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Or


André Laurent
Né en 1938 à Firminy (Loire), André Laurent a créé et développé une entreprise de haute technologie dans le domaine de l'assemblage mécanique.
La chronique de Jacques Plaine
ANDRÉ LAURENT Des buts à ma vie Abatos André Laurent, grand chef d’entreprise a été aussi, et pendant dix ans, président de l’ASSE puis président de la Chambre de Commerce et d’Industrie de SaintÉtienne/Montbrison. Une vie de chef d’entreprise, dix ans de présidence à l’ASSE puis dix à la Chambre de Commerce et d’Industrie, voilà le parcours - ou plutôt les parcours - d’André Laurent. André Laurent, une figure stéphanoise que vous retrouvez en première de couverture de son livre, souriant et élégant (une élégance qui n’est pas que vestimentaire) comme vous le rencontrez partout où il se passe quelque chose dans la ville au cœur vert. Ici certes, mais aussi un peu partout dans le monde. Oui partout (ou presque) dans le monde parce que son entreprise de haute technologie est leader européen et qu’elle est allée croiser le fer - mais est-ce bien le métal à choisir pour le pape du forgeage à chaud ? - aussi bien de l’autre côté de la Méditerranée que de l’océan Atlantique. Et qu’aux portes de la retraite les voyages l’entraînent toujours aujourd’hui aux quatre coins du globe et plus souvent qu’à son tour en Australie à la rencontre des « Montagnes bleues » et… des iguanes. Un parcours professionnel exceptionnel puisque parti sans titres et sans le sou - de la vallée chère à Pétrus Faure, Michel Rondet et Fernand Montagnon - il a su créer et développer une entreprise dont la spécificité la rend incontournable partout où la technique a besoin de ses produits d’exception. Ensuite il a présidé à une des grandes pages de l’ASSE. Chacun sait que l’histoire des Verts est faite de multiples aventures que l’on empile les unes sur les autres pour construire la légende. La sienne commence en deuxième division pour se terminer au pied du podium de la première. Une magnifique histoire qui aurait pu avoir une autre fin si un scénario de carnaval n’était venu gâcher la fête. Enfin il prit en main la Chambre de Commerce et d’Industrie à l’heure où celle-ci avait besoin d’une poigne de fer (encore du fer mais qu’y faire !) pour remettre ses finances à l’endroit. En un temps aussi où la potion magique du design faisait rêver les cerveaux attachés à l’avenir de la ville aux sept collines. Un beau livre écrit aux heures étranges du confinement. Merci Covid.
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Comédienne et écrivaine, Françoise Henry a reçu de nombreux Prix littéraires dont le Prix Cino del Duca et le Prix Charles Exbrayat. « N’oubliez-pas Marcelle » est son douzième roman. Nous l'avons reçu à l'occasion de la Fête du livre de Saint-Etienne, sous le chapiteau RCF - Lire à Saint-Etienne pour 40' pleine d'émotions et de profondeur.
Chronique de Jacques Plaine pour " Lire à Saint-Etienne " et le journal L'Essor.
C’était un autre temps. Un temps où les jeunes comme les vieux chantaient « le travail c’est la santé ». Un temps où les petites filles jouaient à la poupée et les petits garçons au ballon. C’était en 1922. Marcelle venait de naître. Grâce ou à cause de la guerre, en effet en 14 le fiancé de sa mère était mort à Verdun et celui qui allait devenir son père s’était trouvé là pour la consoler. Une vie étirée sur un siècle. Une vie minuscule achevée dans un EPHAD en 2018. Sans tambour ni trompette mais sereinement, par une « bonne petite main » toujours au four et au moulin, droite dans ses petites bottes, heureuse que Dieu existât… « même rangé dans le tiroir d’à côté ». Une vie banale qui aurait pu en être une autre – toute à l’envers - si le fils Andersen n’avait pas été le fils de son père. Et si sa mère à elle ne lui avait pas lancé définitive « c’est pas possible. » Ce jour-là, sans grands mots, sans esclandre ni portes qui claquent, elle avait mis ses rêves au placard. Ses rêves de robe blanche, de « ménagère » en argent, d’initiales entrelacées sur de jolis draps brodés, de services de verres et d’assiettes et tout et tout et tout.
Et elle avait tracé son chemin, sans éclat, sans écart, ni sortie de route. Pendant l’occupation tout d’abord - et alors que sa famille avait été contrainte d’héberger un officier allemand - elle avait su ignorer les sourires enjôleurs de ce lieutenant de la Wehrmacht. Plus tard aussi elle avait dit non à un gentil garçon qui avait passé la journée à lui montrer la campagne du bout de son pébroc expliquant à ses parents qu’elle n’épouserait pas un homme « qui désignait tout ce dont il parlait de la pointe de son parapluie.» Puis plus tard, bien plus tard, elle ne s’était pas laissée magnétiser par un hypnotiseur, roi du pendule et du spiritisme. Sur ses vieux jours enfin elle avait su tenir ses distances avec le nouveau prêtre de la paroisse, bel homme mais « pas trop confit en eau bénite » le bougre. Une vie à faire un roman ? « La vie d’un simple » au féminin sans doute.
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Alain Blanc & Isabelle Anselme-Bertrand
Dans le monde qui nous entoure, nous sommes en permanence confrontés à la notion d'échelle et souvent désorientés par les valeurs extrêmes. Cela vaut pour les distances dans l'univers et aussi pour l'organisation microscopique des êtres vivants et des objets de notre environnement.
La chronique de Jacques Plaine
ISABELLE ANSELME-BERTRAND & ALAIN BLANC Aventure en microscopie Presses Universitaires de Saint-Étienne À l’occasion de la Fête de la Science, « Voyage microscopique » avec Isabelle Anselme-Bertrand, biologiste, ingénieur en microscopie et Alain Blanc, Maître de Conférence émérite. Avec qui, dans la joie et la bonne humeur, aller à la pèche « au petit » et à la chasse à « l’infiniment petit » ? Avec Luna et Arsène bien sûr ! Luna et Arsène deux personnages de BD dessinés par Edgar Anselme et héros de cette aventure. Mais si Tintin avait choisi une fusée pour aller sur la lune, eux se contentent d’un smartphone pour descendre dans l’infiniment petit. Click ! (sans clack) et les voilà plongés dans les profondeurs de la planète pour donner des images à couper le souffle. Des agrandissements de l’ordre de 2 000 fois avec le microscope photonique et de l’ordre de dizaines de millions de fois avec des microscopes à Transmission. Des monstres presque aussi gros que la fusée de Tintin (là j’exagère un peu !). Et pour se faire une idée de l’ampleur des agrandissements obtenus (« appréhender la notion d’échelle » diraient les puristes), c’est un cheveu qu’ils utilisent comme étalon. Un cheveu non pas coupé en quatre mais simplement tranché dans le sens de l’épaisseur. Et c’est de double page en double page que Luna et Arsène vont se promener dans « l’infiniment petit » en commençant par ce cheveu étalon. Un cheveu qui apparaît gros comme un bras et qui ressemble plus à une queue de lézard qu’à un mât de cocagne patiné par l’usage. Puis ils ouvrent le bal des grossissements insolites. Des petites bêtes qu’on appelle ici artisons mais acariens dans le petit Larousse et qui apparaissent sur une croûte de fourme de Montbrison gros comme des poulets de Bresse, des moustiques à la trompe éléphantesque, une coquille d’œuf jouant les falaises d’Étretat ou ces grains de pollen - devenus grâce à ces microscopes surpuissants - roues libres Campagnolo. Et puis en passant de l’abeille qui trempe sa langue comme un pinceau dans les fleurs du jardin, aux femelles de pucerons se reproduisant par parthénogenèse voilà une information qui déménage : il paraîtrait que le cannibalisme de l’accouplement de la mante religieuse « serait loin d’être systématique. » Merci Luna et Arsène de cette bonne nouvelle.
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Marie De Lattre
1942, Jacques a 8 ans. Ses parents sont des artistes juifs émigrés d'Europe de l'Est.
Une émission enregistrée en public à la mairie de Rochetaillée, lectures assurées par Muriel COADOU (compagnie Collectif 7), réalisation technique Marc Hivert.
La chronique de Jacques Plaine
MARIE DE LATTRE La Promesse (éditions Robert Laffont=.
Marie De Lattre est directrice artistique dans le groupe éditorial Editis. « La Promesse » est l’un des trois finalistes du prix Exbrayat 2023. Quand elle eut treize ans son père invita Marie au restaurant. « Chez Napoli » rue Saint-Placide. « Tu sais que Pierre et Madeleine ne sont pas mes vrais parents ? Qu’ils m’ont adopté ? Mes vrais parents sont morts pendant la guerre. Ils étaient juifs. Ils ont été déportés et ont été assassinés à Auschwitz ». Et d’ajouter « tu ne dois le dire à personne ». Quelques semaines plus tôt, son frère jumeau avait reçu la même confidence frappée du même interdit et tous deux avaient gardé le silence. Médecin, mutique sur son passé, soucieux d’oublier ses origines mais bon père de famille, son père avait un goût plus que prononcé pour le secret. Son appartement regorgeait de cachettes, trappe à l’intérieur de chaque placard, livre en trompe-l’œil, planche à pain à double fond. Autant de lieux interdits qu’elle visitera après sa mort pour y découvrir de troublants vestiges du passé. Et lorsque sa mère lui remettra une grande enveloppe en kraft à n’ouvrir qu’après le décès de son mari, Marie saura qu’elle a en main l’histoire que son père s’était juré de garder dans l’ombre. L’histoire de ses quatre grands-parents paternels. Les deux qui avaient conçu son père et les deux qui le prendront en charge dès ses huit ans, qui l’adopteront et feront de lui un grand professeur de médecine. Un père « à l’œil bleu malicieux » et « aux conversations silencieuses », Jacques de Lattre. Et même si les tableaux de Kogan le père biologique de Jacques n’ont jamais quitté les murs de leur maison, Marie découvrira comment son vrai grand-père arrivé d’Ukraine devint - à Montparnasse et dans les années 20 - un des peintres de l’école de Paris, puis comment avec sa femme Frieda ils feront un voyage sans retour à Auschwitz, puis seront reconnus Justes parmi les nations. Une histoire que Marie nous livre aujourd’hui mais qu’elle a mis vingt ans à écrire. Une histoire chargée d’un encombrant secret – de ceux qu’on murmure « secrets de famille » - et que sa vie durant son père a porté comme une croix en s’efforçant d’en ignorer les contours.
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Marie Kock
On la dit laide, revêche, frigide, avare, aigrie. On l'imagine avec ses chats. ses pelotes de laine et sa solitude.
La chronique de Jacques Plaine
MARIE KOCK Vieille fille La Découverte Marie Kock est journaliste diplômée de l’École supérieure de journalisme de Lille. Elle est aussi l’auteure de Yoga, paru en 2019. Pour monsieur Tout-le-monde, sa femme et sa concierge, une « vieille fille » c’est la Cousine Bette, Marie Poppins ou la Marceline du « Mariage de Figaro ». Une fille trop moche pour trouver un mari, trop éprise de liberté pour passer sa vie avec le même bonhomme, trop indépendante pour accepter un mariage arrangé - et le contrat qui va avec - au seul bénéfice des ambitions mercantiles de papa. La quatrième de couverture en rajoute une couche : « On la dit laide, revêche, frigide, avare, aigrie, ennuyeuse et ennuyée. On l’imagine avec ses chats, ses pelotes de laine et sa solitude, parce qu’elle n’a pas eu la chance de trouver un mari ou de faire des enfants…» ou dit autrement : « c’est celle qui n’a pas réussi à décrocher la timbale ». La Rome antique avait ses vestales, le Moyen Age ses recluses, ce furent ensuite les Béguines, les nonnes, les sœurs, les bonnes sœurs et dans les montagnes de par ici, les Béates. Des vies pas comme les autres. À Rome les vestales étaient couvertes d’honneur, conduites en carrosse à deux roues et en prenaient pour trente ans, au Moyen Age les recluses s’emmuraient vivantes pour se couper du monde et des hommes, aujourd’hui les bonnes sœurs se donnent toute à Dieu et bonjour les galipettes. Et Marie Kock ? « Quand j’étais petite fille je ne me rappelle pas avoir un jour envisagé de finir vieille fille ». Après avoir « sauté dans l’amour à pieds joints, comme s’il s’agissait d’un simple tour de manège », après plus de trente ans - dont dix-sept à Paris - au cœur de la vie, Marie Kock décide de tourner la page, de découvrir une nouvelle façon d’appréhender l’existence, le quotidien, le désir. Ses projets vont être bien différents, elle affrontera l’avenir autrement, sans béquille ni parachute. Seule sur un chemin qu’elle s’est tracé sans mollir. Pourquoi me direz-vous ? Le chapitre « Ce que j’ai oublié de vous dire » est là pour l’expliquer. C’était il y a vingt-cinq ans. Un jour, une nuit d’orage et c’est tout. Une tornade qui a fait d’elle une autre. Une autre Marie Kock.
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Rania Berrada
Najat se l'est promis. elle ne deviendra ni institutrice ni mère au foyer. Elle quittera Oujda et réalisera son rêve : atteindre le kharij, l'Europe.
La chronique de Jacques Plaine
RANIA BERRADA Najat ou la survie Belfond Franco-marocaine née à Rabat, Rania Berrada vit à Paris où elle est journaliste. « Najat ou la survie » son premier roman, est un des trois finalistes du prix Charles Exbrayat 2023. Najat qui vient de terminer sa troisième année de licence à la fac d’Oujda - Oujda la ville aux quatre cents minarets – a la tête pleine de projets et d’ambitions. D’abord quitter cette ville où « la moitié des femmes sont institutrices et l’autre moitié au foyer », ensuite terminer sa licence et échapper à Ryad. Ryad ce grand frère rigide comme un pilier de temple grec et qui se prend pour le lieutenant du père. Une grande gueule autoritaire qui la voit déjà arrêter se études et se mettre au boulot. Ou bien – ce qui serait encore mieux - dégager le plancher et se trouver un mari. Pour l’amour Najat n’est pas pressée, le prince charmant c’est pas son truc, par contre trouver un mari qui la sortirait des pattes de Ryad, pourquoi pas. Un mari qui lui ferait – il fait bien rêver un peu - traverser la Méditerranée et la mettrait au cœur de ses ambitions universitaires en France, en Allemagne et pourquoi pas ailleurs …mais de ce côté-ci de la Grande Bleue. Certains ont la chance, le pot, le bol. Pour eux les planètes s’alignent comme par enchantement. D’autres ont la poisse, la scoumoune, le mauvais œil – « ont au-dessus de leur tête une étoile malveillante dont les radiations leur pourrissent l’existence ». C’est dans ce triste collège que se débat Najat. Depuis toujours. Elle apprend l’allemand pour poursuivre ses études à Francfort avec Younes, achète un vieux Bescherelle et se perfectionne dans la langue des colonisateurs pour monter à Paris avec Yahya, participe au Printemps Arabe pour plaire à Mehdi, joue les belles-mères sympas pour contenter Yahya (encore lui), regrette d’avoir jadis méprisé Hicham et attend toujours qu’Allah lui offre enfin la part de bonheur qu’il dispense si généreusement aux autres. Un beau livre qui nous fait découvrir une grande famille marocaine où la tradition - et Allah - dictent à tous et à chacun le quotidien à suivre. Un livre qui nous plonge aussi dans l’obscure complexité de l’administration française.
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Sylvie Baron
Odile Lavergne, dynamique médiathécaire a créé le Club du mardi, qui réunit des fanatiques d'Agatha Christie animés d'un enthousiasme qu'ils brûlent de partager.
La chronique de Jacques Plaine
SYLVIE BARON Les petits meurtres du mardi Calmann Lévy Sylvie Baron admiratrice « des grandes dames du crime », d’Agatha Christie à Patricia Wentworth est avec « Les petits meurtres du mardi » une des trois finalistes du prix Charles Exbrayat 2023. À Marcolès, un village du Cantal, quelques fadings d’Agatha Christie se réunissent tous les mardis à 20 heures précises. Au « Club du mardi » en référence à la célèbre nouvelle de la romancière. Et pour quoi faire ? Pour parler d’elle bien entendu, d’Hercule Poirot, de Miss Marple, voire des « Dix petits nègres » qui comme chacun sait ont disparu dans les brumes du lac Victoria ou quelque part en Casamance. La chef c’est la bibliothécaire du village. Une fille « au cœur gros comme un mammouth » - devenue « médiathécaire » au nom de la modernité - et autour de laquelle se presse une belle brochette de fanatiques de la « Reine du crime ». Il y a un vieux prof qui se prend pour un chercheur et qui vit avec sa mère, le pharmacien qui a des problèmes d’hormones, la femme du plombier, le châtelain du village, une ancienne pute, la doyenne en fauteuil épicière en retraite, enfin un lycéen de dix-sept ans. Et c’est justement ce jeunot qui va avoir l’idée du siècle. L’idée qui décoiffe : « Et si on organisait un colloque ! » Les uns applaudissent, d’autres se récrient, d’autres enfin demandent à réfléchir. On réfléchit donc, on discute et c’est parti, ce sera un colloque de deux jours. Un colloque où le château accueillera les débats, le dîner de gala et l’hébergement de ceux venus d’ailleurs. Plus amateur que l’équipe organisatrice, tu meurs ! Sauf que grâce à internet et aux réseaux sociaux quatre spécialistes des « polars de la Duchesse de la mort » vont débarquer à Marcolès, que le public sera au rendez-vous et que les planètes risquent de s’aligner pour un week-end d’anthologie. Sauf qu’au dîner du samedi soir, la conférencière vedette tombera raide morte dans les bras du prof qui se prend pour un chercheur et que la femme du plombier sera découverte les pattes en l’air - ou plutôt à plat ventre - au fin fond d’un placard. Le procureur jubile. Normal ! C’est un accro de la mère Agatha.
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Roland Boudarel
Juillet 1890. Épouse charmante et respectable, Gwenn aurait dû naître, grandir et mourir dans son village du Finistère. Mais lorsque son chemin croise celui d'un artiste, son existence chavire.
Les chroniques de Jacques Plaine
ROLAND BOUDAREL Place Médard Librinova Né à Saint-Étienne, Roland Boudarel a fait ses études à Valbenoîte, Tezenas-du-Montcel puis à l’université Jean Monnet où il a soutenu un DEA consacré à la femme du XXème siècle à travers l’œuvre des frères Goncourt. En pays bigouden, mariée sans amour, Gwenn n’en menait pas moins une vie heureuse avec ses vaches. Et pourtant ! Le crabe avait emporté sa mère quand elle avait cinq ans et son père avait disparu avant même sa naissance laissant en héritage une sanguine rapportée de Florence. Chaque semaine – poussant ou tirant un lourd char à bras – elle allait vendre son lait, place Médard à Quimper. Et un jour, un jour à marquer d’une croix plutôt noire que blanche, un peintre - avec chevalet, boite à pinceaux et à peintures - passa par là. Séduit par sa beauté, il décida de faire son portrait « à l’huile comme les plus grands maîtres hollandais ». Une audace pire qu’un viol en cette fin de XIXème siècle. « Ta tête est déshonorée pour la nuit des temps » hurlera le mari - quand le plus malveillant des malveillants l’informera de la chose - avant de la marquer au fer rouge. Sur un sein, un seul « pour que si un jour je te mets grosse, tu puisses offrir la mamelle restante à téter ». C’était en juillet 1890, une hache traînait par là et elle en fit usage. Ensuite ce sera la honte, la prison, le procès, les assises, le bagne, la Nouvelle Calédonie. Une sale histoire, une triste affaire à oublier et à faire oublier. Même Ronan n’en saura rien. Ronan son fils né pendant le procès et élevé comme un orphelin dans un couvent de bonnes sœurs. Des cornettes qui – le jour où il prendra son envol - glisseront la fameuse sanguine dans son baluchon. Ensuite, de génération en génération, de fille en fille, de descendante en descendante, chacune aura son histoire. Des aventures que chacune racontera à sa façon et à la première personne. De bonnes ou mauvaises fortunes, sans passé, ni ancêtres, enrubannées d’un arbre généalogique sans branches ni racines. On en retrouvera en Toscane et en Algérie d’hier et d’aujourd’hui. On en rencontrera d’autres à Montparnasse, au lac Annecy, à Lyon et à Saint-Étienne puis le hasard ramènera la dernière à Quimper. À Quimper, où au musée de la ville trône « La laitière de la place Médard » un tableau peint en 1890, place Médard.
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Bénédicte des Mazery
Élise et Romain forment un couple heureux : bons jobs, un appartement, une vie ponctuée par le déjeuner du dimanche avec Mina, la mère d'Élise. Jusqu'au jour où Élise se découvre enceinte. Pas question de garder cet intrus, elle n'a jamais voulu d'enfant. Elle va avorter. Mais à la consultation, Élise découvre qu'elle est enceinte de sept mois. Terrorisée, elle s'enferme dans le mutisme. Pour éveiller en elle l'instinct maternel, Romain lui offre un reborn baby. Et Mina s'installe chez eux pour apprendre à sa fille les gestes d'une mère sur ce bébé de silicone, si semblable à un vrai, si rassurant. Tout semble rentrer dans l'ordre, le ventre d'Élise grossit soudain. Mais à la naissance, Élise ne parvient pas à créer de lien avec son véritable enfant. Tom est "trop vivant", il l'inquiète. Plus Élise doute d'elle, plus son attachement au reborn se renforce. La mère parfaite, c'est Mina, qui prend le relais de sa fille auprès de son enfant malgré les réticences de Romain. Au fil des jours, tandis que Tom se laisse dépérir aux côtés du reborn immuable, les rôles de chacun deviennent de plus en plus confus, jusqu'à ne plus savoir ce qui se joue réellement… L'intrus n'est pas forcément celui qu'on croit.
Chronique de Jacques Plaine
BÉNÉDICTE DES MAZERY L’intrus Plon Écrivain, journaliste, auteur de documentaires télévisuels, Bénédicte des Mazery a reçu le prix Paul Féval de la Société des gens de lettres pour son roman « Les Oiseaux de passage ». En 2009 elle fut aussi finaliste du prix Charles Exbrayat avec « La Vie tranchée ». Lorsque Romain son cher mari lui avait proposé d’acheter une voiture, elle avait dit non. Il n’en avait pas moins fait l’acquisition d’une magnifique limousine qu’elle avait mise illico au garage. Puis quand un autre jour il avait parlé « maison » elle avait encore dit non, précisant « que son corps se crispait à l’idée de posséder ». Ils n’en avaient pas moins signés tous les deux « un crédit sur vingt ans pour un très bel appartement ». Même réponse sans nuances quand il avait été question de descendance. C’était non, toujours non. « Je n’ai pas envie de me reproduire, de fabriquer un autre être vivant, fragile, assujetti aux aléas d’une famille et de la vie, de ce monde. Je ne veux pas de ça. Jamais ! » C’était clair, net et précis, sauf qu’un jour - alors qu’elle était plate comme une planche à pain, qu’elle avait toujours pris la pilule et tous les trucs que vous savez - le gynécologue lui avait annoncé froidement la nouvelle : Madame vous êtes enceinte de sept mois et demi. Et avait rajouté question d’enfoncer le clou : « votre bébé mesure quarante centimètres et pèse déjà un kilo neuf ». Gros tsunami et mouvements divers dans la famille. Romain, le mari est ravi. Chef d’entreprise, il annonce même la nouvelle à son conseil d’administration. Mina, la mère d’Élise - qui depuis la mort de Paul son mari se considère comme une pièce maîtresse, essentielle et inamovible du ménage - est aux anges. Quant à Élise, rien de neuf dans sa petite tête de mule, elle envisage tout sauf d’être mère. Que ce soit se remettre au marathon ou faire don de son futur gamin à sa meilleure amie. La maternité non c’est pas pour elle. Avorter ? Pas ça non plus « le délai légal est dépassé ». Alors ? Alors un beau matin Romain et Élise se trouvent face à une vieille dame qui sourit à une drôle de poupée. Une poupée en silicone. Une reborn comme on les appelle dans les maisons de retraite où on compte sur elles pour amener calme et sérénité. Pour « la fille plate au ventre plein » une découverte qui change la donne.
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Rolland Fournel
L'histoire de la sidérurgie du département de la Loire depuis 1815 est riche en événements. Après un démarrage difficile la Loire occupe une place de premier plan pour la fabrication du fer et surtout de l'acier. De 1953 à 1970, des entreprises sont réunies au sein de la Compagnie des Ateliers et Forges de la Loire (CAFL), puis de 1971 à 1984 cette dernière s'allie avec les usines Schneider pour créer Creusot-Loire, dont la faillite en 1984 sera une tragédie pour notre département.
Chronique de Jacques Plaine
ROLLAND FOURNEL La sidérurgie de la Loire 1815–2022 Actes Graphiques Après « Compagnies minières et mineurs du Gier 1750– 1950 », Rolland Fournel nous propose ici un autre fleuron de l’aventure industrielle de la Loire : la sidérurgie. Au début du XIXème plus de huit mille ouvriers travaillaient le métal dans la Loire. Des armuriers, des quincailliers, des cloutiers, des couteliers mais personne n’osait s’attaquer à la fonte, au fer et à l’acier. Il faudra que James Jackson sollicité par un ministre de Napoléon 1er traverse le Chanel et s’installe à Trablaine (aujourd’hui le Chambon Feugerolles) pour que naisse en France la première fabrication d’acier fondu et que Saint-Étienne s’ouvre à la sidérurgie. Un départ insolite, Jackson déménageant ses activités au pied de la Roche Corbière un caillou que Lionel Terray escaladera avant l’Annapurna. Rolland Fournel nous raconte ces deux siècles de conquêtes et de prospérité, de marchés gigantesques générés par le développement du rail, de l’automobile et aujourd’hui du nucléaire. Deux siècles traversés par trois guerres précédées par de riches années pour des usines qui fabriquent des blindages, des chars d’assaut ou des canons de marine. Deux siècles marqués d’avancées techniques révolutionnaires - du puddlage à la coulée continue en passant par les fours électriques - mais émaillés de conflits, de crises financières, de krachs bancaires voire de grèves avec occupation d’usine. Une histoire qui verra les grandes heures des forges de Terrenoire, de Marrel, Holtzer, Claudinon, des Aciérie de la Marine, de Verdié, puis des Ateliers et Forges de Firminy, pour en arriver à la grande fusion des CAFL. Une fusion signée de cette déclaration du président des Aciéries de Firminy préférant « crever tout seul plutôt que prospérer dans le cadre d’une fusion » et celle du directeur d’Holtzer prévenant «qu’il appellerait le commissaire de police pour le mettre à la porte si quelqu’un venait lui parler de fusion ». Ensuite ce sera Creusot-Loire, les grimaces d’un certain baron suivies de celles d’un Pineau Valencienne enragé, l’État mettra alors une main à la poche puis l’autre sur les joyaux de l’affaire. Une descente aux enfers ? Sauf que le feu est le paradis de Vulcain, ce Dieu qu’on dit « sorti de la cuisse de Jupiter ».
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