J'exagère? Mais comme disait Sophie au début des années 2000 : "Mon problème avec les disquaires, c'est qu'ils ne savent pas dans quelle catégorie, dans quel bac me mettre !"
Prenons, par exemple, son premier disque (à ma connaissance...) Rengaines (2004), qu'elle avait coproduit avec son complice de scène de l'époque, Little Victor (guitare et chant). Rien que des chansons en français : "Tu me prends la tête", "Pause-café", "Pour qui tu te prends", "Toutes les histoires d'amour". On cherche en vain les références anglo-saxonnes
! Prenons au hasard "Quatre fois par mois" : "Pourquoi tu f'rais pas la vaisselle . Ne te gêne surtout pas pour moi. Pourquoi tu f'rais pas la vaisselle chez toi. Au moins quatre fois par mois. " Du blues franchouillard ? Ça y ressemble !
Plus tard il y a eu Blues de Paname (2007), Sophie Kay et Panam' Express (2010), Leaving town (2012) où elle reprend du Memphis Minnie ("Chauffeur blues") ou Leroy Carr ("Midnight hour blues"). Quand elle officiait dans la région parisienne elle alternait, seule à la guitare ou avec orchestre, les deux répertoires. De quoi donner du grain à moudre à ceux qui ne savaient pas quelle étiquette lui coller ! De ses pérégrinations outre-Atlantique, elle côtoya le bluesman RL Burnside avec lequel elle fit un DVD introuvable actuellement ! En France elle fit une tournée avec David Evans, musicologue, guitariste et chanteur de blues entre autres... En 2020, Sophie Kay produisit Turbulent blues où l'anglais est à l'honneur. Sinon, en ce moment, où erre Sophie l'inclassable ? En attendant de ses nouvelles, écoutons-la !
Thierry
Photo de une : Jean-Michel Rock'n'Blues