – Risques absolus et relatifs d’événements rénaux associés au lithium comparé au valproate en SuèdeJAMA Network Open, 2023. Cohorte de 10 946 nouveaux utilisateurs, comparateur actif. Pas de différence nette de progression rénale globale ; les lithémies élevées restent préoccupantes.

    * Lithium nephrotoxicity: a systematic review and meta-analysis of lithium versus non-lithium control studies in patients with affective disorders – Néphrotoxicité du lithium : revue systématique et méta-analyse d’études avec et sans lithium dans les troubles de l’humeurTherapeutic Advances in Psychopharmacology, 2026. Fonction rénale moyenne plus basse sous lithium. Forte hétérogénéité ; une association non significative avec la maladie rénale chronique ne démontre pas l’absence de risque.

    * Lithium Use in Pregnancy and the Risk of Cardiac Malformations – Lithium pendant la grossesse et risque de malformations cardiaquesThe New England Journal of Medicine, 2017. Cohorte de naissances vivantes : 2,41 % contre 1,15 % de malformations cardiaques. Association ajustée, pas prédiction individuelle ni consigne d’arrêt.

    * Lithium Use in Pregnancy and the Risk of Spontaneous Preterm Birth: An Australian Statewide Retrospective Cohort Study – Lithium pendant la grossesse et risque de naissance prématurée spontanée : cohorte rétrospective australienneBJOG, 2026. 867 454 naissances, dont 234 exposées. Associations avec prématurité et malformations cardiaques ; peu de grossesses exposées et confusion résiduelle possible.

    * Risk of recurrence in women with bipolar disorder during pregnancy: prospective study of mood stabilizer discontinuation – Risque de récidive chez les femmes bipolaires pendant la grossesse : étude prospective de l’arrêt des thymorégulateursAmerican Journal of Psychiatry, 2007. 89 femmes. Le chiffre de 71 % porte sur la cohorte entière et plusieurs thymorégulateurs, pas sur chaque femme qui arrête le lithium.

    * A randomized, double-blind study of once-daily extended release quetiapine fumarate (quetiapine XR) monotherapy in patients with generalized anxiety disorder – Quétiapine à libération prolongée en monothérapie dans le trouble anxieux généralisé : essai randomisé en double aveugleJournal of Clinical Psychopharmacology, 2011. Essai publié de 951 adultes, incluant 50 mg/j. Effet sur l’anxiété et effets indésirables à considérer. L’étude prétendument enfouie dans la vidéo n’est pas identifiée.

    * Lithium in the Acute Treatment of Bipolar I Disorder: A Double-Blind, Placebo-Controlled Study – Lithium dans le traitement aigu du trouble bipolaire I : essai en double aveugle contre placeboPediatrics, 2015. 81 jeunes de 7 à 17 ans, épisodes maniaques ou mixtes. Résultat spécifique ; aucune validation générale de toute prescription pédiatrique.

    * Maintenance treatment with antipsychotic drugs for schizophrenia – Traitement d’entretien de la schizophrénie par antipsychotiquesCochrane Database of Systematic Reviews, 2020. 75 essais. À 7–12 mois, rechutes : 24 % sous antipsychotique contre 61 % sous placebo. Le biais du sevrage ne permet pas d’expliquer toutes les rechutes.



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    15 min
  • Schizophrénie, comprendre les symptômes et les soins

    Je réponds aux questions d’un lycéen qui prépare un travail sur la schizophrénie. Nous reprenons les symptômes, la façon dont ils peuvent apparaître et les difficultés du diagnostic. Hallucinations, idées délirantes, retrait social, perte d’élan et troubles cognitifs n’occupent pas la même place chez chaque personne. Je parle aussi des ressemblances et des différences avec d’autres troubles.

    Symptômes, diagnostic et traitements

    L’entretien passe ensuite aux soins. Que cherche-t-on à améliorer avec un antipsychotique ? Quels effets gênants peuvent compliquer la vie quotidienne ? Nous discutons du rôle de la famille, des situations qui conduisent à une hospitalisation et de ce qui se passe après la sortie. La clozapine et les traitements injectables reviennent dans les questions, avec mes remarques sur leur place en pratique.

    Hospitalisation et vie quotidienne

    Nous parlons enfin du logement, du travail, des ressources et de l’accès à un suivi. Je donne mon point de vue sur l’organisation des soins, les difficultés rencontrées par les familles et les pistes de traitement dont on parle dans la recherche. L’échange revient régulièrement à la même question : comment aider une personne à vivre avec moins de symptômes et moins de contraintes ? Les exemples rapportés servent à discuter ces problèmes. Ils ne permettent pas de prévoir l’évolution de chaque patient.

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    Les bases de la schizophrénie.

    Les textes classés par sujet pour poursuivre après cette introduction.

    Une discussion des courbes dose–réponse et de ce qu’on peut tirer des doses moyennes.

    À lire aussi – schizophrénie et psychoses

    * Schizophrénie et psychoses : diagnostic et traitements

    * Schizophrénie : lire les courbes dose-réponse

    * Abonnés payants : Antipsychotiques : les bases pour comprendre les récepteurs D2

    Point de vigilance scientifique

    La remarque sur le faible apport de l’imagerie quand le psychiatre pense à une schizophrénie demande une réserve : la synthèse de 2023 relève, dans les premiers épisodes psychotiques, des anomalies qui modifient la prise en charge, sans démontrer qu’elles expliquent la psychose. L’examen systématique reste discuté. Pour les injections prolongées, les résultats de 2014 et de 2021 diffèrent. Les recommandations NICE prennent en compte les préférences et l’observance ; elles ne les imposent pas à tous.

    Littérature scientifique – schizophrénie, imagerie cérébrale et antipsychotiques injectables

    * Schizophrenia: An Overview – Schizophrénie : une vue d’ensemble.Focus, 2016. Introduction générale aux thèmes de l’entretien : dimensions positives, négatives et cognitives, épidémiologie, diagnostics différentiels, enjeux sociaux et principaux domaines de recherche. Revue narrative, qui ne valide pas toutes les opinions ou interventions citées oralement.

    * Prevalence of Neuroradiological Abnormalities in First-Episode Psychosis: A Systematic Review and Meta-analysis – Fréquence des anomalies neuroradiologiques lors d’un premier épisode psychotique : revue systématique et méta-analyse.JAMA Psychiatry, 2023. Dans 12 études totalisant 1 613 personnes, 5,9 % avaient une anomalie qualifiée de cliniquement pertinente. Forte hétérogénéité. Une modification de prise en charge ou de diagnostic ne signifie pas qu’une lésion explique la psychose. Contrepoint à la remarque orale sur le faible apport de l’imagerie, dans la population précise des premiers épisodes psychotiques.

    * Long-acting injectable vs oral antipsychotics for relapse prevention in schizophrenia: a meta-analysis of randomized trials – Antipsychotiques injectables prolongés contre formes orales pour prévenir les rechutes : méta-analyse d’essais randomisés.Schizophrenia Bulletin, 2014. Pas de différence globale significative sur les rechutes dans les 21 essais : RR 0,93, IC 95 % 0,80–1,08. Sélection et conditions des essais peuvent réduire leur pertinence pour des patients ayant des difficultés d’observance.

    * Long-acting injectable versus oral antipsychotics for the maintenance treatment of schizophrenia: a systematic review and comparative meta-analysis of randomised, cohort, and pre-post studies – Antipsychotiques injectables prolongés contre formes orales en entretien : comparaison des essais, cohortes et études avant–après.The Lancet Psychiatry, 2021. Résultat favorable sur hospitalisation ou rechute dans les trois types d’études, avec un effet plus faible dans les essais que dans les études avant–après. Hétérogénéité, biais observationnels et biais de publication. Ne démontre pas une supériorité sur tous les critères ni une obligation pour chaque patient. Cette synthèse complète la méta-analyse de 2014, limitée aux essais randomisés.



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    1 hr
  • Psychanalyse : la dérembourser suffit-il à améliorer les soins ?

    L’amendement 159 du PLFSS 2026 proposait d’exclure du financement public tous les soins se réclamant de la psychanalyse. Il a été retiré, mais la question est toujours d’actualité : est-ce qu’on peut améliorer la qualité des soins en supprimant une étiquette théorique, alors que les pratiques sont le plus souvent intégratives et que l’offre de soins est déjà cruellement manquante ? Les politiques aiment les solutions simples. Mais il y a une différence entre gagner l’opinion publique et soigner des patients.

    Critiquer les dégâts historiques de la psychanalyse ne dispense pas d’évaluer avec la même rigueur les autres psychothérapies. Les données ne disent ni que toutes les approches se valent, ni que la TCC, la DBT, l’EMDR ou autres sont efficaces pour tous les patients – et dans toutes les indications. J’ai plein de patients qui ont été améliorés par la psychanalyse là où le reste avait échoué.

    Je termine sur les limites du diagnostic psychiatrique rétrospectif à partir d’Hitler et du livre de Nassir Ghaemi. Clara ne l’a pas vu venir.

    À lire aussi – la psychanalyse et les psychothérapies psychodynamiques

    * A Dark Knight : psychanalyse, psychothérapie et IA

    * Psychanalyse et DSM, clarification

    Littérature scientifique – la psychothérapie psychodynamique et l’histoire médicale

    * Efficacy and moderators of short-term psychodynamic psychotherapy for depression: A systematic review and meta-analysis of individual participant data – Efficacité et modérateurs de la psychothérapie psychodynamique brève dans la dépression : revue systématique et méta-analyse sur données individuelles. Méta-analyse sur données individuelles qui permet de regarder l’efficacité réelle des psychothérapies psychodynamiques au lieu de leur statut historique ou idéologique.

    * Adolf Hitler’s medical care – La prise en charge médicale d’Adolf Hitler. Article historique sur la prise en charge médicale d’Hitler et les troubles neuropsychiatriques qui lui ont été attribués.



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    20 min
  • Les antidépresseurs ne marchent jamais ? Réponse à un médecin

    Un médecin affirme qu’en quarante ans il n’a jamais vu une dépression guérir avec des antidépresseurs et met en avant protéines, tryptophane, vitamines et micronutriments. Nous reprenons cette affirmation point par point et discutons de ce que l’on sait réellement sur les antidépresseurs, les compléments alimentaires, la nutrition et la dépression.

    Les compléments alimentaires et l’alimentation peuvent avoir une place dans certaines situations. Mais cela ne signifie ni que les antidépresseurs sont inefficaces, ni que les maladies mentales sévères peuvent être réduites à des carences nutritionnelles.

    Je précise que la nationalité belge n’a d’importance que pour la juridiction de l’Ordre des médecins.

    Retrouvez plus de contenu sur le blog.



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    17 min
  • Dépression récurrente : quand penser au trouble bipolaire ?

    Dépression récurrente et spectre bipolaire

    Une dépression récurrente est souvent plus difficile à traiter quand il existe des antécédents familiaux de trouble bipolaire, même sans manie ni hypomanie évidente chez le patient. Dans cette vidéo, on discute des antidépresseurs, du risque de virage maniaque, du sommeil et des signes qui doivent vous alerter.

    Après l’échec des antidépresseurs

    Que faire quand un antidépresseur fonctionne mal, perd son effet qu’il n’est plus toléré ? On revient sur la différence entre échec thérapeutique et mauvaise tolérance, puis sur la place du lithium, de la lamotrigine et des autres molécules face aux dépressions récurrentes.

    Pour en savoir plus

    * PHQ-2 et PHQ-9 : limites du dépistage de la dépression

    * Pramipexole : prescription en pratique – partie 1

    * Pharmacologie de la dépression résistante

    Les commentaires, critiques et questions sont les bienvenus.



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    28 min
  • Zolpidem : les bases, sans passer par TikTok

    On me rapporte une demande au cabinet : un interne voudrait que je fasse une vidéo TikTok sur le zolpidem. Je ne sais pas exactement ce qu’il en est. Je réponds quand même une fois à la question.

    Je parle du mécanisme d’action, des effets recherchés et des différences entre le zolpidem et le zopiclone. Je reviens aussi sur les études cliniques, l’effet placebo et le daridorexant.

    Je termine sur les messages que je reçois sur TikTok et Instagram. Si je ne réponds pas, ce n’est pas un manque d’intérêt. Je ne peux simplement pas répondre à toutes les demandes.

    À lire aussi – abonnés payants : Zolpidem à très forte dose : que faut-il demander avant de conclure ?



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    3 min
  • Bipolarité et traitements : comment trouver un équilibre ?

    Dans cette rencontre avec l’association de pair-aidance Pouvoir d’Agir 53, je réponds aux questions de patients et de proches sur le trouble bipolaire. Je parle comme psychiatre, mais aussi comme personne bipolaire. On passe du vécu de la maladie aux choix de traitement, avec les limites et les contradictions que ça comporte.

    Traitements du trouble bipolaire et effets secondaires

    Le lithium, la quétiapine et les autres traitements occupent une grande partie de l’échange. Somnolence, prise de poids, efficacité ressentie, risque de rechute : on parle de ce qui se passe dans la vie quotidienne, pas seulement du nombre de comprimés sur une ordonnance.

    Proches, diagnostic et choix du patient

    Comment reconnaître une rechute ? Quelle place donner au regard des proches ? Comment discuter les options avec son psychiatre ? La rencontre aborde aussi le diagnostic, la psychothérapie et la pair-aidance. Le fil conducteur reste le même : trouver des soins compatibles avec la vie de la personne.

    À lire aussi – bipolarité et pair-aidance

    * Pair-aidance en psychiatrie

    * Trouble bipolaire : lithium, traitements et questions fréquentes

    Point de vigilance scientifique

    L’intervention mêle mon expérience, des hypothèses et des résultats d’études. Le lithium nécessite une surveillance ; le présenter comme non toxique est incorrect. Les résultats sur la prévention du suicide restent débattus, et les associations avec un moindre risque de démence ne démontrent pas un effet préventif. Les sources et les résultats contradictoires figurent ci-dessous.

    Le régime cétogène ne peut pas être présenté comme un traitement établi du trouble bipolaire. Le petit essai de 2024 n’avait pas de groupe témoin. Le travail de 2026, postérieur à l’enregistrement, distingue une phase randomisée d’un mois d’une prolongation sans groupe témoin. Les résultats de cette prolongation ne se lisent pas comme ceux d’un essai comparatif maintenu.

    La cohorte suédoise sur les hospitalisations ne démontre pas que les antipsychotiques causent des rechutes. Les deux essais négatifs d’aripiprazole dans la dépression bipolaire ne condamnent pas toutes ses indications. La supériorité générale des injectables sur les traitements oraux n’est pas établie par la synthèse citée, et les données sur le pramipexole ne suffisent pas à le présenter comme un traitement de base.

    Dire qu’il n’existe aucune étude sur le Tercian est faux. Additionner des fréquences d’effets indésirables qui peuvent toucher les mêmes patients ne donne pas leur fréquence totale. Un nombre de sujets à traiter de quatre signifie un bénéfice supplémentaire moyen de 25 points pour le critère et la période considérés, pas que seuls 25 % des patients répondent.

    Les affirmations générales sur violence et maladie mentale, ainsi que l’explication de l’inefficacité du taser par les antipsychotiques, ne peuvent pas être retenues telles quelles. La seconde explication n’a pas de source directe identifiée. L’affirmation selon laquelle les personnes maniaco-dépressives auraient été globalement épargnées par la politique nazie est contredite par les catégories visées dans la loi de stérilisation de 1933. Ces réserves accompagnent la vidéo ; elles ne réécrivent pas les paroles du transcript.

    Sources scientifiques – bipolarité et traitements

    * The CANMAT and ISBD Guidelines for the Treatment of Bipolar Disorder: Summary and a 2023 Update of Evidence – Recommandations CANMAT et ISBD pour le traitement du trouble bipolaire : résumé et mise à jour des données en 2023 Focus, 2023. Les options dépendent de la phase de la maladie. Synthèse de recommandations ; elle ne justifie pas une prescription identique pour tous.

    * Ketogenic Diet Intervention on Metabolic and Psychiatric Health in Bipolar and Schizophrenia: A Pilot Trial – Effets d’un régime cétogène sur la santé métabolique et psychiatrique dans la bipolarité et la schizophrénie : essai pilote Psychiatry Research, 2024. Petit essai sans groupe témoin. Les améliorations observées ne démontrent pas une efficacité spécifique du régime.

    * Metabolic Improvements with a Ketogenic Diet Correlate with Symptom Improvement in Psychosis: A Randomized Controlled Trial – Les améliorations métaboliques sous régime cétogène sont corrélées à une amélioration des symptômes psychotiques : essai randomisé Schizophrenia Bulletin, 2026. 58 participants randomisés pendant un mois, puis prolongation chez 25 personnes sans maintien du groupe témoin. Une corrélation et cette prolongation ne prouvent pas une efficacité clinique établie dans la bipolarité. Données postérieures à l’enregistrement.

    * Real-world effectiveness of pharmacological maintenance treatment of bipolar depression: a within-subject analysis in a Swedish nationwide cohort – Efficacité en vie réelle des traitements d’entretien de la dépression bipolaire : analyse intra-individuelle d’une cohorte nationale suédoise The Lancet Psychiatry, 2025. Cohorte de 105 495 personnes. Les associations avec les hospitalisations restent exposées aux facteurs variant dans le temps et au biais lié à l’instauration d’un traitement pendant une rechute.

    * Effects of lithium on suicide and suicidal behaviour: a systematic review and meta-analysis of randomised trials – Effets du lithium sur le suicide et les comportements suicidaires : revue systématique et méta-analyse d’essais randomisés Epidemiology and Psychiatric Sciences, 2022. Douze essais, événements rares et estimation très imprécise. Le résultat non significatif ne démontre pas l’absence d’effet.

    * The pseudoscience of lithium and suicide: Reanalysis of a misleading meta-analysis – La pseudoscience du lithium et du suicide : réanalyse d’une méta-analyse jugée trompeuse Journal of Psychopharmacology, 2024. Réanalyse favorable au lithium après changement des études et événements retenus. Ces choix sont contestés ; elle ne clôt pas le débat.

    * Uncertainty about lithium and suicide: A response to Nassir Ghaemi – Incertitude sur le lithium et le suicide : réponse à Nassir Ghaemi Journal of Psychopharmacology, 2025. Réponse sur les essais sans événement et les analyses de sensibilité. Correspondance méthodologique, pas nouvel essai.

    * Aripiprazole monotherapy in nonpsychotic bipolar I depression: results of 2 randomized, placebo-controlled studies – Aripiprazole seul dans la dépression bipolaire de type I sans psychose : résultats de deux essais randomisés contre placebo Journal of Clinical Psychopharmacology, 2008. Pas de supériorité sur le critère principal à huit semaines dans ces deux essais. Cela ne renseigne pas à lui seul sur la manie ou toutes les situations d’entretien.

    * Aripiprazole in the Maintenance Treatment of Bipolar Disorder: A Critical Review of the Evidence and Its Dissemination into the Scientific Literature – Aripiprazole dans le traitement d’entretien du trouble bipolaire : revue critique des données et de leur diffusion scientifique PLoS Medicine, 2011. Critique de la sélection des répondeurs, du retrait du traitement et des abandons. Ces limites ne prouvent pas que tous les antipsychotiques sont inefficaces.

    * Second-generation antipsychotic long-acting injections in bipolar disorder: Systematic review and meta-analysis – Antipsychotiques injectables à action prolongée de deuxième génération dans le trouble bipolaire : revue systématique et méta-analyse Bipolar Disorders, 2018. Les injectables font mieux que le placebo pour certains critères, sans supériorité globale démontrée sur les traitements oraux actifs dans cette synthèse.

    * A randomised double-blind, placebo-controlled trial of pramipexole in addition to mood stabilisers for patients with treatment-resistant bipolar depression (the PAX-BD study) – Essai randomisé en double aveugle du pramipexole ajouté aux thymorégulateurs dans la dépression bipolaire résistante : étude PAX-BD Journal of Psychopharmacology, 2025. 39 participants. Le critère principal à douze semaines n’atteint pas la significativité ; des résultats secondaires favorables demandent confirmation.

    * Risk of dementia in bipolar disorder and the interplay of lithium: a systematic review and meta-analyses – Risque de démence dans le trouble bipolaire et rôle du lithium : revue systématique et méta-analyses Acta Psychiatrica Scandinavica, 2020. Association entre lithium et moindres odds de démence dans cinq études. Les données observationnelles ne prouvent pas un effet préventif individuel.

    * Lithium and risk of cardiovascular disease, dementia and venous thromboembolism – Lithium et risque de maladie cardiovasculaire, de démence et de thromboembolie veineuse Bipolar Disorders, 2023. Cette cohorte ne retrouve pas de différence significative pour la démence face aux témoins présentant un trouble de l’humeur ou psychotique. Population et comparaison différentes de la méta-analyse précédente.

    * Bipolar disorder and violent crime: new evidence from population-based longitudinal studies and systematic review – Trouble bipolaire et infractions violentes : nouvelles données longitudinales en population et revue systématique Archives of General Psychiatry, 2010. Les consommations de substances et le choix du groupe témoin changent l’interprétation. Ni une association de groupe ni ce travail ne permettent de prédire la violence d’une personne.

    * Double-blind, comparative study of cyamemazine vs. bromazepam in the benzodiazepine withdrawal syndrome – Étude comparative en double aveugle de la cyamémazine et du bromazépam dans le sevrage des benzodiazépines Progress in Neuro-Psychopharmacology & Biological Psychiatry, 2005. L’existence de cet essai contredit « aucune étude » sur la cyamémazine. Il ne valide pas tous ses usages, toutes les populations ou un traitement prolongé.

    * Cognitive stimulation to improve cognitive functioning in people with dementia – Stimulation cognitive pour améliorer les fonctions cognitives des personnes atteintes de démence Cochrane Database of Systematic Reviews, 2023. Bénéfices cognitifs modestes à court terme. La stimulation structurée n’est ni un traitement curatif ni simplement le fait de faire des mots croisés.

    * TERALITHE LP 400 mg, comprimé sécable – Résumé des caractéristiques du produit – Téralithe LP 400 mg : résumé des caractéristiques du produit Base de données publique des médicaments, consultée en 2026. Document réglementaire : risques, contre-indications et surveillance du lithium. Le qualifier de non toxique est incorrect.

    * Forced Sterilization: A Form of Nazi Persecution – La stérilisation forcée comme forme de persécution nazie United States Holocaust Memorial Museum, consulté en 2026. La loi de 1933 incluait la maladie maniaco-dépressive parmi les catégories visées. Elle contredit la généralisation historique de la vidéo.



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    1 hr 40 min
  • Hors AMM en psychiatrie : quand les preuves ne suffisent pas

    En psychiatrie, le hors AMM n’est pas marginal. Mais toutes les prescriptions hors AMM ne rencontrent pas les mêmes obstacles. Dans cette vidéo, je présente deux cas cliniques pour montrer le décalage entre la tolérance pour l’empilement des antipsychotiques (et les effets métaboliques qui en découlent) et le refus de remboursement de la metformine. Et ce, malgré le niveau de preuve considérable de cette dernière – et l’absence de données pour les premiers.

    Quand le hors AMM devient une pratique habituelle

    Le premier cas concerne un patient autiste traité depuis des années par plusieurs neuroleptiques sans antécédent psychotique rapporté. L’enjeu dépasse largement l’AMM : il concerne aussi le niveau de preuve, la charge pharmacologique et les effets indésirables métaboliques associés aux traitements.

    Metformine, prise de poids et remboursement

    La difficulté apparaît lorsqu’une prescription de metformine destinée à limiter la prise de poids sous antipsychotiques se heurte à un refus de prise en charge, alors que les données disponibles soutiennent son efficacité. On parle de 3 kilos en moyenne, mais j’ai des patients qui n’ont pas perdu un gramme, et d’autres qui ont perdu 30 kilos.

    La question centrale est celle de la cohérence entre preuves scientifiques, sécurité, cadre réglementaire et remboursement. Si la psychiatrie veut prétendre être une discipline médicale, il faut qu’elle s’en donne les moyens.

    Vous trouverez ici la liste de tous les articles sur le poids, le métabolisme et la nutrition du blog.

    À lire ensuite – hors AMM, prescriptions et neuroleptiques

    * Réponse à l’avocate

    * Metformine et troubles neurodéveloppementaux ?

    * Centre ressources autisme : comment adresser un patient ?

    * Cyamémazine (Tercian) : quelles études chez les jeunes ?

    Sources scientifiques – Prise de poids sous neuroleptiques

    * Metformin for the Prevention of Antipsychotic-Induced Weight Gain: Guideline Development and Consensus Validation – La metformine pour prévenir la prise de poids induite par les antipsychotiques : élaboration d’une recommandation et validation par consensus. Guideline GRADE directement consacrée à la prévention de la prise de poids sous antipsychotiques ; les recommandations sont fortes, mais la certitude des preuves est faible.

    * Prevalence, correlates, tolerability-related outcomes, and efficacy-related outcomes of antipsychotic polypharmacy: a systematic review and meta-analysis – Prévalence, corrélats et résultats liés à la tolérance et à l’efficacité de la polythérapie antipsychotique : revue systématique et méta-analyse. Méta-analyse de 517 études montrant la fréquence de la polythérapie et son association avec davantage d’effets indésirables, tout en rappelant le problème majeur du confounding par la sévérité clinique.

    * Australian and New Zealand Journal of Psychiatry Grading of Recommendations, Assessment, Development and Evaluations (GRADE) guidelines for the management of schizophrenia – Recommandations GRADE de l’Australian and New Zealand Journal of Psychiatry pour la prise en charge de la schizophrénie. Guideline de 2026 qui recommande fortement la metformine pour la prise de poids sous antipsychotiques et conseille son utilisation précoce.

    * Pramipexole augmentation for the acute phase of treatment-resistant, unipolar depression: a placebo-controlled, double-blind, randomised trial in the UK – Augmentation par pramipexole dans la phase aiguë de la dépression unipolaire résistante : essai randomisé en double aveugle contrôlé contre placebo au Royaume-Uni. Essai PAX-D cité en fin de vidéo : bénéfice significatif à 12 semaines, mais 20 % d’arrêts pour effets indésirables contre 5 % sous placebo et besoin d’essais comparatifs directs.



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    20 min
  • TDAH : reconnaître l’effet de fin de dose du méthylphénidate

    Je reviens sur ce qu’on appelle l’effet de fin de dose : comment se passe la journée sous méthylphénidate, et à quel moment les difficultés reviennent. Je parle de fatigue, d’irritabilité et de concentration.

    Je parle d’enfants pour qui le matin se passe bien à l’école, puis beaucoup moins bien l’après-midi. Je distingue la quantité prise et la durée pendant laquelle elle couvre les besoins de la journée.

    Je parle aussi de mes propres prises de Concerta et des différences que je rencontre autour du sommeil. Je garde la réserve que je donne dans la vidéo : ça ne fait jamais une règle absolue.

    Pour un retour personnel sur les prises et les effets de fin de dose, vous pouvez lire « Le méthylphénidate et moi ».



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    2 min

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Psychiatrie clinique, psychopharmacologie, neurosciences et lecture critique de la littérature scientifique. Par le Dr Michael Sikorav, psychiatre

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