Bordeaux Blues

Bordeaux Blues

By La Clé des OndesMusic
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Bordeaux Blues episodes

  • Robert Pete Williams : du pénitencier d'Angola à la reconnaissance du monde du blues
    Robert Pete Williams (1914-1980)
    Cela a déjà été écrit maintes fois avant ces modestes lignes. Harry Oster, une sorte de continuateur de John et Alan Lomax, réussit à pénétrer dans un pénitencier de la Louisiane pour y enregistrer, modestement, des chants de prisonniers. Il ne s'attendait pas à rencontrer une perle rare. Un chanteur de blues illettré (qui ne l'est pas dans le circuit ?) qui chantait et jouait comme nul autre. Aucune influence musicale avérée, une spontanéité extraordinaire et, chose peu commune dans le blues, il utilisait surtout une série d'accords à partir du ré mineur... J'avoue que mes modestes connaissances musicales me laissent bouche bée devant de telles informations, mais il doit y avoir du vrai ! A tel point que Al Wilson dans les commentaires du disque Takoma (mon préféré...) de Robert Pete Williams déclare :
    Mes amis bluesmen apprécient modérément Robert Pete, pour eux il n'est pas dans les normes du blues traditionnel... Ceux qui l'apprécient le plus sont les amateurs de free jazz.
    Diable, aujourd'hui ça décoiffe ! A l'époque (60 et plus) Robert Pete était fameux (sic!) pour ne pas jouer deux fois un morceau de la même manière. Les experts de la mafia du blues ont rendu leur verdict : à trop fréquenter les festivals des deux côtés de l'Atlantique il aurait altéré sa musique. En écoutant les autres musiciens (pas de noms !!) il se serait rendu compte qu'ils se contentaient souvent d'égrainer les mêmes accords... alors à quoi bon ? Quoi qu'il en soit Robert Pete Williams restera toujours mon bluesman favori, et je ne suis pas le seul !
    Thierry
    1 hr 30 min
  • Rien ne prédisposait le jeune Francis "Scrapper" Blackwell à devenir une vedette des disques Vocalion
    Scrapper Blackwell (1906 - 1962)
    Né dans une famille de la tribu indienne des Cherokees, rien ne prédisposait le jeune Francis "Scrapper" Blackwell à devenir une vedette des disques Vocalion. Bouilleur de cru et occasionnellement guitariste, il n'enregistra que grâce au producteur Guernsey. C'est à ce dernier que revient l'idée de réunir le chanteur pianiste Leroy Carr et les brillants arpèges du jeune Francis... Ensemble et séparément (surtout pour Scrapper), ils enregistrèrent plus de 150 titres, jusqu'en 1935, date de la mort de Leroy Carr (éthylisme...) .
    Le duo aura laissé à l'histoire du blues des classiques comme "How long", "Prison bound", "Mean mistreater", "I believe I'll make a change", "In the evening", "Sloppy drunk blues" (prophétique...). Après la mort de son partenaire et ami, Scrapper Blackwell laissa de côté toute carrière musicale. Comme bien d'autres il ne joua plus que pour voisins et connaissances. C'est ainsi qu'il se mit à accompagner au piano et à la guitare une voisine chanteuse, Brooks Berry. Quand dans les années 1960 il fut redécouvert et enregistré (entre autres par Bluesville), il y associa celle qui ne fit que peu d'enregistrements. Scrapper Blackwell fut assassiné dans une ruelle d'Indianapolis (1962), il ne put donc profiter du Blues revival.
    Thierry
    1 hr 31 min
  • Bluesville Records
    Bluesville, ça sonne dans le ton... cela va de soi ! En fait la marque vient de Prestige records (1949) qui faisait dans le jazz et autour... Au début des années 1960 avec l'essor, la reconnaissance de l'importance du blues dans la musique nord-américaine, l'idée a dû venir dans la tête de quelques huluberlus de faire une maison de disques avec pour nom : Bluesville ! Certes la réalité est peut-être tristement autre, d'aucuns avaient jugé qu'il y avait du fric à se faire. Bon, faisons dans le positif et disons que le boulot a été fait et bien.
    Dans les premiers temps ça faisait surtout dans les vieux stocks, transfuges divers du jazz, gloires du blues comme Lonnie Johnson, Tampa Red, Victoria Spivey, Lightning Hopkins, Brownie McGee et Sonny Terry, Memphis Slim, Big Joe Williams, pour ne nommer que les plus connus ! (Ah j'oubliais Roosevelt Sykes et Reverend Gary Davis...). Mais à mon point de vue le point fort des disques Bluesville a été, bien sûr, les enregistrements de musiciens inconnus ou oubliés de country blues : Robert Pete Williams, Memphis Willie Borum, Scrapper Blackwell, Smoky Babe, Henry Townsend qui sans le blues revival seraient restés ou retombés dans l'anonymat ! A noter que nombre de ces trésors ont été réédités en CD, comme quoi le monde moderne et les progrès techniques ont des bons côtés...
    1 hr 31 min
  • Mike Bloomfield, compagnon de scène de Bob Dylan et Muddy Waters
    Mike Bloomfield (1943- 1981)
    Mike dès son jeune âge écoutait beaucoup de disques de blues. Un jour lui pris l'envie de voir ça sur scène... Pour ce faire il lui fallut aller dans les quartiers mal famés de Chicago, quitter le côté cossus de la ville ventée (windy city dans le texte...). Catastrophe, on ne le laissa pas rentrer dans le club où il n'y avait que des Afro-américains ! Mais comme l'acoustique était aléatoire, il put entendre dans la rue Muddy tout comme le piano d'Otis Spann !
    Jouer de la guitare étant son violon d'Ingres, il rejoint le Paul Butterfield blues band en 1965. Il y côtoie Paul au chant et à l'harmonica, Elvin Bishop à l'autre guitare... pour ensuite (1967) passer à Electric Flag ! Entretemps il participa au disque phare de Bob Dylan, Highway 61 revisited. Il a même été aux côtés du Zimmerman quand au festival de Newport il se produisit avec de l'électricité et fut traité de "Judas" (Ah USA !!).
    Après des disques avec Al Kooper et autres (Stephen Stills), avant de sombrer dans les paradis artificiels en 1981. A Bordeaux Blues on retiendra surtout son double album avec le Muddy Waters blues band, Fathers and Sons (Chess 1969). Il officie dans le camp des blancs avec Paul Butterfield à l'harmonica et Donald Duck Dunn à la basse. On ne se refait pas !
    Thierry
    1 hr 31 min
  • Jo Ann Kelly : une blueswoman british !
    Jo Ann Kelly (1944 - 1990)
    Chanteuse et guitariste de country blues, Jo Ann n'aura jamais voulu quitter la Grande-Bretagne qui l'avait vu naître ! Pourtant des artistes comme les Canned Heat ou Johnny Winter des Etats-Unis d'Amérique l'avaient maintes fois invitée pour des concerts en vue de poursuivre sa carrière musicale... Mais comme l'écrit Gérard Herzhaft dans la Grande encyclopédie du blues Fayard 1997 : "Elle (Jo Ann Kelly) est au sommet de son art en compagnie de Stefan Grossman et sur "Jo Ann Kelly" Blue Goose avec John Fahey, certainement le meilleur disque de country blues non enregistré par un Noir, malheureusement non réédité en CD." Rajoutons que les deux guitaristes cités sont américains !
    Sinon dans les années soixante elle excelle dans le monde du blues britannique, soutient Memphis Minnie quand elle est hospitalisée (elle lui rendra visite aux USA peu avant son décès), enregistre avec Mississippi Fred McDowell Red Lightnin 1969. Sinon... Faut-il préférer Jo Ann Kelly avec ou sans lunettes ? A vous de voir !
    Thierry
    1 hr 31 min
  • Etta James : Big mama du rock'n'roll ou hoochie coochie woman ?
    Etta James (1938-2012)
    Elle aura été comme Aretha Franklin et Tina Turner en tête des chanteuses afroaméricaines qui, entre rythm'n'blues, jazz et ... blues ont porté haut le flambeau ! Née à Los Angeles de père inconnu et de mère mineure, elle fut élevée par les locataires de la maison où vivait sa mère. De son vrai nom Jamsette Hawkins, elle remporta un premier succès en 1960 avec une reprise de "At last". Avant elle avait sévi dans les années 1950 avec sa participation au trio vocal The Creolettes. Remarquée en 1960 par Johnny Otis (Big Mama Thornton...) elle enchaîne par un contrat avec les disques Chess. Sur scène comme dans ses enregistrements, elle alterne rythmes rock'n'roll et vieux chevaux de bataille du blues comme "I just want to make love to you" de Muddy Waters ou "Dust my broom" de Robert Johnson" ...
    Dans notre vieux continent c'est surtout en Suisse au festival de Montreux qu'elle a rendu visite (de 1975 à 1993). Peu élégamment moquée pour son tour de taille et ses multiples cures d'amaigrissement, on oublie trop souvent sa voix puissante à souhait que l'on peut entendre (outre ses nombreux disques) dans ses duos avec BB King ou Chuck Berry ("Hail hail rock and roll"). C'est en 2011 que la leucémie commence à l'attaquer. Elle décède en 2012 à Riverside dans la Californie. On n'oubliera pas ses nombreuses récompenses, des 6 Grammy Awards aux 17 Blues Grammy Awards !
    Thierry
    Photo : Louis Ramirez
    1 hr 31 min
  • Elvis Presley : le gars qui a volé le blues !
    Sur la vie de celui qu'on a appelé le King, beaucoup a été dit. De ses débuts débridés, révoltés, à la respectabilité via le service militaire, les médias ont fait leurs choux gras. Au delà des hommages formatés, on va essayer de vous montrer ce qui l'a influencé sans les paillettes...
    Né dans le Mississippi, arrivé à Memphis en 48, Elvis a eu du mal à échapper à l'influence religieuse de ses parents. Quand il commença à fréquenter les quartiers noirs, à écouter la musique du diable et à boire des boissons fortes, sûr que l'accueil familial était rude... La plus célèbre de ses influences est bien sûr Big Boy Crudup à qui il emprunta deux titres "My baby left me" et son premier succès "That all right mama". A la batterie il y avait Bill Black et à la guitare l'incontournable Scotty Moore. Pour les disques Sun, il enregistra aussi "Milk cow blues", "Mystery train", "Hound dog". L'interprète originale de cette dernière chanson, Big Mama Thornton, devait faire une tournée avec le jeune Elvis... mais le grand capital s'y opposa ! Ainsi vont les choses dans le business musical.
    Thierry
    Photo : Wikimedia Commons
    1 hr 31 min
  • Le "trance blues" d'Otis Taylor
    Otis Taylor (1948-...)
    Pour celles et ceux qui proclament ce qu'il faut dire et écrire sur la musique qui se réclame du blues, Otis Taylor est une anguille... Né de père afro-américain et de mère blanche, il a la particularité d'avoir une barbe et les yeux bleus ! D'ailleurs son premier disque (1995), introuvable, se nommait "Blue-Eyed monster"..
    Côté instruments, à part l’ukulélé (ai-je lu) il a été subjugué par le banjo qu'il pratique en acoustique comme en électrique. Quand il découvrit les origines africaines de l'instrument cela aboutit en 2008 au CD "Recapturing the banjo" !! De ses débuts il a gardé longtemps Eddie Turner à la guitare solo et sa fille Cassie à la basse et au chant. Dans ses enregistrements ( 12 à ce jour) il a incorporé du violon (Anne Harris) du violoncelle et , cerise sur le gâteau le quitariste blues-rock Gary Moore avec lequel il a fait des tournées. Ajoutez à celà qu'Otis Taylor a reçu une bourse du Sundance Film Composers Laboratory en 2001. Il a participé à la bande sonore du film "Public Enemies (Ten Million Slaves du CD "Respect the death") en 2002 et été nominé 11 fois aux Blues music awards!
    Sa fille Cassie a longtemps joué de la basse électrique dans l'orchestre paternel et chanté, pas que dans les chœurs. Elle vole aujourd'hui de ses propres ailes. On peut la voir et l'entendre sur YouTube, comme son père et son trance blues. En attendant des jours meilleurs où on pourra les voir sur scène !
    Thierry
    Photo de Une : CC/Wikimedia
    1 hr 31 min
  • Mighty Mo Rogers : un bluesman pas encore entré dans la légende...
    Mighty Mo Rodgers (1942-...)
    On l'aura compris, Mighty Mo Rodgers vit encore, il écume souvent notre vieux continent à travers diverses tournées européennes. Comme il écrit même au dos de ses CD, on va lui laisser la parole ("Black Paris blues" Isabel records, Méridien 2003) : " Je suis venu à Paris pour enregistrer ma musique en public parce que l'Europe et particulièrement la France, a pris ma musique en son coeur. Et c'est vraiment un grand honneur pour moi. La France avec toute la sagesse du vieux monde a compris cette notion fondamentale de la condition humaine: plus les choses changent, plus elles restent les mêmes. On naît, on vieillit et puis on meurt. Et tant qu'on est vivant on se demande pourquoi on est venu au monde que pour mourir. Les créateurs du blues on également compris ça... "
    Diable, on voit que Mighty Mo a fait des études, obtenu un master en philo... Né dans East Chicago, il suivit des cours de piano classique. Le tout mêlé au jazz comme au blues qu'il entendait dans le club de son père ! Pour couronner le tout il écoute dans divers endroits, Willie Dixon, Eddy Boyd, Jimmy Reed. Séjournant à Los Angeles, il joue avec T-Bone Walker, Albert Collins, Bobby Bland Il est vrai qu'en chemin il était devenu expert en piano, orgue, chant et compositeur. En 1973 il produit un disque de Sonny Terry, déçu par le business... il resurgit depuis 1999 avec "Blues is my wailing wall" et bien d'autres titres ! Son dernier CD est "Griot blues" avec Baba Sissoko. Il prépare une maîtrise : "Le blues comme métaphysique"... des débats en perspective !!!
    Thierry
    1 hr 31 min
  • Yank Rachel, le blues à la mandoline
    Yank Rachell (1910 - 1997 )
    Ni "O sole mio", pas plus "O bambino" mais du blues à la mandoline !!!!
    La mandoline dans l'imaginaire collectif ça fait penser à l'Italie de Vivaldi à nos jours. Mais on oublie les USA où il a été un instrument répandu dans le jazz, les string bands, le bluegrass et le blues...! Certes il a perdu du coffre, voire du ventre, mais tout ça on dira que c'est une affaire de luthiers. Venons-en à l'essentiel, le sujet du jour : Yank Rachell (1910- 1997).
    Il a été trop longtemps considéré juste comme un accompagnateur de Sleepy John Estes. Certes il a fait partie des bluesmen de la région de Brownsville des années 1920. Mais après il devient cheminot, jouant de la musique pendant les week-ends comme bien d'autres... Le blues revival via Newport et l'American folk blues festival le remet dans le bain. Heureusement pas seulement à la mandoline, derrière un chanteur, mais aussi en temps qu'artiste à part entière. Il devient enfin musicien professionnel. Des disques Delmark (un acoustique, et un autre électrique), Blue Goose (acoustique avec de la guitare) et Blind Pig (électrique avec sa fille Sheena à la basse). A découvrir donc, pas seulement à la mandoline mais aussi au chant et à la guitare avec des accents à la Scrapper Blackwell !
    Thierry
    1 hr 31 min

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MERCREDI DE 15H A 16H30

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