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Eric Caulier nous présente un cours passage de Tim Ingold " sur "la recherche de la vérité". L'auteur distingue la recherche de la vérité de la recherche d'objectivité. En recherchant l'objectivité, on se coupe du monde tandis qu'en recherchant la vérité, on participe de manière pleine et attentionnée à la vie dans du monde. Cette approche est caractérisée par la saine curiosité et le soin.
Pour Tim Ingold, la vérité est une aspiration, une espérance qui nous échappe en permanence. Elle recule au fur et à mesure qu'on s'en approche. Dans cette quête, toute certitude se transforme en questionnement.
Le tai chi chuan utilise des images pour réveiller certaines énergies primordiales.
Repousser le singe, c’est prendre de la distance avec un certain mode de fonctionnement du mental. Nos pensées, telles le "singe fou" sautent d'une branche à l'autre. Apprenons à le domestiquer.
Les mouvements du tai chi chuan possèdent la rondeur et la légèreté des nuages. Laissons-les nous inspirer.
Le cheval fut pendant des siècles le compagnon privilégié pour voyager dans les mondes réels mais aussi dans les mondes imaginaires. Renouons avec lui.
Eric Caulier présente une approche innovante qui réunit les avantages du travail du souffle/qigong et de l'art de l'unité (tai chi chuan). En qigong, le pratiquant tient une posture ou répète un mouvement/une séquence simple. L'élève en tai chi étudie des séquences complexes de mouvements ainsi que leurs applications.
Comparé à l'apprentissage de la musique, le qi gong est le travail des gammes et le tai chi chi l'exécution d'un morceau ... les formes traditionnelles sont des symphonies.
Eric Caulier nous emmène à la découverte des principes essentiels du tai chi chuan. À partir d'une disposition intérieure, le pratiquant s'ancre, trouve son axe et s'installe dans son centre. Dans la sphère élastique qu'il devient, les circulations d'énergie entre le haut et le bas, l'intérieur et l'extérieur s'intensifient. Les synchronisations entre les différentes dynamiques (musculaires, respiratoires, perceptives, intentionnelles) s'affinent.
L'anthropologue rapproche différents modèles pour mieux nous faire comprendre la cohérence de cet art de vie dans lequel le geste et l'imaginaire oeuvrent de concert.
Le geste « réunir la Terre et le Ciel » est le mouvement d’ouverture et de fermeture dans toutes les formes de tai chi chuan. Réunir la Terre et le Ciel - c’est-à-dire la matière et l’esprit - est en fait l’objectif de la tradition taoïste.
Réunir ce qui est en bas et ce qui est en haut apparait comme l’une des thématiques majeures de nombre de traditions. Vu sous cet angle, notre modernité, caractérisée par la volonté de tout séparer, serait diabolique (dans le sens étymologique). L'outil privilégié des traditions est l'imagination symbolique (mettre ensemble).
Le tai chi chuan est une succession de gestes d'expansion et de concentration. « La fleur de lotus s’ouvre et se ferme » est une image signifiante pour ressentir progressivement les mouvements d’expansion et de réunion de l’entièreté de l’être. Le pratiquant s'ouvre ainsi à son environnement tout en l'assimilant.
La posture de l’arbre permet d’aligner et d’ouvrir les régions du ventre, de la poitrine et de la tête. Dans la tradition taoïste, ces trois régions sont fondamentales dans les processus de transformation intérieure. L’imagination y joue un rôle essentiel. Le pratiquant imagine et devient une balle qui se gonfle et se dégonfle.
Toutes les formes de tai chi chuan commencent par la posture wuji/sans faîte. Il s'agit de l'état de chaos indifférencié qui précède l'ordonnancement des choses. L'adepte se pose au niveau du corps, de la respiration et de la pensée. Il entre ainsi dans un état de disponibilité, de vacance. Cette disposition intérieure surgit de manière fugace chez le débutant. L'adepte confirmé s'y installe avant de faire le moindre mouvement.
La posture de l’arbre, aussi appelée posture tai chi, est la position de base la plus fondamentale dans la pratique du tai chi chuan. Elle prépare les fondements pour le travail du souffle (qi gong). Posture archétypique, elle développe les racines (ancrage), l’axe (verticalité) et l’espace (volume idéal). Elle met les trois mondes en relation: le monde souterrain (racines), le monde du milieu (tronc) et le monde céleste (tête).
Le tai chi résulte de l’union incessante des souffles yin et yang. Ceux-ci s’opposent et se complètent aussi bien dans le corps humain que dans le reste de l’univers. Dans ces deux catégories rattachées symboliquement à l’ombre et à la lumière, yin représente un mouvement d’assombrissement et yang un mouvement d’éclairement.
Vu sous cet angle le tai chi chuan devient un jeu permettant d’appréhender les rapports cycliques et complexes entre ces deux entités fondamentales. C’est, en outre, un combat contre la part d’ombre que nous portons en nous-mêmes. Cette part ne doit pas être détruite. Elle doit, au contraire, être intégrée car la lumière est inséparable des ténèbres.
Le débutant développe diverses qualités extérieures : la souplesse, l'ancrage, le regard. Au fur et à mesure de la pratique, ces qualités s'intériorisent de manière étonnante. Les textes classiques encouragent à retrouver la souplesse d'un enfant. La souplesse moelleuse dont font preuve les pratiquants expérimentés témoigne d'une malléabilité du corps et de l'esprit permettant de s'adapter aux moindres variations. L'ancrage physique du début se transforme en enracinement intérieur favorisant une meilleure résistance aux tempêtes de la vie. L'attention portée à l'intentionnalité ouvre le regard qui devient vision.
Le débutant rêve de prouesses extraordinaires grâce à la maîtrise de l'énergie. L’efficience réelle se situe pourtant sur un tout autre plan. Ni surhomme, ni wonder woman, le pratiquant de tai chi chuan se contente d’actualiser ses potentialités. En exploitant ses ressources cachées, il se révèle. En renouvelant sans cesse ce processus, il cultive l’art de devenir.
L’appropriation, dans ce contexte, n’est pas synonyme de possession. Elle s’apparente à l’assimilation, à la digestion, à la maturation. Jamais définitive, elle se doit d’épouser les transformations.
La transmission d’une telle voie demande plus qu’une connaissance approfondie du sujet. Elle réclame une puissance personnelle. Il ne suffit pas de transmettre un témoin comme dans une course relais. Le transmetteur se doit d’être un augmentateur.
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