Psychiatrie Internationale

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By Dr Michaël SikoravScienceMedicineHealth & Fitness
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Psychiatrie Internationale episodes

  • Autisme invisible, masking et diagnostic : échange avec Raff

    Maie 2026 : on s’est retrouvés, Raff et moi, au milieu de la même polémique. Lui sur l’autisme invisible et le masking. Et moi, en plus de ces deux sujets, sur l’élargissement du diagnostic – et de ce que ça change pour les patients. On avait des choses à se dire, donc on a pris le temps de le faire face à face, pendant un live.

    D’où vient le désaccord ?

    Raff revient d’abord sur mes publications. Il est souvent d’accord avec une partie du fond, mais il me demande pourquoi je choisis une forme aussi agressive. Je lui réponds que certains messages ne passent pas si on les formule avec toutes les précautions possibles. Il me répond que les personnes touchées peuvent entendre autre chose que ce que je voulais dire. Cette question revient tout au long de l’échange, et je continue à penser que, d’une certaine façon, ça n’est pas vraiment mon problème. Si les gens raisonnent sur ce que je n’ai pas dit, on ne s’en sort pas.

    « Autisme invisible » : qu’est-ce qu’on diagnostique ?

    Je raconte ce que je vois en consultation : des demandes de diagnostic où personne, ni l’entourage ni le clinicien, ne retrouve de signe objectivable. Je dis pourquoi je refuse de poser un diagnostic dans ce cas. Raff me demande ensuite si les personnes autistes non repérées pendant l’enfance ne risquent pas justement de passer à travers les mailles du filet. On reprend les problèmes autour de l’histoire développementale, les limites de la clinique et de ce qu’on peut déduire d’une vidéo en ligne – en faisant référence aux vidéos TikTok et autres shorts qui inondent les réseaux sociaux. Mais un extrait de trois minutes ne donne jamais le diagnostic, et quand il a plus d’importance que le jugement du clinicien, c’est le début des emmerdes.

    On parle aussi de ce qui arrive avec une étiquette diagnostique : une explication, parfois des aides, souvent une identité, et la communauté qui va avec – et les revendications qui s’en suivent souvent. La souffrance mérite d’être prise au sérieux, même lorsque le diagnostic demandé n’est pas le bon. Raff insiste sur le fait que sous-diagnostic et diagnostics discutables peuvent coexister, et on est d’accord là-dessus.

    Masking : que disent les études et les textbooks ?

    Raff cite une revue critique de 389 publications sur le camouflage autistique. Je la trouve importante. Elle pose des questions sur les définitions, les outils de mesure et la place de l’anxiété sociale. Il rappelle que le DSM-5 parle de signes qui peuvent être masqués par des stratégies acquises, je remarque que ça ne se fait pas au détriment du caractère infantile du trouble. On aborde aussi la CIM-11, mais notre désaccord n’est pas réglé.

    Qui attend quand les soins sont saturés ?

    J’explique après pourquoi la saturation de la psychiatrie me rend malade. Dans ma pratique, des patients avec des troubles graves sont laissés pour compte. Ma crainte est très simple : les demandes moins urgentes demandent du temps qu’on n’a plus. Il est plus que temps de faire du triage. Raff partage l’inquiétude sur le manque de moyens, mais refuse d’exclure d’emblée des personnes dont le handicap se voit moins. C’est une position qui relève plus de la conviction que de quelque chose qu’on peut appliquer en pratique, à mon avis.

    Le fond et la forme

    La dernière partie revient à notre manière de travailler. Raff veut comprendre et rendre les connaissances accessibles sans blesser inutilement. Je veux que les besoins des malades les plus touchés ne soient plus ignorés, et je défends parfois une parole plus dure pour y parvenir. On ne tombera pas d’accord sur la méthode, mais on aura réussi à discuter sans s’engueuler !

    À lire aussi :

    * Analyse d’un comportement : autisme ou non ? Pour prolonger la question du diagnostic à partir d’un comportement isolé.

    * Comment parler aux gens – Pour distinguer les faits, les intentions prêtées et les émotions, une question qui revient tout le long de la discussion.

    Point de vigilance scientifique

    La revue critique d’Arnold et coll. attaque la définition et la mesure du camouflage mais elle ne prétend pas que personne ne camoufle ses difficultés. C’est à mon avis un comportement universel. Une méta-analyse plus récente trouve une association entre traits autistiques et scores de camouflage, sans faire de ces scores un test diagnostique spécifique : et c’est le cœur du problème. Le DSM-5 mentionne des symptômes qui « may be masked by learned strategies in later life » ; la CIM-11 prévoit une manifestation parfois plus tardive lorsque les exigences sociales augmentent. Néanmoins, le libellé des manuels ne valide pas, à lui seul, la valeur d’un questionnaire – surtout quand on sait comment ces décisions sont prises.

    Le chiffre de « 500 000 adultes autistes non diagnostiqués » évoqué dans la vidéo n’est pas établi pour la France : la HAS souligne l’absence de données épidémiologiques françaises permettant d’étayer le total souvent cité de 600 000 adultes autistes. Le sous-diagnostic des adultes est souvent cité, notamment par une étude anglaise, mais ce chiffre n’est pas transposable tel quel à la France. La priorité des soins doit être discutée sur des besoins réels et évalués, pas déduite d’un diagnostic.

    Sources scientifiques – camouflage et diagnostic de l’autisme

    * Camouflaging and autism: Conceptualisation and methodological issues – Camouflage et autisme : questions de définition et de méthode.Cette revue critique de 389 publications relève des problèmes de définition et de mesure ; elle ne démontre pas que le camouflage n’existe pas.

    * Autistic Traits and Camouflaging: A Meta-Analysis – Traits autistiques et camouflage : une méta-analyse.Les scores sont associés, mais cette association ne rend pas le camouflage spécifique à l’autisme.

    * Understanding the relationship between social camouflaging in autism and safety behaviours in social anxiety in autistic and non-autistic adolescents – Comprendre le lien entre camouflage social et comportements de sécurité liés à l’anxiété sociale chez des adolescents autistes et non autistes.Dans cet échantillon, certaines mesures de masking sont aussi liées à l’anxiété sociale.

    * Autism in England: assessing underdiagnosis in a population-based cohort study of prospectively collected primary care data – Autisme en Angleterre : évaluer le sous-diagnostic dans une cohorte en population à partir de données de soins primaires recueillies prospectivement.Cette étude documente un sous-diagnostic possible en Angleterre, sans fournir d’estimation pour la France.



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    1 hr 35 min
  • QCM de psychiatrie : LSD, olanzapine et sommeil

    Clara et moi reprenons une série de QCM de psychiatrie, avec les questions en anglais qu’on traduit au fil de l’échange. On répond, on hésite, puis on ouvre les corrigés. Certaines questions qui paraissent simples nous prennent à contre-pied. On revient sur nos erreurs et sur les formulations qui nous posent problème.

    LSD, olanzapine et questions de diagnostic

    La première partie passe par l’origine du LSD, le MMSE, le risque suicidaire et des questions de pharmacologie. On discute aussi de narcolepsie, de démence à corps de Lewy, de TOC, de deuil et d’olanzapine. Je critique certains raisonnements proposés dans les corrigés ; Clara me répond, et nos réponses ne sont pas toujours les mêmes.

    Personnalité, traitements et sommeil : la suite des QCM

    La suite porte sur les troubles de la personnalité, les opioïdes, l’alimentation infantile et une question d’éthique. On retrouve la gabapentine et les antiépileptiques, puis une question sur le sommeil dans l’anxiété et la dépression. On termine en parlant du mot « humeur » et de ce que chacun met derrière. Les échanges avec le chat restent au milieu de tout ça.

    Cette série est pas mal, parce qu’on a répondu à côté sur des questions normalement faciles !

    Pour poursuivre avec une séance de 40 questions commentées : QCM de formation médicale continue.

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    À lire aussi – abonnés payants : QCM de psychiatrie : TDAH, corps de Lewy et pharmacologie



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    58 min
  • QCM de psychiatrie : sexualité, sommeil et anorexie

    On reprend les QCM avec Clara. Je commence par les questions que j’ai proposées sur les réseaux sociaux, puis on passe à celles de l’application. On lit, on répond, on hésite et on regarde les explications. Les erreurs font aussi partie de la séance.

    Des médicaments aux questions cliniques

    On parle des effets sexuels des antidépresseurs, de polydipsie, de somnolence et de narcolepsie. Les questions nous font aussi passer par la pharmacologie, la prise de poids et des situations neurologiques. Je commente les réponses proposées et ce qui me paraît discutable dans les QCM.

    Réfléchir à plusieurs, sans tout savoir

    La discussion passe par les psychothérapies, l’effet d’être observé et les relations entre un soignant et les personnes qu’il reçoit. On termine sur une question concernant la méthode Maudsley dans l’anorexie. On se reprend, on cherche les mots et on reconnaît aussi quand on ne sait pas.

    Ça va durer encore un petit mois.

    Pour poursuivre la série de QCM commentés : QCM de formation médicale continue.

    Que les abonnés payants se rassurent, ça ne compte pas pour le post journalier.

    Littérature scientifique

    * Randomized clinical trial comparing family-based treatment with adolescent-focused individual therapy for adolescents with anorexia nervosa – Essai clinique randomisé comparant un traitement fondé sur la famille à une thérapie individuelle centrée sur l’adolescent dans l’anorexie mentale

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    42 min
  • QCM de psychiatrie : lithium et pièges des tests urinaires

    Hop, encore une session. Quelques erreurs grossières de ma part encore, je suis un peu rouillé sur cet exercice.

    Pour poursuivre l’entraînement avec la séance suivante : QCM de formation médicale continue.

    Je détaillerai les questions difficiles pour les abonnés payants.

    Littérature scientifique

    * Lithium Use in Pregnancy and the Risk of Cardiac Malformations – Utilisation du lithium pendant la grossesse et risque de malformations cardiaques

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    46 min
  • Certification HAS : pourquoi je demande sa suppression

    Exemples de questions sur lesquelles les soignants doivent travailler pour avoir la “certification qualité” de la Haute Autorité de santé.

    Je ne vois aucune question de clinique, et cinq questions de pratique pertinentes. Le reste est lunaire.

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    54 min
  • Pourquoi j’ai quitté la psychiatrie de l’hôpital de Laval

    Je repars de mon expérience à l’hôpital de Laval et de mon départ du service de psychiatrie. Je raconte les difficultés que j’y ai rencontrées et les départs de collègues dont je parle à la date de cette vidéo, en mai 2026. Je conteste l’explication qui réduit tout au manque de moyens. Ce que je décris est un témoignage sur un établissement où j’ai travaillé, avec ma lecture de ce qui s’y est passé.

    Pourquoi je suis parti

    Je parle de l’organisation du travail, des responsabilités de chacun et de ce qui arrive aux patients quand le suivi ne tient plus. Je reviens aussi sur mes propres erreurs de prescription et sur la nécessité de les reconnaître. Je pose la question de ce qu’on évalue réellement dans les soins, au-delà des budgets et des discours sur le système.

    Qui répond de la qualité des soins ?

    La discussion s’élargit à la façon de diriger les établissements, de répondre aux problèmes et de prendre des décisions politiques. Je ne comprends pas certaines réponses et je le dis. Expliquez-moi le raisonnement comme si j’avais 5 ans, parce que je ne comprends vraiment pas.

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    Les justificatifs de mon départ sont réunis dans « Hôpital de Laval : les justificatifs de ma démission ».

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    À lire aussi – abonnés payants : Maxime : l’histoire de mon assistant médical

    À lire aussi – hôpital de Laval et exercice médical

    * Hôpital de Laval : les justificatifs de ma démission

    * Maxime : histoire d’un assistant médical

    Point de vigilance scientifique

    Les données nationales de la DREES sur les médecins en activité au 1er janvier 2026 dénombrent les professionnels, sans établir la capacité de soins d’un hôpital particulier. Leur publication du 2 juillet 2026 est postérieure à la vidéo.

    Littérature scientifique – démographie médicale en France selon la DREES

    * 5 000 médecins supplémentaires en activité en France au 1er janvier 2026 – Données nationales sur les médecins en activité au début de 2026DREES, publication du 2 juillet 2026. Présente les effectifs nationaux issus du Répertoire partagé des professionnels intervenant dans le système de santé (RPPS), dont ceux des psychiatres. Les chiffres ne sont pas détaillés par établissement. Publication postérieure à la vidéo.



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    16 min
  • Troubles de l’attention après un accouchement : est-ce un TDAH ?

    Un cas fictif de troubles de l’attention après un accouchement

    Je reprends un cas clinique fictif publié sur les réseaux : des difficultés de mémoire et de concentration apparaissent après un accouchement. Je reviens sur les réponses proposées et sur les informations données dans l’énoncé. Le point de départ, c’est ce qu’on sait vraiment de l’histoire des symptômes.

    Je discute les hypothèses avancées, du TDAH aux troubles de l’humeur, et ce qu’on ajoute à l’énoncé quand on retient un diagnostic. Il est aussi question de la différence entre décrire des difficultés et leur donner une explication. C’est le fil de mon raisonnement dans ce cas.

    Les mots du diagnostic et la lecture critique

    La suite porte sur les mots que j’utilise au cabinet pour parler de l’humeur, puis sur les livres de psychiatrie et la lecture des études. Je termine par la place du désaccord et des critiques argumentées dans les échanges avec les lecteurs.

    Réponse au cas clinique sur les réseaux, à la question au même endroit, et quelques commentaires en vrac. Bon courage à tous !

    À lire aussi – raisonnement diagnostique

    * Fiabilité du diagnostic de TDAH – Le développement écrit sur la fiabilité du diagnostic et les outils d’évaluation.

    Littérature scientifique – symptômes de TDAH à début tardif

    * Late-Onset ADHD Reconsidered With Comprehensive Repeated Assessments Between Ages 10 and 25. – Le TDAH à début tardif réexaminé par des évaluations répétées entre 10 et 25 ans.Ce suivi longitudinal examine l’histoire et le contexte des symptômes apparus tardivement, sans permettre de trancher à lui seul le cas présenté.

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    29 min
  • Autisme et masking : ce que mesure vraiment le CAT-Q

    Les réseaux sociaux permettent parfois de reconnaître une souffrance incompréhensible jusque-là. Ils donnent aussi les mots pour la raconter. Mais leur limite est majeure : ils peuvent aussi changer des expériences normales en symptômes, et donner à un questionnaire une valeur diagnostique qu’il n’a pas. L’autisme et le TDAH sont les troubles les plus concernés.

    Quand personne n’a rien remarqué

    Une famille qui n’a rien identifié, une carrière réussie ou des interactions sociales normales ne suffisent pas à exclure un autisme léger. Mais le masking ne doit pas devenir une explication impossible à réfuter. Un diagnostic adulte exige de reprendre l’histoire développementale, le retentissement réel, et les autres hypothèses diagnostiques. Si l’autisme adulte est infalsifiable par construction, alors il n’a plus de valeur – ou du moins, il ne relève plus de la médecine. Et dans ce cas, les gens peuvent se diagnostiquer tous seuls.

    Ce que mesure vraiment le CAT-Q

    Le CAT-Q cherche à mesurer la compensation, le masking et l’assimilation sociale. La fiabilité est bonne, mais sa validité et sa spécificité sont problématiques. C’est important : ce n’est pas parce qu’on décrit précisément une licorne que ça la rend réelle pour autant. Certains items ressemblent à de l’anxiété sociale, à la peur du jugement ou à des stratégies d’adaptation tout à fait classiques. Tant qu’on n’a pas plus de preuves sur sa pertinence, la lecture de son score doit être prudente.

    À lire ensuite – autisme, diagnostic et réseaux sociaux

    * Autisme ou bipolarité : ce que les symptômes ne disent pas

    * DSM-5 : les diagnostics psychiatriques sont-ils valides ?

    * Communication interpersonnelle : mieux parler aux autres

    * Autisme : diagnostic, clinique et traitements

    Littérature scientifique – masking, CAT-Q et réseaux sociaux

    * Development and Validation of the Camouflaging Autistic Traits Questionnaire – Développement et validation du questionnaire des traits autistiques camouflés.Étude fondatrice du CAT-Q : bonne cohérence interne et stabilité préliminaire, mais données déclaratives, recrutement en ligne et absence de validation comme outil diagnostique.

    * Camouflaging and autism: Conceptualisation and methodological issues – Camouflage et autisme : problèmes conceptuels et méthodologiques.Revue critique de 389 études montrant l’instabilité des définitions, une spécificité limitée et des recoupements possibles avec l’anxiété sociale.

    * Exploring the construct validity of the Camouflaging Autistic Traits Questionnaire – Exploration de la validité de construit du questionnaire CAT-Q.Contre-argument important : dans un échantillon de 308 adultes autistes, la plupart des items se distinguaient factoriellement de l’anxiété sociale et de la peur de l’évaluation négative.

    * A comparison of methods for measuring camouflaging in autism – Comparaison des méthodes de mesure du camouflage dans l’autisme.Les 16 méthodes recensées restaient à un stade préliminaire de leur évaluation psychométrique.

    * Review: Social media use and adolescent mental health – an umbrella review and power analysis – Usage des réseaux sociaux et santé mentale des adolescents : revue générale et analyse de puissance.L’usage général montre des associations faibles et inconstantes, tandis que l’usage problématique est plus régulièrement associé au mal-être.

    * The Reach and Accuracy of Information on Autism on TikTok – Portée et exactitude des informations sur l’autisme diffusées sur TikTok.Parmi 133 vidéos informatives très vues, 27 % ont été classées exactes, 41 % inexactes et 32 % excessivement généralisatrices. Il s’agit d’un audit ponctuel dépendant du codage des auteurs, pas d’une étude des effets sur les diagnostics.

    À lire aussi – abonnés payants : La dilution de l’autisme

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    1 hr 3 min
  • TDAH adulte : pourquoi le diagnostic est plus difficile que prévu

    Le diagnostic du TDAH adulte ne se résume pas à cocher des critères du DSM-5, à faire une DIVA ou une ASRS, et encore moins à passer un test de QI. À partir de la vidéo de McFly et Carlito, cette discussion revient sur la DIVA, l’histoire développementale, le rôle des proches et surtout le diagnostic différentiel avec les troubles de l’humeur, les carences de sommeil et les nombreuses autres causes d’inattention.

    Le bilan neuropsychologique peut être utile dans certains cas, mais il n’est ni nécessaire ni suffisant pour confirmer un TDAH. Je me permets d’insister : je vois régulièrement des parents qui ont dépensé des centaines d’euros dans un bilan qui ne sert à rien pour le diagnostic. La question importante est moins de savoir combien de critères sont positifs que de comprendre quand les symptômes ont commencé, dans quels contextes ils apparaissent, quel est leur retentissement et quels autres mécanisme expliquent mieux le tableau clinique.

    La vidéo aborde aussi le méthylphénidate (et ses différentes formulations, Ritaline, Concerta etc) leurs bénéfices possibles, les incertitudes sur les conséquences cardiovasculaires à long terme et le risque de déstabilisation de l’humeur chez les patients à risque. Le fil rouge est l’incertitude en psychiatrie – le diagnostic et le traitement sont parfois nécessaires, à condition de ne pas confondre une catégorie clinique avec une vérité biologique (trop) simplifiée.

    À lire aussi – les comorbidités et le diagnostic différentiel du TDAH

    * Fiabilité du diagnostic de TDAH

    * Maladie mentale et discipline : expliquer n’est pas excuser

    Littérature scientifique – les comorbidités du TDAH chez l’adulte

    * The prevalence of psychiatric comorbidities in adult ADHD compared with non-ADHD populations: A systematic literature review – Prévalence des comorbidités psychiatriques dans le TDAH adulte comparée aux populations sans TDAH : revue systématique de la littérature. Revue des comorbidités psychiatriques du TDAH adulte, importante pour le diagnostic différentiel en psychiatrie.

    * Comorbidity of ADHD and adult bipolar disorder: A systematic review and meta-analysis – Comorbidité entre TDAH et trouble bipolaire chez l’adulte : revue systématique et méta-analyse. Synthèse de la coexistence du TDAH et du trouble bipolaire chez l’adulte et de la complexité diagnostique associée.



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    50 min
  • Pourquoi les psychédéliques ont l’air si efficaces

    Les psychédéliques font partie des traitements de la dépression résistante dont on entend le plus parler. On retrouve des papiers qui mettent en avant des effets spectaculaires, où ils sont aussi rapides qu’efficaces. Mais leur interprétation pose un problème unique : il est difficile de faire croire à quelqu’un qui vient de recevoir un psychédélique qu’il a reçu un placebo. Notez que le problème n’est pas si unique que ça. On le voit aussi avec la eskétamine, par exemple.

    L’aveugle est central

    Quand les participants devinent leur groupe, leurs attentes modifient le résultat. À l’inverse, comprendre qu’on a reçu le placebo est à l’origine d’une déception qui ne peut que diminuer la réponse du groupe contrôle. Ça ne veut pas dire que la psilocybine, la mébufoténine ou les autres psychédéliques sont inefficaces. Cette rupture de l’aveugle complique juste l’estimation de la part réellement attribuable au traitement… mais elle le complique beaucoup.

    Psychédéliques ou antidépresseurs

    On peut poser la question différemment, en comparant les psychédéliques à des antidépresseurs administrés eux aussi en ouvert. Les résultats sont nettement moins spectaculaires. Ça n’élimine pas l’intérêt potentiel des psychédéliques mais impose un peu plus de prudence avant de parler de “révolution thérapeutique”.

    À lire aussi – psychédéliques et dépression

    * Le soufflé des psychédéliques : Analyse directement complémentaire de la comparaison entre psychédéliques et antidépresseurs sous des conditions comparables de levée d’aveugle. L’article est bien indiqué comme réservé aux abonnés payants dans ton dossier.

    * Psilocybine et dépression résistante : Analyse d’un essai récent de psilocybine dans la dépression résistante, particulièrement complémentaire pour comprendre la taille réelle de l’effet sur la MADRS. L’article est bien indiqué comme réservé aux abonnés payants.

    Littérature scientifique – aveugle, placebo et psychédéliques

    * Psychedelic Therapy vs Antidepressants for the Treatment of Depression Under Equal Unblinding Conditions: A Systematic Review and Meta-Analysis – Thérapie psychédélique versus antidépresseurs dans le traitement de la dépression sous des conditions équivalentes de levée d’aveugle : revue systématique et méta-analyse – C’est le papier au cœur de la vidéo : aucune supériorité des psychédéliques par rapport aux antidépresseurs administrés en ouvert, mais comparaison indirecte entre essais.

    * Blinding Integrity in Psychedelic Randomized Clinical Trials: A Systematic Review – Intégrité de l’aveugle dans les essais cliniques randomisés sur les psychédéliques : revue systématique – Sur 112 essais, moins d’un tiers évaluaient rigoureusement l’intégrité de l’aveugle, qui était brisé dans 90% des cas pour plusieurs psychédéliques.

    * GH001 vs Placebo in Patients With Treatment-Resistant Depression: A Randomized Clinical Trial – GH001 versus placebo chez des patients présentant une dépression résistante au traitement : essai clinique randomisé – Un papier montré dans la vidéo : différence moyenne de −15,5 points de MADRS entre GH001 et placebo à J8, avec 57,5 % de rémissions sous GH001 contre 0 % sous placebo.

    * Magnitude of response in treatment and control groups within psychedelic trials for psychiatric disorders: A meta-analysis – Ampleur de la réponse dans les groupes traitement et contrôle des essais sur les psychédéliques pour les troubles psychiatriques : méta-analyse – Contrepoint important : les groupes contrôle des essais psychédéliques s’améliorent malgré tout substantiellement en moyenne, ce qui empêche de généraliser le placebo quasi nul observé dans GH001.



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    10 min

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Psychiatrie clinique, psychopharmacologie, neurosciences et lecture critique de la littérature scientifique. Par le Dr Michael Sikorav, psychiatre

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