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Kourtney Roy - Sorry, No Vacancy N°18, 2017 - Courtesy Galerie Les filles du calvaire, Paris
Ce matin, il sera question de rêve et de mythologie. D’abord l’image rêvée et fantasmée du tourisme moderne, revisitée par la photographe Kourtney Roy, reine de l’autofiction. Entre mises en scène kitsch et regard parfois acerbe sur le clinquant des hauts lieux du tourisme, la Canadienne promène son double peroxydé sur les plages de Cancun à Miami, en passant par les motels texans et les paquebots de croisière démesurés. Avec l'exposition All inclusive, la Cité de l'Economie fait dialoguer ses photos avec des données chiffrées, pour illustrer les mutations du secteur du tourisme, qui depuis les années 60 a connu un essor spectaculaire et participe à façonner le monde.
Image issue du film Danse avec les loups - Kevin Costner
On s'attarde aussi sur la mythologie d’un genre cinématographique fondateur d’Hollywood : le western. En 1990, en réalisant Danse avec les loups, Kevin Costner s’émancipe des codes du western classique et propose un nouveau regard sur le far west. Ce film profondément novateur pour l'époque, est disponible ces jours-ci sur Arte, accompagné du documentaire Costner et le western, qui revient sur le tournant qu’il a représenté.
Emile Londonien - Mathilde Cybulski
On s’offre aussi un petit replay du Winter Jazz Fest, qui se tenait ce week-end au Touquet. avec samedi soir le concert du trio strasbourgeois Emile Londonien. Manon Brimaud était sur place pour Jazz Live.
Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Photo ©Elene Usdin
Aujourd'hui, il est question de voyage, et même de retour aux sources… D’abord avec le roman graphique Détroit-Roma (ed. Sarbacane), d’Elene Usdin et Boni, qui relate le roadtrip de deux adolescentes depuis Détroit, dans le Michigan, jusqu'en Géorgie, et qui dresse le portrait d'une Amérique en crise, où les inégalités constituent le terreau fertile de l’arrivée de Donald Trump au pouvoir. L’une des deux héroïnes remonte la trace de ses ancêtres esclaves, l’autre celle de sa famille issue de l’immigration italienne. Leur récit intime s'entremêle aussi à l'un des grands scandales environnementaux de l'histoire récente des Etats Unis, l'affaire de l'eau contaminée de Flint, cette ville pauvre à majorité africaine-américaine, en périphérie de Détroit. On vous raconte le processus créatif derrière ce très bel ouvrage, avec l'un des deux auteurs, Boni.
Photo issue du film - LES FILMS DU LOSANGE
Autre retour aux sources : celui que conte Dahomey, l’émouvant documentaire de Mati Diop. La réalisatrice a filmé en 2023, la restitution par la France, d’une vingtaine de trésors royaux à leur terre d’origine, le Bénin, et la façon dont ce retour au pays a été accueilli par la jeunesse béninoise. Le film, récompensé de l'Ours d'Or à Berlin, est disponible jusqu'au 20 mars sur Arte.
Gabi Hartman - Mickael Hemy
Et le troisième voyage de votre vendredi matin, c’est celui qu’a tissé Gabi Hartmann dans son dernier album Salinda, la femme aux yeux de sel. Un disque qui nous a complètement charmé l’année dernière, et qui ressort aujourd’hui dans une version augmentée avec plusieurs nouveautés à découvrir, on vous en fait écouter un extrait, avant la venue de la chanteuse dans les Matins Jazz la semaine prochaine.
Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
C’est le danseur et chorégraphe russe George Balanchine qui est indirectement à l’origine de la création en 1968 par le danseur africain-américain Arthur Mitchell du Dance Theater Of Harlem, première école et troupe à former et employer aux Etats-Unis des danseurs noirs en danse classique. La troupe, dirigée aujourd'hui par Robert Garland, qui nous en parle dans les Matins, est en France en ce moment. Elle dansera à partir de ce soir et jusqu’à samedi au Palais des Congrès à Paris, puis du 5 au 7 mars à la Bourse du Travail, à Lyon, où on écoute TSFJAZZ en DAB+.
“Ils ne méritent pas tes larmes”, c'est une adaptation pour la scène du livre “Little Rock 1957”, du journaliste Thomas Snegaroff, spécialiste des Etats Unis, revient sur cet épisode de l’histoire américaine quand, dans l’Arkansas en 1957, des enfants noirs ont été envoyés dans une école jusque là réservée aux blancs, créant scandale, révolte et intervention de la garde nationale déclenchée par le gouverneur Faubus (qui nous a valu une composition de Charles Mingus). Cette histoire de ségrégation à marche forcée, Thomas Snegaroff la raconte, accompagné à la clarinette par Xavier Bussy, au Théâtre de La Pépinière à Paris tous les jeudis soir.
“J’ai toujours fait des grimaces. C’est naturel chez moi. J'ignorais que je n’étais pas comme les autres. Que j’avais un visage très bizarre. Je me rends compte que c’est ça, ma particularité : je suis bizarre”. Ce soir, lors de la 51e cérémonie des César retransmise en clair sur Canal +, l’acteur américain Jim Carrey va recevoir un César d’honneur, c’est une surprise, d’autant que ça fait longtemps qu’il préfère la solitude de son atelier de peinture à l’effervescence hollywoodienne. Un documentaire disponible sur ArteTV, “Jim Carrey, l’Amérique démasquée” nous permet d’en savoir un peu plus sur l’homme au visage et au corps en caoutchouc.
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Il y a eu 164 féminicides en 2025, soit en moyenne plus d’un tous les deux jours. C’est à partir de cette réalité que L’affaire Laura Stern a été écrite. En choisissant un point de vue rarement adopté en fiction, la série interroge la responsabilité collective face aux violences faites aux femmes.
Laura Stern, incarnée par Valérie Bonneton, est une pharmacienne qui a créé une association pour écouter et aider les femmes victimes de violences conjugales (et on rappelle que les violences peuvent être physiques, mais aussi verbales et psychologiques, ce qui fait aussi beaucoup de dégâts). Révoltée face aux dangers que courent ces femmes qui se confient à elle, et face à la lenteur du processus judiciaire, elle fait justice. Ça n’est peut être pas la meilleure solution, mais c’est celle qui s’impose à elle. Comme un cri irrépressible.
On en parle ce matin avec Marie Kremer, qui a écrit le scénario avec Frédéric Krivine, de "L’affaire Laura Stern", mini-série en 4 épisodes puissants, disponible sur la plateforme France TV et qui sera diffusée sur France 2 le 11 mars à 21h10.
À l'origine de ce projet, le désir de faire entendre la voix des femmes qu’on voudrait faire taire. C’est la thématique des Matins Jazz aujourd’hui. "Ma maison est noire" une pièce de théâtre qu’on peut voir en ce moment au Théâtre des Bouffes du Nord, à Paris. Un habile montage de textes (poèmes, correspondances, entretiens) de la poétesse iranienne Forough Farrokhzad interdite de publication depuis la Révolution islamique, adapté, joué et mis en scène par l’actrice Mina Kavani, elle-même Iranienne en exil pour fuir la censure. Elle a confié la création musicale qu’elle a confiée au trompettiste Erik Truffaz.
"Ma maison est noire", une pièce à voir au Théâtre des Bouffes du Nord à Paris jusqu’à dimanche, puis le 5 mars à Maubeuge et le 11 au Creusot, où on écoute TSFJAZZ en DAB+
NB : on vous rappelle le concert de solidarité “Pour l’Iran”, Concert-création en solidarité avec le peuple iranien dans sa lutte pour la démocratie, à l’intiative de la cinéaste Sepideh Farsi, avec les mêmes Mina Kavani et Erik Truffaz, entre autres, au New Morning à Paris le 15 mars. on vous en reparlera dans le prochain Caviar & Champagne.
Dernière voix de femme ce matin, celle de la photographe néerlandaise Dana Lixenberg, pour un éloge de de la lenteur, de l’écoute, de l’empathie au coeur de sa première rétrospective à la Maison européenne de la photographie, à Paris, dans l’expo “American Images” jusqu’au 24 mai.
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“Il y a des choses qui ne peuvent pas être dites. C’est pour cela que nous avons l’art.” Et on pourrait ajouter : c’est pour cela que nous avons Leonora Carrington, artiste avant-gardiste, féministe et écologiste, née en 1917 en Angleterre, et qui, après pas mal de voyages, a fait du Mexique sa nouvelle patrie artistique. Au Musée du Luxembourg à Paris, vient de débuter la première grande expo en France qui lui est consacrée : 126 œuvres pour découvrir l’univers surréaliste, mythologique et ésotérique de cette artiste totale, dont les visions, troublantes, fusionnent l’humain et l’animal, le masculin et le féminin, un monde de métamorphoses et de symboles, une mythologie personnelle, comme elle nous l'explique elle-même ce matin (c'est magique, la radio).
On vous a souvent parlé de ce livre de Tania de Montaigne, Noire, qui nous a fait découvrir La vie méconnue de Claudette Colvin (c’est son sous titre), cette jeune Africaine Américaine qui refusé, dans les années 50 et avant Rosa Parks de céder sa place à des passagers blancs dans un bus de l’Alabama. Ce livre formidable, très court, très concentré et très puissant est devenu une BD, une pièce de théâtre avec Tania de Montaigne, mise en scène par Stéphane Foenkinos, et il est devenu enfin, dernier de ses avatars, un parcours immersif créé à l'origine pour le centre Pompidou à Paris et qui tourne, dans les musées, dans les théâtres un peu partout en France et qui arrive chez vous, les auditeurs d’Annecy qui nous écoutez en DAB+. C’est à Bonlieu scène nationale Annecy, dans le cadre du festival Stayin Alive pour les amoureux de la radio.
C’est un art qui né presque en même temps que la photo : celui de découper les photos, et les recoller dans des photomontages à usages différents, parfois poétiques, parfois politiques, et parfois les deux. Il vous reste trois semaines pour découvrir l’expo “Couper, coller, imprimer : le photomontage politique au XXe siècle” à Nanterre,à La Contemporaine (une bibliothèque, un musée et un centre d'archives spécialisé dans l'histoire des XXᵉ et XXIᵉ).
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Samedi soir, la superstar portoricaine Bad Bunny a interrompu son concert à Sao Paulo (Brésil) pour lui rendre hommage, alors qu’on venait d’apprendre sa disparition : Willie Colon, tromboniste, chanteur, compositeur, producteur, “new york ricain”, mort à l'âge de 75 ans. Willie Colon, grande star de la salsa et artiste engagé, qui a fait les beaux jours du label new yorkais Fania Records, où il a signé à l'âge de 15 ans seulement. C’est là qu’avec Celia Cruz ou, plus tard avec le chanteur panaméen Ruben Blades, il a chanté sa ville, son quartier, sa communauté avec ses problèmes aux Etats-Unis ou partout dans le monde latino, faisant de la salsa, ce grand melting pot musical new yorkais, un langage universel.
La musique et l'art sont plus efficaces que les discours des politiciens, disait en substance Willie Colon. L'artiste africain-américain Titus Kaphar ne qu'être d'accord avec lui, qui s’interroge sur la manière dont l’histoire et la représentation influencent la mémoire collective. En tant qu’africain américain, il se focalise en particulier sur la représentation des personnes noires dans l’histoire de l’art.
Son exposition The Fire This time, un titre inspiré d’un ouvrage de James Baldwin, est à voir jusqu'au 7 mars à la Galerie Gagosian (Paris).
Enfin, le film Everybody Digs Bill Evans, biopic consacré au pianiste Bill Evans dans la période difficile qu’il a traversée après la mort de son jeune contrebassiste Scott LaFaro, présenté en première mondiale au 76e Festival de Berlin est reparti avec un Ours d'argent pour son réalisateur, le Britannique Grant Gee. On espère que les distributeurs seront confiants et ne tarderont plus à nous le faire enfin découvrir!
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En ce 20 février, nous célébrons un saxophoniste au son suave et velouté, figure de proue d’un jazz européen moderne, inventif et exigeant, dans les années 50 : le saxophoniste belge Bobby Jaspar, il aurait eu 100 ans aujourd’hui !
On se plonge aussi dans tout ce que l’histoire de la musique compte de true crimes, ces véritables histoires criminelles, parfois sanglantes, souvent mystérieuses… Le journaliste musical, et auteur, Brice Miclet leur consacre un livre, True Crimes en Do mineur, qui sort aujourd’hui aux éditions Le Mot et le reste. On y croise Sam Cooke, Jerry Lee Lewis, Marvin Gaye, ou - moins connu - l’ingé son et producteur anglais Joe Meek, qui - avant de sombrer dans la paranoïa la plus dévorante - a contribué à l’un des premiers grands succès du jazz britannique dans les années 50.
Et puis gros plan sur le week-end de clôture du festival Sons D’hiver, qui met à l’honneur la créolité. On entendra la contrebassiste et chanteuse Sélène Saint Aimé : elle présente ce soir à Fontenay sous bois, sa création inédite avec la multi instrumentiste Leyla McCalla.
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Les riverains du quartier de la Villette, à Paris, pourraient bien ce soir, en se penchant à leur fenêtre, apercevoir la Bonne Mère, puisque ce week end, c’est Marseille qui débarque à Paris, avec le festival Massilia Sounds qui va se dérouler dès ce soir à la Cité de la Musique.
Trois jours pour humer l’air de la Méditerranée, l’air du métissage, des styles et des cultures, des langues aussi. On y parlera occitan ce soir avec le programme Massilia, on y rapera en famille avec un conte musical qui nous emmènera dans le quartier mélangé de La Plaine avec Lamine Diagne, on y dansera dimanche dans un grand Bal Canto avec deux cents musiciens amateurs, et des invités comme la chanteuse Marion Rampal, conviée par le saxophoniste qui en sera le chef d’orchestre Raphaël Imbert.
Le même Raphaël Imbert, qui est aussi musicologue et enseignant au conservatoire de Marseille et qui demain, vendredi, nous fera entendre ses échanges transatlantiques.
On parle littérature, aussi, comme chaque jeudi. D'abord en partant pour La Louisiane au 19e siècle, avec un esclave qui joue divinement de la musique, et qui serait le supposé ancêtre de Miles Davis… C’est l’histoire un peu folle qu’imagine le très actif Paul Greveillac dans son nouveau roman Le creuset des sorciers (qui vient de paraître chez Gallimard).
Et Léa Chauvel-Lévy nous parle (entre autres) de Certaines fièvres échappent au mercure de Mathilde Forget (Ed. L’Iconoclaste).
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Aujourd’hui, c’est le 95e anniversaire de la naissance de l’écrivaine Toni Morrison (photo), née le 18 février 1931, Prix Nobel de littérature en 1993 et grande voix de la culture africaine-américaine. C’est l’occasion d’entendre aujourd’hui l’autrice jeunesse Laura Nsafou, qui vient de publier “Ecrire avant l’aube” (Ed. Albin Michel), une biographie romancée de Toni Morrison abordant toutes les périodes et toutes les étapes de son riche parcours.
Mais ce matin, on entend aussi une autre grand voix de la lutte contre la ségrégation aux Etats-Unis, celle qui s'est éteinte hier du révérend Jesse Jackson, militant et homme politique qui s'est engagé tout jeune auprès de Martin Luther King.
Enfin, on parle photo et actu, comme chaque mercredi avec Dimitri Beck de Polka Magazine. Aujourd'hui les JO d'hiver et la polémique autour d'un casque ukrainien, l'expo Salgado qui va débuter à l'Hôtel de Ville à Paris et bien d'autres choses…
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Il se réclamait plus du monde de la littérature que de celui du cinéma. En 46 films (il aurait voulu pouvoir en signer 50, mais il vient de s'éteindre à 96 ans), Frederick Wiseman a dressé une radiographie unique de la société américaine, filmant les gens qui la constituent à l’université, à l’hôpital, dans les tribunaux, les grands magasins ou au théâtre… Une oeuvre documentaire monumentale construite pourtant selon une méthode minimaliste : une équipe très réduite, pas d’entretien, pas de voix off. Il s'agissait juste de capter le réel pour le reconstituer ensuite sur le banc de montage. Frederick Wiseman, pour échapper à l'enrôlement militaire, avait poursuivi à la Sorbonne des études de droit commencées un peu à contrecœur aux Etats Unis. C’est en français, donc, qu’il nous explique sa façon de travailler, en filmant les gens au plus près, et souvent en ne leur demandant l’autorisation qu'après les avoir filmés.
Aujourd'hui, 17 février, c'est Mardi Gras et la Nouvelle Orléans débarque pour faire la fête au Duc des Lombards avec le batteur Jeff Boudreaux, on célèbre aussi la beauté de ce monde avec le quartet franco-américain No(w) Beauty au New Morning, et Yaël Hirsch, de Cult.Newsnous enchante avec Un cercle de craie caucasien mis en scène par Emmanuel Demarcy-Mota au Théâtre de la Ville, à Paris.
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