Alors que la guerre à Gaza fait rage et que le nombre de morts, principalement des femmes et des enfants, augmente d'heure en heure, il est « absolument essentiel » de garantir l'obligation de rendre des comptes pour éviter que les griefs ne s'enveniment, selon le plus haut responsable des droits de l'homme de l'ONU, Volker Türk.
La Haut-commissaire a signalé sa préoccupation face à l’utilisation de langage déshumanisant et dénigrant, tant par les militaires et politiques en Israël, que par le Hamas.
« Avec cette punition collective autour de Gaza, quand on voit que 70 % de ceux qui ont été tués ou Gaza sont des enfants et des femmes. Oui, ça nous préoccupe énormément. Il y a vraiment un risque de crimes d'atrocités et il faut alerter le monde entier », affirme Volker Türk.
Haïti, Soudan, Syrie, Ukraine sont autant de théâtres de conflits évoqués par le Haut-Commissaire aux droits de l'homme dans cet entretien avec ONU Info, où il souligne que l’obligation de rendre des comptes est essentielle et constitue un « chaînon manquant » fondamental dans la plupart des conflits à travers le monde, ce qui ne fait que perpétuer les cycles de violence.
Volker Türk rappelle que la Déclaration universelle des droits de l'homme est née dans un contexte d’événements cataclysmiques - deux guerres mondiales et l'Holocauste, des violations graves des droits de l'homme, la menace nucléaire - et a été élaborée pour transformer les sociétés et pour nous donner l'aspiration d'une justice, de la paix et de l'égalité dans les sociétés. « On a eu des succès énormes » affirme le défenseur des droits humains évoquant notamment les droits des femmes et des enfants, tout en regrettant la lenteur mais en gardant espoir.
(Interview : Volker Türk, Haut-commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme ; propos recueillis par Cristina Silveiro)