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Écouter Laure Bouguen parler de son entreprise et de son parcours, c’est prendre une bonne dose d’optimisme et d’énergie. La philosophie de vie de la créatrice d’Ho Karan, marque de cosmétique à base de chanvre pour "déstresser les urbains”, pourrait se résumer en une chanson qu’elle a choisie : “Ride like the wind” de Christopher Cross. Avec ses mots, cela donne : “Profiter du chemin et prendre du plaisir en toute chose. Il n’y a pas de destination dans l’entrepreneuriat. Il n’y a pas de destination dans la vie. On est. Si on se laisse porter, on peut voler et s’amuser”.
Portée par son rapport à la nature, on vous laisse découvrir pourquoi Laure Bouguen a fait le choix de gérer son entreprise à distance, en tant que nomade du 21e siècle, pendant un an. Les profanes pourront apprendre comment son expérience de cérémonies d’ayahuasca au Costa Rica a changé sa vie.
En revenant à un sujet plus terre-à-terre, la jeune femme le reconnaît : elle n’a pas choisi la facilité en se lançant dans cette activité très normée, où communiquer et réaliser des ventes en ligne relèvent parfois du miracle. Depuis les débuts de l’entreprise, née sur les fonts baptismaux d’un projet de fin d’études en école de commerce, l'imaginaire collectif derrière le chanvre - les effets psychotropes du cannabis - complique sérieusement l’activité d’Ho Karan. Des publicités sur Facebook ou Instagram ? Impossible. Utiliser la plateforme Stripe pour les paiements ? Impossible. Faire une campagne sur Kickstarter ? Impossible.
Financement, marketing, stratégie, covid, licenciements… L’histoire entrepreneuriale de Laure Bouguen est une succession de hauts et de bas. Avec une rare transparence, elle raconte tout de ce chemin accidenté. Pour autant, malgré toutes ses galères, elle ne se définit pas comme une personne résiliente, un mot dans lequel “il y a une idée de douleur” selon elle. “Je préfère parler de flexibilité. Il faut accepter de changer.” Persuadée des bienfaits de ses produits naturels pour le corps et l’esprit, elle développe aussi son entreprise au gré de ses envies. Elle vient ainsi d’inaugurer un espace dans le 3e arrondissement de Paris, à la frontière entre une boutique, un spa et un lieu de restauration. “Ho Karan, c’est un projet de vie”, confie-t-elle.
Sa nouvelle idée : transformer le square du carreau du Temple à Paris en forêt comestible. Une utopie ? On ne pariera pas sur le fait que cette femme engagée ne réussisse pas à relever ce challenge.
Côté “Sista”, Laure Bouguen a choisi Sarah Msika, fondatrice de Plantation, et Fleur Phelipeau, de D-Labs.
Dans cet épisode, on cite Frédéric de Gombert, Horace, Audencia, entourage network, Thierry Van de Weld, Nature et découvertes, Sephora, agence RDAI, Lita.co, prix Moovjee, Mickaël Froger de Lengow, Station F, Studio Harmonic.
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Leetchi fait partie de ces entreprises dont l'histoire est intimement liée à une personne. Pour la cagnotte en ligne, il s’agit de Céline Lazorthes, une des premières fondatrices de startup française à la fin des années 2000, et porte-voix de l’entrepreneuriat féminin. Succéder à cette figure de la French Tech, qui vient de créer Resilience, relevait donc d’un challenge. C’est celui qu’a accepté Alix Poulet, quand son amie, rencontrée sur les bancs de l’incubateur HEC, est venue la chercher en 2017 pour devenir directrice des opérations de Leetchi. “Ça tombait sous le sens. Je me suis toujours engagée dans des aventures sous le sceau de l'amitié. J’avais à cœur d’assurer la continuité tout en offrant un nouvel élan”, explique Alix Poulet, devenue CEO de Leetchi en 2018, au micro de 40 Nuances de Sista.
Après le rachat par Crédit Mutuel Arkea en 2015, Leetchi et sa petite sœur Mangopay appartiennent depuis mi 2022 au fonds Advent International. Une opération qui “nous donne les moyens de nos ambitions" avec un investisseur qui souscrit " à notre vision solidaire”, assure Alix Poulet. Une nouvelle application et un nouveau site web verront notamment le jour au printemps 2023.
Pour Alix, il s’agit désormais de réussir l’évolution de Leetchi en devenant la plateforme européenne des dons pour des projets solidaires. Persuadée que Leetchi a une mission d’intérêt public, celle de mettre la générosité à portée de toutes les mains le plus simplement possible, la dirigeante ne se décrit pourtant pas comme une entrepreneure sociale. Elle connaît bien la question pour avoir voyagé un an, durant ses études, à la rencontre de 100 entrepreneurs qui avaient la volonté de changer le monde. Elle en est revenue convaincue que l’impact de chacun passe par l’engagement. “J’écoute les théories, mais il n’y a rien de tel que d’expérimenter par soi-même, même de façon douloureuse. La meilleure façon d'apprendre, c’est d’essayer, de se relever, de mettre les mains dans le cambouis”, déclare celle qui a réalisé, via l'entrepreneuriat, son rêve “d’avoir 1000 vies”.
Sororité, diversité, santé mentale... Alix Poulet en profite pour faire part de ses engagements pour que les entreprises soient davantage le reflet de la France et s'inscrivent encore plus dans un rôle social.
Côté “Sista”, Alix Poulet a choisi deux femmes : Aude Gogny-Goubert, comédienne, metteuse en scène, réalisatrice, écrivaine, autrice de la série Virago, qui met en lumière plus de 70 portraits de femmes extraordinaires, inspirantes et courageuses. Et Isabelle Rabier, fondatrice de Jolimoi, un exemple de “persévérance et de résilience”, et qui donne une capacité aux femmes d'être indépendantes financièrement.
Dans cet épisode, on cite Céline Lazorthes, Ronan Le Moal, Crédit Mutuel Arkea, Mangopay, Advent International, Lydia, Mathieu Leroux, auteur de “80 hommes pour changer le monde”, fondations Ashoka et Schwab, Thomas Lang, Hachette, Céline Orjubin , Isabelle Rabier, Tatiana Jama, Aude Gogny-Goubert.
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À l’occasion du France Digitale Day, la grande messe annuelle des startups françaises, Clément Delpirou a accepté de s’arrêter au micro de 40 nuances de Next pour raconter la success story de la discrète fusée de l’économie française, iad Group. Il suffit d’une liste de chiffres pour s’en convaincre : un chiffre d’affaires de 526 millions d’euros ; 500 collaborateurs ; près de 19 000 conseillers indépendants dans 6 pays (France, Italie, Allemagne, Espagne, Portugal et Mexique) ; 70 000 biens en ligne ; plus de 400 000 projets immobiliers réalisés depuis sa création. Cerise sur le gâteau, l’entreprise a réalisé une levée de fonds de 300 millions d’euros en 2021, la valorisant 1,2 milliards d’euros. Dans le jargon de la Tech, iad Group est donc à la fois une licorne (valorisation de plus d’un milliard d’euros) et un centaure (plus de 100 millions de revenus).
Si le dirigeant n’a pas créé l’entreprise, qu’il préside depuis deux ans après un passage en tant que directeur général de L’Express et de Libération, il a pourtant un verbe qui lui vient instinctivement pour résumer l'histoire de l’entreprise : grandir. “C’est la définition la plus courte et la plus pertinente pour qualifier l’aventure d’iad Group depuis 2008”, explique-t-il. Une croissance récurrente, loin des projecteurs et de Paris, avec parfois des parts de marché dans certains territoires pouvant atteindre les 25%. “Dans des départements, on ne peut pas faire 1 km sans voir le panneau d’un agent iad”.
Créé il y a 14 ans par Malik Benrjdal et Jérôme Chabin, iad Group est un réseau de conseillers immobiliers indépendants. Dès le départ, le choix est fait de se démarquer des rivaux historiques comme Century 21 ou Orpi en ne disposant pas d’agence immobilière. La stratégie est de coller aux usages d’un parcours d’achat de bien immobilier désormais majoritairement réalisé en ligne. Le maillage du territoire français se fera par des travailleurs indépendants (qu’on ne peut pas appeler agents immobiliers en France) formés pendant 1 an, comme dans une académie. La culture entrepreneuriale chez iad Group est forte : chaque nouvel entrant est accepté, se forme, construit son fonds de commerce et est libre de l’exploiter à sa guise. “Tout le monde ne réussit pas, mais tout le monde dispose des mêmes chances au départ, avec un modèle de rémunération attractif”. Ainsi, 81% de la commission est reversée aux conseillers dont 85% d'entre eux ne sont pas issus du secteur immobilier.
Au cours de cet entretien, Clément Delpirou évoque aussi sa vision du management, la manière dont iad aborde la crise économique annoncée, et les investissements technologiques importants pour rendre l’expérience d’achat et de vente de bien immobilier toujours plus simple. D’un point de vue plus personnel, celui qui passe plus de la moitié de son temps à l’étranger milite pour un enseignement des langues dès le plus jeune âge et revient sur les enseignements tirés de son passage dans une industrie en crise, celle des médias.
Enfin, dans une carte blanche très personnelle, Clément Delpirou rend un hommage appuyé et tendre à son grand-père de 95 ans, un mentor qui a accompagné son parcours professionnel.
Côté “Sista”, Clément Delpirou a choisi Charlotte Pudlowski, co-fondatrice de Louie Media, qui a réussi à construire “une équipe, une marque forte et de l’impact en produisant et racontant des histoires bouleversantes et enthousiasmantes”.
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Dans cet épisode, on cite : Rémi Buttiaux d’IK Partners, Antoine Freysz de Kerala Ventures, Roland Tripard, Charlotte Pudlowski, Se Loger, Century 21, Orpi.
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Alors que la première édition réussie de Paris+ Art Basel vient de se conclure, on prolonge le plaisir avec Véra Kempf, la co-fondatrice de Singulart, la galerie d’art en ligne, qui rassemble 13 000 artistes venus de 130 pays différents. L'entreprise, créée en 2017, accompagne peintres, sculpteurs et photographes vers un nouveau canal de distribution et offre aux collectionneurs la possibilité de découvrir des talents du monde entier.
Jusqu’à l’arrivée du Covid et des confinements, ce monde d'initiés n’avait jamais imaginé pouvoir vendre une œuvre d’art en ligne. Et en plus avec les prix affichés.
Mais avant de casser les codes, Véra Kempf et ses trois associés ont dû s’accrocher. “Ce ne sont pas de vrais artistes que vous représentez”, pouvait ainsi entendre l’entrepreneure lors des premières foires d’art auxquelles Singulart participait. Cinq ans après sa création, l'entreprise est devenue une marque internationale, capable de vendre des œuvres de 250 euros à plusieurs centaines de milliers d’euros. Et même un Picasso, un Dali, un Renoir le temps d’un partenariat.
Depuis ses 13 ans et du haut de son poste de jeune élue au Conseil Général Jeunesse de Savoie, Vera Kempf est animée par l’envie de monter des projets. “J’ai su tardivement que ça s’appelait entreprendre” confie-t-elle. Élève studieuse et appliquée, elle entre à Sciences Po. Elle rêve d’engagement public, de politique, de commission européenne, d’ONG. Mais c’est lors d’un stage à la chambre de commerce de Pointe Noire qu’elle aura le déclic.
Dans cet épisode de 40 Nuances de Sista, elle raconte le chemin tortueux d’une entrepreneure “stressée”. Elle revient sur sa rencontre avec Denis Fayolle et Brice Lecompte, le moment “où ça commence à prendre”, le rôle de la data, le dernier projet de la maison, balthasart mais aussi la dernière levée de fonds de 60 millions d’euros, closée en un (presque) temps record entre son retour de congé maternité et le départ en congé paternité de son associé, le meilleur argument au monde pour imposer son timing et accélérer le closing.
Cet échange est aussi le moyen de découvrir l’humilité et la méticulosité avec laquelle Véra Kempf s’attaque aux sujets de notre époque : environnement, mixité sociale, parentalité, diversité, valorisation du travail des femmes artistes. Elle nous partagera son goût de la lecture, se confiera même sur son groupe de lecture “le JJ Club” et on parlera du podcast “Les couilles sur la table”.
Côté “Sista”, Véra a choisi son amie Emilie Vialle, la CEO de Snapkey, avec qui elle partage ses joies et ses doutes d’entrepreneure. “C’est la fille qui a le plus d'énergie au monde”. On confirme.
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Frédéric de Gombert révèle comment ses deux passions de jeunesse lui servent aujourd’hui dans son quotidien de chef d’entreprise.
Adolescent, Frédéric de Gombert s’imagine comédien ou développeur de jeux vidéo afin de vivre de ses deux passions. S’il n’a finalement embrassé aucune de deux carrières, ces passions de jeunesse demeurent un fil rouge auquel il s'est toujours raccroché. Au point d'y trouver des astuces pour diriger une entreprise de 400 personnes.
Du théâtre classique à l'improvisation, la scène est selon lui une mise en danger salutaire où "on accepte de sortir de sa zone de confiance", comme quand on quitte une situation confortable pour créer une entreprise. C’est donc assez naturellement qu’il fait venir des troupes d’improvisation chez Akeneo en séminaire pour déclencher des réflexes collectifs et créer des souvenirs communs.
Du jeu vidéo, Frédéric de Gombert tire deux compétences indispensables à un manager : le leadership et la pédagogie. Ainsi, mener une partie en multi-joueurs nécessite à la fois “une discipline incroyable” et une capacité à faire collaborer des gens qui ne se connaissent pas parvenir pour un projet commun, battre le boss final.
Le boss final, Akeneo ne l'a pas encore rencontré. En filant la métaphore du jeu vidéo, l’entrepreneur estime que l’entreprise n’est qu’au niveau 1 de l’aventure. Il avait sous-estimé la profondeur du marché. Il savoure. Il n’avait jamais imaginé non plus atteindre cette taille d’entreprise. Ni même voir une cession annulée du jour au lendemain.
Ces expériences inattendues ont forgé le caractère de Frédéric de Gombert. Il l’avoue sans détours : entreprendre, “ça attaque profond”. Il ne se plaint pas mais la pression est constante. Il faut apprendre à vivre avec. On ne peut pas s'en détacher. “La pire chose qui peut t’arriver, c’est de réussir. Les gens s’attendent à ce que tu te plantes au départ. Et après, tu deviens un entrepreneur normal. Ton entourage s’attend à ce que tu ne te plantes plus jamais. Tu incarnes un modèle de réussite”.
On ne peut que vous recommander d'écouter avec attention sa carte blanche : c'est un plaidoyer pour l'application de l'open source à la recherche médicale. Les labos derrière les médicaments et les vaccins n'ont déjà plus le choix selon lui. “Le brevet tue l’innovation. On va plus vite sans.”
Côté “Sista”, Frédéric de Gombert a choisi Laure Bouguen, créatrice de la marque de cosmétique à base de chanvre Ho Karan. “C’est un modèle de résilience, qui se bat dans un milieu extrêmement régulé et contraint.”
🙏 Merci à nos partenaires de nous soutenir tout en challengeant le Next40 avec leurs questions : La Tribune, Maddyness, La French Tech, France Digitale et Neuflize OBC.
Dans cet épisode, on cite : Adobe, Saastr, Jason Lemkin, Catane, Akropolis, Magento, Talend, Laure Bouguen, Ho Karan
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En l’espace de dix ans, Akeneo est devenu un éditeur de logiciel en open source incontournable pour les marques et distributeurs. Sa solution leur assure une gestion simplifiée de leurs catalogues de produits en ligne. De Nantes aux Etats-Unis, son PDG Frédéric de Gombert revient sur la décennie de croissance de l’entreprise.
Créée en 2013, Akeneo n’a pas attendu sa levée de fonds de 122 millions d’euros en mars 2022 pour rapidement franchir les rives de la Loire-Atlantique. Lancée à Nantes par Frédéric de Gombert, Benoit Jacquemont, Nicolas Dupont et Yoav Kutner, l’éditeur de logiciel open source a rapidement décidé de s’installer aux Etats-Unis. Son métier : rassembler dans un seul fichier toutes les données d'un produit (photos, description, dimensions, empreinte carbone, etc) parfois éparpillées dans les services marketing, achat, digital, sans parler de celles se trouvant uniquement dans un catalogue papier…
Pour une grande marque de luxe, Akeneo a ainsi été capable de réduire par trois le temps de mise en ligne de ses nouvelles collections. “Les marques ont considérablement investi ces 20 dernières années pour savoir qui était leur client. Mais elles ont un peu oublié la rencontre du client et du produit. On vient combler ce manque”, analyse Frédéric de Gombert au micro de 40 Nuances de Next.
Surfant sur l’avènement des marketplaces, sur lesquelles une autre pépite du Next 40 se développe, Mirakl, les ingénieurs fondateurs d’Akeneo ont dès le départ voulu “faire quelque chose d’aussi simple qu’Excel”. Pour y parvenir, ils ont développé un logiciel en open source en s’appuyant sur la communauté d’un des leaders du secteur, Magento. Bingo. Akeneo a rapidement attiré des développeurs du monde entier qui viennent se greffer sur l’outil, le spécialiser et l’améliorer.
Conséquence directe, Akeneo trouve des clients dans le monde entier. Elle dispose désormais de bureaux à Boston (US) et Düsseldorf (Allemagne). Pourtant à l’international, tout n’a pas été simple. Frédéric de Gombert confie ainsi “qu’en allant aux Etats-Unis, on a fait toutes les conneries qu’on nous avait dit de ne pas faire”.
Des erreurs qui n’ont pas été préjudiciables. Pas plus que la pression mise par un actionnaire lors d’un tour de table, au risque de faire capoter le deal. “Dans notre histoire, on n’a pas toujours été bien entouré”, avoue le dirigeant, saluant des investisseurs comme Alven, Partech et Summit Partners qui partagent aujourd’hui la vision et les objectifs de long terme de la PME de 400 personnes.
Revenant sur la manière dont il pilote l’entreprise avec ses associés et l’importance de l’aventure collective, Frédéric de Gombert ne peut s’empêcher de s’interroger sur le futur que certaines entreprises nous prédisent. Il le dit sans ambages : le métaverse l’effraie. Il conseille à ses clients de ne pas y aller et préfèrerait que l’apprentissage du code à l’école devienne une matière à part entière car “ça éveillera tous les enfants à une autre manière de structurer leurs idées et ça apportera de la diversité dans des métiers techniques” où les hommes sont encore surreprésentés.
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Quand elle reprend La Redoute avec Eric Courteille en 2014, pour 1 euro symbolique au groupe Kering (Pinault), Nathalie Balla a une mission colossale : assurer la survie d’une entreprise française iconique mais donnée pour morte. Sept ans plus tard, le pari est réussi ! Les espoirs originaux dépassés. Au bord de la faillite au moment de la reprise, La Redoute a réalisé plus d' un milliard d’euros de volume d’affaires en 2021, année de cession totale au Groupe Galeries Lafayette, pour un montant non dévoilé, déjà détenteur de 51% des parts depuis 2017.
Nathalie Balla en est convaincue, ce qui a fait la réussite de ce tour de force salué par tous les observateurs, c’est avant tout le binôme qu’elle mène avec Eric Courteille. Un duo complémentaire qui prend toutes les décisions à deux. Une hérésie ? Bien au contraire, c’est ce qui a fait leur force et leur ambition “L’ego n’a pas de place, on était porté par un truc qui nous dépassait, c’était d’assurer la survie de La Redoute”.
Pour réussir, les deux associés sont repartis de l’histoire de l’entreprise, afin de travailler sur un ADN commun, capable d’être compris en interne et en externe. “Il fallait remettre l’entreprise en mouvement” indique-t-elle. Le choix se porte sur l’innovation, le développement des marques propres et la capacité que cette filature de 1837 a eu à se réinventer au fil des années, devenant un spécialiste de la vente par correspondance. Communication, produits et culture : Nathalie Balla et Eric Courteille imposent le digital first à toutes les strates de La Redoute.
Pourtant, rien ne prédisposait le duo à reprendre La Redoute. Quand la PME est mise en vente par PPR - devenu Kering - au même titre que Conforama ou FNAC, les offres s’accumulent. En tant que PDG pour elle, et secrétaire général de la holding Redcats pour lui, ils sont tous les deux chargés de la cession. C’est une aubaine. D’une part, ils apprennent à travailler ensemble et adorent cela. D’autre part, ils voient défiler les offres et aucune n’emporte leur adhésion même s’ils ne sont pas décideurs. C’est à ce moment qu’ils se disent qu’il faut entrer dans la danse.
“Aucun de nous ne regrette d’avoir écrit ce projet à 4 mains. On a vécu une aventure de dingue”
Huit ans plus tard, ils ont complètement passé la main. Natalie Balla a hâte de replonger dans l’entrepreneuriat, avec un regard tourné vers deux secteurs qui lui sont inconnus mais qui la passionnent, l’éducation et la santé. Rien n'est acté pour l'instant.
Fille d’une mère allemande et d’un père hongrois, Nathalie Balla a puisé dans ses racines sa soif incessante d’apprendre, sa capacité d’adaptation, son besoin de liberté et son indépendance.
Au cours de cet échange, elle évoque également les forces d’un binôme à la tête d’une entreprise, la concurrence des marques digitales, sa personnalité introvertie, mais aussi les questions de l'éducation et de justice sociale qui lui tiennent à cœur…
Si elle avait dû choisir une Sista, elle aurait nommé Chloé Hermary, créatrice d’Ada Tech School, “qui porte un sujet important, embarque les gens avec une énergie de dingue. Je l’admire.”
Dans cet épisode, sont également cités Eric Courteille, La Redoute, Kering, Vinted, Brigitte Lemercier de NB Lemercier et Associés, l’association Solfa.
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Crédit Photo : Léo-Paul Ridet.
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Co-fondateur d’Alma, Louis Chatriot ne se définit pas comme un entrepreneur. Le regard aiguisé qu’il porte sur l’entreprise et son environnement mérite d’être écouté.
Avec Alma , Louis Chatriot a créé sa troisième entreprise. Pour autant, il refuse de se définir comme un entrepreneur. Pour lui “ça n’a aucun sens”. Il est même gêné de voir la starification qui peut être faite des CEO de startups. Un recul par rapport à l’époque qu’il doit en partie à sa famille et son éducation. Fils d’une maman artiste-sculptrice et d’un papa touche-à-tout (médecine, sport automobile, théâtre), Louis Chatriot a évolué dans un environnement où l’accent a été mis sur la manière, l’engagement et la passion de faire les choses plutôt que sur l’activité en elle-même. “Fais pizzaiolo ok. Mais dès lors, tu fais les meilleurs pizzas du monde”, image-t-il en souriant. En se l’appliquant à lui-même, il s’est vite rendu compte que son premier métier de consultant chez Bain n’était pas fait pour lui.
À 37 ans, Louis Chatriot ne se départit pas d’un côté enfantin. Il aime apprendre. Comprendre. Ce passionné de sciences et de technologie a créé son premier programme à 7 ans - un mot de passe - sur un Genius 2000. Au point d’énerver sa petite sœur.
Aujourd’hui, il est insatiable sur l’algèbre de Boole et les Legos Technic. Son passe-temps actuel. Si vous ne savez pas ce que c’est, le mieux c’est encore de l’écouter vous l’expliquer, avec passion.
Critique sur l’éducation scolaire, le Polytechnicien de formation place le jeu comme l’une des meilleures méthodes d’apprentissage. Il a ainsi toujours pensé que c’est la traction qui faisait avancer plutôt que la pression. Comme pour la croissance d’une entreprise. Comme pour une équipe. Se définissant comme exigeant, il place la discipline comme la valeur cardinale d’un développement réussi d’une entreprise, sans pour autant affirmer qu’il réussit dans cette quête.
Attaché à un équilibre vie pro/vie personnelle, ce personnage facétieux n’imagine pas travailler sans s’amuser. “Ma vision du travail c’est d'être sérieux sans se prendre au sérieux”
💬 Son inspiration ? La lecture d’ouvrages de science-fiction tels que Le Problème à trois corps ou Dans la toile du temps.
🎧 La carte blanche sur la perversité de la réglementation, la première claque qu’il a prise, son premier recrutement, sa première décision s’il était Président, taxer l’héritage à 100%… Louis Chatriot continuera d'évoquer ses prises de position tout au long de cet échange.
Dans cet épisode, on cite :
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💡 C’est en tant que salarié chez Stripe que Louis Chatriot remarque les demandes répétées des marchands pour du paiement fractionné. S’emparant de ce faible signal, il crée Alma en 2018 avec Guillaume Deloges. La fintech française fournit des solutions de paiement fractionné et différé. Elle a levé en début d’année 115 millions d’euros en equity auprès d’un pool d'investisseurs et 95 millions d’euros sous forme de dette.
Alma a commencé avec un produit de crédit technique et sur un marché très réglementé. Pour le dire autrement, en paraphrasant Louis Chatriot : comment faire en sorte de monter une entreprise sans aller en prison ?
L'obsession des débuts pour les associés a été de rapidement trouver un premier marchand afin de tester la solution et de savoir si elle répondait bien à un besoin. L’enjeu : éviter de tomber dans l’écueil entrepreneurial de passer des années à créer et tenter de développer “une entreprise qui ne sert à rien”. Pour ce faire, Alma a pris des raccourcis dans sa stratégie de financement, de développement technique et sur la réglementation.
💬 “Tu peux être un génie, si ta boîte n’est pas bien positionnée sur son marché dès le départ, elle ne marchera pas.”
Le crédit à la consommation existe depuis des dizaines d’années. Alma n’a rien inventé. Mais la technologie a aiguisé l’appétit des marchands pour des solutions instantanées et faciles. Avec ces innovations sont apparus des nouveaux acteurs. Le Suédois Klarna est devenu en quelques années un géant mondial qui traite une dizaine de milliards d’euros de volume d’affaires sur sa plateforme.
Cet environnement concurrentiel n’inquiète pas Louis Chatriot. Selon lui, Alma a toujours eu un positionnement cohérent. Au départ, l’entreprise a ciblé les PME, devenant de fait quasiment le seul acteur sur ce créneau. Peu à peu, la startup a gravi sa propre pyramide de Maslow, élargissant de fait ses cibles en prenant la parole sur le surendettement et la surconsommation. La tendance actuelle observée chez Alma tendrait d’ailleurs à lui donner raison : selon les données de l’entreprise, le panier moyen de ses clients augmente, de 40 à 60%.
Affirmant être “la seule entreprise au monde qui n’a jamais prélevé de frais de retard”, qui peuvent aller jusqu’à 8% du capital restant dû - Louis Chatriot s’agace d’un modèle algorithmique qui favorise ce schéma plus rentable que les taux d’intérêt sur le crédit en lui-même. “On a compris qu’on avait une solution unique à apporter au marché”.
De quoi taper dans l'œil des clients et des financiers. Alma vient de décrocher un contrat avec Apple pour assurer le paiement fractionné de ses produits vendus en ligne et dans ses Apple Store en France. Les nombreux investisseurs n’ont pas attendu cette notoriété soudaine pour s'intéresser à une startup qui n’en est bientôt plus une avec 400 salariés. Le rôle de Louis Chatriot, CEO, a d’ailleurs changé. Il faut s'adapter à une nouvelle gouvernance. À une exigence de résultats qui est montée d’un cran. Affable, le dirigeant n’y voit aucun problème. Au contraire.
“ Je suis darwinien. Quand tu lèves des centaines de millions d’euros, oui tu vas perdre le contrôle de ta boite. Et c’est une bonne chose.”
À cette taille d'entreprise, pour être un bon CEO, “il faut arriver à lire un peu le futur, le comprendre, l’expliquer et embarquer son équipe vers ce futur”, estime l’entrepreneur qui a besoin tous les jours d’apprendre au contact de ses équipes pour être heureux au travail. Un bien-être qui passe par une culture de la confiance, de la transparence et de la créativité, estime-t-il.
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Comment créer de nouveaux usages par le son et la voix ?
Comment se protéger des fake voices de demain ?
Comment l’intelligence artificielle peut permettre une meilleure personnalisation d’écoute ?
Comment le son participe à renouveler l’expérience de marque, dans les mondes virtuels ou en physique ?
Les questions sont presque infinies quand on évoque les possibilités offertes par le son et les nouvelles technologies. Véritable pont pour les industriels vers la R&D du célèbre Laboratoire de la place Stravinsky, Ircam Amplify, filiale commerciale de l’Institut de Recherche et Coordination Acoustique et Musique, explore de nouveaux horizons et sa CEO nous fait voyager avec elle.
C’est pour que les innovations de l’institut se déploient dans les usages du quotidien que Frank Madlener, directeur de l’Ircam a confié à Nathalie Birocheau la création d’Ircam Amplify. Depuis la naissance de la société en 2019, la centaine de chercheurs de l’Ircam a nourri de nombreux produits, notamment voice cloning, un coach vocal digital et bien d’autres innovations.
Ingénieure de formation, passionnée de Physique, Nathalie a toujours voulu travailler dans le secteur culturel, au plus près des contenus et de la création. Son rêve au départ ? Diriger un musée.
Passionnée par la peinture depuis toujours elle y puise allègrement son inspiration. Elle y trouve aussi ses moments de respiration lorsque, à son tour, elle prend son pinceau.
Avec Nathalie, on aborde aussi des sujets tels que la maternité et les ingénieurEs. “Il faut transmettre aux petites filles l’envie d’aller faire des maths, les pousser à tenir tête aux garçons dès le plus jeune âge.”
Côté “sista”, elle choisit Clothilde Chalot qui est, elle aussi, dans l’univers du son et de l’innovation avec son entreprise NomadPlay. Nous avions eu plaisir à la recevoir l’année dernière, son épisode est à (re) découvrir ici. On poursuit donc notre tournée du son avec notre invitée, choisie comme Sista par le CEO de Believe, Denis Ladegaillerie.
PS : Ircam Amplify se focalise sur l’expérience sonore de l’individu, la recherche de sentiments, d’émotion, alors ce n’est peut-être pas un hasard si elle a choisi Don’t stop me now de Queen qui est, scientifiquement, LA chanson qui met de bonne humeur depuis plus de 50 ans (oui, c’est prouvé!).
Dans cet épisode, on cite :
Les épisodes de son bro, Denis Ladegaillerie, Fondateur et CEO de Believe sont à découvrir ici 👇
https://smartlink.ausha.co/40-nuances-de-next/42-part-1-denis-ladegaillerie-believe-bientot-sur-le-toit-du-monde-de-la-distribution-musicale
https://smartlink.ausha.co/40-nuances-de-next/42-part-2-denis-ladegaillerie-believe
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📸 © Geraldine Aresteanu pour Ircam Amplify
Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
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Inspirez vous des plus grands entrepreneurs de la Tech Française.
Ils sont membres du Next40, du FT120, ont levé des millions d'euros, sont parfois valorisés des…
Chaque épisode est un concentré de leçons business pour créer son entreprise, trouver ses clients, embaucher les meilleurs talents du marché, se démarquer de ses concurrents, positionner sa marque, générer des revenus, lever des fonds, et scaler.
Il n'y a pas de recette magique pour réussir,
Pas de tuto pour devenir riche,
Pas de chemin tracé pour devenir libre,
Pas une seule voie pour être entrepreneur.
Pour réussir, il faut s'inspirer des meilleurs puis définir sa propre voie.
Au micro de trois entrepreneurs, Solène Etienne, Thomas Benzazon et Olivier Mathiot, les plus grands entrepreneurs de France partagent les clés de leur réussite d'entrepreneurs, mais aussi leurs doutes, leurs échecs, leurs ambitions.
Bienvenue dans le monde des champions de la Tech Française et de ses entrepreneurs.
Vous découvrirez que derrière les chefs d'entreprises des plus grandes startups de France il y a d'abord des hommes et des femmes qui, comme vous, ont commencé à partir d'une feuille blanche.
On espère que vous trouverez dans ces échanges de l'inspiration pour vos projets, vos entreprises et vos vies.
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