Nous sommes en 1803.
Voici un jeune chirurgien qui essaye de comprendre et de soigner les soldats atteints de … nostalgie.
il a même consacré une thèse à ce sujet.
On peut en trouver un exemplaire édité par l’imprimerie De Valade, rue Coquillière, à Paris.
L’intitulé est précis « Essai sur la nostalgie, appelée vulgairement maladie du pays.
Présenté et soutenu, à l’Ecole de Médecine, par Denis Guerbois, ex-chirurgien de première classe de l’armée d’Italie, Officier de santé de l’hospice de Liancourt, département de L’Oise. »
En épigraphe, le jeune homme a noté ces simples mots :
« Ils laissaient, en partant, une mère chérie ».
Il a aussi inclus, à son travail, une préface autobiographique dans laquelle il écrit :
« La première fois que je quittais ma mère : ses yeux baignés de larmes, sa main qui s’attachait à la mienne, ses regards qui me rappelaient sans cesse, imprimèrent dans mon cœur, un souvenir que je conservais partout. »
Nous sommes donc au début du XIXe siècle, et l’on peut souffrir de nostalgie, et l’on peut même en mourir à l’instar de celles et ceux touché.e.s par le typhus ou la petite vérole.
La nostalgie frappe surtout les soldats, les travailleurs migrants, les colons, les expatriés.
A cette époque, le monde s’élargit, les guerres font rage, l’expansion coloniale est en marche.
La nostalgie tue, parfois plus que la violence des combats.
Comment en est -on arrivé à pathologiser la nostalgie ?
Quand et pourquoi a-t-on cessé de le faire ?
De quelle manière est-on passé du regret, du manque d’un espace familier à la recherche d’un temps perdu ?
Ce n’est pas simple, mais allons-y quand même …
Invité : Thomas Dodman, maître de conférences à l’université de Columbia.
Auteur de : « Nostalgie – Histoire d’une émotion mortelle » ; Seuil.
Merci pour votre écoute
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