Bordeaux Blues

Bordeaux Blues

By La Clé des OndesMusic
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Bordeaux Blues episodes

  • Sugar Pie Desanto, 85 ans et toujours aussi fringuante !
    Sugar Pie Desanto (1935)
    Peut-on dire que la chanteuse au père venu des Philippines est une mal-aimée dans le monde du blues ? Oui si l'on constate qu'elle n'est pas mentionnée dans le "Blues Whos Who" de Sheldon Harris. Pour la Nouvelle encyclopédie du blues de Gérard Herzhaft, c'est pas mieux ! Prenons les notes du disque "Lovin' Touch" de Sugar Pie Desanto : la plupart des noms mentionnés du blues californien sont des hommes ! Sugar Pie, Margie Evans, Lady Margo sont mentionnées, mais il y en a d'autres. Il est vrai que pour la première un mystère subsiste sur le lieu de sa naissance : Brooklyn ou San Francisco?
    De son vrai nom Umpeylia Marsena Balinton, d'une famille de dix enfants, elle eut pour amie d'enfance Etta James, avec qui elle enregistra un disque, "In the basement" (Checker). Se produisant ça et là, elle attira l'attention de Johnny Otis toujours à l'affut de nouveaux talents (Big Mama Thornton !). James Brown la recruta un temps pour "chauffer la salle" lors de ses concerts en 1959 et 1960. Sa petite taille (1m 50) et sa voix rauque à souhait surprenaient le public qui la découvrait sur les scènes soul et rhythm and blues. Présente à l'American Folk Blues festival de 1964, elle resplendissait aux côtés de Willie Dixon, à la carrure d'un autre gabarit. On peut la voir sur Internet interpréter "Rock me...". On pourra aussi la voir actuellement, sur scène, toujours aussi fringante avec ses cheveux blancs ! De nombreux soucis dans sa vie, l'incendie de sa maison, la mort de son mari, n'ont pas altéré son appétit de vie !
    Thierry
    Photo : Michael Albov
    1 hr 35 min
  • Le chant de la blueswoman Angela Strehli
    Angela Strehli (1945)
    Avec son nom à consonance germanique Angela a fait son chemin dans le Texas où elle a explosé à Antone's, club fameux drivé par Clifford Antone (27 octobre 1949 - 22 mai 2006). On la voit abondamment dans le film Antone's, Home of the blues (1975) où elle côtoie les blueswomen du club : les chanteuses Lou Ann Barton et Marcia Ball, la bassiste Sarah Brown (présente entre autres dans l'orchestre de J. B. Hutto). Sans oublier toutes les pointures bleues de Chicago et d'autres endroits. Le plus célèbre duo semble avoir été Albert Collins et Stevie Ray Vaughan. Malheureusement non-enregistré contrairement à celui réalisé avec Albert King !
    Née au Texas dans la ville de Lubbock le 22 novembre 1945, Angela Strehli a appris la basse et l'harmonica avant de briller au chant. Sa ville natale (et on l'ignore souvent...) est aussi celle d'un pionnier du rock and roll : Buddy Holly (1936 - 1959) mort comme Stevie Vaughan d'un accident d'avion. Au début des années 1960 elle est à Chicago ou elle erre longuement dans les divers lieux où on peut écouter du blues. A la fin de ses études elle forme avec Lewis Cowdrey les Faboulous Rockets. Plus tard elle est choriste chez James Polk and the Brothers et côtoie le guitariste Jimmie Vaughan, frère de Stevie avec qui elle brûlera les planches à Austin. Une vie déjà bien remplie entre musique et autour !
    Thierry
    Photo : Ron Baker
    1 hr 36 min
  • Elizabeth Cotten, femme de ménage et guitariste autodidacte !
    Elizabeth Cotten (1893 -1987)
    Dans les notes accompagnant le disque "The blues at Newport 1964" Samuel Charters (auteur de nombreux ouvrages sur le blues, compilateur pour Folkways, producteur de disques pour Vanguard, Bluesville ...) expliquait que les chansons, la musique d'Elizabeth Cotten (et non pas Cotton comme l'harmoniciste du Muddy Waters blues band présent aussi à Newport) ne pouvait être stricto sensu qualifiées de blues... mais que cela s'en rapprochait bougrement ! Et surtout que ça plaisait au public citadin attiré par l'authenticité de ce folk revival qui mêlait musique rurale blanche et blues du Mississippi et d'ailleurs. En fait les premiers enregistrements de Libba (son surnom pour celles et ceux qui aimaient sa musique) avaient été faits pour Folkways par Mike Seeger musicien folk, le demi-frère de Pete. Pourquoi ? Ah, il faut éclairer votre lanterne !
    Née dans le sud des monts Appalaches dans une famille musicale, elle s'initie au banjo de son frère, puis poursuit avec la guitare. Gauchère elle n'inverse pas les cordes. Elle aurait composé son plus célèbre morceau "Freight train" à onze ans. Jouant de manière autodidacte, elle se remettra à la musique vingt ans plus tard, quand employée chez les Seegers, elle fut surprise par Mike. Emerveillé de tant de dextérité, il l'enregistre (1958) pour les disques Folkways. Suivent concerts, bref le succès. Pour elle c'était juste de la musique "country ragtime style". A quatre-vingt dix ans elle était encore sur les routes pour se produire sur scène !
    Thierry
    1 hr 36 min
  • De Bentonia à Wenders avec toujours une voix haute : Skip James !
    Skip James (1902 - 1969 )
    Quand à Newport Skip James s'empara du micro, il n'était pas plus connu que Robert Pete Williams ou Fred Mc Dowell qui n'avaient que peu d'enregistrements. Qui se souvenait de ses prouesses de 1931 ? Avec la crise de 1929, ses disques ne s'étaient pas vendu outre mesure. Les collectionneurs le chérissaient mais leurs choix se portaient plus vers les voix rudes du Mississippi . On ignorait ou savait peu de choses sur son influence à Bentonia berceau de son enfance. Encore moins l'existence de Jack Owens qui avec une voix d'un autre timbre reprenait certains de ses titres! Heureusement ce dernier a été enregistré (Testament, par David Evans, mai 1971). En fait Skip James s'est éloigné de la musique du diable pour se consacrer à la religion. Et ce pendant longtemps, en passant de révèrent à mineur, bûcheron et d'autre métiers, histoire de payer loyer et nourriture.
    Atterrissons en 1964 ou hospitalisé à Tunica, Skip voit débarquer dans sa chambre trois jeunes blancs qui lui causent de choses qu'il a oubliées: ses enregistrements de 1931. Ce sont des guitaristes de blues: Bill Barth, John Fahey ( surtout branché sur Charley Patton) et Henri Vestine (Tournesol chez Canned Heat). Pour faire bref, on va dire que quinze jours après il chante au festival de Newport. Gros succès... Des enregistrements chez Vanguard, Biograph, Yazoo... En 1966 les Cream (Bruce, Clapton, Ginger) reprennent "Im so glad". Mais les sous serviront à ses séances d'hôpital (cancer) et à son enterrement...
    Thierry
    Photo de Une : capture d'écran vidéo (ici
    1 hr 36 min
  • De Bellville à Houston, toujours au Texas : Juke Boy Bonner !
    Juke Boy Bonner ( 1932 - 1978 )
    Avec l'année 2020 et des titres enregistrés par l'homme-orchestre en 1956 à Oakland en Californie ( les disques de la marque Irma ne furent jamais publiés!). Dans l' Ouest des Etats - Unis alors que notre homme était Texan? C'est oublier qu'il a enregistré pour les disques Arhoolie de Christian Strachwitz près de Los Angeles. Aussi en Louisiane pour Goldband avec Katy Webster au piano mais aussi à Houston (1967) avec l' Anglais Mike Leadbitter de "Blues unlimited" à la production du disque Flyright!
    Venons en à la vie de Weldon " Juke Boy " Bonner. Né dans le Texas, ses parents décédèrent dans son jeune âge, ses 8 frères et soeurs furent, comme lui, élevés par des voisins. Influencé par Jimmy Reed, il apprit seul à jouer guitare et harmonica. Il se produisait souvent dans des cafés près du juke box, d'où son surnom. Son succès local allant grandissant, il commença à, enregistrer pour de modestes marques de disques, Arhoolie étant l'exception. En 1948 il avait à Houston au Lincoln Theater remporté un trophée . Sa santé préoccupante ( ulcère à l'estomac) ses soucis matrimoniaux , les tensions sociales et politiques l'amenèrent à écrire de la poésie, ses textes étant publiés dans l"hebdomadaire "Forward Times". Le manque de succès l'amena même à être livreur pour les disques RCA. La participation à l'American Folk Blues Festival de 1969, le festival de Montreux, lui permirent de remonter la pente. Ajoutons les enregistrements pour Sonet et Home Cooking. Mais tout ça n'empêcha pas sa mort en juin 1978.
    Thierry
    Photo de Une : capture d'écran video (ici
    1 hr 35 min
  • Taj Mahal, un bluesman d'ascendance indienne
    Taj Mahal (1942-...)
    De New-York à la notoriété via le blues: Taj Mahal
    Né à Harlem, dans une famille noire aisée. Il apprend la guitare à quinze ans. Ultérieurement il maîtrise banjo, harmonica, mandoline, violoncelle, dulcimer.... (!!!). Pour suivre, il fréquente l'université du Massachusetts. Vers 1965 avec le guitariste Ry Cooder il fonde le groupe Rising Sons, côtoie les Canned Heat, remporte un banjo contest, bref évolue dans la vague du folk boom sur le devant de la scène.
    Une précision, s'il en fallait une, le nom de scène du nommé Fredericks Henry Saint Clair, Taj Mahal, ne viendrait pas des vagues diverses provoquées par le mouvement hippie (appelé aussi flower power !) mais d'une ascendance indienne de son père. J'ai trouvé ça dans la biographie de Taj Mahal contenue dans le Blues Whos Who.
    Sinon notre homme a subi les mêmes influences que les bluesmen blancs de sa génération, Cooder compris, Johnny Winter, Mike Bloomfield, Paul Butterfield... Sauf que lui était noir. Il avait grandi dans le confort et non pas dans les ghettos de Chicago ou né dans le Sud profond, mais il avait une autre approche. Si on compulse ses premiers enregistrements on découvre que ses premiers enregistrements sont des thèmes ruraux : "Statesboro blues " (Blind Willie Mctell), "Fishing blues", "Corrina", voire de la musique blanche des Appalaches comme "Oh Suzanna" !!
    Donc, CQFD, Taj Mahal a eu sur le blues aux USA une autre influence que d'autres. Passeur de traditions musicales, il excella dans l'extension de la musique du Delta vers ses origines. Citons (et écoutons) le CD qu'il a fait avec Toumani Diabaté en hommage à la musique du Mali, "Kalanjan". Jonction de guitares et instruments africains (kora, ngoni, balafon), voix féminines, chants en anglais et en bambara. "Queen bee", "Catfish blues", "Sahara", "Mississippi-Mali blues"...
    Sinon Taj Mahal a enregistré de la musique hawaïenne, des reprises de Bob Dylan comme "All along the watchtower" et plein de disques surtout acoustiques, tous d'un très bon niveau. L'avenir? On verra!
    Thierry
    Image de Une : Tsui sur Wikimédia
    1 hr 36 min
  • Blind Lemon Jefferson, des rues du Texas à la gloire éphémère
    Blind Lemon Jefferson (1897 - 1929)
    Pourquoi dire que la gloire de Blind Lemon Jefferson fut éphémère ? Tout d'abord sa période d'enregistrement fut, somme toute, brève : de 1926 à 1929 quoique sa notoriété dépassait les rues de Dallas, où il prêchait/ chantait, voire les maisons closes et autres endroits où il se produisait, faut bien vivre. De sa vie il y a (chose connue dans le blues) beaucoup de polémiques voire de choses inexpliquées, sa cécité était-elle de naissance ou accidentelle ?
    Une chose est certaine, il était célèbre au Texas et particulièrement dans les rues de Dallas pour son chant véhément alternant sujets religieux et choses de la vie courante. Citons pour l'exemple un musicien de country Chet Atkins qui a maintes fois dit que les disques de Blind Lemon Jefferson entendus dans sa jeunesse l'avait beaucoup influencé. Les témoignages ne manquent pas qui attestent de l'écho qu'avaient ses enregistrements et ses performances à Dallas chez les Afro-Américains comme chez les Blancs.
    Sinon on passe sous silence que la date de la mort de Blind Lemon correspond avec la date des premiers enregistrements de Charley Patton chez Paramount ! Le "Masked Marvel" gravait ses premiers disques à Richmond (Indiana) quand Blind Lemon Jefferson, au sortir d'une soirée à priori bien arrosée, se perdait dans les rues de Chicago enneigé et mourait de froid. Pourtant on sait qu'il avait une voiture avec chauffeur... quoique que des doutes subsistent !!!!! Ajoutons qu'il avait beaucoup de succès dans tous les sens du terme. De toute façon tout cela a pris fin dans une nuit glaciale en décembre 1929 dans la capitale du blues.
    Thierry
    1 hr 36 min

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