Psychiatrie Internationale

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By Dr Michaël SikoravScienceMedicineHealth & Fitness
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Psychiatrie Internationale episodes

  • Arrêts de travail, neurobiologie et esprit critique en psychiatrie

    Avec Clara, je commente un article sur les arrêts de travail et le contrôle des prescriptions. On parle des situations de travail racontées en consultation, des démarches administratives et de ce que chacun attend du médecin. Je donne mon avis sur les mesures présentées et sur la place laissée aux difficultés des patients.

    Ce que montrent les schémas du cerveau

    Je passe ensuite à un schéma de neurotransmission. On parle de neurones, de neurotransmetteurs et de recapture, puis de la façon dont ces images servent à expliquer les traitements. Je critique les explications qui ramènent la dépression ou le TDAH à une formule simple, et je raconte les situations qui nourrissent mes interrogations.

    Lire les recommandations et en discuter

    On revient enfin sur des commentaires publiés à propos de mon contrôle. On discute de la lecture des recommandations, des études qui les appuient et de ce qu’on fait quand elles ne répondent pas à une situation. Clara parle aussi du coût de certains traitements pour les patients. On termine sur la place du doute et de la réflexion dans le travail du médecin.

    3 sujets en vrac.

    Pour un exemple concret de cette pression en consultation, vous pouvez lire « L’arrêt de travail ».

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    50 min
  • Questionnaire sur l’autisme : on passe l’AQ au crible

    De temps en temps, je me fais mal et je me coltine un questionnaire “validé”, et ici “recommandé pour le dépistage de l’autisme” (dans sa version à 10 items).

    Vous avez dans la vidéo la version à 50 items, pour ceux que ça intéresse.

    Je pense que ça illustre bien que :

    * 1) je ne suis pas autiste - la sensibilité du questionnaire étant jugée élevée, comme tout questionnaire de dépistage qui se respecte. Malgré ça, j’ai encore des professionnels qui insistent pour me faire rentrer dans le “spectre”. Rien ne pourra convaincre ces gens.

    * 2) les questionnaires cliniques ne valent pas grand-chose, et l’autisme n’est pas épargné. Je n’en attends jamais rien, mais je suis chaque fois déçu.

    À lire aussi – autisme et communication

    * L’autisme (1) : intentions et communication sociale – Le récit écrit du décalage entre ce que l’auteur veut dire et ce que son entourage perçoit.

    Littérature scientifique – questionnaire AQ

    * The autism-spectrum quotient (AQ): evidence from Asperger syndrome/high-functioning autism, males and females, scientists and mathematicians – Le quotient du spectre autistique (AQ) : étude chez des adultes autistes, des femmes et des hommes, des scientifiques et des mathématiciens. Le papier d’origine présente le questionnaire à 50 items utilisé dans la vidéo et les groupes étudiés lors de son développement.

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    40 min
  • 24 questions sur les traitements en psychiatrie

    Je réponds à 24 questions laissées par les abonnés. On parle du TDAH, du trouble borderline, de bipolarité et de ce qui se passe quand un traitement aide, qu’il ne suffit pas ou qu’il devient difficile à supporter.

    * Quel neuroleptique peut-on associer au méthylphénidate ?

    * À quelles doses peut-on associer un neuroleptique et du méthylphénidate ?

    * Quel est votre avis sur l’iode en santé mentale ?

    * Traiter l’apnée du sommeil peut-il améliorer l’état mental ?

    * Quelle stratégie envisager pour une dépression chronique lorsque les ISRS n’améliorent pas la dysphorie et aggravent l’anhédonie ?

    * Quels signes surveiller chez un jeune adulte ayant des antécédents familiaux de trouble bipolaire ?

    * Où en sont les connaissances sur le trouble de la personnalité borderline ?

    * Quelles options thérapeutiques existent pour le trouble borderline ?

    * Comment la thérapie comportementale dialectique peut-elle aider ?

    * Peut-on regrouper les articles sur les statistiques dans un dossier accessible depuis la page d’accueil du blog ?

    * Ritaline ou Concerta : lequel choisir pour une patiente ayant un TDAH, sous quétiapine, avec une humeur stable ?

    * Quel est le risque de dyskinésie tardive avec quétiapine 200 mg et Tercian 25 mg ?

    * Faut-il craindre un allongement du QT avec une ordonnance associant tirzépatide, Seroplex, Concerta et Laroxyl ?

    * Cette ordonnance pose-t-elle d’autres problèmes que le risque d’allongement du QT ?

    * Le Tentin peut-il être une option lorsque les autres traitements du TDAH n’ont pas fonctionné ?

    * Quel est votre retour de terrain sur le Tentin ?

    * Par quoi remplacer la paroxétine en cas de bouche sèche et de prise de poids, avec de l’olanzapine et de la lamotrigine associées ?

    * Pourquoi vouloir calmer l’énergie et la créativité débordantes d’une personne ayant un trouble bipolaire de type 2 ?

    * Peut-on passer à 5 mg de paroxétine par jour en fractionnant le comprimé, si sa forme le permet ?

    * Pour réduire la paroxétine, vaut-il mieux prendre 10 mg un jour sur deux ou 5 mg tous les jours ?

    * Autour de la ménopause, faut-il envisager un traitement hormonal ou de l’escitalopram face à une anxiété persistante ?

    * Une décompensation après un sevrage brutal d’antidépresseurs indique-t-elle forcément une bipolarité, ou peut-elle être liée au traitement et à son arrêt ?

    * Comment expliquer un trouble panique après une baisse du lithium et la difficulté à remonter la dose ?

    * Quelles alternatives envisager lorsque le méthylphénidate provoque de l’anxiété et empêche d’atteindre une dose efficace ?

    À lire aussi – TDAH et trouble borderline

    * Ritaline : TDAH, troubles de l’humeur et suivi

    * Trouble borderline : pourquoi je conseille la thérapie dialectique

    Point de vigilance scientifique

    Tentin contient de la dexamphétamine. Concerta LP 18 mg contient 18 mg de chlorhydrate de méthylphénidate : l’enveloppe visible dans les selles ne ramène pas la dose à 15 mg pour tout le monde, c’est une approximation. Le méthylphénidate agit principalement sur la dopamine et la noradrénaline, pas comme un inhibiteur de la recapture de la sérotonine.

    L’ordonnance avec escitalopram et amitriptyline mérite une précision plus sérieuse. Le RCP de l’escitalopram contre-indique l’association avec les médicaments qui allongent le QT, dont les tricycliques. Le warning ne concerne normalement que le citalopram, mais la notice européenne a décidé d’étendre ça à l’escitalopram, sans aucune raison. La réponse orale ne doit donc pas être prise comme une validation de cette association, même avec un ECG normal. La fluvoxamine augmente aussi l’exposition à l’olanzapine ; le RCP prévoit une adaptation, pas une interdiction générale.

    Les psychothérapies du trouble borderline ont des résultats encourageants, mais leur certitude varie selon ce qu’on mesure. Une absence de différence nette entre thérapies ne prouve pas leur équivalence. Les données ne permettent pas non plus de dire que les soins psychiatriques généraux aggravent forcément le trouble de façon formelle. Un essai comparant mentalisation et prise en charge structurée montre une amélioration dans les deux groupes, avec des différences selon les critères.

    L’adversité pendant l’enfance est associée au trouble borderline. Cela ne permet pas de conclure que chaque personne a subi un traumatisme, ni que le traumatisme n’a aucun rôle causal. La méta-analyse seule ne tranche pas cette question, et ça va être difficile de le faire.

    Traiter une apnée du sommeil peut améliorer des symptômes dépressifs, sans effet systématique. Une synthèse trouve un effet moyen modeste ; deux essais contre traitement simulé ne retrouvent pas de bénéfice moyen à 12 semaines. Ce n’est pas un traitement universel de la dépression ou de l’anxiété.

    Les données sur psychostimulants et psychose dépendent de la population et du traitement associé. L’étude chez les 13–25 ans retrouve davantage de psychoses sous amphétamines que sous méthylphénidate. Une autre cohorte de personnes ayant un trouble psychotique, traitées aussi par antipsychotique, ne retrouve pas une hausse des hospitalisations. Ces observations ne démontrent ni une sécurité absolue ni l’intérêt d’ajouter un antipsychotique de routine.

    Il existe des options recommandées après une réponse insuffisante à un ISRS. L’arrêt de la paroxétine, de la venlafaxine ou du lithium demande aussi une stratégie individualisée. Le passage à 27:07 comporte une formulation contradictoire sur les prises un jour sur deux ; il ne faut pas l’utiliser comme protocole. La règle orale « jamais un jour sur deux » a notamment une exception possible avec la fluoxétine dans les recommandations NICE.

    Autour de la ménopause, les recommandations distinguent symptômes dépressifs associés aux symptômes hormonaux et dépression diagnostiquée. Le traitement hormonal est une option dans certaines situations ; il ne devient pas automatiquement la première réponse à toute anxiété ou dépression. Ne changez pas un traitement sur la base d’une réponse destinée à une autre personne.

    Sources scientifiques – psychotropes et psychothérapies

    * Psychological therapies for people with borderline personality disorder – Psychothérapies pour les personnes ayant un trouble de la personnalité borderlineCochrane Database of Systematic Reviews, 2020. Un bénéfice moyen sur la sévérité des symptômes, avec une certitude variable selon le critère. Ne démontre pas que toutes les thérapies sont équivalentes.

    * A Randomized-Controlled Trial of Mentalization-Based Treatment Compared With Structured Case Management for Borderline Personality Disorder in a Mainstream Public Health Service – Essai randomisé de mentalisation comparée à une prise en charge structurée du trouble borderline dans un service publicFrontiers in Psychiatry, 2020. Les deux groupes s’améliorent ; les résultats diffèrent selon le type de passage à l’acte. Une prise en charge structurée non spécialisée n’est pas forcément nocive.

    * Childhood adversity and borderline personality disorder – Adversité pendant l’enfance et trouble borderlineActa Psychiatrica Scandinavica, 2020. Association avec l’adversité, sensible au type de comparaison et aux biais rétrospectifs. Un traumatisme n’est ni une condition nécessaire ni une cause établie par cette seule analyse.

    * Effects of continuous positive airway pressure on depression and anxiety symptoms in patients with obstructive sleep apnoea: results from the sleep apnoea cardiovascular Endpoint randomised trial and meta-analysis – Effets de la pression positive continue sur la dépression et l’anxiété dans l’apnée du sommeilEClinicalMedicine, 2019. Effet moyen modeste sur les symptômes dépressifs ; aucun effet clair sur l’anxiété. La population SAVE avait aussi une maladie cardiovasculaire.

    * Does CPAP treat depressive symptoms in individuals with OSA? An analysis of two 12-week randomized sham CPAP-controlled trials – La pression positive traite-t-elle les symptômes dépressifs dans l’apnée du sommeilSleep Medicine, 2020. Aucune différence moyenne sur la dépression à 12 semaines face au traitement simulé. Contre-exemple à un bénéfice systématique.

    * Treatment with psychostimulants and atomoxetine in people with psychotic disorders: reassessing the risk of clinical deterioration in a real-world setting – Psychostimulants et atomoxétine dans les troubles psychotiques en conditions réellesThe British Journal of Psychiatry, 2024. Pas de hausse observée des hospitalisations dans cette population traitée aussi par antipsychotique. Étude observationnelle : ni garantie de sécurité ni justification d’une association de routine.

    * Psychosis with Methylphenidate or Amphetamine in Patients with ADHD – Psychose sous méthylphénidate ou amphétamine chez des patients ayant un TDAHNew England Journal of Medicine, 2019. Risque observé plus élevé avec les amphétamines chez les 13–25 ans. Le résultat concerne la psychose et ne mesure pas tous les effets à long terme.

    * Risk factors for early recurrence after discontinuing lithium in bipolar disorder – Facteurs de récidive précoce après l’arrêt du lithium dans le trouble bipolaireBipolar Disorders, 2022. Un arrêt rapide est associé à une récidive plus précoce. L’étude ne permet pas d’attribuer un épisode précis d’anxiété à une réduction de dose.

    * TENTIN 5 mg, comprimé – Résumé des caractéristiques du produit – Informations officielles sur TentinBase de données publique des médicaments, 2026. Contient du sulfate de dexamphétamine. Le confondre avec le dexméthylphénidate est une erreur de molécule. RCP du 11 mai 2026 ; indication pédiatrique précise après réponse insuffisante au méthylphénidate.

    * CONCERTA LP 18 mg, comprimé à libération prolongée – Résumé des caractéristiques du produit – Informations officielles sur Concerta LP 18 mgBase de données publique des médicaments, version consultée en 2026. Le comprimé contient 18 mg de chlorhydrate de méthylphénidate. Son enveloppe insoluble peut être éliminée après libération du médicament ; elle ne justifie pas le calcul oral de 15 mg.

    * SEROPLEX 5 mg, comprimé pelliculé – Résumé des caractéristiques du produit – Informations officielles sur l’escitalopramBase de données publique des médicaments, version consultée en 2026. L’association avec un médicament qui allonge le QT, dont les antidépresseurs tricycliques, est contre-indiquée. Un ECG normal ne supprime pas cette contre-indication.

    * LAROXYL 25 mg, comprimé pelliculé – Résumé des caractéristiques du produit – Informations officielles sur l’amitriptylineBase de données publique des médicaments, version consultée en 2026. L’amitriptyline est un antidépresseur tricyclique avec des précautions concernant le rythme cardiaque. À lire avec le RCP de l’escitalopram pour l’ordonnance évoquée.

    * OLANZAPINE ZENTIVA 5 mg, comprimé pelliculé – Résumé des caractéristiques du produit – Informations officielles sur l’olanzapine et ses interactionsBase de données publique des médicaments, version consultée en 2026. La fluvoxamine augmente l’exposition à l’olanzapine par inhibition du CYP1A2. Le RCP prévoit une adaptation ; il ne décrit pas une interdiction absolue de l’association.

    * Depression in adults: treatment and management – Dépression de l’adulte prise en charge et traitementNICE NG222, 2022. Options après réponse insuffisante aux ISRS et arrêt progressif individualisé. Paroxétine et venlafaxine demandent une vigilance particulière ; la fluoxétine constitue une exception possible à l’alternance des prises.

    * Borderline personality disorder: recognition and management – Trouble de la personnalité borderline identification et prise en chargeNICE CG78, 2009. Prise en charge structurée, gestion des crises et psychothérapies. Ne justifie pas de refuser systématiquement des soins ou d’affirmer que toute psychiatrie générale aggrave le trouble.

    * Menopause: identification and management – Ménopause identification et prise en chargeNICE NG23, 2015, recommandations amendées en 2024. Distingue symptômes autour de la ménopause et dépression diagnostiquée. Le traitement hormonal ne remplace pas automatiquement la prise en charge d’un épisode dépressif.

    Cette fiche a été rédigée avec l’IA.



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    34 min
  • Électrochocs : ce que la controverse oublie sur la sismothérapie

    Une vidéo nécessaire, avec mon confrère Alexis Bourla.

    Je pense - à titre personnel - que les troubles cognitifs retrouvés dans la littérature sont un peu trop en décalage avec l’expérience des patients pour que ça soit satisfaisant pour les deux parties, mais j’aurai l’occasion d’en reparler.

    Les bases

    La sismothérapie (ou électroconvulsivothérapie, ECT), est encore une option thérapeutique salvatrice dans la dépression grave et la catatonie. Mais l’image populaire des « électrochocs » est toujours dominée par le cinéma, l’histoire de la psychiatrie et la peur des effets indésirables – surtout cognitifs.

    Quand la situation est urgente, le choix est souvent simple. Mais les choses se compliquent quand les cliniciens ont affaire à une dépression chronique résistante. La controverse relancée en 2026 par Médiapart autour d’une patiente ayant reçu 85 séances d’ECT relance une question qui n’a pas de bonne réponse : Comment additionner l’efficacité clinique, le consentement, le fardeau du traitement d’entretien parfois nécessaire et les risques de perte de mémoire autobiographique ? Les discours varient d’un psychiatre à un autre, mais la littérature confirme que les effets sur la mémoire ne peuvent pas être réduits à un simple problème transitoire chez tous les patients.

    Dans cette vidéo, on aborde la question de la dépression résistante, la catatonie, les mécanismes encore imparfaitement compris de l’ECT, les effets cognitifs, le risque suicidaire et la place de la sismothérapie dans une psychiatrie où l’accès aux soins est devenu profondément inégal. L’objectif n’est pas de transformer l’ECT en un traitement miracle ni en pratique barbare, mais de faire la différence entre la vérité de la controverse.

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    À lire ensuite – risque suicidaire et controverses thérapeutiques

    * Le risque suicidaire en pratique : Pourquoi les conclusions causales sur le suicide demandent plus de prudence qu’un récit clinique ou médiatique.

    * Les antidépresseurs doublent les suicides ? : Un autre exemple de controverse où la qualité des données change radicalement la conclusion.

    Sources scientifiques à lire

    * Autobiographical memory after electroconvulsive therapy: systematic review and meta-analysis – Mémoire autobiographique après électroconvulsivothérapie : revue systématique et méta-analyse. Un papier récent montrant une perte de mémoire autobiographique mesurable après ECT, plus importante avec l’ECT bilatérale, avec les limites habituelles liées au petit nombre d’études et à leur caractère observationnel.

    * Time matters for metas: a systematic review and meta-analysis of ect vs ketamine for depression incorporating time – Le temps compte dans les méta-analyses : revue systématique et méta-analyse de l’ECT versus kétamine dans la dépression intégrant le temps. Synthèse de 2026 qui suggère un effet plus rapide avec l’ECT lorsque la temporalité de la réponse est intégrée à l’analyse. Je ne suis pas convaincu de la pertinence clinique, j’en reparlerai.

    * Electroconvulsive therapy reduces suicidality and all-cause mortality in refractory depression: A systematic review and meta-analysis of neurostimulation studies – L’électroconvulsivothérapie réduit la suicidalité et la mortalité toutes causes dans la dépression réfractaire : revue systématique et méta-analyse des études de neurostimulation – Synthèse qui retrouve moins de suicides et de décès chez les patients traités par ECT. Comme d’habitude, les données sont surtout observationnelles, ce qui limite les conclusions causales.

    * Long-term dementia risk following electroconvulsive therapy: A GRADE-assessed systematic review and meta-analysis – Risque de démence à long terme après électroconvulsivothérapie : revue systématique et méta-analyse évaluée selon GRADE. Aucun signal d’augmentation globale du risque de démence après l’ECT.

    * A Survey of 1144 ECT Recipients, Family Members and Friends: Does ECT Work? – Enquête auprès de 1 144 bénéficiaires d’ECT, membres de leur famille et amis : l’ECT fonctionne-t-elle ? Papier directement discuté dans la vidéo : important pour documenter des expériences négatives, mais son échantillonnage auto-sélectionné ne permet pas d’estimer l’efficacité ni la fréquence des effets indésirables de l’ECT dans l’ensemble des patients traités.

    Les articles de médiapart sont disponibles ici

    * Psychiatrie : une jeune femme subit 85 séances d’électrochocs et perd la mémoire

    * L’intense lobbying de FondaMental, fondation privée devenue incontournable en psychiatrie



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    37 min
  • Bipolaire donc dangereux – selon la Sécu

    Trouble bipolaire et contrôle de la CPAM

    Rendre public un trouble bipolaire ne devrait pas suffire pour conclure qu’un médecin est décompensé ou dangereux. Dans cette vidéo, je raconte comment mon diagnostic est apparu dans un signalement transmis à l’Ordre par des personnes qui ne m’avaient jamais rencontré. Deux expertises psychiatriques ont ensuite décidé que j’étais stable. J’avais déjà détaillé le début de cette histoire dans Le psy que la Sécu rend dingue.

    Médecin libéral face à l’Assurance Maladie

    Contrôle du hors AMM, assistant médical accusé, carte CPS introuvable, consultations annulées et paiements retenus : l’accumulation des procédures peut empêcher un médecin de soigner avant même qu’un tribunal ait abordé la question. Pour comprendre pourquoi cette organisation rend la stabilité professionnelle impossible, lire CPAM et exercice libéral : être stable devient impossible.

    A lire aussi :

    * Courrier de signalement pour l’Ordre des médecins

    * Ça commence comme ça



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    40 min
  • Le piège du terme pervers narcissique

    Le pervers narcissique est-il un diagnostic psychiatrique ?

    Le pervers narcissique n’est pas une catégorie diagnostique reconnue dans les classifications “officielles”, que ce soit le DSM-5-TR ou la CIM-11. Le terme mélange des notions différentes : narcissisme pathologique, manipulation, violence psychologique, emprise, et parfois contrôle coercitif. Malheureusement, ce manque de précision ne l’a pas empêché d’être devenu très courant pour décrire certaines relations sentimentales.

    Le problème n’est pas de nier l’expérience des victimes : manipulation, humiliation, isolement ou contrôle sont volontiers décrits. Mais leur donner une étiquette psychiatrique à distance ne permet pas de mieux comprendre ce qui s’est passé – et encore moins de savoir ce qu’il faut faire ensuite, pour éviter que ça recommence.

    Sortir du statut de victime sans nier la violence

    Reconnaître qu’on a été victime de comportements abusifs ne veut pas dire qu’on doit se considérer dépourvu de pouvoir sur sa propre trajectoire. Il faut distinguer la culpabilité et la responsabilité. On peut ne pas être coupable de ce qu’une autre personne nous a fait en voulant comprendre pourquoi certaines situations se sont prolongées, pourquoi des signaux n’ont pas été pris en compte et ce que l’on pourrait faire différemment à l’avenir.

    On n’est pas toujours coupable de ce qui nous est arrivé, mais on est responsable de la suite.

    L’objectif n’est pas de déplacer la faute vers la victime mais de lui rendre une marge d’action. Si la seule explication est qu’un manipulateur était puissant au point de rendre toute réaction impossible, le risque est de conserver le même sentiment d’impuissance après la relation. Et l’histoire est vouée à se répéter.

    À lire aussi – le narcissisme pathologique

    * Quels troubles de la personnalité retirer du DSM ?

    * Le pervers narcissique

    Littérature scientifique – le trouble de la personnalité narcissique

    * Narcissistic Personality Disorder: Progress in Understanding and Treatment – Trouble de la personnalité narcissique : progrès dans la compréhension et le traitement.Un papier intégrant les présentations grandioses et vulnérables, la dysrégulation de l’estime de soi, les difficultés interpersonnelles et les principales approches thérapeutiques. Il défend la possibilité d’une amélioration, souvent très lente – contrairement à ce qu’on entend parfois.

    * Coercive Control and Intimate Partner Violence: Relationship With Personality Disorder Severity and Pathological Narcissism – Contrôle coercitif et violence conjugale : relation avec la sévérité du trouble de la personnalité et le narcissisme pathologique.Le narcissisme pathologique était (faiblement) associé au contrôle coercitif et non significativement associé à la mesure globale d’abus, tandis que la sévérité générale du dysfonctionnement de personnalité était plus fortement associée aux deux. De quoi mettre un peu de nuance.



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    39 min
  • Quand le discours sur la santé mentale devient dangereux

    On parle beaucoup du TDAH, du surdiagnostic, de santé mentale et de psychotropes. Dans cette vidéo, je pars des données britanniques et islandaises sur le TDAH avant d’élargir la discussion : que se passe-t-il quand un diagnostic, une addiction ou un traitement se met à donner le rythme de ce qu’on comprend d’une personne ?

    Sur le choix des mots et la représentation des personnes psychiatrisées : MAD PRIDE : représentation collective et étiquettes diagnostiques.

    Le diagnostic explique sans tout excuser

    Un diagnostic peut changer la manière d’interpréter un comportement sans supprimer toute responsabilité pour autant. Je parle aussi de mon ancienne addiction à World of Warcraft, du “gaming disorder” et des situations où les jeux vidéo impactent le sommeil, la scolarité, et de la vie familiale dans son ensemble. C’est une situation que j’appréhende déjà pour mes propres enfants.

    TDAH, antipsychiatrie et médicaments psychiatriques

    Le dernier tiers revient sur l’autre extrême : transformer la critique légitime des psychotropes en discours anti-médicaments. De l’étude RADAR sur la réduction des antipsychotiques aux risques psychiatriques associés aux stimulants, la difficulté est toujours la même : reconnaître simultanément qu’un médicament peut être indispensable chez certains patients et inutile – voire dangereux chez d’autres. La dialectique se fait encore un chemin dans le raisonnement.



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    37 min
  • TDAH ou bipolarité ? Savoir avant de prescrire la Ritaline

    Quelques réflexions en vrac sur le TDAH et les risques associés aux psychostimulants.

    En population pédiatrique, l’inattention, l’impulsivité et la dysrégulation émotionnelle ne permettent pas toujours de distinguer un TDAH d’une vulnérabilité bipolaire. Dans cette vidéo, j’explique pourquoi les antécédents familiaux, le sommeil, la trajectoire longitudinale et la réponse aux traitements doivent passer devant une lecture mécanique bête et méchante des critères diagnostiques du DSM.

    Méthylphénidate et risque de virage

    Le méthylphénidate peut donner des bénéfices réels sur la scolarité et le fonctionnement quotidien, mais le rapport bénéfice-risque change quand on est face à un potentiel trouble bipolaire.

    À lire aussi – les risques associés au TDAH

    * TDAH adulte : manie, psychose et risque des stimulants

    * TDAH en psychiatrie : diagnostic différentiel et comorbidités

    Littérature scientifique – la mortalité et les accidents dans le TDAH

    * Mortality in Persons With Autism Spectrum Disorder or Attention-Deficit/Hyperactivity Disorder: A Systematic Review and Meta-analysis – Mortalité chez les personnes avec trouble du spectre de l’autisme ou TDAH : revue systématique et méta-analyse. Synthèse sur la mortalité associée à l’autisme et au TDAH.

    * Risk of unintentional injuries in children and adolescents with ADHD and the impact of ADHD medications: A systematic review and meta-analysis – Risque de blessures accidentelles chez les enfants et adolescents avec TDAH et impact des médicaments du TDAH : revue systématique et méta-analyse. Méta-analyse du risque de blessures accidentelles dans le TDAH et son association avec le traitement médicamenteux.



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    34 min
  • En psychiatrie, la bonne réponse est souvent « ça dépend »

    Ce live a été enregistré en février 2026, alors que je n’avais pas ma carte professionnelle de santé. Je l’ai récupérée depuis.

    Les questions abordées dans cette vidéo

    Trouble bipolaire : diagnostic, symptômes et évolution

    * Quelle différence entre maniaco-dépression et trouble bipolaire ?

    * Qu’est-ce qui distingue un trouble bipolaire de type 1 d’un type 2 ?

    * Comment distinguer une hypomanie de son tempérament habituel ?

    * L’hyperthymie est-elle une forme de trouble bipolaire ?

    * Quels signes peuvent annoncer une phase maniaque ou hypomaniaque ?

    * Une dépression avec des symptômes mixtes est-elle forcément bipolaire ?

    * Peut-on avoir des hallucinations ou des idées délirantes dans un trouble bipolaire ?

    * Quelle différence entre trouble schizoaffectif et trouble bipolaire ?

    * Peut-on vivre durablement bien avec un trouble bipolaire ?

    * Pourquoi un trouble bipolaire peut-il se dégrader malgré un traitement ?

    Lithium, quétiapine et autres traitements du trouble bipolaire

    * Comment savoir si la quétiapine est efficace après plusieurs semaines de traitement ?

    * Est-ce que la fatigue et la somnolence sous quétiapine peuvent diminuer avec le temps ?

    * Comment interpréter un abrasement émotionnel sous quétiapine ?

    * Que sait-on du mécanisme d’action du lithium ?

    * Pourquoi associer lithium et lamotrigine ?

    * Y a-t-il une différence entre le Lamictal et les génériques de lamotrigine ?

    * Quelle place pour l’amisulpride à faible dose dans le trouble bipolaire de type 2 ?

    * Faut-il maintenir un antidépresseur après un virage maniaque ?

    * Quel lien entre psychose du post-partum et trouble bipolaire ?

    Dépression “classique” dépression résistante

    * Quelles sont les options médicamenteuses dans la dépression résistante ?

    * Quelle place pour le pramipexole dans les dépressions avec une perte de plaisir et de motivation ?

    * Comment parler du pramipexole à un psychiatre qui hésite à le prescrire ?

    * Quand envisager l’électroconvulsivothérapie, aussi appelée sismothérapie ?

    * Quelle place pour la stimulation magnétique transcrânienne répétitive, ou rTMS, dans la dépression ?

    * Que penser de la vortioxétine, commercialisée sous le nom de Brintellix ?

    * Comment comparer la tolérance de l’escitalopram et de la sertraline ?

    * Burn-out et dépression : pourquoi ces notions se recoupent ?

    Sommeil, anxiété et rythmes de vie

    * Comment retrouver un rythme de sommeil régulier quand on a un trouble bipolaire ?

    * Quelle place donner à la lumière du matin et à la réduction de la lumière le soir ?

    * Pourquoi rester au lit sans dormir aggrave des troubles du sommeil ?

    * Quelle place pour la buspirone dans l’anxiété ?

    * Comment comprendre les crises de panique déclenchées par des palpitations ou des sensations physiques ?

    * Est-ce qu’on peut faire confiance aux doses indiquées sur les compléments de mélatonine ?

    * Comment agit le daridorexant, commercialisé sous le nom de Quviviq, et comment s’en servir pour l’insomnie ?

    Effets indésirables et déprescription des médicaments

    * Comment expliquer un regain d’énergie puis une fatigue après une diminution de quétiapine ?

    * À quoi penser quand des cauchemars ou de l’anxiété apparaissent pendant une diminution de quétiapine ?

    * Que penser de la diminution hyperbolique des antidépresseurs ?

    * Pourquoi éviter de diminuer simultanément un antidépresseur et une benzodiazépine ?

    * L’aripiprazole, ou Abilify, peut-il provoquer de l’anxiété ou une akathisie ?

    * Que faire face à une sécheresse buccale sous lithium ?

    * Comment aborder une mauvaise tolérance à plusieurs médicaments psychiatriques ?

    * Quelles questions posent les associations de médicaments concernant le risque de syndrome sérotoninergique ?

    Poids, alimentation et psychiatrie métabolique

    * Que penser du régime cétogène dans les troubles psychiatriques ?

    * Les hypothèses métaboliques suffisent-elles à expliquer les maladies psychiatriques ?

    * Quelle place pour la metformine face à une prise de poids sous psychotropes ?

    * Peut-on prendre du poids sous aripiprazole ou antidépresseur sans avoir l’impression de manger davantage ?

    * Quels liens sont discutés entre syndrome des ovaires polykystiques, humeur, TDAH et autisme ?

    * Quel intérêt et quels risques pour les compléments alimentaires dans le trouble bipolaire ?

    * Que sait-on des probiotiques et du microbiote dans la dépression et le trouble bipolaire ?

    * La créatine a-t-elle un intérêt pour la cognition, et comment peut-elle compliquer l’interprétation de la créatinine sous lithium ?

    TDAH, autisme et trouble borderline

    * Peut-on traiter un TDAH par méthylphénidate lorsqu’on a aussi un trouble bipolaire ?

    * Quel lien entre méthylphénidate et apparition de tics ?

    * Que penser du neurofeedback dans le TDAH ?

    * Quelle place pour la clonidine en psychiatrie ?

    * Pourquoi les critères diagnostiques de l’autisme, notamment chez les femmes, font-ils débat ?

    * Comment distinguer trouble borderline et trouble bipolaire ?

    * Peut-on avoir à la fois un trouble borderline et un trouble bipolaire ?

    * Quelles pistes envisager lorsqu’on n’a pas accès à une thérapie spécifique du trouble borderline ?

    * Quelle place pour la thérapie comportementale dialectique dans le trouble borderline ?

    * Le trouble borderline peut-il s’améliorer avec l’âge ?

    À lire aussi – traitements et décisions cliniques

    * Traitements psychiatriques : questions-réponses cliniques

    * Trouble bipolaire : penser le traitement au long cours

    * Benzodiazépines, quétiapine et antidépresseurs : 6 questions

    * Psychotropes et prise de poids : pourquoi et que faire ?

    * Antidépresseurs et trouble bipolaire : risques à long terme

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    Point de vigilance scientifique

    Certaines de mes réponses sont plus affirmatives que les données disponibles. Dire que les épisodes bipolaires sont « neurotoxiques » suggère une causalité directe que les études ne peuvent pas établir de façon formelle, par exemple. Mais on a là une limite des études, avant tout. Autre exemple : l’absence de différence statistiquement significative entre un antidépresseur et le placebo sur le risque de virage ne prouve pas l’absence de risque. Les données concernent surtout le traitement sur le très court terme. J’en ai parlé plusieurs fois dans le blog, je vous renvoie aux articles dédiés.

    Littérature scientifique – décider avec des données imparfaites

    * Evidence based interventions for bipolar disorder across phases and age groups: living umbrella review, evaluation, analysis, and communication hub (U-REACH) project – Interventions fondées sur les données probantes dans le trouble bipolaire selon les phases et les groupes d’âge : projet de revue parapluie vivante U-REACH.Cette synthèse de 77 revues rassemble 2 510 méta-analyses sur les traitements du trouble bipolaire. Plus de la moitié des estimations reposent sur des données de certitude faible ou très faible, ce qui interdit de transformer chaque classement en ordonnance automatique.

    * Shared Decision-Making: a Systematic Review Focusing on Mood Disorders – Décision médicale partagée : revue systématique centrée sur les troubles de l’humeur.Les interventions étudiées améliorent surtout la participation et la satisfaction des patients.

    * Switch to mania after acute antidepressant treatment for bipolar depression: a systematic review and network meta-analysis of randomised controlled trials – Virage maniaque après un traitement antidépresseur aigu de la dépression bipolaire : revue systématique et méta-analyse en réseau d’essais randomisés.Aucun antidépresseur n’était associé à une augmentation statistiquement significative du risque par rapport au placebo.

    * Efficacy and safety of established and off-label ADHD drug therapies for cognitive impairment or attention-deficit hyperactivity disorder symptoms in bipolar disorder: A systematic review by the ISBD Targeting Cognition Task Force – Efficacité et sécurité des traitements autorisés ou hors AMM du TDAH pour les symptômes attentionnels ou cognitifs dans le trouble bipolaire : revue systématique du groupe de travail de l’ISBD.Le méthylphénidate et les amphétamines pourraient améliorer les symptômes du TDAH sans augmentation démontrée du risque maniaque lorsqu’un thymorégulateur est associé. Les études restent peu nombreuses et plusieurs présentent un risque de biais modéré.

    * Metformin for the Prevention of Antipsychotic-Induced Weight Gain: Guideline Development and Consensus Validation – Metformine pour prévenir la prise de poids induite par les antipsychotiques : élaboration et validation consensuelle d’une recommandation.La prise précoce de metformine était associée à quatre kilos de prise de poids en moins. Les recommandations sont classées “fortes”, mais le niveau global de certitude est faible et les auteurs reconnaissent le risque de biais lié à la sélection d’experts déjà favorables à cette stratégie. Comme dans toutes les recommandations, finalement.

    * ECT beyond unipolar major depression: systematic review and meta-analysis of electroconvulsive therapy in bipolar depression – L’ECT au-delà de la dépression unipolaire : revue systématique et méta-analyse de la sismothérapie dans la dépression bipolaire.Le taux de réponse regroupé atteignait 77,1 % et celui de rémission 52,3 % dans la dépression bipolaire. Ces résultats soutiennent l’efficacité de l’ECT, mais reposent sur des études très hétérogènes, et qui ne sont pas toutes randomisées.



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Psychiatrie clinique, psychopharmacologie, neurosciences et lecture critique de la littérature scientifique. Par le Dr Michael Sikorav, psychiatre

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