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Or


Anne Beaugé est une des très rares femmes onboard reporters qui racontent et filment les courses depuis les bateaux. “Nous sommes peu de femmes, pourtant, elles ont complètement leur place dans ce milieu. Pour moi, c’était vraiment la meilleure façon d’allier mes deux passions”, confie-t-elle.
Pourtant rien ne prédestinait au départ la jeune femme, originaire des Lilas, en Seine-Saint-Denis, à emprunter ce chemin, elle qui a été plusieurs années graphiste dans le monde de la publicité et de la mode, entre Paris et New York. En revanche, la photo a toujours été son truc. La mer l’est peu à peu devenu : “J’ai fait des stages de voile quand j’étais petite, chaque fois, j’ai adoré la sensation d' être en mer.”
Un jour, elle choisit de donner un cours nouveau à son existence : “J’ai embarqué sur un bateau qui ralliait la Corse, le skipper cherchait des gens pour le ramener en convoyage, je n’y connaissais rien, mais j’y suis allée.” Le virus la prend, au point de se retrouver au départ de la Mini Transat 2019.
Un jour, alors qu'elle fait des photos avec Sam Davies sur le Défi Azimut, elle croise la route de Paul Meilhat qui, quelques semaines plus tard, lui propose de l’embarquer sur Biotherm pour The Ocean Race : “Je n’ai pas hésité longtemps !” Son job : filmer la vie à bord, rendre compte de ce que vivent les marins, sans participer aux manoeuvres.
Quand on lui demande ce qu’elle préfère, elle évoque “les moments de vie pas prévus”, mais aussi quand elle va installer sa go pro à l’avant du bateau “pour essayer de prendre des images dingues”. A 37 ans, Anne Beaugé est une femme épanouie qui, derrière son objectif, a su créer une relation forte avec les marins. Elle a pris le temps de se livrer, quelques jours avant le départ de l’avant-dernière étape de The Ocean Race entre Aarhus et La Haye.
Navigantes est animé par Hélène Cougoule et produit par Tip & Shaft.
Diffusé le 7 juin 2023
Post production : Grégoire Levillain
Générique : All the summer girls
Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Véritable pilier des projets de son mari Jean, Anne Le Cam n’était pourtant absolument pas prédestinée à se retrouver embarquée sur ses projets au long cours. A la fin des années 80, elle débarque à Port-la-Forêt “pour se reconstruire”, elle n’en dira pas plus. Elle travaille d’abord pour Nautisme en Finistère, “une expérience merveilleuse”, qui va lui permettre de mettre en avant sa capacité à monter des projets et son sens de l'humain.
Dans le même temps, elle devient la compagne de Jean Le Cam, sans pour autant être une fan de voile et de course au large, confiant : “Je ne sais pas si j’ai vraiment une histoire d’amour avec la mer et les bateaux.” Ce qui ne l’empêche pas d’accompagner ce dernier dans ses aventures maritimes, tournées depuis maintenant vingt ans autour du Vendée Globe. Elle trouve aussi le temps de monter son restaurant, Le Kinawa, à quelques mètres du pôle Finistère de Port-la-Forêt, dont Jean est un pilier. ”Au départ, je devais faire des plats pour que les marins les emportent en mer, finalement, c’est devenu un restaurant. J’ai repris des études, car ça ne s’invente pas”.
Tout en faisant tourner la boutique, Anne Le Cam vit de l’intérieur les courses et les tours du monde de son mari, l’aide dans la recherche de sponsors, le porte quand il est en mer et… soigne son cancer du sein. Ça fait beaucoup. “Je pense que nous les femmes, on a une énergie assez considérable”, explique-t-elle. Lors de la dernière campagne de Vendée Globe de Jean, elle était chef du projet, cravachant aux côtés de son marin de mari pour que le projet voie le jour. “Etre au départ était déjà une sacrée victoire”.
Quand il est en mer, elle prend son rythme - “Je suis un peu libre, je fais ma vie” sourit-elle - mais toujours à l’affût d’un appel et présente s’il a besoin de parler. “Quand il y a eu l’accident de Kevin (Escoffier), je l’ai eu en pleurs, il pensait qu’il ne le retrouverait pas, et puis Kevin est monté à bord, ça a été les montagnes russes de l’émotion.” Ces derniers temps, même si elle n’est jamais très loin du chantier dans lequel Jean construit son nouveau bateau, Anne a décidé de prendre un peu de recul, parce qu’elle aimerait ouvrir un nouveau chapitre en s’adonnant à un rêve de toujours : écrire.
Navigantes est animé par Hélène Cougoule et produit par Tip & Shaft.
Diffusé le 24 mai 2023
Post production : Grégoire Levillain
Générique : All the summer girls
Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Caroline Muller est depuis 26 ans une figure connue et reconnue dans monde de la voile, son métier : la communication. Pourtant, sa double maîtrise de droit public et pénal ne la prédestinait pas vraiment à arpenter les pontons. "Ça part d’un échec, j’ai raté le barreau d’un rien et derrière, j’ai eu la chance de faire des rencontres, j’ai découvert un univers dans lequel j’ai plongé aux côtés de gens fabuleux."
Navigantes est animé par Hélène Cougoule et produit par Tip & Shaft .
Diffusé le 10 mai 2023
Post production : Grégoire Levillain
Générique : All the summer girls
Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Régatière, ingénieure, architecte, responsable technique, ministe, figariste, maman, Anne-Claire Le Berre est tout ça à la fois, plutôt du genre à vouloir sortir de sa zone de confort. A 41 ans, après avoir notamment enchaîné trois préparations olympiques et été une des rares femmes à intégrer le bureau d’études d’une équipe Imoca, celle d’Initiatives Cœur, dont elle est ensuite devenue directrice technique, elle a décidé de vivre sa passion à fond et de devenir navigatrice professionnelle.
« Ce n’est pas une décision qui s’est prise sur un coup de tête, surtout quand on a deux enfants », confie celle qui, au fil de ses différentes expériences, a pu se rendre compte de la difficulté, parfois, pour les femmes de s’imposer dans la voile. « L’accès au haut niveau et au professionnalisme est difficile depuis longtemps, parce qu’elles sont peu nombreuses et que les bateaux sont de plus en plus physiques. Et pendant longtemps, les places dans les équipages étaient réservées aux hommes parce qu’on ne considérait que le physique et pas le reste. »
Lentement mais sûrement, les mentalités évoluent cependant : « Avec toutes les courses mixtes qui sont mises en place, il y a beaucoup d’opportunités données aux navigantes par les organisateurs de course qui imposent la mixité, je trouve ça très bien. » Ce qui est le cas de la Transat Paprec, dont Anne-Claire prend le départ le dimanche 30 avril aux côtés de Gaston Morvan.
Quand on lui a aussi parlé maternité et sport de haut niveau et que le sujet Clarisse Crémer est venu dans la conversation, l’ancienne spécialiste de match-racing a fait part de son expérience : « Sur le circuit féminin de match-racing, la solution a été trouvée il y a très longtemps : geler les points pendant 12 mois le temps des grossesses, pour que les femmes enceintes ne soient pas pénalisées. Il y avait même des femmes qui venaient avec leurs enfants et qui les allaitaient entre deux matchs ! La course au large en France n’a jamais été vraiment confrontée au sujet, mais aujourd’hui, les solutions vont être trouvées, elles ne sont pas très compliquées à mettre en œuvre. »
Navigantes est animé par Hélène Cougoule et produit par Tip & Shaft.
Diffusé le 26 avril 2023
Post production : Grégoire Levillain
Générique : All the summer girls
Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Charlotte Yven connaît tous les cailloux de la baie de Morlaix et pour cause, c’est là qu’elle a découvert la voile, sur le bateau familial, mais également en Optimist, avant de passer au Laser puis au match-race… A 17 ans, elle décroche un titre de vice-championne du monde de 420 au Japon, “un souvenir incroyable”, elle enchaîne ensuite avec le 470 et une préparation olympique en vue des Jeux de Tokyo. Qui sonne la fin de son parcours en voile légère : “Quand on a appris que le 470 passait mixte pour les Jeux de Paris, je me suis vraiment posé la question, il fallait repartir avec un garçon, en soi ce n’était pas un problème, parce que le côté mixte m’a toujours plu, mais il y avait aussi cette envie de faire du large.”
Il faut dire que dans sa chambre d’adolescente, il y avait des posters de stars de la voile, “le plus grand, c’était celui de Sam Davies à bord de Roxy pour le Vendée Globe, mais il y avait aussi Michel Desjoyeaux, Armel Le Cléac’h…” En parallèle de ses études d’ingénieur à l’Insa, elle saisit dès lors toutes les opportunités de découvrir le large et se présente à toutes les sélections possibles. Avec succès, puisque la Finistérienne intègre le Team Vendée Formation. “C’était une sélection mixte, j’étais la seule femme, mais ça ne m’a pas dérangée ; que ce soit dans les études ou dans mon sport, j’ai souvent été entourée d’hommes.”
Deux saisons sur le circuit Figaro Beneteau plus tard, Charlotte Yven postule à la sélection Skipper Macif, pour la première fois 100% féminine, qu’elle remporte en octobre 2022. “Nous étions six finalistes, j’avais préparé cette sélection, je m’étais renseignée sur les épreuves, j’avais surtout bien bossé mon grand oral final. J’étais vraiment super contente d’être choisie, c’est exactement ce qu’il me fallait pour continuer mon parcours, c’est une énorme opportunité.”
Déterminée mais sans pour autant être du genre à brûler les étapes, la Morlaisienne ne cache pas, à 26 ans, avoir plein de rêves et d’envies : “The Ocean Race, par exemple, est une course à laquelle j’adorerais participer, je trouve le format génial… Bien sûr, il y a aussi le Vendée Globe dans un coin de ma tête mais avant, j’ai encore beaucoup à apprendre.”
Fin avril, elle prendra ainsi, aux côtés de Loïs Berrehar, Skipper Macif 2022, le départ de sa première traversée de l’Atlantique, la Transat Paprec, passée en double mixte. “C’est bien qu’il y ait des quotas, parce que c’est un cercle vertueux qui va ouvrir plus de portes aux femmes et permettre à celles qui sont très talentueuses de s’exprimer”, commente-t-elle.
Navigantes est animé par Hélène Cougoule et produit par Tip & Shaft.
Diffusé le 12 avril 2023
Post production : Grégoire Levillain
Générique : All the summer girls
Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Elle fait partie de ces personnes de l’ombre qui vous apportent la lumière. Ce qui la caractérise ? Son sourire communicatif, la dextérité de ses mains et son petit côté MacGyver. A 40 ans, « enfin pas tout à fait, 39 exactement », Elise Bakhoum a déjà 20 ans de carrière derrière elle et quel parcours !
L’école, ce n’était pas tellement son truc et c’est en déambulant avec une amie dans les allées du Salon Nautique de Paris – où elle habitait à l’époque - qu’elle a une révélation : « On est passées devant le stand du Chasse-Marée et on s’est dit : on va fabriquer un bateau, on a acheté des plans ». Et elle va apprendre, à lire les plans, à les comprendre. Elle a alors 16 ans. Elise rentre chez elle et déclare : « Je vais apprendre à fabriquer de bateaux », sa mère l’encourage. « Ce sera le premier jour du reste de ma vie ».
Elise se forme aux métiers du bois, puis au matelotage, apprend au contact des meilleurs et, à 23 ans, monte sa petite entreprise. Elle devient gréeuse professionnelle et évolue dans un monde éminemment masculin, mais « à aucun moment, au début du moins, je n’ai senti qu’être une femme faisait une différence ; à la limite ils étaient intrigués et voyaient que j’étais là pour apprendre, que j’en voulais ». Ce monde aussi un peu rustre, « où on fait pas de chichi », lui va bien.
Elise Bakhoum va traverser le monde de la course au large, se créant les opportunités : Mini, Orma, Multi50, France, Nouvelle-Zélande, et jusqu’à la Coupe de l’America en 2017 avec Franck Cammas où elle sera responsable de l’aile. « Quel que soit le support, j’ai toujours voulu et tout mis en œuvre pour que ce soit le plus parfait possible. Mon angoisse, c’est qu’il puisse y avoir une casse à cause de quelque chose que j’aurais mal fait, alors vraiment je ne laisse rien au hasard. »
Elle vit aussi l’aventure du Vendée Globe, avec Jean-Pierre Dick en 2004, puis Charlie Dalin en 2021, et aujourd’hui auprès de Jérémie Beyou. « Quand il m’a dit que c’est moi qu’il voulait dans son équipe, ça a été un moment fort, je me suis dit que c’était la récompense de 20 ans de travail. » Au sein du Charal Sailing Team, elle est responsable de tout le pont : « Je voulais que Jérémie le dise bien à toute son équipe, que ce soit clair et OK pour tout le monde, que moi, une femme, serait responsable. »
Forte de son parcours, de ses rencontres, de son franc-parler, Elise Bakhoun fait d’ailleurs tout pour intégrer et amener plus de femmes dans son monde à elle, celui de la construction de bateau. Regarder ses mains, c’est imaginer un peu sa vie. L’écouter, c’est mieux la comprendre.
Navigantes est animé par Hélène Cougoule et produit par Tip & Shaft.
Diffusé le 29 mars 2023.
Post production : Grégoire Levillain
Générique : All the summer girls
Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
« A la maison, on avait le droit à la télé pour regarder du sport. » Voilà comment, enfant, Marine Derrien s’est prise de passion pour le sport, au point, confie-t-elle, d’avoir « tout fait pour être dans les coulisses ». Avec réussite, puisque, à 38 ans, elle peut se targuer d’un parcours riche et varié, tant en France qu’à l’étranger.
Diplômée de commerce international, elle effectue ainsi son premier stage outre-Manche auprès du tandem constitué d’Ellen Mac Arthur et de Mark Turner, deux personnalités qui vont la marquer pour toujours. « Ellen a été un modèle, elle ne se posait pas de question et mettait tout en œuvre pour réussir ce qu’elle avait décidé, Mark, c’est mon mentor. »
Ce dernier l’embauche comme responsable logistique sur les Extreme Sailing Series, elle passe ensuite par Luna Rossa sur la Coupe de l’America 2013 à San Francisco, puis devient bras droit de Bruno Dubois au sein de l’équipe Dongfeng Race Team, engagé sur la Volvo Ocean Race 2013-2014. « Un des souvenirs les plus forts de toute ma carrière restera le démâtage du bateau et tout ce qu’il a fallu mettre en œuvre pour que l’équipe puisse repartir ensuite. »
Marine Derrien revient ensuite en France, directrice des opérations événementielles pour OC Sport Pen Duick, oeuvrant sur des courses comme la Solitaire du Figaro ou la Route du Rhum : « Le retour a été rude ; à l’étranger, je n’avais jamais ressenti que le fait d’être une femme puisse être une entrave, on me choisissait pour ce que je savais faire, en France, c’était différent. » Elle prend un nouveau virage en 2020, choisissant de réintégrer des équipes professionnelles.
D’abord au sein de TR Racing, la structure de Thomas Ruyant, sur le Vendée Globe 2020, ensuite, depuis mai 2021, en tant que team manager de Holcim PRB, l’équipe de Kevin Escoffier, actuellement en tête de The Ocean Race. Là encore, elle a dû s’imposer : « Au départ, il a fallu assoir mon autorité au sein de l’équipe et autour, bien faire comprendre que c’était moi le chef. » Avant d’ajouter : « Je pense que j’apporte de la rondeur, j’aime mener une équipe dans la bienveillance. »
Marine Derrien estime pour finir que si la féminisation a progressé dans l’univers de la voile de compétition, « il faut des femmes à des postes à grosses responsabilités ! »
Navigantes est animé par Hélène Cougoule et produit par Tip & Shaft.
Diffusé le 15 mars 2023.
Post production : Grégoire Levillain
Générique : All the summer girls
Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Surtout ne pas se fier aux apparences : derrière son petit gabarit, Alexia Barrier cache une détermination et une passion pour la voile qui vous emportent facilement. Pourtant au début, son truc, c’est le basket, et son rêve, la WNBA, la ligue nord-américaine. N’ayant pas le physique de l’emploi, elle doit y renoncer, "une énorme déception", pour celle qui reste alors persuadée que son avenir, "c’est le sport de haut niveau ou rien".
Et c’est en regardant le Vendée Globe à la télé, que la voile entre dans sa vie. "De ce jour, je n’ai plus rien lâché", confie Alexia qui, dans le sud de la France, saisit dès lors chaque opportunité de naviguer. Et si elle ne suit pas le parcours classique d’une apprentie navigatrice, elle ajoute : "Je trace ma route et je pense être sur le bon chemin, même si peut-être ce n’est pas le plus court."
Une route qui va lui faire croiser celle de grands noms, dont Florence Arthaud, une véritable inspiration, "une femme libre sans compromis", ou la légende de la Coupe de l’America, Dennis Conner. Et puis à force d’abnégation et de démarches, elle parvient en novembre 2020 à réaliser son rêve en prenant le départ de son premier Vendée Globe, qu’elle termine après 111 jours de mer.
Sans sponsor pour le suivant, la Niçoise décide de lancer The Famous Project, projet de Trophée Jules Verne avec un équipage 100% féminin, et de marcher ainsi sur les traces de la mythique Tracy Edwards, qui avait tenté pareil défi en 1998. "Il y a eu tellement peu d’opportunité pour les femmes auparavant que pour moi, il était inenvisageable que je laisse une place à un garçon sur le bateau ; ça suffit !"
Navigantes est animé par Hélène Cougoule et produit par Tip & Shaft.
Diffusé le 1 mars 2023.
Post production : Grégoire Levillain
Générique : All the summer girls
Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
C’était chanteuse comme Lorie ou navigatrice comme Ellen Mac Arthur ! Voilà l’avenir que s’était imaginé, toute petite, Elodie Bonafous au milieu des posters de ses idoles sur les murs de sa chambre. Pour ce qui est de la voile, elle a mordu dedans dès son plus jeune âge : “Quand le vent était fort, mon père se disait qu’il n’allait pas m’emmener naviguer, mais moi, j’allais chercher mes bottes et mon ciré et je me cachais dans la coffre de sa voiture.”
Au lycée à Brest, elle combine études et 420 sans cependant “trouver une équipière qui ait la même motivation”, ce qui la pousse à se tourner vers l’équipage. J80, match-race, elle fédère autour d’elle des équipages entièrement féminins et devient championne du monde universitaire. Elle décroche son Master 2 Activité physique adaptée et santé et commence à travailler dans un Ehpad. Mais l’appel de la mer, et plus particulièrement du Figaro reprend le dessus : “Je suivais à fond la Solitaire du Figaro en 2019, je me suis dit que ma place était sur l’eau et j’ai quitté mon travail.”
Ça tombe bien, puisqu’au même moment, la filière de formation Bretagne-Crédit Mutuel de Bretagne, qui a vu éclore les Cammas, Le Cléac’h, Gabart et autres, crée une voie spécifique pour les femmes. Elodie Bonafous met tous les moyens de son côté pour se préparer et remporte la sélection, devenant la première skipper Bretagne-CMB Océane. Première Solitaire en 2020 à 24 ans (25e), deuxième l’année suivante, avec une 12e place à la clé, ce qui lui permet d’attirer l’attention du groupe Quéguiner qui la choisit pour succéder à Tanguy Le Turquais. “Mon sponsor ne m’a pas choisie parce que j’étais une femme, mais plutôt parce que j’avais prouvé ma volonté et mes capacités sur l’eau.”
Et il ne le regrette pas, puisque sur la Solitaire 2022, la navigatrice de la baie de Morlaix devient la deuxième femme de l’histoire - et première Française - à monter sur un podium d’étape. Elle reçoit aussi le prix de la combativité, ce qui sied plutôt bien à celle qui se définit comme “une guerrière” quand elle est sur l’eau. Si elle se pose des questions sur le bien fondé des quotas qui, sur certaines courses, imposent des femmes à bord, Elodie Bonafous reconnaît que “ça permet d’ouvrir des portes, ça m’en a ouvert une incroyable avec la filière Océane”.
A 27 ans, elle entame sa quatrième saison en Figaro avec des objectifs précis : finir dans le top 5 des grandes compétitions de l'année, la Transat Paprec en double mixte, qu’elle courra avec Martin Le Pape, et la Solitaire du Figaro. Avec, plus loin, dans un coin de la tête le Vendée Globe 2028. Histoire de marcher sur les traces de celle dont le poster ornait les murs de sa chambre d’enfant…
Navigantes est animé par Hélène Cougoule et produit par Tip & Shaft.
Diffusé le 15 février 2023.
Post production : Grégoire Levillain
Générique : All the summer girls
Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
A 42 ans, Marie Riou a un palmarès et une expérience à en faire pâlir plus d’un. Deux participations aux Jeux olympiques, quatre titres de championne du monde de Nacra 17 avec Billy Besson et une victoire sur la Volvo Ocean Race avec Dongfeng Race Team aux côtés de Charles Caudrelier en 2017-2018. Ce qui lui a valu le titre prestigieux, et rare pour une Française, de meilleure navigatrice du monde en 2018, partagée avec la Néerlandaise Caroljin Brouwer, également de l’aventure. “Une incroyable reconnaissance”, confie celle qui a bénéficié des quotas de femmes à bord imposés par l’organisateur pour participer à la course autour du monde. Ce qui lui fait dire : “Ça m’a permis de faire des choses extraordinaires, mais en réalité, ça ne devrait pas exister ! Ça devrait être naturel d’avoir des femmes à bord.”.
Dans la foulée de la Volvo, Marie Riou est devenue la première femme à avoir un poste clé en SailGP, recrutée dès la première saison, en 2019, comme régleuse de vol du F50 français, et ce bien avant que les navigatrices ne deviennent “obligatoires” sur le circuit. Elle en garde un souvenir fort, sans pour autant s’être sentie comme un “ovni” dans un univers jusqu’alors masculin : “C’est vrai que j’étais la seule femme, mais on se connaissait tous, car on s’était tous plus ou moins croisés sur les compétitions de voile olympique ; homme ou femme sur ces postes clés de pilote, de régleur d’aile ou de vol, c’est la même chose. C’est bien aujourd’hui que les femmes soient à bord, ça va dans le bon sens ”.
En 2021, Amélie Grassi fait appel à la Brestoise pour sa première Transat Jacques Vabre en Class40, exercice auquel elle a pris goût, au point qu'elle se verrait bien remettre ça, mais en Imoca… Avis aux amateurs ! En septembre dernier, elle est devenue maman d’une petite fille et reconnaît que “la question de la maternité est un sujet pour les femmes actives en général et pour les sportives de haut niveau en particulier”. Si elle prend le temps de pouponner, Marie Riou est déjà investie dans The Famous Project d’Alexia Barrier, dont l'objectif est le Trophée Jules Verne en 2025 avec un équipage 100% féminin. Ce qui l’amène à se poser quelques questions : “Je me demande comment ça va être quand je vais laisser ma petite trois semaines, mais ce qui est sûr, c’est que j’ai vraiment envie de naviguer, j’ai encore plein d’envies.”
Navigantes est animé par Hélène Cougoule et produit par Tip & Shaft.
Diffusé le 1er février 2023.
Post production : Grégoire Levillain
Générique : All the summer girls
Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
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