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Emmanuelle Porcher
Collège de France
Biodiversité et écosystèmes
Année 2023-2024
Colloque - Nouvelles approches pour le suivi des plantes, des pollinisateurs et de leurs interactions dans un monde en changement : Tracking Plant Population Dynamics with a Citizen Science Network
María Begoña García
Researcher, Pyrenean Institute of Ecology (CSIC), Spain
Résumé
Long-term monitoring is a crucial tool for anticipating population collapse, which is particularly important in the case of priority species (rare, endangered or threatened). The 'Adopt a plant' programme was launched in 2013 as a collaborative network for monitoring plant populations in a heterogeneous landscape in northeastern Spain. Coordinated by scientists, participants (volunteers and rangers) estimate population sizes, record disturbances and follow rigorous sampling methods to track plant abundance year after year. This information allows us to estimate the long-term trend and temporal variation of nearly 300 populations. Regardless of the method used, we produce standardised indices of abundance change and, interestingly, stability resulted to be the dominant trend, particularly for priority species. Such information is crucial for reporting the conservation status of threatened plants and plants of Community interest (Habitats Directive). Our unexpected finding also highlights the importance of collecting large-scale information in order to refine conservation priorities and achieve a more comprehensive assessment of the vulnerability of the flora.
María Begoña García
I work in Conservation Ecology, and more specifically in the "long-term dynamics of biodiversity". I conduct studies that combine field data with new technologies in order to develop efficient monitoring systems, develop methods and models to support decision making on conservation problems, produce reliable indicators of biodiversity change, and generate early warning signals. I work in Conservation Ecology, and more specifically in the "long-term dynamics of biodiversity". I conduct studies that combine field data with new technologies in order to develop efficient monitoring systems, develop methods and models to support decision making on conservation problems, produce reliable indicators of biodiversity change, and generate early warning signals I work in Conservation Ecology, and more specifically in the "long-term dynamics of biodiversity". I conduct studies that combine field data with new technologies in order to develop efficient monitoring systems, develop methods and models to support decision making on conservation problems, produce reliable indicators of biodiversity change, and generate early warning signals. Since 2013 I coordinate a citizen science network involving more than 200 volunteers and rangers, who monitor plant populations over an ample environmental gradient in NE of the Iberian Peninsula. More than 300 plant populations are censused yearly to obtain population trends.
Emmanuelle Porcher
Collège de France
Biodiversité et écosystèmes
Année 2023-2024
Colloque - Nouvelles approches pour le suivi des plantes, des pollinisateurs et de leurs interactions dans un monde en changement : The National Plant Monitoring Scheme, a New Direction for UK Plant Recording?
Oliver L. Pescott
Plant Ecologist, UK Centre for Ecology & Hydrology, Wallingford, UK
Résumé
Volunteer-based plant monitoring in the UK has focused historically on distribution mapping, with less emphasis on the collection of data on plant communities and habitats. However, abundance monitoring for other groups of organisms is well-established, e.g. for birds and butterflies, and UK conservation agencies have long desired comparable schemes for plants. We describe the first nine years of a new plant citizen science scheme for the UK, the 'National Plant Monitoring Scheme'. Scheme development emphasised volunteer flexibility through co-creation and feedback, whilst retaining a rigorous approach to sampling design. Comparisons with professional surveys have allowed for an understanding of the likely biases inherent to our approach, and model-based adjustments for these are being explored. Understanding the strengths and limitations of the NPMS will guide development, increase trust in outputs, and direct efforts for maintaining volunteer interest, as well as providing a set of ideas for other countries to experiment with.
Oliver L. Pescott
Oli is a plant ecologist who specialises in the design, management and analysis of volunteer-collected botanical datasets ("citizen science"). Within this area he has been instrumental in highlighting and addressing issues of bias, and has recently published the first ever "risk-of-bias" tool for descriptive inference in ecology ("ROBITT"). His botanical experience covers both the field- and desk-based ends of plant ecology; for example, he contributed to the recent Botanical Society of Britain and Ireland's (BSBI) Plant Atlas 2020 as a surveyor, analyst and editor. He is also the current Recording Secretary for the British Bryoloical Society, the referee for alien grasses for the BSBI, and the local bryophyte recorder for Oxfordshire. His other interests include invasive non-native species, the impacts of environmental change on biodiversity, and the communication and presentation of uncertainty in biodiversity trend analyses.
Emmanuelle Porcher
Collège de France
Biodiversité et écosystèmes
Année 2023-2024
Colloque - Nouvelles approches pour le suivi des plantes, des pollinisateurs et de leurs interactions dans un monde en changement : Introduction
Emmanuelle Porcher
Directrice du Centre d'écologie et des sciences de la conservation au MNHN, professeure invitée du Collège de France
Emmanuelle Porcher
Collège de France
Biodiversité et écosystèmes
Année 2023-2024
Séminaire - Anne Dozières : Les sciences participatives pour suivre la biodiversité : outils de recherche scientifique et de mobilisation de la société
Hugues Mouret
Résumé
La situation n'est aujourd'hui guère réjouissante : tout semble s'effondrer, un sentiment d'impuissance peut nous gagner face au déclin de la biodiversité. L'espoir est pourtant bien présent : en effet, chaque geste compte et contribue à protéger les pollinisateurs et leur habitat. C'est donc en mobilisant une multitude d'acteurs et de milieux contigus que les effets à l'échelle du paysage deviendront perceptibles. Cela sous-entend que chacun d'entre nous, particulier comme professionnel, peut et doit agir à son échelle : sur son terrain, auprès de ses voisins, ses amis, sa famille, ses collègues, sa commune… Car en réalité, bon nombre d'actions à mener sont simples, rapides, peu ou pas coûteuses et surtout efficaces. Il s'agit par-dessus tout de partager l'espace et le temps avec les autres. Il est donc bien question de transformer le monde actuel, de le rendre plus habitable, plus juste, plus beau, mais aussi de reprendre notre place avec les non-humains. Dans ce séminaire, après avoir fait le point sur les menaces, je vous propose de passer en revue plusieurs modalités d'aménagement, de plantation, de gestion favorables aux pollinisateurs, et plus globalement au reste du vivant.
Hugues Mouret
Naturaliste autodidacte, Hugues se passionne depuis l'enfance pour le vivant et la protection de la vie sauvage. Porté par sa curiosité pour les petites bêtes, les plantes et les milieux naturels, et par une approche résolument scientifique, il a développé des compétences reconnues en entomologie, herpétologie, botanique, écologie et agroécologie.
Pour conjuguer sa passion à des actions concrètes, il a fondé en 2001 l'association ARTHROPOLOGIA, dont il est aujourd'hui le directeur scientifique. Il a également cofondé l'Observatoire des Abeilles, association francophone de référence sur les abeilles sauvages. Expert naturaliste, il siège au conseil scientifique du Plan pollinisateurs porté par les ministères de l'Écologie et de l'Agriculture, au comité technique national de l'Observatoire des chenilles processionnaires porté par la Fredon et le ministère de la Santé, et au conseil scientifique du Conservatoire des espaces naturels Rhône-Alpes.
Conférencier et formateur, il accompagne, conseille et forme différents acteurs (partenaires publics et privés, collectivités, agriculteurs, techniciens et agronomes, élus...) à la prise en compte et la protection du vivant, aux changements de pratiques, à la renaturation des milieux, à la transition agricole… en s'appuyant sur une approche holistique. Hugues intervient également chaque année auprès d'étudiants (licences, masters), d'enseignants du monde agricole et dans le diplôme « One Health en pratique » de l'École nationale des services vétérinaires. Enfin, il écrit régulièrement des articles de vulgarisation et collabore à des publications et ouvrages scientifiques.
Emmanuelle Porcher
Collège de France
Biodiversité et écosystèmes
Année 2023-2024
08 - Quelles données pour décrire et comprendre les changements de biodiversité ?
Résumé
La biodiversité change rapidement et plusieurs sources de données sont disponibles pour essayer d'objectiver ces changements. Le cours présentera ces différents types de données, les façons de les analyser et leurs limites pour détecter des changements rapides dans le vivant. Il se focalisera en particulier sur les sciences participatives, des partenariats entre chercheurs et citoyens autour d'un projet de recherche commun, qui existent depuis longtemps déjà. Le renouveau récent des sciences participatives autour de la biodiversité présente un double avantage. D'une part, elles permettent de documenter de façon fiable les changements de biodiversité. Ceci est particulièrement important pour l'étude des événements d'interactions entre les plantes et leurs pollinisateurs, qui, quoique cruciaux pour les deux types de partenaires, sont relativement rares, et donc difficiles à observer. Les programmes de sciences participatives mobilisant un grand nombre de participant(e)s sont un moyen unique d'observer le vivant à grande échelle pour détecter ces interactions furtives. D'autre part, les sciences participatives ont également le potentiel de transformer leurs participant(e)s, en les reconnectant avec la nature.
Emmanuelle Porcher
Collège de France
Biodiversité et écosystèmes
Année 2023-2024
Séminaire - Clélia Sirami : Comment gérer les paysages agricoles pour protéger la biodiversité tout en produisant suffisamment de nourriture pour la population humaine ?
Clélia Sirami
directrice de recherche INRAE
Résumé
La conversion des milieux semi-naturels en milieux cultivés et l'intensification des pratiques agricoles, notamment l'utilisation croissante de pesticides, font partie des principaux facteurs du déclin actuel de la biodiversité. En parallèle, les besoins alimentaires mondiaux augmentent du fait de l'accroissement de la population humaine et de l'évolution des modes de vie. La conjonction de ces deux tendances amène de nombreux acteurs à s'interroger sur la meilleure stratégie pour stopper le déclin de la biodiversité tout en produisant suffisamment de nourriture pour la population humaine. Cette question fait l'objet d'un intense débat scientifique, qui a de nombreuses répercussions opérationnelles.
Dans ce séminaire, je présenterai les fondements de ce débat et ses limites. Je montrerai ensuite comment les travaux en écologie des paysages permettent d'identifier des leviers d'action pour maximiser les synergies entre biodiversité et production agricole. Je présenterai notamment l'importance de l'hétérogénéité des cultures pour favoriser la biodiversité et les services écosystémiques tout en maintenant la production agricole. Enfin, j'illustrerai comment ces résultats scientifiques peuvent éclairer les politiques publiques telles que la politique agricole commune ou l'affichage environnemental des produits alimentaires.
Clélia Sirami
Clélia Sirami est directrice de recherche à INRAE, en écologie des paysages et des communautés, au sein de l'UMR Dynafor (Dynamiques et écologie des paysages agriforestiers), à Toulouse. Ses recherches portent sur l'effet de l'hétérogénéité des paysages sur la biodiversité, ainsi que le rôle des politiques publiques dans la gestion des paysages agricoles.
Emmanuelle Porcher
Collège de France
Biodiversité et écosystèmes
Année 2023-2024
07 - La pollinisation en milieu agricole
Résumé
Les humains dépendent du vivant pour leur survie et leur bonne qualité de vie, une dépendance illustrée par les notions de « services écosystémiques » ou de « contributions de la nature aux peuples ». En particulier, pour notre nourriture, les pollinisateurs sont indispensables à la production agricole de nombreuses espèces de plantes cultivées. Cependant, l'abondance et la diversité des pollinisateurs dans les espaces agricoles sont menacées par une agriculture intensive, dont les effets sont bien démontrés. Ces changements des communautés de pollinisateurs dans les espaces agricoles peuvent avoir des conséquences sur l'efficacité de la pollinisation de ces cultures, mais de telles conséquences restent difficiles à démontrer. Le cours présentera les connaissances actuelles sur les mécanismes responsables de l'érosion de la biodiversité dans les espaces agricoles, de l'échelle de la parcelle à l'échelle du paysage, voire à une échelle internationale.
Emmanuelle Porcher
Collège de France
Biodiversité et écosystèmes
Année 2023-2024
Séminaire - Jonathan Lenoir : Réponses des espèces et des communautés au réchauffement global
Jonathan Lenoir
chercheur CNRS
Résumé
En réponse aux changements climatiques d'origine anthropique, les espèces migrent vers les pôles et les sommets tandis que les communautés s'enrichissent en espèces plus thermophiles ou deviennent plus pauvres en espèces cryophiles (cf. processus de thermophilisation des communautés). Au cours de ma présentation, j'illustrerai ces changements chez les espèces et les communautés végétales avec un focus plus particulier sur les écosystèmes forestiers au sein desquels des retards dans la réponse des espèces et des communautés sont observés. J'évoquerai également l'importance des processus microclimatiques en forêt pour expliquer ce qui semble être une dynamique de retard.
Jonathan Lenoir
Je suis chargé de recherche CNRS dans l'unité Écologie et dynamique des systèmes anthropisés (EDYSAN) basée à l'université de Picardie Jules-Verne, à Amiens. J'ai un double diplôme d'ingénieur forestier et de docteur en sciences forestières. Mes travaux traitent de l'impact des changements globaux sur la biodiversité, avec un focus plus particulier sur la biodiversité forestière.
Emmanuelle Porcher
Collège de France
Biodiversité et écosystèmes
Année 2023-2024
06 - Quels changements en cours des plantes et de leurs interactions avec les pollinisateurs ?
Résumé
En parallèle des pollinisateurs, les communautés de plantes changent également, en réponse à diverses pressions d'origine humaine : changement d'occupation des sols causant la disparition locale d'espèces spécialistes de certains habitats, pollutions aux nitrates et aux biocides engendrant une recomposition des communautés, changements climatiques provoquant le déplacement des populations vers les pôles ou en altitude… Le cours décrira ces différents changements, tels que mesurés notamment en France et en Europe grâce aux programmes de sciences participatives. Il s'intéressera également au rôle possible des pollinisateurs et de leur déclin dans ces changements, et réciproquement aux conséquences des changements des communautés végétales en termes de disponibilité des ressources alimentaires pour les pollinisateurs.
Emmanuelle Porcher
Collège de France
Biodiversité et écosystèmes
Année 2023-2024
Séminaire - Nicolas Deguines : Conséquences de l'urbanisation pour les insectes pollinisateurs et perspectives de mitigation
Nicolas Deguines
maître de conférences, université de Poitiers
Résumé
Des déclins de biodiversités sont observés et les insectes pollinisateurs ne sont pas épargnés. Parmi les pressions environnementales s'exerçant sur les populations de pollinisateurs, les changements d'occupation des sols sont identifiés comme une menace majeure. En Europe, l'urbanisation (expansion et densification des zones urbaines) est le changement d'occupation du sol dominant, conduisant à un type d'écosystèmes aux caractéristiques abiotiques et biotiques profondément différentes. En utilisant la littérature nationale et internationale, nous verrons comment les communautés d'insectes pollinisateurs sont modifiées dans ces environnements urbains et pourquoi certains s'en accommodent plus que d'autres. Comprendre les réponses des communautés de pollinisateurs permet d'émettre des préconisations et d'envisager des adaptations des espaces urbains afin de les favoriser.
Nicolas Deguines
Je suis docteur en écologie du Muséum national d'Histoire naturelle depuis 2013 et maître de conférences à l'université de Poitiers depuis 2020. Écologue, mes recherches ont deux grands objectifs : 1) comprendre les effets des changements environnementaux d'origine naturelle ou anthropique sur la biodiversité, son fonctionnement et ses services écosystémiques, et 2) développer des mesures de conservation de la biodiversité. Je mobilise notamment les outils et concepts de l'écologie des communautés, de l'écologie du paysage, de l'écologie trophique, et des sciences de la conservation. Je m'intéresse en particulier aux pollinisateurs, notamment au travers de mon implication dans le Suivi photographique des insectes pollinisateurs (Spipoll), et à leurs réponses à différentes pressions environnementales (p. ex. changements d'occupation du sol, intensification de l'agriculture). Parmi d'autres, les cloportes (isopodes terrestres) sont des organismes que j'étudie avec intérêt.
From the publisher's feed
La chaire annuelle Biodiversité et écosystèmes bénéficie du soutien de la Fondation Jean-François et Marie-Laure de Clermont-Tonnerre.
Emmanuelle Porcher est écologue et biologiste de…
Emmanuelle Porcher est invitée à occuper la chaire annuelle Biodiversité et écosystèmes du Collège de France pour l'année 2023-2024.
Interactions plantes-pollinisateurs : une coévolution ancienne en pleine transformation
Le monde vivant est menacé par les humains, dont l'expansion sur la planète a fait disparaître des espèces, diminué l'abondance des populations sauvages, et modifié les interactions entre les êtres vivants, interactions qui font de la biodiversité le « tissu vivant de la planète ». Parmi celles-ci, les mutualismes entre les plantes à fleurs et les animaux qui les pollinisent occupent une place centrale dans le fonctionnement des systèmes naturels. En effet, les plantes à fleurs sont à la base de la plupart des chaînes alimentaires terrestres, y compris celles dont les humains font partie (agriculture) ; or, elles dépendent majoritairement des pollinisateurs pour leur reproduction.
Ce cours présentera les interactions plantes-pollinisateurs, depuis leur apparition, il y a plus de cent millions d'années, jusqu'à leur fonctionnement actuel. Il montrera comment la coévolution des plantes avec leurs pollinisateurs a produit une diversification formidable des formes, couleurs et odeurs des fleurs, ainsi que des réseaux d'interactions complexes. Il étudiera les changements actuels subis par les plantes et leurs pollinisateurs, et leurs conséquences pour la pollinisation et la production agricole. Enfin, il évoquera des solutions pour mieux connaître et protéger ces maillons essentiels de notre planète.

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