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Or


Je vois passer des discours de plus en plus intellectualisés, de plus en plus déconnectés de ce qui se passe sur le terrain.
Aide à mourir et psychiatrie
La loi française encadre l’aide à mourir par des critères cumulatifs, et pour le moment, une souffrance psychologique seule ne suffit pas pour y accéder. Mais la psychiatrie est encore plus concernée que les autres discipline par l’évaluation de la capacité, de la demande de mort, des alternatives et de l’incertitude clinique. Nos diagnostics sont aussi flous que les pronostics qui en découlent, est-ce qu’il est vraiment raisonnable de participer à des décisions sur lesquelles on ne peut pas revenir ?
Soins palliatifs et demande de mourir
Une demande de mort ne peut pas être analysée indépendamment de l’accès réel aux soins, du niveau de souffrance, de l’autonomie du risque suicidaire, et de tous ces paramètres qui compliquent l’évaluation. Le problème est de distinguer une volonté persistante et éclairée d’une souffrance susceptible d’évoluer, sans prétendre qu’un score ou quelques critères peuvent supprimer toute incertitude. Alors que la France se voit privée de tous les nouveaux psychotropes ou presque, je considère que c’est une solution par défaut plus qu’un choix éclairé.
Mise à jour
Depuis l’enregistrement, le texte français sur l’aide à mourir a été définitivement adopté le 15 juillet 2026 et validé par le Conseil constitutionnel le 14 août. Une souffrance psychologique seule ne permet pas l’accès au dispositif et les critères d’éligibilité sont cumulatifs
À lire aussi – l’euthanasie pour troubles psychiatriques
* Euthanasie psychiatrique aux Pays-Bas
* Encore un hôpital sans psychiatre
Littérature scientifique – l’euthanasie pour troubles psychiatriques
* Should euthanasia and assisted suicide for psychiatric disorders be permitted? A systematic review of reasons – Faut-il autoriser l’euthanasie et le suicide assisté pour les troubles psychiatriques ? Revue systématique des arguments. Revue systématique des arguments mis en avant pour (et contre) l’aide à mourir en cas de trouble psychiatrique.
* The Dutch practice of euthanasia and assisted suicide in patients suffering from psychiatric disorders: a qualitative case review study – Pratique néerlandaise de l’euthanasie et du suicide assisté chez les patients souffrant de troubles psychiatriques : étude qualitative de dossiers. Cas néerlandais d’euthanasie/suicide assisté pour souffrance psychiatrique.
25 questions soumises à l'intelligence artificielle, auxquelles on répond ensuite. Les questions sont un peu plus bas dans le post.
Pour les autres publications sur l’IA, les chatbots et les médias en psychiatrie : Intelligence artificielle, médias et réseaux sociaux en psychiatrie.
Le prompt utilisé est disponible ici.
Le papier qui a comparé les spécialités médicales et l’IA est accessible ici. Vous trouverez la banque de questions sur ce site.
Je vous laisse vous faire un avis, et vous invite à répondre au sondage après avoir regardé la vidéo. Notez que ce sujet est en plein boom, et que l’un des derniers articles parus considère que l’IA fait mieux que les médecins.
Si ça vous intéresse, on fera une seconde vidéo avec une autre IA. Je prends comme d’habitude toutes les critiques – je pense qu’il y a moyen de prompt un peu mieux l’IA. Elle était vraiment pas dingue alors qu’elle en sait bien plus que nous.
N'hésitez pas à expliquer pourquoi vous avez voté comme ça !
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Pour ceux qui veulent un récit plus personnel sur la psychiatrie, le trouble bipolaire, l’hôpital et les traitements : mon livre Blouse blanche, idées noires est disponible sur Amazon.
Les questions soumises à l’IA
* Comment les bêtabloquants agissent-ils dans la prise en charge de l’anxiété, à quelle classe de médicaments se substituent-ils généralement, et quels sont leurs avantages et leurs inconvénients dans cette indication ?
* Quels éléments faut-il prendre en compte chez un patient ayant commencé la rispéridone il y a plus d’une semaine et le valproate il y a six jours, sans bilan biologique initial, dont les enzymes hépatiques montrent désormais des ALAT à 74 et des ASAT à 115, qui rapporte une consommation occasionnelle d’alcool et ne prend aucun autre médicament ?
* Quel antipsychotique atypique présente le risque combiné le plus faible de prise de poids, d’akathisie et de syndrome des jambes sans repos ?
* Comment effectuer le passage d’Adderall XR 30 mg à Mydayis ?
* Quelle prise de poids peut-on attendre avec la cariprazine au cours d’une période de six mois ?
* Existe-t-il une interaction entre le lithium et le lorazépam ?
* Quel est le problème posé par l’augmentation de la dose d’Invega Sustenna de 117 mg à 156 mg sans période de chevauchement avec de la palipéridone orale ?
* Quels sont les effets indésirables de l’escitalopram lorsqu’il est utilisé dans le traitement de l’anxiété ?
* Le dosage de la CRP chez les patients dépressifs présente-t-il une utilité clinique pour orienter leur traitement ?
* L’association de viloxazine et d’un psychostimulant risque-t-elle d’être excessivement activatrice chez des patients pédiatriques présentant un TDAH et un trouble du spectre de l’autisme, dont l’hyperactivité et l’impulsivité restent insuffisamment contrôlées malgré la dose maximale tolérée de psychostimulant ?
* Quel traitement de l’anxiété pourrait limiter la prise de poids chez un patient qui en présente déjà une sous sertraline, tout en traitant également les symptômes d’un trouble dépressif caractérisé ?
* Quelle est la méthode recommandée pour arrêter progressivement le citalopram 40 mg après dix années de traitement ?
* Un patient ayant commencé l’association olanzapine–samidorphan la veille au soir et présentant désormais des nausées, des vomissements et des attaques de panique doit-il consulter en urgence ?
* Quelle est l’étape suivante la plus appropriée dans la prise en charge psychiatrique d’un adolescent de 17 ans présentant un TDAH de type inattentif, un trouble de stress post-traumatique, une anxiété, une dépression, une dysautonomie et un syndrome d’Ehlers-Danlos, consultant pour une évaluation de troubles attentionnels, compte tenu de ses antécédents psychiatriques et médicaux complexes, de son histoire traumatique et de ses plaintes somatiques actuelles, notamment…
* Le bupropion provoque-t-il fréquemment une élévation des enzymes hépatiques ?
* Comment prendre en charge une attaque de panique à domicile ?
* Quel est le rôle de l’orexine dans l’insomnie, et quels médicaments ciblant ce système sont autorisés par la FDA dans son traitement ?
* Les personnes présentant un trouble dissociatif de l’identité ont-elles conscience de l’ensemble de leurs différentes identités ?
* Quelles sont les précautions et les risques potentiels liés à l’utilisation du bupropion chez des patients âgés ayant un antécédent d’accident vasculaire cérébral, et des traitements alternatifs tels que la stimulation magnétique transcrânienne pourraient-ils être plus appropriés dans la dépression post-AVC ?
* Faut-il s’inquiéter de la poursuite du lithium chez un patient présentant un trouble bipolaire de type I, récemment mis sous furosémide 40 mg pour une rétention hydrique, avec une lithémie à 0,8 et une créatininémie actuellement normale, alors qu’une arthroplastie du genou est prévue dans quelques jours ?
* À quelle fréquence la duloxétine entraîne-t-elle une cirrhose hépatique ?
* Quelle est la probabilité que la fatigue et les effets indésirables sexuels disparaissent après un mois de traitement par escitalopram 10 mg ?
* À quelle classe pharmacologique appartient l’Auvelity ?
* La lamotrigine constitue-t-elle une option thérapeutique appropriée dans la cyclothymie ?
* Qu’est-ce qui distingue les pensées accélérées observées dans l’anxiété de celles qui surviennent au cours d’une hypomanie ?
À lire aussi – abonnés payants : TOC résistants : que vaut la réponse de l’intelligence artificielle ?
L’objectif de cette vidéo est de donner des options aux praticiens et aux patients. Ce n’est pas un guide à la prescription : elle ne fait que porter à votre attention l’existence d’autres molécules, souvent peu utilisées.
Quand les patients sont traités par “antidépresseurs inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine (ISRS)” et qu’il n’y a pas de réponse, on considère qu’il faut changer de classe de médicament. C’est plus un avis d’expert, les études sont difficiles à faire, collent peu à la pratique, et la définition de “dépression résistante” varie d’une étude à l’autre.
Ce qui est sûr, c’est que plus il y a de traitements essayés, moins il y a de chances que le prochain traitement marche. Il est donc essentiel de sortir ses cartes correctement, et d’avoir un arsenal thérapeutique varié1.
Tant qu’il n’y a aucune réponse, on considère qu’il faut changer de traitement de base. Vous avez les différentes options à la page 16 du PDF que j’utilise dans la vidéo.
Quand il y a une réponse partielle, on essaie de mettre un traitement adjuvant. Le tableau est repris page 36 :
Je ne suis pas d’accord avec certaines de ces propositions, ni avec l’ordre dans lequel elles sont mises.
Mais encore une fois, je vous informe juste de recommandations qui citent des options thérapeutiques comme de la seconde ou troisième intention. Autrement dit, des situations dans lesquelles les patients et les cliniciens se retrouveront souvent.
Comme toutes les recommandations, elles sont basées sur des opinions, et les opinions diffèrent d’un groupe d’expert à un autre. C’est pour ça qu'il faut prendre tout ça avec des pincettes : ça n’est que le début de la pharmacologie.
À lire aussi – les traitements de la dépression résistante
Pramipexole et dépression résistante : neurosciences
Dépression résistante : 9 heures autour d’un cas clinique
Dans ce live du 7 juillet 2026, Clara et moi répondons aux questions des abonnés sur les antidépresseurs, la bipolarité et le TDAH. On discute des situations où il faut réexaminer le traitement et de ce qui reste difficile à interpréter.
On revient sur la paroxétine, la fluoxétine, la lamotrigine et la quétiapine. Il est question de TOC, de sommeil et de la difficulté à distinguer des symptômes qui persistent d’un effet indésirable.
Une autre partie de l’échange porte sur la prise de poids sous psychotropes, la metformine, les GLP-1 et l’appétit. On répond aussi aux questions sur le méthylphénidate.
Je prends critiques et conseils ! J’espère que le format vous plaît.
Vous trouverez dans cette vidéo neuf heures de cours, sans publicité ni interruption. La formation est destinée au grand public : tout le monde peut la comprendre. Elle a été enregistrée d'une traite.
Le cas clinique porte sur la dépression chez l’adolescent. Je parlerai de clinique, de pharmacologie et des bases de la lecture critique d’articles. Je pense que l’on y apprend beaucoup de choses, même lorsqu’on est médecin.
Si vous avez des questions, n’hésitez pas.
Merci encore pour votre intérêt !
Prescrire du méthylphénidate ne se résume pas seulement à choisir une dose de Ritaline. Le sommeil, les apnées du sommeil, l’humeur, la caféine, la durée d’action et l’effet de fin de dose peuvent modifier complètement l’interprétation d’une réponse au traitement.
Ritaline, Concerta, Medikinet et Quasym
Cette vidéo revient sur la titration du méthylphénidate et sur les différences entre Ritaline, Concerta, Medikinet et Quasym. On parle de la durée d’action, de l’effet rebond, des effets indésirables et des situations dans lesquelles il vaut mieux changer de formulation que d’augmenter la dose.
Risques, surveillance et alternatives dans le TDAH
On abordera aussi le risque cardiovasculaire, la place de l’ECG, la pertinence des pauses thérapeutiques, les doses élevées et les incertitudes du traitement sur le long terme. La dernière partie est consacrée aux alternatives lorsque le méthylphénidate ne suffit pas, notamment la clonidine, les amphétamines et certains traitements noradrénergiques.
Voilà la session hebdomadaire du live.
Littérature scientifique – sertraline dans le TOC
* High-dose sertraline strategy for nonresponders to acute treatment for obsessive-compulsive disorder: a multicenter double-blind trial – Sertraline à forte dose chez des personnes n’ayant pas répondu au traitement initial du TOC : essai multicentrique en double aveugle.
Je prends critiques et conseils ! J’espère que le format vous plaît.
Si vous avez des idées pour expliquer ce qu’il s’est passé sur ce cas, Clara et moi sommes preneurs !
La psychiatrie française manque cruellement d’internes, mais la stigmatisation envers la maladie mentale n’explique pas tout. Dans cette vidéo, je pars d’une question simple : pourquoi une spécialité médicale confrontée à autant de besoins continue-t-elle de faire fuir une partie des futurs médecins ?
Pourquoi les internes hésitent à choisir la discipline
Les stages de psychiatrie, la formation médicale, la neurobiologie, la psychopharmacologie et la qualité des preuves scientifiques influencent aussi l’image de la spécialité. Avant d’expliquer son manque d’attractivité uniquement par le manque de moyens ou la stigmatisation, la psychiatrie doit donc regarder ce qui, dans sa propre formation et ses pratiques, peut décourager les internes.
La psychiatrie doit changer de l’intérieur
Guerres de chapelle, prescription des psychotropes, place de la psychothérapie, soins sous contrainte et multiplication des interventions de santé mentale : plusieurs débats traversent aujourd’hui la psychiatrie française. La psychiatrie peut faire des miracles. Mais elle doit aussi faire le ménage devant son propre palier, avant de hurler au manque de moyens.
À lire aussi – la crise et la qualité des soins psychiatriques
* Psychiatrie en vrac
* Encore un hôpital sans psychiatre
* Psychiatrie française : 20 ans de retard
* Stigmatisation en psychiatrie
Sources scientifiques à lire
* Impact of the psychiatry clerkship on medical student attitudes towards psychiatry and to psychiatry as a career – Impact du stage de psychiatrie sur l’attitude des étudiants en médecine envers la psychiatrie et la psychiatrie comme choix de carrière – Les stages améliorent souvent les attitudes envers la discipline, mais leur effet sur le choix de carrière est beaucoup moins constant.
* Heterogeneity of outcome measures in depression trials and the relevance of the content of outcome measures to patients: a systematic review – Hétérogénéité des critères de jugement dans les essais sur la dépression et pertinence de leur contenu pour les patients : revue systématique. Un exemple des limites des échelles et de l’hétérogénéité des critères de jugement.
* The psychological consequences of mental health awareness efforts – Les conséquences psychologiques des efforts de sensibilisation à la santé mentale – Revue sur les bénéfices de la sensibilisation et de ses effets potentiellement indésirables.
* A Cluster Randomized Trial of the Impact of School-Based, Universal, Mental Health Screening and Feedback on Students’ Mental Health and Help-Seeking – Essai randomisé en grappes sur l’impact d’un dépistage universel de santé mentale en milieu scolaire avec retour d’information sur la santé mentale et le recours à l’aide des élèves – Contre-exemple indispensable : un grand essai randomisé retrouve un petit bénéfice du dépistage plutôt qu’un effet délétère.
* Association of Schizophrenia Spectrum Disorders and Violence Perpetration in Adults and Adolescents From 15 Countries: A Systematic Review and Meta-analysis – Association entre les troubles du spectre de la schizophrénie et les actes de violence chez les adultes et adolescents de 15 pays : revue systématique et méta-analyse – Papier sur les risques relatifs et absolus de violence.
* Influence of socioeconomic status on antipsychotic prescriptions among youth in France – Influence du statut socio-économique sur les prescriptions d’antipsychotiques chez les jeunes en France – Un papier classique sur les données régionales françaises de 2013-2014.
Avec Clara, je réponds aux questions des abonnés dans un direct partagé plus largement. La première porte sur le remplacement d’Abilify. On demande pourquoi le traitement doit changer, ce qu’il a apporté et ce qui pose problème. Les précisions arrivent parfois en plusieurs messages, et on reprend la question quand elles changent la situation.
Préciser le cas et ce qui a déjà été essayé
On parle notamment du lithium et du rein, d’un changement entre quétiapine et lurasidone, puis de situations associant difficultés d’humeur et d’attention. On compare nos raisonnements, nos expériences et les informations qui manquent. Certaines questions nous amènent à chercher un médicament qu’on connaît mal ou à reconnaître qu’on ne sait pas répondre.
Sommeil, tolérance et questions ouvertes
La suite aborde l’insomnie, le délai d’action de la clonidine, le jeu pathologique, le poids et les rêves sous traitement. On termine avec la sédation et les difficultés liées à la chaleur. Je reviens aussi sur ce qu’une explication pharmacologique permet de supposer, et sur ce qu’elle ne suffit pas à démontrer.
Merci à tous pour votre soutien, et plus particulièrement les abonnés payants qui rendent ce substack possible. On fera ça tous les mardis à 20h45 si ça vous convient !
À lire aussi – aripiprazole en pratique
* Guide à la prescription d’aripiprazole (Abilify) – Les questions de dose, d’indication et de tolérance à distinguer avant de changer de molécule.
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