
Sign up to save your podcasts
Or


Pour Alain Berthoz, il n'y a pas de géométrie sans expérience et sans conscience du corps. Poincarré conçoit sa géométrie à partir des "comportements de parade" ... "Parer" est le geste matriciel en tai chi chuan.
Le sociologue Michel Maffesoli déclare que les divers rites ponctuant la vie publique et privée sont tous de "l'ordre du combat". La danse tai chi reproduit, mime, symbolise le combat/union des forces primordiales : le yin et le yang, le Ciel et la Terre, l'esprit et la matière, etc.
Les classiques du tai chi chuan évoquent la possibilité de retrouver la souplesse d’un enfant. En effet, les pratiquants confirmés témoignent d’un type de souplesse très particulier : une souplesse moelleuse alliée à une spontanéité étonnante.
L'ancrage facilitant l'absorption de diverses poussées correspond à un enracinement intérieur permettant une meilleure gestion du stress et des conflits.
La structuration des postures et des mouvements engendre progressivement un ordonnancement intérieur ... à condition de prendre une certaine distance avec l'idéologie consumériste.
Le tai chi chuan comprend de multiples facettes : de la gymnastique douce à l’art de combat en passant par le qi gong. Cet art se transforme en voie lorsqu’il révèle des applications possibles dans l’existence de tous les jours.
La pratique n’est plus alors enclavée, circonscrite à l’intérieur de l’espace-temps de l’entraînement. Elle infiltre le quotidien et imperceptiblement, progressivement, s’installe dans le domaine de l’ordinaire. Ce transfert, cette diffusion dans la vie quotidienne n'est pas le fruit d’une décision. Elle s’effectue spontanément, de manière graduelle.
Le tai chi chuan est un travail sur le souffle (qi gong). Cet aspect, certes important, ne doit pas occulter ses multiples facettes trop rarement étudiées. Le travail intérieur, dont le qi gong est la première étape, reprend les différentes étapes de l'ancienne alchimie taoïste.
La première étape nous reconnecte à notre élan vital, la deuxième accorde notre nature véritable avec les rythmes naturels, tandis que la troisième, au travers d’un agir créatif et efficient, nous permet d’atteindre l’harmonie profonde.
Chaque posture du tai chi chuan provient de la posture matrice de l'arbre. Chaque geste permet d'explorer la mobilisation du souffle, le développement de l'intentionnalité, les résonances symboliques.
La continuité du mouvement - comme si on dévidait un fil de soie du cocon - permet d'expérimenter la liaison. Le taoïsme est une invitation à ressentir la trame des choses ainsi que la vibration qui les anime. Le tai chi chuan ne vise pas à la perfection, mais à la plénitude.
Le souffle est un facteur déterminant dans les arts internes chinois. Néanmoins, sans un minimum de travail externe, le travail interne est inopérant. Le "qi" traverse tous les pans de la culture chinoise. Dans le contexte des arts internes, il recouvre diverses significations. Énergie vitale, il est en relation avec le sang et la respiration.
Les mouvements du tai chi chuan sont conçus pour maximiser la circulation de cette force animatrice de l'Univers. Les alignements et lignes de force des postures permettent une efficience biomécanique. Cette notion traditionnelle ne doit cependant pas devenir (non) réponse à toutes les questions.
Notre époque contemporaine se caractérise par le paradoxal. Celui-ci dérange et angoisse au plus haut point les tenants du dualisme dont le maître mot est séparation. Pour eux, la nature doit être dominée et exploitée. L'être humain est morcelé, le monde est désenchanté. Ces divisions engendrent de multiples maux ; la maladie doit être éradiquée.
Avec le romantisme et la théorie de la relativité, une révolution conceptuelle fondée sur la relation s'amorce. L'être humain multidimensionnel est relié aux autres, à la nature, au cosmos. Le tai chi chuan vise à une mise en résonance du corps humain avec les corps social et cosmique. Sa pratique permet de nourrir la vie.
Percevoir et comprendre l'approche des arts internes n'est pas chose aisée. Les progrès se réalisent dans le lâcher- prise. Il ne s'agit pas d'ajouter mais de retrancher.
Afin de mieux percevoir cette voie privilégiant la soustraction, Eric Caulier nous présente une réflexion de Tim Ingold sur l'expérimentation patiente. L'objectif de celle-ci n'est pas de tester une hypothèse mais de suivre une voie où qu'elle nous mène.
L'auteur distingue deux manières de couper du bois : perpendiculairement aux fibres avec une scie ou dans le sens des fibres avec une hache. Le tai chi chuan privilégie la seconde manière, celle où l'on entre dans la matière en l'ouvrant de l'intérieur.
« Brosser le genou et pousser » est un mouvement clé au moment où les deux partenaires rentrent dans la distance de contact. Le genou avant "exposé" doit être bien protégé. La recherche de la posture juste en tai chi chuan dépend d'une multitude de micro ajustements.
"Saisir la queue de l'oiseau" est une séquence de quatre mouvements qui contient l'essentiel de l'art. Le nom évoque les pratiques des anciens chamans recherchant l'envol mystique. Les quatre gestes sont associés à quatre symboles résumant l'oeuvre de transformation intérieure (ancienne alchimie taoïste).
Le tai chi chuan utilise des images pour réveiller certaines énergies primordiales
« Le coq d’or se tient sur une patte » est un mouvement qui améliore notablement l’équilibre. La référence à l’alchimie est évidente. Dans les formes de tai chi chuan, le coq d'or s'associe avec le serpent pour faire circuler l'énergie entre la terre et le ciel.
« La fille de jade tisse et lance la navette » : ce symbolisme des femmes tissant les fils de la vie est relativement universel. En effet, dans la mythologie grecque, les Moires tissent les fils du destin. Chez les Romains, ce sont les Parques.
" Donner un coup de talon" exige une extension importante de la sphère dans toutes les directions.
From the publisher's feed

226 Listeners