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La chronique de Jacques Plaine
JEAN-LOUIS NOGARO Le teorem des grands hommes Éditions Arcan 17 Professeur des écoles à Saint-Étienne et auteur d’une dizaine de romans policiers, Jean-Louis Nogaro est aussi le patron des éditions du Caïman. « Effet Papillon » ou « coup du Tyrannosaure » ? Peu importe mais on peut affirmer que si du côté de Saint-Malo le camping-car d’Yvon Ben Ouassil n’avait pas pété un joint de culasse et que le dit Yvon parti chercher de l’aide n’avait pas trouvé à son retour un cadavre dans son camion, biens des choses auraient changé dans l’hexagone. Tout d’abord un nouveau parti - le PSLC « Parti Social Libéral et Chrétien » - aurait rebattu les cartes de la géopolitique française, envoyé balader tout ce qui est au pouvoir aujourd’hui et installé dans le vide ainsi créé une équipe à sa botte. Ensuite, autre révolution mais cette fois dans le monde de l’archéologie, une autre équipe aurait réussi à faire croire à la découverte d’un nouveau dinosaure – un diapside non répertorié par les papes de la paléontologie mondiale - et aurait imaginé dans la foulée lancer des parcs de loisirs à faire mourir de rage - ou d’envie - les mickeys des Disneylands des cinq continents. Yvon Ben Ouassil, un citoyen plus habitué avec son chien aux hôtels de police qu’aux hôtels cinq étoiles. Un copain de Ludovic Mermoz rédacteur en chef et unique plume du « Vilain Canard » petite feuille de choux de Saint-Genest-Malifaux. Un brave type ce Mermoz, héritier d’une tante elle aussi inconnue (on le savait depuis « La morte des tourbières » un polar publié au Caïman). Un brave homme donc qui n’hésitera pas, quand Ben Ouassil sera embastillé à Saint-Malo, à prendre un train à Saint-Étienne pour aller récupérer le chien de son pote à la SPA du pays de Surcouf. Car c’est bien Ben Ouassil, son chien et son camping-car qui sont les héros de cette histoire à réveiller un mort ou à le laisser crever au fin fond d’un combi Volkswagen. Un combi qu’un un gendarme et une gendarmette – fort sympathiques par ailleurs - ont inspecté de fond en comble pour y découvrir, devinez quoi, un macchabée habillé en plongeur sous-marin. Un plongeur avec palmes et tuba. Pas académique cette histoire de palmes ? Allez savoir inspecteur.
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Étienne Bonamy (Prix Nucéra 2024)
Porté au milieu de l'été 1942 par l'Occupant allemand et les collabos français, le Circuit de France se voulait une copie du Tour de France cycliste, mis en sommeil dès 1940.
La chronique de Jacques Plaine
ÉTIENNE BONAMY Les Forcés de la Route Éditions en exergue Étienne Bonamy qui fut rédacteur en chef de L’Équipe a reçu ce mercredi 6 mars le prix « Les Soleils de Nucéra » sur le podium de Paris-Nice. En 1938, après la victoire de Sylvère Maes le Tour de France s’arrêtera de tourner et la France de marcher droit. Mais en 42 – soit parce qu’il est accro du vélo, soit parce qu’il a envie de faire comme si la zone libre était déjà occupée - l’Occupant décidera dans sa caboche – sa petite caboche de boche – de remettre le couvert. Il y aura donc un nouveau Tour. Un Tour qui ne sera pas LE « Tour de France » puisque le sigle est la propriété de l’Auto et que son organisation sera confiée à « La France socialiste » journal concurrent. Non cet ersatz de Tour sera contraint de s’inventer un nouveau nom : « Le Circuit de France ». Un Circuit d’une semaine. Paris-Paris en six étapes. Une micro Grande Boucle avec soixante-neuf coureurs au départ, vingt-sept à l’arrivée, des gazogènes en voitures suiveuses et une carte d’alimentation dans les musettes. Un micro Tour de 1 600 kilomètres avec ses problèmes à tous les virages. D’abord à cause du temps. Un temps – dès le premier jour - à ne pas mettre un chien dehors et encore moins un coureur cycliste. Un temps à habiller les coursiers de ponchos taillés dans des toiles cirées de tables de cuisine. Ensuite en raison de l’incompétence crasse de l’organisation : des changements d’itinéraire en veux-tu en voilà et des arrivées à la nuit tombée qui permettront aux coureurs de découvrir la ligne blanche après l’avoir passée et au vainqueur d’enfiler un maillot blanc cerclé de noir… si par miracle les organisateurs ont la chance de le retrouver dans leur valise. Mais aussi, et peut-être surtout, un Tour qui longera, traversera et jouera à cache-cache avec la ligne de démarcation. Une occasion rêvée pour les résistants du coin de faire passer entre les lignes d’autres partisans, des faux papiers et du matériel, et pour quelques kaisers du marché noir, du beurre, des œufs et des sauciflards. Et puis le Circuit de France arrivera à Paris. Le 4 octobre. Le 8 novembre les Alliés débarqueront en Afrique du Nord et le 11 l’armée allemande envahira la zone libre. Mais il faudra attendre 1947 et le 20 juillet pour voir au Parc des Princes Jean Robic enfiler un vrai maillot jaune.
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Paul Mazenod
Quand Pierre, frère ainé de Jacques Neyrand, est victime d'un AVC, Jacques pour l'aider à retrouver la mémoire échange avec lui une correspondance où il raconte ce que fut leur enfance heureuse en Haute-Loire pendant la seconde guerre mondiale.
La chronique de Jacques Plaine
Quand les soldats américains nous jetaient des fleurs Éditions IFRHOS Professeur à l’EM LYON, Paul Mazenod, créateur de l’Institut Français de Réalisations Hospitalières, est stéphanois et auteur d’ouvrages de gestion dont « La bonne taille d’un établissement hospitalier » préfacé par Jacques Barrot. «Allô, allô ton frère a été hospitalisé d’urgence ce matin et n’a toujours pas repris connaissance ». « J’arrive, j’arrive. Dans cinq heures je serai là ». Et c’est ainsi qu’à Saint-Étienne, Jacques - averti par sa belle-sœur de l’AVC de son frère - saute dans sa voiture et se retrouve cinq heures plus tard à la Pitié-Salpêtrière. Un hôpital parisien où Pierre - pas tout à fait mort mais pas loin - a perdu une mémoire que tous ici ont hâte de faire revivre. Inséparables dans leur enfance, leur jeunesse et leur adolescence, Jacques et Pierre furent par la suite séparés par la vie. La faute à Geneviève, la femme de Pierre. Une idée à Jacques sauf que lui et elle c’est chien et chat et « je t’aime moi non plus ». Aujourd’hui, à soixante-dix ans, alors qu’il envisage de tirer un trait sur sa carrière d’assureur, il se sent pourtant le seul en mesure de remettre un peu d’ordre dans la tête du frangin. Comment ? En lui écrivant des lettres qui réveilleraient ses souvenirs endormis. Huit lettres dans lesquelles il s’efforcera de faire revivre leurs belles heures du passé. Celles en particulier où « les soldats américains nous jetaient des fleurs ». Des lettres certes destinées à sortir Pierre de son néant, mais des lettres aussi qui vont replonger le lecteur dans son propre passé. À Saint-Étienne bien sûr, mais aussi là haut du côté des sucs et du Plateau. Des parfums oubliés que chacun aura plaisir à respirer de nouveau, des images effacées mais que chacun aimera remettre en lumière et poser sur le dessus de sa boîte à souvenirs. L’occasion de prendre « la Galoche » pour monter à Yssingeaux, de pêcher le goujon à « la grattée » dans les courants de la Loire, de rouler par les chemins sur un vélo à « pneus pleins », de fumer au Helder sa première « cibiche », de « piquer une tête » au Pont de l’Enceinte ou de « faire un plat » à la nouvelle piscine de Grouchy enfin, et pourquoi pas, de courir les dédicaces à la première Fête du Livre de Saint-Étienne.
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Pascal Pacaly
Les Gueules noires, ce sont ces mineurs - hommes et femmes aussi -, stéphanois mais aussi de l'Ondaine, de Firminy à Roche-La-Molière en passant par La Ricamarie. lls ont maintenant entre 80 et 100 ans et se souviennent. Ils parlent de la dureté de la mine mais évoquent aussi une époque qu'ils regrettent tous.
La chronique de Jacques Plaine
PASCAL PACALY Les Gueules Noires Les Éditions des Joyeux Pendus Pascal Pacaly issu d’une famille ouvrière du ChambonFeugerolles est aussi un inconditionnel supporter des Verts, passionné de rock et fervent lecteur de littérature américaine. Saint-Étienne, ville des Verts et des Gueules noires, du foot et de la mine, ville des crassiers qui culminent à 670 mètres et des galeries qui plongent 200 mètres sous le niveau de la mer. Ville noire qui a perdu la « la Bataille du charbon » en 1963 mais où le chevalement de Couriot et Sainte Barbe – en plâtre ou en résine - sont toujours là pour nous faire garder en mémoire ce haut lieu de la France au travail. Une histoire qui sent la sueur et le grisou. Une histoire qui nous prend par la main et après nous avoir fait traverser « la salle des pendus » puis « le couloir de la dernière cigarette » nous envoie au centre de la terre. Une histoire pour laquelle Pascal Pacaly a trouvé quelques vieux de la vieille - quelques mineurs de l’âge des meilleurs whiskies - afin qu’ils nous racontent les Grandes Heures de leur aventure. Celle des « Rambertes » et du premier chemin de fer tiré par des chevaux. Celle du Café des Mineurs « ouvert de 4 h 30 du matin à minuit » et incontournable lieu de vie et de rencontre de ceux qui allaient bronzer sous terre et celle où des gamins de 12 ans poussaient des wagonnets. C’était le temps où le grisou envoyait vite fait bien fait les mineurs au paradis, celui où l’Ondaine inondait le Puits Charles, le temps de Michel Rondet et de ses 450 kg de statue, celui de Séverine et du « Cri du peuple », du préfet de l’Espée et de la Commune, des clapeuses devenues « fleurs de charbon ». Enfin c’était le temps de la grande grève de 48, des trams à la renverse et des 30 000 amis d’Antoine Barbier rassemblés pour ses funérailles place du Breuil à Firminy. Qu’ils soient gueules noires, ingénieurs ou gouverneurs les invités de Pascal Pacaly racontent chacun Sa mine, son quotidien sur ou sous terre « au temps des cerises » : les colonies de vacances avec eau chaude pour les filles et la rivière pour les garçons, les promenades dans les vapeurs de soufre du crassier pour les malades de la coqueluche, mais aussi la vie de chien des chevaux de fond dont certains passeront la retraite à tirer des corbillards. Mais ça c’est mon arrière grand-père marteleur à la Bargette qui le disait.
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FRANÇOISE BOURDON
La Maison de Violette aux Presses de la cité
Françoise Bourdon professeur de droit et d’économie, a décidé après dix-sept ans d’enseignement de se consacrer exclusivement à sa passion pour l’écriture. La Maison de Violette est son trente-cinquième roman.
1967. Une année pas comme les autres pour deux grandes dames. Deux vieilles dames d’un autre temps. Charlotte au Cap-Ferret, Dona Sofia à Madrid. Dans sa belle maison du Cap, Charlotte s’efforce de redonner du tonus à Paul son petit-fils. Un ostréiculteur du bassin d’Arcachon qui a perdu sa femme et sa fille dans un accident et qui vient de rencontrer Iris, une architecte dans le vent obsédée par une envie prégnante de descendance. Charlotte qui s’emploie aussi à soutenir Violette sa petite- fille, une infirmière mariée à Diego - grand photographe de guerre et rescapé de Mauthausen - plus souvent à l’autre bout du monde que dans les bras de son épouse.
À Madrid Dona Sofia, longtemps voisine d’Anna, la libraire du quartier qui à la Libération avait fui la France en raison de sa proximité coupable avec un officier de la Wehrmacht, vient d’accueillir une jeune personne dont l’incroyable histoire ne semble pas sans rapports avec les amours interdites de la libraire, tante d’Iris l’architecte dans le vent. Donia Sofia toujours là pour applaudir quand il se trame quelque chose contre le Caudillo. Car en 1967, de l’autre côté des Pyrénées, c’est encore et toujours le Caudillo. Francisco Franco, le fascisme, la dictature, Guernica. Un passé que Diego a fui en 1938, mais c’est pourtant à Madrid qu’il vient de se rendre à la demande d’un vieux copain qui pense avoir découvert un beau salopard : l’ordure qui en 44 les a envoyés à Mauthausen. Et puis un jour, un jour comme on n’en fait pas tous les jours, tout le monde se retrouvera à la maison du Cap. Comment ? Pourquoi ? Dans quel état ? Ça c’est une autre histoire. Tout le monde, plus Ilka et Estelle. Mais qui sont Ilka et Estelle ? Pour Ilka, vous l’apprendrez sans difficulté par Iris ou Dona Sofia. Pour Estelle par contre, il faudra voir avec Diego. S’il veut bien et s’il n’est pas à l’autre bout du monde.
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Existe-t-il une ou des recettes, des trucs pour devenir écrivain, sortir de sa peur de la page blanche et accoucher d'un livre ?
La chronique de Jacques Plaine
IRÈNE FRAIN Écrire est un roman Éditions du Seuil Irène Frain, prix Interallié 2020 pour « Un crime sans importance », auteur de 40 romans et biographies, est un personnage de la littérature française depuis le succès foudroyant du « Nabab » en 1982. Un roman dont le tirage a dépassé le million d’exemplaires. Les ateliers d’écritures sont nés aux États-Unis - il y a une centaine d’années - mais c’est bien ici, chez nous, qu’Irène Frain en a découvert toutes les saveurs. Qu’elle y a rencontré des admirateurs - ou des envieux allez savoir – regroupés en équipes et dont l’objectif est « de tenter d’obtenir l’arsenal de recettes qu’un auteur est censé avoir réuni pour entraîner le lecteur dans un monde parallèle et l’y emprisonner ». Mais comme elle aime la nage en eau profonde, Irène Frain ne s’est pas contentée de répondre aux questions de surface genre « à quelle heure écrivez-vous ? » ou « écrivez-vous à la main ou sur votre ordi ? » Non elle s’est imposée de remonter une à une les marches de sa propre histoire, pour se retrouver à douze ans. Lorsque elle a commencé à écrire. Et cet acte d’écriture elle l’imagine comme un séjour dans une maison. Une vraie maison. Mais « une autre maison que celle où elle habite ». Une grande bâtisse qu’elle a baptisée « la Maison-Écriture ». « Une résidence secondaire fantasmatique où je me télétransporte quand je veux ». Et pour nous faire visiter cette maison elle nous prend la main et nous entraîne à sa découverte. Une maison « qui nous habite autant que nous l’habitons », une maison où nous croyons entendre la voix des écrivains qui la fréquentaient autrefois « il arrive même que nous nous sentions frôlés par l’ombre de leurs personnages ». Une maison avec sa « chambre des peurs », Peur d’écrire, peur de se relire, peur de lire le lendemain ce qu’on a écrit la veille. Une maison avec tout au bout le « vestibule de l’écriture » qu’elle se fera un plaisir de nous faire découvrir. Une maison aussi avec la chambre du roman. Un étage même. Avec ascenseur s’il vous plaît. Mais il faut être deux pour faire un roman « celui qui fait croire et celui qui croit ». Ça tombe bien justement puisque pour l’heure Irène Frain est là pour la visite.
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Olivier Bosc
Cet ouvrage propose de découvrir la création et la fortune d'une pièce maîtresse de la bibliothèque de l'Arsenal, un des départements de la Bibliothèque nationale de France : le rouleau du manuscrit des Cent Vingt Journées de Sodome, texte rédigé par le marquis de Sade lors de sa captivité à la Bastille en 1785.
La chronique de Jacques Plaine
OLIVIER BOSC Le Rouleau des 120 journées de Sodome BNF Conservateur général des bibliothèques, historien et sociologue, Olivier Bosc, directeur de la bibliothèque de l’Arsenal est stéphanois. Un livre qui dérange, « Les 120 journées de Sodome » est le socle de l’œuvre de Sade. « L’Évangile du mal » écrit Jean Paulhan. « Un désordre et un excès portés au pire » surenchérit Georges Bataille. En vrai un inventaire de toutes les perversions que peut offrir la sexualité. Pas un amas de divagations envoyées au hasard mais un texte écrit par un seigneur de la plume et inspiré par l’esprit des Lumières. L’œuvre majeure d’un rebelle. Conçue au Donjon de Vincennes et à la Bastille par un prisonnier « en perpétuel état de démence libertine ». Un embastillé – c’est le mot – qui aura passé la moitié de sa vie d’adulte derrière les barreaux, détenu sous tous les régimes, que ce soit la Monarchie, la République, le Consulat et l’Empire. Un citoyen arrêté pour « débauche outré » en 1763 puis pour « débauche et libertinage outré » un peu plus tard. Un citoyen « exécuté en effigie » en 1772 car condamné à la peine capitale « pour crimes d’empoisonnement et de sodomie » enfin un miraculé qui échappera providentiellement à la guillotine un 8 Thermidor. Mais c’est l’aventure du « Rouleau des 120 journées » que nous déroule aujourd’hui Olivier Bosc. L’histoire des « 120 journées » écrite tout d’abord sur des feuilles de brouillons et que le divin marquis voulait mettre à l’abri de ses geôliers. Un manuscrit autographié en trentesept jours sur des bandes de papier découpées et collées bout à bout. Total 11,85 mètres de long, 11,4 cm de large, écriture microscopique, recto verso. Le tout destiné à être caché dans des lieux les plus improbables possibles. Des lieux tellement improbables que le rouleau disparaîtra, sera volé, retrouvé, vivra une trajectoire extraordinaire, un itinéraire de fiction, des tribulations de polar, des avatars d’Interpol pour se retrouver aujourd’hui à la bibliothèque de l’Arsenal avec sur le front, la tranche ou en bout de volumen la qualification de : « trésor national ». Une arrivée qui se fera sous escorte armée - toutes sirènes hurlantes - comme s’il s’agissait du déplacement d’un grand voyou ou du trésor de Toutankhamon. Ou les deux à la fois.
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GÉRARD GLATT
aux éditions Christine Bonneton
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FRANÇOIS-GUILLAUME LORRAIN : Le temps des trahisons. La Chronique de Jacques Plaine (L'Essor)
Journaliste, historien, romancier François-Guillaume Lorrain est grand reporter au Point. En 2022 il a reçu le prix Historia et le prix des romancières pour Scarlett.
« Le temps des trahisons » c’est l’histoire courte, terrible, intense et insensée d’un petit marquis « uniquement préoccupé de sa médiocre personne » disait méchamment Marie de Hautefort, elle-même dame d’atours d’Anne d’Autriche et maîtresse platonique de Louis XIII. Henri Cinq-Mars, un jeune homme d’à peine vingt ans recruté par Richelieu soucieux de placer ses pions au plus près de Sa Majesté. Promu « Grand-maître de la Garde-robe », le jeune chien mord rapidement sa laisse, devient « Premier Écuyer » puis manœuvre en artiste pour s’arroger le titre de Grand Écuyer de France : « Monsieur le Grand » pour les initiés. Proche du Roi - très proche même - il trace sa route au grand galop, met quelques femmes dans son lit et propose le mariage à la plus belle. « Un favori n’épouse pas » tranchera le Cardinal pressé de mettre fin à l’épisode.
En ce temps-là de l’autre côté des Pyrénées – mais aussi en Artois, en Flandre et au Luxembourg - on n’aimait pas trop la France. En ce temps-là non plus le Roi n’aimait plus trop la Reine ce qui ne l’empêcha pas après vingt-cinq ans de mariage - il faut dire qu’ils s’étaient mariés très jeunes - de lui faire, coup sur coup, deux garçons. En ce temps-là enfin Louis XIII et Richelieu jouaient comme jamais à « je t’aime moi non plus » et le duc d’Orléans, se voyant privé de trône, se sentit alors pousser des ailes de roi du complot. Une histoire qui verra Cinq-Mars perdre la tête, à Lyon, place des Terreaux. Une tête qui roulera même, les yeux ouverts, dans la sciure.
À cette heure-là Louis XIII et Richelieu face à face mais toujours complices - tous deux un pied dans la tombe (autant par le fait des médecins que de la maladie : 34 saignées, 1 200 lavements et 250 purges pour le Roi et presque autant pour Son Éminence) - se sentiront prêts à donner les clefs - je n’ose dire du camion - à un autre prélat, né dans une autre botte, le Cardinal Mazarin.
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Yves Bichet
Ce premier combat ? C'est celui de quelques habitants de la vallée de l'Ennuye, et notamment de Liseron, adolescente déjà cabossée par la vie, de sa mère Zuita, directrice du centre équestre et compagne de Corentin l'instituteur, d'Émir, tout juste débarqué de Guinée, ou encore de l'infirmière Myriam qui se présente à la députation.
La chronique de Jacques Plaine
YVES BICHET Le Premier Combat Le Pommier Yves Bichet est un écrivain français, poète, romancier et dramaturge. Dans une autre vie il fut ouvrier agricole puis maçon-couvreur. À l’heure où notre planète semble prise de bouffées de chaleur inquiétantes - ce que certains appellent « réchauffement climatique » - la commune de Foncouverte – que vous ne trouvez pas sur une carte mais que l’on peut situer pas loin d’ici en Ardèche - vit à l’ombre de la centrale nucléaire de la Baume. Une centrale « dont les vieux réacteurs n’en finissent plus de se fissurer » et dont une cheminée est à l’arrêt, signe évident de catastrophe imminente. Une drôle de commune que Foncouverte. Une commune dont le curé vit maritalement avec une grenouille de bénitier reconvertie en militante du planning familial. Une commune où l’instituteur fait de même avec la directrice du centre équestre, elle-même divorcée et dont la fille se sent une âme de Juliette, d’Yseult ou de Virginie, bien que s’étant méchamment cassé le dos en tombant d’une balançoire. Une commune enfin où chaque élu devient maire à tour de rôle et où Myriam - petite infirmière sans grade et sans galons– est aux manettes pour encore quelques mois. Mais une commune en ébullition depuis l’arrivée d’un « Sans domicile fixe ». Un « Sans papiers » enrubanné d’un chèche bleu et venu à pied de Guinée après avoir traversé le Mali, le Niger et remonté la Botte. Un beau garçon - noir de peau et technicien informatique - adulé ici pour avoir remis en marche les circuits téléphoniques de la commune et redonné vie à tous les ordinateurs en souffrance mais qui, sur ordre du préfet, est recherché pour un retour manu militari à Conakry. Un migrant noir qui a tourné la tête à quelques villageoises et qui a le don de disparaître quand la maréchaussée l’approche de trop prêt. Émir Germain, c’est son nom, qui s’est installé chez Myriam, s’occupe de son jardin et la suit un jour par semaine dans ses tournées. Myriam dévorée par l’envie de faire toujours plus. Myriam pour qui le poste de première magistrate de la ville n’était qu’une étape, qui a pris la tête de la communauté de communes, est devenue députée et a aujourd’hui les yeux tournés vers la présidentielle. Oui la présidentielle avec un programme à réveiller un mort. Ou à refroidir la planète. Ou les deux à la fois.
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