13h20 : Chanteurs de rue, marchands de chansons
Nous sommes le 11 mai 1925.
Dans la Gazette de Charleroi, voici ce que l'on peut lire à la rubrique « Petite gazette » :
« Hier, alors que dans une localité des environs, sur le marché battait son plein, on vit arriver, sur la place, trois de ces musiciens-chanteurs ambulants à qui le peuple fait volontiers bon accueil.
Ayant choisi un coin de place resté inoccupé - et non le moins bon - le chef d'orchestre sortit, d'une petite malle, un harmonium poussiéreux, un autre tira, d'une caisse en bois allongée, un violon qui ne payait guère de mine et le troisième déballa la marchandise à livrer aux clients, en l'occurrence quelques centaines de feuilles de papier mince sur lesquelles étaient imprimées quelques portées, quelques notes de musique et quelques phrases : les couplets et le refrain.
Bientôt, l'harmonium gémit, le violon grinça des cordes et une voix de ténor retentit ; la foule des commères et des flâneurs s'amassa ; on fit cercle (....)
Cette fois, le public était conquis.
Dans la foule, les femmes, qui ont le cœur sensible, tendirent l'oreille.
C'était donc une chanson d'amour ou plutôt un drame d'amour mis en chanson ...
Durant le 19e siècle et le début du 20e, les artistes ambulants, les chanteurs de rue, et les marchands de chansons ont décrit le quotidien des Belges.
Pour quelques sous, ils ont raconté la misère, les faits divers les plus sordides, la guerre, la prostitution mais aussi la passion contrariée, les espoirs déçus...
Quel était leur quotidien à eux et elles ?
Invités : Francis Groff et Thierry Legros.
Auteurs, avec Willy Pourcel, de « L'orchestre des courants d'air. Quand les artistes de rues et marchands tournaient le quotidien en dérision » ; éd. Université Ouverte.
14 heures : De l'empire ottoman à la Turquie moderne
Allié de l'Allemagne, l'empire ottoman ne survit pas à la première Guerre mondiale. Le traité de Sèvres d'août 1920 consacre son dépeçage par la création de nouveaux Etats, l'attribution certaines zones d'Anatolie à la Grèce, et la reconnaissance internationale de la perte des régions arabes. C'en est trop pour les nationalistes emmenés par Mustafa Kemal. La guerre civile de 1920 débouche sur la déposition du sultan Mehmet VI tandis que la Guerre d'indépendance qui s'ensuit conduit à un retournement complet de situation. A partir de 1923, la nouvelle Turquie s'engage dans des réformes radicales : droit de vote aux femmes, instauration d'un parti unique, nouveaux codes civil et pénal, interdiction de la polygamie et primauté du mariage civil, introduction de l'alphabet latin, école primaire gratuite et obligatoire,...
Invité : Hamit Bozarslan, docteur en histoire et en sciences politiques, directeur d'études à l'École des hautes études en sciences sociales (Paris)