13h20 : Le Duc de Saint-Simon : un infiltré à Versailles
Nous sommes à la toute fin du 17e siècle, entre 1691 et 1699. Évoquant le vie à Versailles, dans un texte intitulé «Mariage du fils de M. le prince de Rohan», le duc de Saint-Simon écrit : « Et voilà à quoi sert de savoir les intrigues des cours :
on infère des unes les autres, et on découvre de la connaissance des gens et de leurs liaisons, de leurs vues et de leurs intérêts, ce qu'ils seront capables premièrement de vouloir et puis de faire, et par là on prévoit ce qui doit arriver et conséquemment ce qu'il faudrait faire ou éviter. »
Attaché à l'ordre social établi, le duc qui fera activité de plume essentiellement après la mort de Louis XIV, en 1715, note dans ses gigantesques Mémoires :
« Il n'y a État monarchique, ni républicain, peuples policés ou non policés chez qui de tous temps les gradations ne soient établies [...] On trouvera la même gradation chez les Hurons, chez les Iroquois, chez toutes les nations sauvages. Chaque habitation, quoique portative et changeante, a un chef, qui a des conseillers, et des anciens que les autres sauvages respectent, auxquels ils cèdent dans leurs conseils, dans leurs gestes de danses et de festins, dans le peu qu'ils ont de cérémonie, enfin partout entre eux. » Mémorialiste du siècle du roi-Soleil, bien que souvent cité comme référence par les historiens, Saint-Simon n'a pas toujours la place qu'il mérite. Lui qui prétendait « Mettre son lecteur au milieu des acteurs de tout ce qu'il raconte, en sorte qu'il croie moins lire une histoire ou des mémoires, qu'être lui-même dans le secret de tout ce qui est représenté, et spectateur de tout ce qui est raconté ». Faut-il s'intéresser, aujourd'hui, au duc de Saint-Simon ?
Qu'a-t-il à nous apprendre ?
Invité : Luc Dellisse, romancier, essayiste. Conférence : « Le duc de Saint-Simon : l'écriture, la foudre, le néant »
MER 19/02, BRUXELLES - PALAIS DES ACADÉMIES.
14 heures : L'histoire de la fourchette et le mythe des princesses
Certains mythes ont la vie, et la peau dures. C'est le cas d'un petit ustensile que nous utilisons quotidiennement en occident. Souvent même plusieurs fois par jour. L'histoire de cet ustensile alimentaire, placé à la gauche de l'assiette, si on suit l'étiquette, est pourtant méconnu, et trimballe derrière lui bon nombres de fausses légendes. La fourchette, puisque c'est elle qui est mise à l'honneur aujourd'hui, trimballe en effet derrière elle une foule d'approximation, voire de mensonges sur son origine et son histoire.
Avec l'historien de l'alimentation, Pierre Leclercq, on va mettre de l'ordre dans tout ça, et raconter la vraie histoire de la fourchette.