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Peut-on être psychiatre, bipolaire et TDAH - et pourtant passer des années sans que le bon diagnostic soit posé ? Dans cet entretien, je raconte sans filtre ce que le trouble bipolaire a réellement changé dans ma vie, mes études, mon couple et mon rapport à la psychiatrie.Je reviens sur mes premières dépressions à l’adolescence, l’errance diagnostique, les phases hautes, les traitements qui n’ont pas fonctionné, les idées suicidaires, mais aussi ce qui m’a finalement permis de construire une vie plus stable. On parle également de TDAH adulte, de neuroatypie, de neurodiversité, d’autisme, de diagnostic tardif et de la place prise aujourd’hui par ces concepts dans le débat sur la santé mentale.Pourquoi peut-on déprimer alors que tout va objectivement bien ? À quoi ressemble réellement une décompensation bipolaire ? Que vit le conjoint d’une personne qui n’est pas stabilisée ? Quelle place donner aux médicaments et à la psychothérapie ? Et pourquoi les compétences interpersonnelles restent-elles essentielles même lorsque les symptômes sont contrôlés ? Un échange sur la bipolarité vu des deux côtés du bureau : celui du psychiatre et celui du patient.
Retrouvez plus de contenu sur le blog : https://www.michaelsikorav.com
Une dépression dite résistante signifie-t-elle réellement que tout a été essayé ? Dans cette discussion clinique, deux psychiatres examinent les erreurs qui peuvent faire perdre des mois et les options thérapeutiques encore trop souvent oubliées.Nous parlons du bon usage de la quétiapine, du délai nécessaire pour évaluer un antidépresseur, de l’importance de mesurer l’amélioration et de l’intérêt du regard des proches. Nous examinons également les facteurs pouvant entretenir une résistance thérapeutique : carence en fer, troubles thyroïdiens, apnée du sommeil, contraception hormonale, grossesse et ménopause.La deuxième partie est consacrée aux traitements de la dépression résistante : pramipexole, lithium, IMAO, moclobémide, méthylphénidate, benzodiazépines et stratégies de déprescription. Nous expliquons aussi pourquoi une ordonnance toujours plus longue ne signifie pas nécessairement que la prise en charge est meilleure.Le message central est simple : une dépression résistante n’est pas automatiquement une impasse thérapeutique. Un deuxième avis, une évaluation plus précise et une stratégie de psychopharmacologie mieux structurée peuvent faire apparaître des options qui n’avaient pas encore été sérieusement explorées.Cette vidéo est informative et ne remplace pas une consultation médicale. Ne commencez, n’arrêtez et ne modifiez jamais un traitement sans en discuter avec le prescripteur.
Pourquoi les psychotropes peuvent faire prendre du poids
La prise de poids est l’un des effets indésirables les plus sous-estimés en psychiatrie – en tout cas par les psychiatres. Les patients, eux, n’hésitent pas à arrêter leurs traitements à cause de ça. Antidépresseurs, antipsychotiques, thymorégulateurs, toutes les molécules ou presque peuvent être concernées. Et le mécanisme n’est pas simplement de « manger davantage ». Augmentation de la faim, diminution de la satiété, attirance pour certains aliments, sédation, diminution de l’activité physique, perturbation du sommeil ou effets métaboliques directs peuvent participer à ce qui est parfois une catastrophe pondérale.
Je rappelle dans cet article que la Metformine et Mediator ont deux mécanismes très différents.
Que faire quand un traitement psychiatrique fait grossir ?
Se contenter de dire que les patients doivent manger moins et faire plus de sport est souvent insuffisant. Il faut surveiller précocement l’évolution du poids, rechercher le mécanisme en cause et réévaluer le traitement lorsque la prise de poids devient importante. D’autres stratégies existent également : la metformine a été étudiée pour limiter la prise de poids associée aux psychotropes, et les agonistes du GLP-1 sont de plus en plus utilisés dans cette indication. Le problème n’est donc pas seulement de constater la prise de poids, mais aussi de la prendre en charge – avant qu’elle ne cause l’arrêt d’un traitement efficace, qui ne peut souvent pas être modifié.
À lire aussi – la prise de poids et ses traitements
Dysrégulation de l’homéostasie glucidique
Metformine et exercice : faut-il se méfier ?
Dans cette vidéo, je propose un guide pratique sur la prescription du méthylphénidate dans le TDAH : forme, titration, évaluation de l’efficacité et effets indésirables à surveiller.
Comment débuter la Ritaline ou le méthylphénidate dans le TDAH ?
Je commence par une faible dose de méthylphénidate, puis j’augmente progressivement selon l’efficacité et la tolérance. Le patient ne doit pas juste se sentir mieux : on doit pouvoir observer qu’il fonctionne mieux.
Comment ajuster la dose de méthylphénidate ?
La titration dépend de trois choses :
est-ce que le traitement fonctionne
combien de temps il fonctionne
et quels sont effets secondaires
Quand c’est possible, un proche est indispensable pour objectiver les changements d’attention, d’impulsivité ou d’irritabilité.
À lire aussi : Le méthylphénidate comme outil d’esclavagisme moderne ?
Effet rebond, sommeil et appétit
Un “psychostimulant” efficace peut avoir une durée d’action insuffisante avec un effet de fin de dose ou un rebond. Sommeil et l’alimentation doivent être surveillés comme le lait sur le feu : une diminution du temps de sommeil peut passer inaperçue si le stimulant masque la fatigue.
Ritaline, Concerta, Medikinet, Quasym : quand changer de forme ?
Les différentes formulations de méthylphénidate n’ont pas la même pharmacocinétique. Quand une forme est insuffisamment efficace, trop courte ou mal tolérée, la question du switch se pose.
La vidéo aborde également les risques psychiatriques, la surveillance cardiovasculaire et la question de l’ECG avant traitement.
À lire aussi – la prescription du méthylphénidate
Ritaline ou Concerta : pharmacocinétique et durée d’action
La Ritaline en pratique
Voici la vidéo qui a eu le plus de succès sur la chaîne YouTube – après mon témoignage.
Le trouble borderline est-il vraiment un diagnostic sexiste ? Est-ce qu’il est aussi incurable qu’on l’imagine ? Dans cette vidéo, on revient sur un trouble psychiatrique très stigmatisé, mais dont le pronostic peut être bien meilleur qu’on ne le croit.
Pour parcourir les articles sur le diagnostic et la prise en charge du trouble borderline : Trouble borderline et troubles de la personnalité : diagnostic et prise en charge.
Des symptômes à n’en plus finir
Je parle du trouble de la personnalité borderline (TPB), de dysrégulation émotionnelle, de peur de l’abandon, d’impulsivité, d’automutilation et de difficultés relationnelles. On aborde également les liens avec le trauma, le TDAH, le trouble bipolaire et le TSPT, ainsi que la place de la thérapie comportementale dialectique, ou TCD/DBT. Pourquoi les relations deviennent-elles parfois aussi explosives ? Pourquoi certains soignants trouvent ces patients difficiles (voire impossibles) à prendre en charge ? Pourquoi le temps améliore souvent les symptômes ? Que faire quand on doit choisir entre préserver l’alliance thérapeutique et hospitaliser un patient suicidaire ?On parle aussi de Marsha Linehan, de DBT, de validation émotionnelle, de rémission, de rétablissement et de la place beaucoup plus limitée des médicaments dans la prise en charge du trouble lui-même.
Benzodiazépines, quétiapine et antidépresseurs : comment choisir en pratique ?
Pourquoi préférer le lorazépam à une autre benzodiazépine ? Utiliser la quétiapine dans l’anxiété plutôt que du Tercian ? La clomipramine est-elle vraiment le meilleur tricyclique ?
Dans cette discussion avec un médecin généraliste, on revient sur des dilemmes fréquents en psychopharmacologie, avec leurs avantages et leurs limites.
Antidépresseurs dans le trouble bipolaire, addictions et dark thérapie
La deuxième partie aborde des questions plus difficiles : faut-il bannir les antidépresseurs chez tous les patients bipolaires ? Est-ce qu’on peut voir une addiction sans aucun autre trouble psychiatrique ? Et que penser de la « dark thérapie », les lunettes filtrant la lumière bleue dans les phases hautes ?
C’est la première fois qu’un confrère se déplace pour me voir exercer.
La CPAM a voulu me faire taire en me faisant passer pour un fou dangereux. Deux ans plus tard, avec 160 000 abonnés sur les réseaux, il y a des collègues qui viennent pour apprendre au cabinet. On peut dire que la CPAM a échoué.
Je pense que c’est un bon exemple de résilience.
À lire ensuite :
Questions-réponses avec les abonnés – dépression
Dépression récurrente : quand penser au trouble bipolaire ?
Le titre peut paraître très (trop) provocateur.
Mais il n’en est rien. Les psychotropes ont des effets secondaires, qui sont parfois mortels. L’obésité est une maladie létale.
Les troubles moteurs peuvent entraîner des fausses routes en aigu, et des chutes à distance.
On a tous entendu l’histoire d’un patient sous lithium qui a terminé confus aux urgences lors d’un épisode de surdosage.
Mais les maladies mentales que les psychotropes permettent d’atténuer – et parfois de guérir – sont tout aussi mortelles.
Je vous raconte dans cet épisode une de mes nombreuses aventures avec les psychotropes – l’une de celles qui ont failli mal se terminer.
À lire aussi – les effets indésirables graves des psychotropes
La cascade des effets secondaires
J’ai la tête qui éclate
J’ai reçu plusieurs commentaires suite à mon article sur la décision de la vaccination obligatoire des soignants par la Haute Autorité de santé.
Voici mes réponses.
Vaccination obligatoire des soignants contre la grippe : que recommande la HAS ?
Le 20 juillet 2026, la Haute Autorité de santé a recommandé une obligation de vaccination contre la grippe pour l’ensemble des professionnels de santé, ainsi que pour certains autres professionnels travaillant au contact de personnes à risque. Le gouvernement n’attend pas, et le déploiement sera prioritaire en EHPAD et en USLD. Mais 11 experts sur 13 s’étaient déclarés défavorables à l’obligation ; les deux autres la jugeaient théoriquement envisageable, mais non pertinente dans la situation actuelle. La question n’est donc pas de savoir si le vaccin contre la grippe est efficace, mais si les données disponibles permettent de justifier une utilisation aussi large, d’autant plus sous forme d’obligation.
Vaccination antigrippale des soignants : que montrent les études ?
Les essais randomisés disponibles concernent essentiellement des établissements de soins de longue durée et ne répondent donc pas à la question d’une obligation généralisée à l’ensemble des soignants. La revue Cochrane actualisée en 2025 retrouve des effets incertains sur la grippe confirmée, les hospitalisations et les décès d’origine respiratoire, mais une réduction de la mortalité toutes causes confondues énorme (30%) que les critères spécifiques de la grippe n’expliquent pas.Inversement, une revue systématique antérieure concluait plus favorablement à un bénéfice pour les patients. J’insiste encore : les données ne permettent pas de résumer le débat à « vaccin efficace » contre « vaccin inefficace » : le problème porte sur la qualité des preuves, leur extrapolation et la justification d’une politique de contrainte.
Je rajouterai qu'on a tous des histoires horribles avec la grippe ou n’importe quelle autre maladie. Mais quand il s’agit de santé publique, les histoires et les émotions ne suffisent pas. Il faut être rationnel.
N’hésitez pas à me dire ce que vous en pensez !
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À lire aussi – la HAS et la vaccination des soignants
* Plus j’en sais
* Vaccination obligatoire et Haute Autorité de santé
* HAS, TDAH et conflits d’intérêts
Littérature scientifique – la vaccination antigrippale obligatoire des soignants
* Mandatory influenza vaccination of healthcare workers: a 5-year study – Vaccination antigrippale obligatoire des professionnels de santé : étude sur cinq ans. Étude d’un programme hospitalier de vaccination antigrippale obligatoire des soignants, avec mesure de l’adhésion et de sa persistance sur cinq ans.
* A systematic review of mandatory influenza vaccination in healthcare personnel – Revue systématique de la vaccination antigrippale obligatoire des professionnels de santé. Revue systématique des politiques de vaccination antigrippale obligatoire des professionnels de santé : elles augmentent nettement la couverture vaccinale, mais les données disponibles sur les bénéfices cliniques pour les patients restent limitées.
À lire aussi – abonnés payants : Vaccination antigrippale : jusqu’où aller dans l’obligation ?
Les gens me demandent mon ordonnance, mais les traitements changent d’un patient à l’autre. Le rapport que j’entretiens avec les médicaments peut s’appliquer à tout le monde et vous sera plus utile, à mon avis.
Être stable sous médicaments, est-ce vraiment être « guéri » ?
Je suis bipolaire et stable depuis plusieurs années. Mais cette stabilité repose (entre autres) sur des traitements que je prends avec une rigueur exemplaire. On entend parfois qu’être sous médicaments veut dire qu’on n’est pas vraiment guéri, attendu qu’on est encore sous « camisole chimique ». Je vois les choses autrement : sans traitement, c’est la maladie qui réduit ma liberté. Je ne veux pas avoir le moins de médicaments possible. Je veux rester libre.
Notez qu’il existe différents type de polypharmacie, voir Doxépine : effet anticholinergique et limites des tableaux
Trouble bipolaire : pourquoi la discipline compte
Prendre un traitement de façon irrégulière pose aussi un problème très concret : on ne sait pas s’il fonctionne – alors qu’un traitement pris rigoureusement peut être jugé inefficace en quelques semaines. Et la maladie n’est pas une affaire personnelle. Décider seul d’arrêter un traitement peut avoir des conséquences sur le patient, mais aussi sur son conjoint, ses enfants et son entourage. Dans cette vidéo, je reviens sur mon rapport aux médicaments, les rechutes, la peur des psychotropes et les raisons pour lesquelles la stabilité nécessite parfois beaucoup plus de rigueur qu’on ne voudrait l’admettre.
À lire ensuite :
Pharmacologie des troubles bipolaires
Et le poids dans tout ça ?
J’invite les abonnés à rejoindre le chat : certains m’envoient des questions en privé alors que les réponses pourraient bénéficier à tout le monde.
Concerta et chaleur, sevrage des antidépresseurs, TDAH à la ménopause, quétiapine au long cours, zopiclone pendant plusieurs années, clonidine, hyperprolactinémie et sexualité : pendant une heure, j’ai répondu en direct aux questions des abonnés.
* Le Concerta pose-t-il un problème en période de forte chaleur ?
* Comment traiter un patient qui s’endort facilement, mais se réveille plusieurs fois par nuit ?
* La mélatonine aide-t-elle seulement à l’endormissement ou aussi au maintien du sommeil ?
* Peut-on confondre un TDAH, une dépression ou un trouble anxieux avec les symptômes de la ménopause ?
* Peut-on réellement “décompenser” un TDAH à 79 ans ?
* Faut-il envisager du méthylphénidate chez une personne âgée présentant un déclin cognitif ?
* La buprénorphine peut-elle avoir un effet antidépresseur ?
* La naltrexone à faible dose est-elle utile dans la dépression ?
* Le lithium à faible dose a-t-il un intérêt sur les troubles cognitifs ?
* Que faire lorsqu’un traitement psychiatrique fonctionne, mais détruit le sommeil ?
* Vaut-il mieux associer plusieurs médicaments faiblement dosés ou utiliser une seule molécule plus puissante ?
* Quelle part de la dysfonction érectile sous antipsychotique est liée à l’hyperprolactinémie ?
* Quel est le risque de dyskinésie tardive après 20 ou 30 ans de quétiapine ?
* Tolère-t-on la quétiapine de la même manière à 30 ans et à 70 ans ?
* Quelles alternatives au méthylphénidate utiliser après une psychose induite par un traitement du TDAH ?
* La clonidine et l’atomoxétine sont-elles réellement moins risquées sur le plan psychotique ?
* Peut-on prendre de la zopiclone pendant plusieurs années ?
* Le daridorexant est-il vraiment préférable aux benzodiazépines ?
* Combien de temps faut-il laisser entre deux antidépresseurs lorsqu’on change de traitement ?
* Comment savoir si la dose de méthylphénidate est trop élevée ?
* Peut-on diagnostiquer sérieusement un TDAH en 45 minutes ?
* Quels critères permettent de savoir si 40 mg sont réellement plus efficaces que 30 mg ?
* Quels signes montrent que la clonidine fonctionne dans le TDAH ?
* La quétiapine peut-elle aggraver une apnée du sommeil ?
* Peut-on confondre un TOC et un TDAH ?
* Combien de temps peuvent durer les symptômes de sevrage de la venlafaxine ?
* Faut-il alterner 20 mg et 10 mg de paroxétine un jour sur deux pour l’arrêter ?
* La metformine peut-elle provoquer un virage hypomaniaque ?
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Pour ceux qui veulent un récit plus personnel sur la psychiatrie, le trouble bipolaire, l’hôpital et les traitements : mon livre Blouse blanche, idées noires est disponible sur Amazon.
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