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Or


A tout juste 30 ans, Hélène Noesmoen peut se targuer d’avoir un palmarès déjà long comme le bras, au point d’être considérée comme une grande chance de médaille et même de titre pour les prochains Jeux olympiques de Paris 2024. « Je n’aime pas trop me présenter avec des lignes de résultats, je préfère parler d’histoires humaines, qui me ressemblent », commente pourtant celle qui, enfant, s’est, passionnée pour le Vendée Globe, dont elle ne ratait ni les départs ni les arrivées chez elle, aux Sables d’Olonne. « Du premier au dernier on allait tous les voir, sur nos vélos le long du chenal. Quand on est Sablais, le Vendée Globe, c’est quelque chose. »
Emerveillée par ces aventuriers qui s’élancent à l’assaut du tour du monde, elle l’est particulièrement par les navigatrices : « Je me souviens de l’arrivée d’Ellen MacArthur et de celle, de nuit, de nuit, de Sam Davies, j’étais fascinée et évidemment, ça m’a inspirée. » Mais son histoire avec la navigation va débuter sur la planche à voile familiale, initiée par un papa champion du monde et d’Europe qui avait « fabriqué pour moi un petit gréement tout léger avec une canne à pêche ».
La jeune Hélène Noesmoen mord à l’hameçon pour se lancer en sport/études. « On s’entraînait avec les garçons, c’était motivant parce qu’on essayait toujours de les dépasser, j’ai toujours aimé m’entraîner avec les hommes, ils nous tirent vers le haut. » Viennent ensuite des études d’ingénieur en parallèle de ses entrainements au pôle de Brest et les premiers titres - championne du monde et d’Europe junior, victoire en Coupe du monde – sur le désormais ancien support olympique, la RS:X.
Non retenue pour les Jeux de Tokyo, elle anticipe le passage à l’iQFoil, planche à foil retenue pour les Jeux de Paris, plus adaptée à ses qualités physiques. La preuve : très vite, la Sablaise rafle tout, ou presque : triple championne d’Europe de 2020 à 2022, championne du monde en 2021, elle devient la référence mondiale de la discipline.
Parallèlement, elle est une des premières femmes à monter sur le F50 de l’équipe de France de SailGP, dans le cadre du programme ouvrant l’accès de ce circuit à des navigatrices. « C’est vraiment bien, ça permet aux femmes d’avoir des opportunités, même si on aimerait avoir des rôles encore plus importants à bord », commente-t-elle en souriant. C’est l’hiver, entre sa préparation physique et ses navigations en vue du rendez-vous crucial de 2023, le test-event cet été à Marseille, Hélène Noesmoen a pris le temps de revenir sur son parcours et son quotidien pour ce 8e épisode de Navigantes.
Navigantes est animé par Hélène Cougoule et produit par Tip & Shaft.
Diffusé le 18 janvier 2023.
Post production : Grégoire Levillain
Générique : All the summer girls
Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
En cette première semaine de 2023, TIP & SHAFT vous propose d’écouter ou de ré-écouter le 2e épisode de NAVIGANTES le plus suivis en 2022. Votre podcast revient dans son format habituel le 18 janvier. D’ici là, toute l’équipe de Tip & Shaft vous souhaite une très bonne année 2023.
Rien ne la prédestinait à devenir la championne qu’elle est. Ses parents ne sont pas franchement des « voileux » et ce n’est qu’au hasard d’un manque de bateaux dans le club où elle se rend petite, qu’elle doit sa rencontre avec la planche à voile.
Très vite, Cédric Leroy, qui deviendra son entraîneur, et Maxime Frouin, du centre régional à La Rochelle, vont la prendre sous leurs ailes. Elle sera la petite sœur, celle qu’ils vont emmener naviguer partout ; peu importe qu’elle soit plus jeune et femme, elle fera comme eux.
Et ce qui frappe chez elle c’est d’ailleurs cet esprit ultra déterminé autant que son corps d’athlète, presque frêle, dont on ne soupçonne pas la force dont il est capable. Elle ira loin. Au sommet.
Après son titre olympique de Rio, elle devient maman et sans doute une des premières dans le milieu de la voile à vouloir mener de front une carrière d’athlète de haut niveau et sa vie de mère de famille.
Sa médaille d’argent à Tokyo, 4 ans plus tard, force le respect et inspire : oui ces deux vies faites de voyages, d'entraînements, de séparations, de retrouvailles et d’intenses émotions, sont compatibles.
A 37 ans, Charline Picon nous raconte son quotidien à 100 à l’heure. La première année de sa fille emmenée sur les parkings des championnats, son compagnon toujours présent pour assumer les absences, pierre indispensable à l’édifice de sa réussite. Son centre de Kiné pensé et monté avec son homme, aussi… Les valeurs qu’elle veut transmettre à sa fille, Lou, en lui montrant l’exemple : non, même quand on est femme, il ne faut pas se donner de limites.
Et comme elle est encore animée par le feu sacré de la compétition, elle les repousse, les limites, en repartant de zéro sur un nouveau support olympique : le 49er FX.
Et pourquoi pas aller représenter la France aux Jeux de Paris ?
Navigantes est animé par Hélène Cougoule et produit par Tip & Shaft.
Première diffusion le 20 septembre 2022
Rediffusé le 4 janvier 2023
Post production : Grégoire Levillain
Générique : All the summer girls
Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
En cette fin d’année TIP & SHAFT vous propose d’écouter ou de ré-écouter les 2 épisodes de NAVIGANTES les plus suivis en 2022. Votre podcast revient dans son format habituel le 18 janvier, toute l’équipe de Tip & Shaft vous souhaite, avec quelques jours d’avance, une très bonne année 2023.
Si la voile est un atavisme familial chez Samantha Davies, elle se voyait plutôt imaginer ou construire les bateaux, pas franchement naviguer dessus : « Je ne me sentais pas capable ».
Et puis un jour Tracy Edwards monte un équipage pour aller défier le chrono autour du monde ; exclusivement des femmes. L’emblématique skippeuse britannique, la seule, alors, à avoir mené un bateau entièrement féminin dans la Whitbread, envisage de faire ce Trophée Jules Verne sur l’ancien Enza de Peter Blake. Samantha Davies répond à l’appel : comment passer à côté de son héroïne et de ce bateau mythique ? « J’étais la moins expérimentée, j’y allais avec des étoiles dans les yeux, cette skippeuse, sur ce bateau… Il y avait peu de navigatrices et finalement ça a été une chance pour moi, j’ai été prise ».
Ça lui a donné SA chance ; nous sommes en 1998. De cette expérience Sam Davies apprend la peur en mer, la navigation autour du monde, la déception d’une avarie qui fiche tout en l’air, la joie d’avoir été sur les temps du record d’Olivier de Kersauson qui fera taire ceux qui les prenaient pour des folles, s’inspire de Tracy Edwards en meneuse de troupe… Elle sera navigatrice.
Dix ans après, premier Vendée Globe, elles sont deux femmes sur la ligne de départ « ça ne m’a jamais fait me poser de questions, je me sens à ma place, c’est quand on me le fait remarquer que je me dis : ah oui peut-être que ce n’est pas tout à fait normal qu’il y ait si peu de filles »… elle terminera 4e, meilleure performance d’une femme après Ellen Mac Arthur, 2e en 2000.
Elle nous raconte cette période plus difficile, où elle perd son sponsor après ce Vendée qui s’avèrera être un moment heureux : elle tombe enceinte « C’était finalement le meilleur moment. Après… il faut gérer aussi car il y a un moment où ton ventre ne rentre plus dans ta salopette de nav’ ».
Elle répond simplement « non » à la question : as-tu changé ta façon de naviguer une fois devenue maman ? « Je ne suis pas quelqu’un qui prend des risques ». Elle nous raconte la force et l’importance de son entourage pour mener une telle carrière et gérer le quotidien. Comment elle implique son fils dans sa vie de skippeuse.
A 48 ans, Samantha est même « la maman » au sein de la classe imoca pour les femmes « j’ai créé un groupe whatsapp pour qu’on échange entre filles ». Elle ne sait que dire des quotas mais se pose la question d’un trophée de la meilleure femme dans des courses comme la Solitaire du Figaro ou le Vendée Globe - tellement dures physiquement.
Elle témoigne d’autre chose, aussi : la grande solidarité féminine qui existe dans la course au large et les avancées que ce sport est en train de réaliser pour plus d’équité.
Navigantes est animé par Hélène Cougoule et produit par Tip & Shaft.
Première diffusion le 5 octobre 2022
Rediffusé le 28 décembre 2022
Post production : Grégoire Levillain
Générique : All the summer girls
Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
A 19 ans, elle voulait goûter l’immensité du Sahara, c’est finalement celle de l’océan qu’elle va découvrir avec Florence Arthaud. Elle n’y connaissait rien, elle apprendra tant aux côtés de celle qui allait devenir la première femme à remporter la Route du Rhum, en 1990.
La voile va aussi la remettre sur le chemin des études, « parce que mes parents n’étaient pas tellement d’accord avec mes envies d’aventures » - et sur celui de l’olympisme aussi. Elle préparera les Jeux de Séoul mais ne sera pas sélectionnée, pas grave elle va faire autre chose de cette « non sélection ». Thierry Peponnet futur champion olympique en 470 va venir la chercher pour l’aider à gérer son projet : il fera tout sur l’eau, elle fera tout à terre. Elle précise: « Mais je lui ai dit : que les choses soient bien claires, je ne suis pas là pour être ta secrétaire ! »
Anne Combier allait inventer le concept de team manager dans la voile. En parallèle de sa carrière sportive - elle sera championne du monde de J22 à La Rochelle avec Christine Briand et son équipage en 1994 - Anne se met à porter le projet des autres et va nouer des amitiés pour la vie.
Elle sera aux côtés de Catherine Chabaud pour son premier Vendée Globe, un tour du monde que la navigatrice sera la première femme à boucler : « J’ai vécu le tour du monde de Catherine à terre pendant 140 jours non stop, c’est quasiment 5 mois. A l’époque ça n’avait rien à voir, il fallait savoir tout faire quand on était team manager, aujourd’hui il y a des équipes techniques, des boat captains, avant ce n’était pas le cas. »
On viendra la chercher, souvent : « J’ai un principe je laisse les gens venir me chercher comme ça je suis sûre qu’ils veulent vraiment travailler avec moi ». C’est elle, ainsi, qui porte le projet de Yannick Bestaven depuis plusieurs années, elle qui a vécu avec sa casquette de team manager l’incroyable victoire dans le Vendée Globe 2020-21.
Quand on lui parle de la place des femmes dans la voile la réponse fuse : « J’ai toujours pensé qu’elles avaient entièrement leur place, que ce soit en mer ou dans les équipes à terre. De part mon caractère je ne me suis jamais posée la question de savoir si c’était un souci d’être une femme ».
Mais elle se réjouit de constater qu’elles sont de plus en plus nombreuses même si « devoir parler ou imposer la parité n’est pas “normal” mais c’est nécessaire » ; heureuse aussi de constater que dans la classe Imoca on comptait 20 team managers femmes sur 38 bateaux au départ de la dernière Route du Rhum. Elle nous explique aussi ce qu’elles peuvent apporter de différents au sein d’une équipe.
A la solidarité féminine, elle préfère la solidarité des gens de mer : « La voile c’est une histoire de solidarité ». Si à son poste il faut avoir l’œil sur tout telle une « tour de contrôle » c’est l’écoute qui est importante et elle sait faire. Logiquement, on a adoré l’écouter.
Anne Combier, femme pilier de la voile tricolore, est l’invitée du dernier épisode de l’année 2022 de Navigantes, et comme cadeau de Noël, elle nous livre même une petite info concernant la prochaine Transat Jacques Vabre.
Navigantes est animé par Hélène Cougoule et produit par Tip & Shaft.
Diffusé le 14 décembre 2022
Post production : Grégoire Levillain
Générique : All the summer girls
Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Un récent sondage indique que 61% des femmes athlètes de haut niveau estiment qu’il est difficile de continuer leur carrière sportive après être devenues mères… "Je pense qu’elles se mettent des freins avant même d’être enceintes, à cause de la logistique notamment", commente à ce propos l'invitée de ce 6e épisode de Navigantes, qui, elle, a décidé de concilier les deux.
A 37 ans, Camille Lecointre dispose d'un des plus beaux palmarès de la voile olympique française : double médaillée de bronze de 470 aux Jeux de Rio avec Hélène Defrance puis de Tokyo en 470 avec Aloïse Retornaz, championne du monde, triple championne d’Europe, 4e des Jeux de Londres avec Mathilde Géron. Elle est aussi maman de deux enfants, nés entre deux échéances olympiques.
Après la naissance de sa fille au printemps 2022, la Normande d'origine a réussi l'exploit de décrocher une médaille de bronze pour sa première grande compétition internationale au championnat du monde disputé en octobre en Israël avec son nouvel équipier, Jérémie Mion. Il lui aura fallu moins de six mois pour redevenir l'athlète et la compétitrice qu'elle était avant son arrêt et pour construire une nouvelle paire mixte - le 470 est passé à ce format après les JO de Tokyo. "Pendant ma grossesse, on a essayé de perdre le moins de temps possible, on a beaucoup travaillé à distance en prépa mentale pour apprendre à bien se connaître ; et tant que mon ventre me permettait de me pencher, j’ai bricolé sur le bateau !", sourit-elle.
Pour mettre toutes les chances de son côté, la double médaillée olympique a quitté Brest pour s’installer à Marseille avec toute sa famille. "C’est le meilleur compromis, pour la logistique et pour partager mon temps ; le matin, je dépose les enfants à l’école ou la crèche et je pars m’entraîner, et à 16h, je peux aller les chercher. Je passe peut-être un tout petit peu moins de temps sur l’eau, mais je m’entraîne mieux." Elle reconnaît cependant que "c’est très chronophage d’organiser les déplacements, c’est un peu de la débrouille, heureusement, on a les grands-parents, mais c’est quand même un sujet !" Toujours est-il que la championne a trouvé un équilibre parce qu’elle a la flamme, encore… ce rêve de décrocher sa qualification pour ses 4e Jeux, avec l’ambition d’aller chercher l’or sur le plan d’eau marseillais qui accueillera les épreuves de voile des JO de Paris 2024.
Navigantes est animé par Hélène Cougoule et produit par Tip & Shaft.
Diffusé le 30 novembre 2022
Post production : Grégoire Levillain
Générique : All the summer girls
Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Justine Mettraux est une femme engagée. D’abord engagée dans ses projets et dans la recherche de la performance. Sa progression parle pour elle : première femme sur la deuxième marche du podium de la Mini Transat (2013), elle enchaîne quatre participations à la Solitaire du Figaro, avec une 7e place à la clé en 2017, deux à la Volvo Ocean Race, des courses en Class40 et Imoca, et prendra le départ du prochain Vendée Globe pour la première fois.
Engagée, la skipper de Teamwork l’est aussi en faveur de la mixité et de la cause des femmes de la course au large. Elle fait partie des premières à avoir porté en France le Magenta Project, association anglo-saxonne qui a pour but d’aider les navigatrices à faire leur place dans le monde de la voile. Elle a été mentor de jeunes navigatrices espagnoles et italiennes dans ce large réseau mondial qui se met en place. « La sororité, c’est primordial », estime-t-elle.
A 36 ans, Justine Mettraux, polyvalente et très talentueuse, a longtemps été l’équipière idéale, celle qu’on allait chercher – et c’est encore le cas puisqu’elle fera partie de l’équipage américain 11th Hour Racing Team sur la prochaine Ocean Race -, mais aujourd’hui, elle entame un parcours sur SON Imoca, Teamwork, l’ancien Charal 1 de Jérémie Beyou. « Ça arrive peut-être un peu tard dans ma carrière, mais je suis riche de toutes les expériences passées », analyse la Suissesse dans cet épisode enregistré moins d’une semaine avant le départ de sa première Route du Rhum en Imoca.
Malgré la fatigue et un emploi du temps hyper chargé, elle a pris le temps de raconter son cheminement vers l’excellence, mais également de parler de sa famille, notamment de ses quatre frères et sœurs tous marins professionnels aujourd’hui. « On n’était pas du tout destinés à la voile… et puis on a déménagé près du lac et mon père a acheté un bateau… ». Voilà comment Justine Mettraux est devenue navigante…
Navigantes est animé par Hélène Cougoule et produit par Tip & Shaft.
Diffusé le 16 novembre 2022
Post production : Grégoire Levillain
Générique : All the summer girls
Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Notre invitée va vite. A seulement 21 ans, Violette Dorange a déjà traversé la Manche et Gibraltar en Optimist, connu les honneurs des podiums internationaux en 420, participé à la Mini-Transat et deux fois à la Solitaire du Figaro. Bref, elle ne traîne pas.
Quand on l’a rencontrée, elle venait de lâcher son Figaro 3 et partait à la fac à Rennes où elle suit des cours à l’Insa. En chemin, elle s’est arrêtée pour nous parler et se raconter à notre micro, ça tombait plutôt bien. Si elle rend son Figaro c’est qu’elle rêve maintenant de Vendée Globe. C’est l’objectif. En 2024 elle n’aura que 23 ans et serait alors la plus jeune femme à disputer ce tour du monde mythique.
Sur son site elle écrit : « Il faut une bonne dose de volonté pour se lancer dans un projet voile lorsqu’on est une femme », forcément on a eu envie d’en savoir plus et de décortiquer avec elle cette fameuse volonté ; elle adore battre les garçons et se réjouit quand sa concurrente Elodie Bonafous devient la première française sur le podium d’une étape de la Solitaire !
On a aussi évoqué ses femmes modèles et la force des réseaux sociaux aujourd’hui, outil incontournable de la jeune génération pour se faire connaitre : « Moi, je suis née avec YouTube ». Elle a même sa propre chaîne - « Je passe des jours à monter mes propres vidéos ; j’adore partager ce que je fais sur l’eau, je me crée aussi des souvenirs. »
Et là, on se dit que sans doute on n’a pas fini d’entendre parler de cette jeune navigatrice à la tête bien faite et bien pleine et que des souvenirs il risque d’y en avoir beaucoup à venir.
Navigantes est animé par Hélène Cougoule et produit par Tip & Shaft.
Diffusé le 2 novembre 2022
Post production : Grégoire Levillain
Générique : All the summer girls
Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
On avait profité du Grand Prix de SailGP de Saint-Tropez, en septembre dernier, pour lui donner rendez-vous, au milieu de la zone technique, entre les groupes électrogènes et les ailes des F50. Elle venait de faire une pointe à 99,94 km/h la veille en régate avec Quentin Delapierre et son équipage. Un nouveau record de vitesse, sur un des circuits les plus relevés de la planète, qui lui a collé un sourire indélébile sur le visage - « quel kiff » !
Pour cette saison 3 de SailGP, le barreur Quentin Delapierre a voulu sa garde rapprochée autour de lui et s’il a appelé Kevin Peponnet pour régler l’aile, c’était aussi une évidence de recruter son équipière en Nacra 17 : Manon Audinet.
Ensemble ils ont décroché le titre de vice-champion d’Europe en 2020, la huitième place aux JO de Tokyo. Et Manon Audinet a embarqué dans l’aventure SailGP, une compétition où, depuis l’an dernier, l’organisation a imposé la place d’une femme à bord : « C’est sûr que sans le quota nous n’aurions pas été là ».
A 30 ans, la Rochelaise vit pleinement son rôle de tacticienne parfois même wincheuse à bord du bateau français. Elle « s’éclate » et nous explique combien le rôle des femmes à bord du F50 a considérablement évolué, et comment elle imagine l’avenir. Elle revient sur ses années avec Fabrice Denis, cet entraîneur de l’Ecole de voile rochelaise qui l’a formée pour aller au plus haut : « Je veux le remercier parce qu’il s’occupe toujours des jeunes et les pousse sans faire de distinction entre les filles et les garçons. »
Elle nous parle du soutien de ses parents et « trouve ça génial de pouvoir vivre une vie qui ne rentre pas forcément dans les cases et de pouvoir la vivre à fond », reconnaît qu’au début, oui, il faut montrer qu’on a beau être une fille, « on est là et on en veut, même encore plus que les garçons parfois ». Manon revient sur ces années d’équipière avec Moana Vaireaux alors qu’ils étaient en préparation olympique pour Rio avec le duo magique Billy Besson-Marie Riou - quadruples champions du monde -, parle de son binôme avec Quentin Delapierre, de l’arrêt de la préparation olympique, de ce syndrome de l’imposteur qui, parfois, refait surface…
Une vie faite de régates aux quatre coins du monde qu’elle partage avec un marin lui aussi. Elle se dit tous les jours : « Regarde la chance que tu as de faire ce que tu fais. Les émotions que le sport procure aux autres aussi ça me stimule vraiment fort ».
Manon Audinet est l’invité de ce nouvel épisode de Navigantes
Navigantes est animé par Hélène Cougoule et produit par Tip & Shaft.
Post production : Grégoire Levillain
Générique : All the summer girls
Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Si la voile est un atavisme familial chez Samantha Davies, elle se voyait plutôt imaginer ou construire les bateaux, pas franchement naviguer dessus : « Je ne me sentais pas capable ».
Et puis un jour Tracy Edwards monte un équipage pour aller défier le chrono autour du monde ; exclusivement des femmes. L’emblématique skippeuse britannique, la seule, alors, à avoir mené un bateau entièrement féminin dans la Whitbread, envisage de faire ce Trophée Jules Verne sur l’ancien Enza de Peter Blake. Samantha Davies répond à l’appel : comment passer à côté de son héroïne et de ce bateau mythique ? « J’étais la moins expérimentée, j’y allais avec des étoiles dans les yeux, cette skippeuse, sur ce bateau… Il y avait peu de navigatrices et finalement ça a été une chance pour moi, j’ai été prise ».
Ça lui a donné SA chance ; nous sommes en 1998. De cette expérience Sam Davies apprend la peur en mer, la navigation autour du monde, la déception d’une avarie qui fiche tout en l’air, la joie d’avoir été sur les temps du record d’Olivier de Kersauson qui fera taire ceux qui les prenaient pour des folles, s’inspire de Tracy Edwards en meneuse de troupe… Elle sera navigatrice.
Dix ans après, premier Vendée Globe, elles sont deux femmes sur la ligne de départ « ça ne m’a jamais fait me poser de questions, je me sens à ma place, c’est quand on me le fait remarquer que je me dis : ah oui peut-être que ce n’est pas tout à fait normal qu’il y ait si peu de filles »… elle terminera 4e, meilleure performance d’une femme après Ellen Mac Arthur, 2e en 2000.
Elle nous raconte cette période plus difficile, où elle perd son sponsor après ce Vendée qui s’avèrera être un moment heureux : elle tombe enceinte « C’était finalement le meilleur moment. Après… il faut gérer aussi car il y a un moment où ton ventre ne rentre plus dans ta salopette de nav’ ».
Elle répond simplement « non » à la question : as-tu changé ta façon de naviguer une fois devenue maman ? « Je ne suis pas quelqu’un qui prend des risques ». Elle nous raconte la force et l’importance de son entourage pour mener une telle carrière et gérer le quotidien. Comment elle implique son fils dans sa vie de skippeuse.
A 48 ans, Samantha est même « la maman » au sein de la classe imoca pour les femmes « j’ai créé un groupe whatsapp pour qu’on échange entre filles ». Elle ne sait que dire des quotas mais se pose la question d’un trophée de la meilleure femme dans des courses comme la Solitaire du Figaro ou le Vendée Globe - tellement dures physiquement.
Elle témoigne d’autre chose, aussi : la grande solidarité féminine qui existe dans la course au large et les avancées que ce sport est en train de réaliser pour plus d’équité.
Navigantes est animé par Hélène Cougoule et produit par Tip & Shaft.
Post production : Grégoire Levillain
Générique : All the summer girls
Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Rien ne la prédestinait à devenir la championne qu’elle est. Ses parents ne sont pas franchement des « voileux » et ce n’est qu’au hasard d’un manque de bateaux dans le club où elle se rend petite, qu’elle doit sa rencontre avec la planche à voile.
Très vite, Cédric Leroy, qui deviendra son entraîneur, et Maxime Frouin, du centre régional à La Rochelle, vont la prendre sous leurs ailes. Elle sera la petite sœur, celle qu’ils vont emmener naviguer partout ; peu importe qu’elle soit plus jeune et femme, elle fera comme eux.
Et ce qui frappe chez elle c’est d’ailleurs cet esprit ultra déterminé autant que son corps d’athlète, presque frêle, dont on ne soupçonne pas la force dont il est capable. Elle ira loin. Au sommet.
Après son titre olympique de Rio, elle devient maman et sans doute une des premières dans le milieu de la voile à vouloir mener de front une carrière d’athlète de haut niveau et sa vie de mère de famille.
Sa médaille d’argent à Tokyo, 4 ans plus tard, force le respect et inspire : oui ces deux vies faites de voyages, d'entraînements, de séparations, de retrouvailles et d’intenses émotions, sont compatibles.
A 37 ans, Charline Picon nous raconte son quotidien à 100 à l’heure. La première année de sa fille emmenée sur les parkings des championnats, son compagnon toujours présent pour assumer les absences, pierre indispensable à l’édifice de sa réussite. Son centre de Kiné pensé et monté avec son homme, aussi… Les valeurs qu’elle veut transmettre à sa fille, Lou, en lui montrant l’exemple : non, même quand on est femme, il ne faut pas se donner de limites.
Et comme elle est encore animée par le feu sacré de la compétition, elle les repousse, les limites, en repartant de zéro sur un nouveau support olympique : le 49er FX.
Et pourquoi pas aller représenter la France aux Jeux de Paris ?
Navigantes est animé par Hélène Cougoule et produit par Tip & Shaft.
Post production : Grégoire Levillain
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