Regards Philo

Regards Philo

By Open Mind GalaxySociety & Culture
Download on the App Store

Regards Philo episodes

  • CHP06 - 08. Spinoza l’épicurien

    1. Introduction

    Dans cet épisode, Michel Onfray amorce un cycle de conférences consacré à Baruch Spinoza. Il s’attache ici à mettre en perspective la vie du philosophe et à démontrer en quoi elle relève d’un mode de vie épicurien. Onfray souligne les défis de la vulgarisation de la pensée complexe de Spinoza et la nécessité d’expliquer son œuvre sans en trahir la rigueur.

    2. Spinoza : une vie philosophique

    Un philosophe en rupture avec sa communauté

    Spinoza est issu d’une famille juive portugaise installée à Amsterdam. Très tôt, il remet en question les dogmes religieux, ce qui lui vaut une excommunication violente de la part de la communauté juive. Cette rupture lui permet de s’engager pleinement dans une vie philosophique autonome, affranchie des cadres religieux et institutionnels.

    Une existence simple et détachée des honneurs

    Refusant les privilèges et la reconnaissance officielle, Spinoza mène une vie modeste en exerçant le métier de polisseur de lentilles. Cette activité artisanale lui permet de subsister tout en préservant son indépendance intellectuelle. Il décline plusieurs propositions prestigieuses, dont une chaire universitaire, afin de conserver sa liberté de pensée.

    3. Une pensée influencée par Épicure

    Une vision matérialiste et immanente du monde

    Spinoza rejette toute transcendance et toute séparation entre Dieu et la nature. Dans une logique proche de celle d’Épicure et de Lucrèce, il conçoit l’univers comme un tout régi par des lois naturelles immuables, où Dieu n’est pas une entité extérieure mais l’ensemble des forces qui composent le réel.

    L’éthique spinoziste : un art de vivre joyeux

    À l’instar des épicuriens, Spinoza fait de la quête du bonheur le but ultime de l’existence. Il ne prône pas un hédonisme débridé, mais une approche raisonnée du plaisir fondée sur la connaissance des affects et la maîtrise des passions. La "béatitude" spinoziste est ainsi une forme de joie durable, issue de la compréhension rationnelle du monde.

    4. Une critique radicale des dogmes religieux

    Le rejet du Dieu anthropomorphique

    Spinoza s’oppose à la conception classique d’un Dieu personnel, juge et créateur. Il dénonce l’illusion qui consiste à prêter à Dieu des intentions humaines et démontre que les religions exploitent cette idée pour asseoir leur pouvoir sur les croyants.

    L’attaque contre l’immortalité de l’âme

    Contrairement à la tradition chrétienne et juive, Spinoza nie la séparation entre le corps et l’âme. Il défend une approche moniste, où l’esprit et la matière sont deux expressions d’une même réalité. Pour lui, l’immortalité personnelle est une illusion ; seule subsiste une certaine forme d’éternité dans la continuité des lois de la nature.

    5. Un mode de vie épicurien et ascétique

    Un détachement des plaisirs inutiles

    Comme Épicure, Spinoza adopte un mode de vie sobre et frugal. Il privilégie les plaisirs simples et évite les excès qui conduisent aux passions tristes. Sa philosophie de l’ataraxie se traduit par une quête de sérénité et une maîtrise des affects négatifs.

    Le refus des honneurs et de la richesse

    Spinoza rejette les mondanités et refuse les propositions de mécénat ou d’emploi lucratif. Il considère que la véritable liberté réside dans l’autonomie intellectuelle et la capacité à vivre selon ses principes, sans dépendre des institutions ou du jugement des autres.

    💡 Conclusion

    Michel Onfray présente Spinoza comme un philosophe épicurien moderne, dont la vie et la pensée sont en cohérence parfaite. Par son matérialisme, son éthique du bonheur et son rejet des dogmes religieux, il incarne une philosophie de la joie rationnelle et du détachement, qui reste une source d’inspiration pour la pensée contemporaine.

    📚 Philosophes mentionnés

    * Démocrite (env. 460 av. J.-C. – env. 370 av. J.-C.) — Philosophe matérialiste et atomiste.

    * Épicure (341 av. J.-C. – 270 av. J.-C.) — Fondateur de l’épicurisme.

    * Lucrèce (env. 94 av. J.-C. – env. 55 av. J.-C.) — Philosophe épicurien et poète latin.

    * Pierre Gassendi (1592 – 1655) — Philosophe épicurien et matérialiste.

    * René Descartes (1596 – 1650) — Philosophe rationaliste.

    * Thomas Hobbes (1588 – 1679) — Philosophe politique matérialiste.

    * Baruch Spinoza (1632 – 1677) — Philosophe rationaliste et panthéiste.

    * Giordano Bruno (1548 – 1600) — Philosophe panthéiste, brûlé par l’Inquisition.

    * Galilée (1564 – 1642) — Scientifique et philosophe, défenseur de l’héliocentrisme.

    * Machiavel (1469 – 1527) — Philosophe et homme politique italien.

    * Julien Offray de La Mettrie (1709 – 1751) — Philosophe matérialiste et médecin.

    * Friedrich Nietzsche (1844 – 1900) — Philosophe allemand, auteur de La Généalogie de la morale.

    Crédits : Michel Onfray et la Contre-histoire de la philosophie



    Get full access to Open Mind Galaxy at openmindgalaxy.substack.com/subscribe
    55 min
  • CHP06 - 07. Qu’est-ce qu’un libertin ?

    1. Introduction

    Dans cet épisode, Michel Onfray propose une définition du libertin baroque, en synthétisant trois années de travail sur cette figure philosophique. Il retrace les influences historiques et philosophiques qui ont nourri cette pensée et explore comment les libertins ont ouvert la voie aux Lumières.

    2. Les racines philosophiques du libertinage

    L’héritage antique : matérialisme et scepticisme

    Le libertinage baroque puise ses origines dans la philosophie antique, notamment chez les matérialistes abdéritains comme Démocrite et Leucippe, les cyniques, les sceptiques et les épicuriens. Ces courants, opposés à la pensée idéaliste et dualiste dominante, sont réactivés au XVIIe siècle pour proposer une alternative au christianisme et à l’absolutisme monarchique.

    Le christianisme épicurien : un pont entre foi et raison

    Certains penseurs de la Renaissance, tels que Lorenzo Valla, Érasme et Montaigne, démontrent qu’il est possible de concilier christianisme et épicurisme. Cette tentative de rénover la théologie prépare l’émergence des libertins baroques, qui cherchent à maintenir une distance critique entre foi et philosophie.

    3. Définition et caractéristiques du libertin baroque

    Un travail dialectique en direction des Lumières

    Onfray insiste sur le fait que les libertins ne sont pas simplement des figures hédonistes ou des sceptiques irrévérencieux. Ils effectuent un travail dialectique qui préfigure les Lumières. Leur pensée oscille entre critique du dogmatisme religieux, réhabilitation du plaisir et usage méthodique du doute.

    Un scepticisme méthodique et une raison prudente

    Les libertins baroques adoptent une méthode sceptique héritée de Pyrrhon et de Sextus Empiricus. Toutefois, contrairement à un scepticisme radical qui suspend tout jugement, leur doute est pragmatique et leur permet d’évaluer la validité des croyances et des institutions.

    Une morale immanente et matérialiste

    Le libertin baroque rejette les dogmes religieux et propose une éthique fondée sur l’immanence. La vertu ne se mesure pas à une récompense divine dans l’au-delà, mais à son impact immédiat dans le monde. Il prône une morale qui se base sur la nature et l’expérience humaine, plutôt que sur des lois transcendantales.

    4. Le libertin face au pouvoir et à la religion

    Un positionnement entre liberté et prudence

    Si les libertins contestent l’autorité religieuse et monarchique, ils doivent également composer avec la réalité politique de leur époque. Beaucoup pratiquent un double discours : publiquement, ils restent prudents, tandis que dans leurs cercles privés, ils développent des idées subversives.

    Le fidéisme comme stratégie de contournement

    Certains libertins, comme Pierre Charron ou François La Mothe Le Vayer, adoptent une posture fidéiste. Ils reconnaissent la foi tout en séparant clairement religion et philosophie, ce qui leur permet d’explorer des idées matérialistes sans subir les foudres de l’Inquisition.

    5. L’évolution du libertinage et son impact sur les Lumières

    Une pensée transhistorique

    Onfray souligne que le libertinage ne se limite pas au XVIIe siècle. Il constitue un mouvement de pensée qui traverse l’histoire, influençant directement les philosophes des Lumières. Cette continuité se retrouve notamment dans le travail de Spinoza, qui synthétise et dépasse la pensée libertine.

    Vers l’athéisme et le matérialisme radical

    Alors que les libertins baroques restent majoritairement fidéistes ou panthéistes, leur héritage intellectuel permet l’émergence d’un matérialisme athée plus affirmé au XVIIIe siècle, avec des figures comme La Mettrie, Helvétius et D’Holbach. Leur critique de la religion et leur défense de la raison annoncent la radicalité des Lumières.

    💡 Conclusion

    Michel Onfray propose une synthèse du libertinage baroque en le replaçant dans une dynamique historique. Ce mouvement philosophique, à la croisée du scepticisme, de l’épicurisme et du matérialisme, joue un rôle fondamental dans la préparation des Lumières. Il représente un jalon essentiel dans l’histoire de la pensée critique et du combat pour l’émancipation intellectuelle.

    📚 Philosophes mentionnés

    * Démocrite (env. 460 av. J.-C. – env. 370 av. J.-C.) — Philosophe atomiste et matérialiste.

    * Leucippe (5e siècle av. J.-C.) — Philosophe présocratique, cofondateur de l’atomisme.

    * Épicure (341 av. J.-C. – 270 av. J.-C.) — Fondateur de l’épicurisme.

    * Sextus Empiricus (env. 160 – env. 210) — Philosophe sceptique.

    * Lorenzo Valla (1407 – 1457) — Humaniste italien, critique de l’Église.

    * Érasme (1466 – 1536) — Humaniste et théologien chrétien.

    * Michel de Montaigne (1533 – 1592) — Philosophe humaniste et sceptique.

    * Pierre Charron (1541 – 1603) — Philosophe sceptique et précurseur de la laïcité.

    * François La Mothe Le Vayer (1588 – 1672) — Philosophe sceptique et libertin érudit.

    * René Descartes (1596 – 1650) — Philosophe rationaliste.

    * Baruch Spinoza (1632 – 1677) — Philosophe rationaliste et panthéiste.

    * Julien Offray de La Mettrie (1709 – 1751) — Philosophe matérialiste et médecin.

    * Claude Adrien Helvétius (1715 – 1771) — Philosophe des Lumières, défenseur de l’utilitarisme.

    * Paul-Henri Thiry d’Holbach (1723 – 1789) — Philosophe matérialiste et athée.

    Crédits : Michel Onfray et la Contre-histoire de la philosophie



    Get full access to Open Mind Galaxy at openmindgalaxy.substack.com/subscribe
    56 min
  • CHP06 - 06. Une pensée en archipel

    1. Introduction

    Michel Onfray poursuit son étude de la pensée libertine baroque. Cet épisode clôt l’examen philosophique de Cyrano de Bergerac et amorce une réflexion sur la pensée de Spinoza, en mettant en lumière les similitudes entre leurs visions du monde. Onfray introduit la notion de "pensée en archipel" pour illustrer la complexité et la diversité de ces courants philosophiques.

    2. Cyrano de Bergerac : un matérialisme panthéiste et ironique

    L’humour et l’ironie comme outils philosophiques

    Cyrano de Bergerac utilise la fiction et l’ironie pour développer une pensée critique sur la religion, la politique et la morale. À travers ses récits, il ne s’exprime jamais en son nom propre mais fait parler des personnages fictifs, ce qui lui permet de contourner la censure et de proposer une critique audacieuse du dogmatisme.

    Un panthéisme singulier

    Michel Onfray met en évidence le panthéisme de Cyrano, qui rappelle celui de Spinoza. Toutefois, là où Spinoza développe une démonstration géométrique rigoureuse, Cyrano choisit la plaisanterie et le détournement. Sa pensée matérialiste et sensualiste s’inscrit dans la tradition des philosophies du rire, dans le lignage de Démocrite, Épicure et Lucien de Samosate.

    3. La pensée en archipel : diversité et critique radicale

    Une critique du religieux et du politique

    Cyrano s’attaque aux croyances en Dieu, aux miracles et à la résurrection, qu’il démonte avec humour et ironie. Il pose notamment la question de la responsabilité divine : si Dieu existait, il ne pourrait reprocher aux hommes de ne pas croire en lui, car c’est lui-même qui aurait créé leur ignorance.

    Une philosophie matérialiste et moniste

    Dans la lignée de Lucrèce et Gassendi, Cyrano défend un matérialisme strict : l’âme est composée d’atomes, comme le corps, et il n’existe pas de vie après la mort sous une forme individuelle. Il rejette ainsi toute transcendance et inscrit son système dans une logique de cycles et de métamorphoses naturelles.

    4. L’héritage et la postérité de Cyrano

    Un précurseur du libertinage érudit

    Cyrano de Bergerac s’inscrit dans la tradition des libertins érudits définis par René Pintard. Son œuvre annonce des thématiques qui seront développées au XVIIIe siècle par les Lumières, notamment la critique du pouvoir religieux et la remise en cause des dogmes moraux.

    Un Spinoza français ?

    Michel Onfray souligne les similitudes entre Cyrano et Spinoza, bien que leurs méthodes diffèrent. Tous deux défendent une conception panthéiste du monde, mais Cyrano privilégie une approche fictionnelle et ironique là où Spinoza adopte une rigueur démonstrative. Onfray voit en Cyrano une version plus accessible et subversive de la pensée spinoziste.

    💡 Conclusion

    Avec cet épisode, Michel Onfray clôt son étude de Cyrano de Bergerac et de la pensée libertine baroque du XVIIe siècle. Il met en lumière une philosophie matérialiste, critique et joyeuse, qui défie les dogmes et explore le réel sous des formes variées. La "pensée en archipel" devient ainsi une métaphore pour saisir la diversité et la richesse de ces courants philosophiques.

    📚 Philosophes mentionnés

    * Démocrite (env. 460 av. J.-C. – env. 370 av. J.-C.) — Philosophe atomiste, partisan du matérialisme.

    * Épicure (341 av. J.-C. – 270 av. J.-C.) — Fondateur de l’épicurisme, philosophie du plaisir mesuré et de l’ataraxie.

    * Lucrèce (env. 94 av. J.-C. – env. 55 av. J.-C.) — Poète et philosophe épicurien, auteur du De rerum natura.

    * Lucien de Samosate (env. 125 – env. 180) — Satiriste grec, critique des dogmes philosophiques.

    * Michel de Montaigne (1533 – 1592) — Philosophe humaniste et sceptique, auteur des Essais.

    * Pierre Gassendi (1592 – 1655) — Philosophe épicurien et matérialiste.

    * René Descartes (1596 – 1650) — Philosophe rationaliste.

    * François La Mothe Le Vayer (1588 – 1672) — Philosophe sceptique et libertin érudit.

    * Cyrano de Bergerac (1619 – 1655) — Écrivain et dramaturge français, connu pour ses œuvres satiriques et ses duels.

    * Baruch Spinoza (1632 – 1677) — Philosophe rationaliste et panthéiste, auteur de L'Éthique.

    * Jean-Yves Tadié (né en 1936) — Spécialiste de Proust et de la pensée en archipel.

    * Gilles Deleuze (1925 – 1995) — Philosophe français, auteur de Le Pli. Leibniz et le baroque.

    Crédits : Michel Onfray et la Contre-histoire de la philosophie



    Get full access to Open Mind Galaxy at openmindgalaxy.substack.com/subscribe
    55 min
  • CHP06 - 05. Le panthéisme enchanté

    1. Introduction

    Dans cet épisode, Michel Onfray poursuit son analyse de Cyrano de Bergerac en explorant le concept de panthéisme enchanté. Il met en lumière la manière dont Cyrano utilise le roman philosophique pour développer une vision du monde où Dieu et la nature ne font qu’un, dans une dynamique perpétuelle de transformation et de mouvement. Onfray replace cette pensée dans la tradition du panthéisme et montre comment elle s’inscrit dans le libertinage baroque.

    2. Cyrano et la philosophie du roman

    Le roman comme outil philosophique

    Cyrano de Bergerac illustre que la philosophie n’est pas réservée aux formes traditionnelles du dialogue ou du traité. Avec L’Autre Monde, il démontre qu’un roman peut être un support à la réflexion critique, combinant humour, fiction et pensée subversive.

    Un philosophe du mouvement et de la métamorphose

    Cyrano conçoit le monde comme un espace de transformations constantes, une vision qui le rapproche d’Héraclite et de sa théorie du flux perpétuel. Cette conception du monde, où rien n’est figé, s’oppose au modèle statique de Parménide et ouvre la voie à une cosmologie dynamique et vivante.

    3. Le panthéisme comme alternative au théisme

    Définition du panthéisme

    Le panthéisme, étymologiquement "Dieu est partout" (pan-theos), considère que Dieu et la nature sont une seule et même réalité. Cette idée s’oppose au théisme classique, qui fait de Dieu un être transcendant et extérieur au monde.

    Une remise en cause du Dieu créateur

    Cyrano de Bergerac, à travers son roman, propose une vision où Dieu n’est pas un créateur distinct du monde, mais bien l’unité du réel. En affirmant cette fusion entre Dieu et la nature, il s’oppose frontalement à la conception judéo-chrétienne d’un Dieu anthropomorphique et jugeant.

    4. Un matérialisme vitaliste et enchanté

    Une matière en perpétuelle transformation

    Dans L’Autre Monde, Cyrano décrit un univers où la matière est vivante, animée de métamorphoses incessantes. Il anticipe ainsi une pensée matérialiste qui ne réduit pas la nature à un simple mécanisme, mais lui confère une dynamique interne propre.

    Une fusion entre l’humain, l’animal et le végétal

    Cyrano remet en question les hiérarchies traditionnelles entre les règnes du vivant. Il propose une vision horizontale du monde où les distinctions entre humain, animal, végétal et minéral s’effacent, illustrant ainsi un matérialisme panthéiste où tout est interconnecté.

    5. Un panthéisme hérétique face à la censure

    Le panthéisme, un danger pour l’Église

    Historiquement, le panthéisme est perçu comme une hérésie majeure par l’Église, car il supprime la distinction entre le créateur et la créature. Cette vision du monde a conduit à la condamnation de penseurs comme Giordano Bruno, brûlé en 1600, ou Vanini, exécuté en 1619.

    Une pensée clandestine

    Comme d’autres libertins érudits, Cyrano diffuse ses idées sous une forme romanesque, évitant ainsi la répression directe. Son panthéisme enchanté constitue un acte de subversion intellectuelle contre les dogmes religieux dominants.

    💡 Conclusion

    Michel Onfray montre comment Cyrano de Bergerac, par son panthéisme enchanté, renouvelle la pensée matérialiste et subversive du XVIIe siècle. Son œuvre illustre une tentative audacieuse de dépasser la conception traditionnelle de Dieu et d’ouvrir une réflexion sur un monde où la matière est vivante et en perpétuelle transformation.

    📚 Philosophes mentionnés

    * Héraclite (env. 544 av. J.-C. – 480 av. J.-C.) — Philosophe du devenir et du changement perpétuel.

    * Parménide (env. 515 av. J.-C. – 450 av. J.-C.) — Philosophe défendant une vision statique et immuable du réel.

    * Épicure (341 av. J.-C. – 270 av. J.-C.) — Philosophe matérialiste et hédoniste.

    * Pierre Charron (1541 – 1603) — Philosophe sceptique et précurseur de la laïcité.

    * Giordano Bruno (1548 – 1600) — Philosophe panthéiste brûlé par l’Inquisition.

    * Lucilio Vanini (1585 – 1619) — Philosophe panthéiste exécuté pour hérésie.

    * François La Mothe Le Vayer (1588 – 1672) — Philosophe sceptique et libertin érudit.

    * Pierre Gassendi (1592 – 1655) — Philosophe empiriste et matérialiste.

    * Savinien de Cyrano de Bergerac (1619 – 1655) — Écrivain et philosophe libertin.

    * Baruch Spinoza (1632 – 1677) — Philosophe rationaliste et panthéiste.

    * Friedrich Nietzsche (1844 – 1900) — Philosophe allemand, critique du rationalisme et du dualisme.

    * Gilles Deleuze (1925 – 1995) — Philosophe français, auteur de Le Pli. Leibniz et le baroque.

    Crédits : Michel Onfray et la Contre-histoire de la philosophie



    Get full access to Open Mind Galaxy at openmindgalaxy.substack.com/subscribe
    56 min
  • CHP06 - 04. Les anamorphoses de Cyrano

    1. Introduction

    Dans cet épisode, Michel Onfray explore la pensée de Cyrano de Bergerac à travers le prisme de l’anamorphose, une technique optique et picturale qui joue sur les illusions de perspective. Il montre comment Cyrano utilise cette méthode comme une métaphore philosophique pour remettre en question les dogmes, les apparences et la vérité elle-même. Onfray situe Cyrano dans la tradition du libertinage érudit et met en lumière la singularité de sa pensée baroque.

    2. Cyrano, entre mythe et réalité

    Le personnage historique versus le mythe littéraire

    Cyrano de Bergerac est souvent réduit à la figure romantique popularisée par Edmond Rostand. Or, derrière ce mythe se cache un philosophe audacieux, libre penseur et satiriste, dont l’œuvre est marquée par une pensée critique et matérialiste.

    Un héritier du libertinage érudit

    Cyrano s’inscrit dans une lignée philosophique qui, de Montaigne à Gassendi, en passant par La Mothe Le Vayer et Saint-Évremond, développe une pensée critique du dogmatisme religieux et des illusions idéologiques.

    3. L’anamorphose comme métaphore philosophique

    Définition et usage artistique

    L’anamorphose est une image volontairement déformée qui ne retrouve son apparence véritable que lorsqu’elle est regardée sous un angle précis. Cette technique, prisée dans l’art baroque, sert de métaphore à Cyrano pour exprimer sa vision du monde.

    L’illusion des apparences et le relativisme des vérités

    Cyrano utilise l’anamorphose comme un procédé intellectuel pour montrer que la réalité dépend du point de vue adopté. Il remet ainsi en question les certitudes et invite à une lecture critique du monde, des institutions et des croyances religieuses.

    4. L’autre monde : un récit anamorphosique

    Un roman d’aventures et de pensée

    Dans L’autre monde, Cyrano construit un récit qui joue sur les perspectives et les perceptions, mettant en scène des voyages fictifs où les lois de la physique, de la logique et des croyances humaines sont inversées.

    Une critique implicite du dogmatisme

    À travers les péripéties de son héros, Cyrano propose une critique des dogmes religieux et scientifiques, suggérant que la vérité est toujours une construction sujette à interprétation.

    5. Héritage et postérité de Cyrano

    Une pensée précurseur des Lumières

    Par son usage de la fiction pour diffuser des idées philosophiques subversives, Cyrano préfigure le conte philosophique tel qu’il sera pratiqué au XVIIIe siècle par Voltaire ou Diderot.

    Un symbole du baroque intellectuel

    Son œuvre illustre la richesse du baroque en tant que mouvement intellectuel, où la complexité du monde se traduit par une esthétique de l’excès, du doute et du décentrement du regard.

    💡 Conclusion

    Michel Onfray met en évidence la modernité de Cyrano de Bergerac, qui utilise l’anamorphose comme un outil critique pour déconstruire les illusions et ouvrir de nouvelles perspectives sur la réalité. Il apparaît ainsi comme un philosophe du doute et du jeu, dont la pensée continue d’inspirer une approche libertaire du savoir.

    📚 Philosophes mentionnés

    * Montaigne (1533 – 1592) — Philosophe humaniste et sceptique.

    * Pierre Charron (1541 – 1603) — Philosophe sceptique et précurseur de la laïcité.

    * François La Mothe Le Vayer (1588 – 1672) — Philosophe sceptique et libertin érudit.

    * Pierre Gassendi (1592 – 1655) — Philosophe empiriste et matérialiste.

    * Savinien de Cyrano de Bergerac (1619 – 1655) — Écrivain et philosophe libertin.

    * Blaise Pascal (1623 – 1662) — Philosophe et mathématicien français.

    * Baruch Spinoza (1632 – 1677) — Philosophe rationaliste et panthéiste.

    * Friedrich Nietzsche (1844 – 1900) — Philosophe allemand, critique du rationalisme et du dualisme.

    * Gilles Deleuze (1925 – 1995) — Philosophe français, auteur de Le Pli. Leibniz et le baroque.

    Crédits : Michel Onfray et la Contre-histoire de la philosophie



    Get full access to Open Mind Galaxy at openmindgalaxy.substack.com/subscribe
    56 min
  • CHP06 - 03. Ventriloquie d’Epicure

    1. Introduction

    Dans cet épisode, Michel Onfray explore le projet philosophique de Pierre Gassendi visant à réhabiliter Épicure. Il met en lumière comment Gassendi, prêtre et philosophe, tente de concilier l’épicurisme avec le christianisme en reconstruisant un Épicure compatible avec la foi catholique. Cette tentative paradoxale, que Onfray qualifie de "ventriloquie philosophique", interroge la possibilité d’un matérialisme chrétien et révèle les limites d’un tel syncrétisme.

    2. Gassendi, entre foi et matérialisme

    Un prêtre défenseur d’Épicure

    Gassendi cherche à redonner une légitimité philosophique à Épicure, un penseur longtemps diabolisé par la tradition chrétienne. Dès 1624, il annonce son projet de réhabilitation de l’épicurisme et travaille toute sa vie à défendre cette philosophie matérialiste tout en restant fidèle à sa foi chrétienne.

    Une lecture chrétienne d’Épicure

    Gassendi adapte l’épicurisme aux dogmes catholiques. Il rejette certains aspects du matérialisme antique, comme l’athéisme et l’immortalité de l’âme, tout en conservant l’importance de la physique atomiste et de l’éthique hédoniste. Cette posture hybride engendre une tension permanente entre ses convictions religieuses et sa philosophie.

    3. La méthode de la "ventriloquie philosophique"

    Une reconstruction de l’épicurisme

    Gassendi ne se contente pas de commenter Épicure : il le fait parler. Il réécrit ses thèses en y introduisant des ajustements théologiques, fabriquant ainsi une version "acceptable" de l’épicurisme aux yeux de l’Église. Cette démarche rappelle l’art du ventriloque, qui fait parler une voix extérieure tout en y insufflant ses propres idées.

    L’invention d’un Épicure chrétien

    Plutôt que de défendre l’épicurisme dans sa radicalité, Gassendi cherche à démontrer qu’Épicure n’était pas incompatible avec la foi. Il insiste sur la distinction entre la religion et la superstition, et tente d’intégrer la notion de providence divine au sein du matérialisme épicurien.

    4. Les contradictions et les limites de ce projet

    L’échec du matérialisme chrétien

    Gassendi se heurte à une contradiction majeure : l’épicurisme repose sur une conception strictement matérielle du monde, tandis que le christianisme postule une transcendance divine et l’existence d’une âme immatérielle. Cette tentative de fusion entre les deux aboutit à un matérialisme inachevé, incapable de dépasser ses propres contradictions.

    Un projet intellectuellement courageux mais vain

    Malgré son érudition et son engagement, Gassendi ne parvient pas à convaincre. Son "Épicure chrétien" reste un compromis fragile qui ne satisfait ni les véritables épicuriens ni les tenants de l’orthodoxie religieuse. Ce projet marque néanmoins une étape dans la diffusion de l’épicurisme en Europe et prépare le terrain pour les matérialistes du XVIIIe siècle.

    💡 Conclusion

    Michel Onfray montre comment Gassendi, en cherchant à concilier l’inconciliable, produit une version édulcorée de l’épicurisme qui échoue à s’imposer comme un véritable système philosophique. Sa "ventriloquie d’Épicure" révèle ainsi les tensions et les contradictions inhérentes à toute tentative de fusion entre matérialisme et christianisme.

    📚 Philosophes mentionnés

    * Aristote (384 av. J.-C. – 322 av. J.-C.) — Philosophe grec, fondateur de la logique formelle.

    * Épicure (341 av. J.-C. – 270 av. J.-C.) — Philosophe matérialiste et hédoniste.

    * Lucrèce (env. 94 av. J.-C. – env. 55 av. J.-C.) — Poète et philosophe épicurien.

    * Pierre Gassendi (1592 – 1655) — Philosophe empiriste et matérialiste, prêtre et scientifique.

    * René Descartes (1596 – 1650) — Philosophe rationaliste, fondateur du cartésianisme.

    * Blaise Pascal (1623 – 1662) — Philosophe et mathématicien français.

    * Jean Meslier (1664 – 1729) — Prêtre et philosophe matérialiste.

    * Julien Offray de La Mettrie (1709 – 1751) — Philosophe matérialiste et médecin.

    * Paul-Henri Thiry d’Holbach (1723 – 1789) — Philosophe matérialiste et athée.

    * Friedrich Nietzsche (1844 – 1900) — Philosophe allemand, critique du rationalisme et du dualisme.

    * Gilles Deleuze (1925 – 1995) — Philosophe français, auteur de Spinoza et le problème de l'expression.

    Crédits : Michel Onfray et la Contre-histoire de la philosophie



    Get full access to Open Mind Galaxy at openmindgalaxy.substack.com/subscribe
    55 min
  • CHP06 - 02. Les violences d’un doux

    1. Introduction

    Dans cet épisode, Michel Onfray poursuit son analyse de Pierre Gassendi et explore un paradoxe apparent : comment un philosophe prônant la douceur et la modération a-t-il pu être d’une violence intellectuelle si virulente contre Aristote et Descartes ? Onfray propose une lecture critique de l’œuvre de Gassendi en soulignant ses contradictions, sa méthode polémique et la manière dont il a perdu son duel philosophique contre Descartes.

    2. Gassendi contre Aristote : une critique radicale

    Une attaque en règle contre l’aristotélisme

    Gassendi est d’abord un anti-aristotélicien convaincu. Dans son premier ouvrage publié en 1624, Dissertation en forme de paradoxe contre les aristotéliciens, il attaque frontalement la scolastique et la philosophie d’Aristote, qu’il considère comme dogmatique et dépassée.

    Le refus des universaux et du raisonnement dialectique

    Il critique notamment l’usage des catégories aristotéliciennes, qu’il juge inutiles et encombrantes pour la pensée scientifique moderne. Il oppose à la logique aristotélicienne un empirisme inspiré d’Épicure, fondé sur l’observation et l’expérience.

    3. Gassendi face à Descartes : un combat perdu d’avance

    Un duel philosophique virulent

    Vingt ans après son attaque contre Aristote, Gassendi s’en prend à Descartes. Il critique la prétention du rationalisme cartésien à fonder une métaphysique sur la seule raison. Il juge les Méditations métaphysiques « ennuyeuses à l’excès » et considère le cogito comme une tautologie inutile.

    Descartes, un adversaire redoutable

    Mais Descartes ne reste pas silencieux. Il répond aux attaques de Gassendi par une série d’objections et de réfutations brillantes, mettant en lumière les limites de l’empirisme gassendiste. Finalement, ce combat intellectuel tourne à l’avantage de Descartes, qui devient le philosophe de référence du rationalisme moderne.

    4. L’héritage ambigu de Gassendi

    Un matérialisme inachevé

    Gassendi prône un matérialisme atomiste inspiré d’Épicure, mais reste attaché à sa foi chrétienne. Cette contradiction affaiblit son influence philosophique, car il ne parvient pas à aller aussi loin que les matérialistes du XVIIIe siècle.

    Un précurseur malgré lui

    Malgré cet échec face à Descartes, Gassendi prépare le terrain pour des penseurs comme d’Holbach et La Mettrie, qui reprendront son matérialisme en l’émancipant définitivement du christianisme. Son combat contre Aristote, quant à lui, contribue à la mise en place d’une philosophie plus empirique et scientifique.

    💡 Conclusion

    Michel Onfray montre que Gassendi incarne un paradoxe : celui d’un philosophe doux dans ses principes, mais violent dans ses attaques intellectuelles. Son duel contre Descartes illustre la transition entre l’empirisme et le rationalisme dans la pensée moderne, et met en lumière la manière dont la philosophie peut parfois être une arène de combats féroces.

    📚 Philosophes mentionnés

    * Aristote (384 av. J.-C. – 322 av. J.-C.) — Philosophe grec, fondateur de la logique formelle.

    * Épicure (341 av. J.-C. – 270 av. J.-C.) — Philosophe matérialiste et hédoniste.

    * Lucrèce (env. 94 av. J.-C. – env. 55 av. J.-C.) — Poète et philosophe épicurien.

    * Pierre Gassendi (1592 – 1655) — Philosophe empiriste et matérialiste, prêtre et scientifique.

    * René Descartes (1596 – 1650) — Philosophe rationaliste, fondateur du cartésianisme.

    * Blaise Pascal (1623 – 1662) — Philosophe et mathématicien français.

    * Jean Meslier (1664 – 1729) — Prêtre et philosophe matérialiste.

    * Julien Offray de La Mettrie (1709 – 1751) — Philosophe matérialiste et médecin.

    * Paul-Henri Thiry d’Holbach (1723 – 1789) — Philosophe matérialiste et athée.

    * Friedrich Nietzsche (1844 – 1900) — Philosophe allemand, critique du rationalisme et du dualisme.

    * Gilles Deleuze (1925 – 1995) — Philosophe français, auteur de Spinoza et le problème de l'expression.

    Crédits : Michel Onfray et la Contre-histoire de la philosophie



    Get full access to Open Mind Galaxy at openmindgalaxy.substack.com/subscribe
    56 min
  • CHP06 - 01. Gassendi, prêtre et libertin

    1. Introduction

    Dans cet épisode, Michel Onfray s’intéresse à Pierre Gassendi, une figure singulière du XVIIe siècle, à la croisée de la religion et du libertinage érudit. Prêtre, philosophe et scientifique, Gassendi propose une alternative au cartésianisme en réhabilitant Épicure et en développant une pensée matérialiste qui influencera les Lumières.

    2. Un parcours atypique : entre foi et raison

    Un prêtre philosophe

    Gassendi naît en 1592 dans une famille modeste de Provence. Il devient très tôt un intellectuel brillant, enseignant la rhétorique et obtenant rapidement des charges académiques. Il est ordonné prêtre à 24 ans, ce qui semble en contradiction avec sa pensée libertine et matérialiste. Pourtant, il réussit à concilier ces deux aspects en séparant clairement la foi et la raison.

    Un scientifique et un philosophe

    Gassendi ne se limite pas à la théologie : il est également mathématicien, astronome et physicien. Il mène des expériences sur la chute des corps et observe le mouvement des planètes, développant une pensée fondée sur l’observation et l’expérience plutôt que sur la spéculation métaphysique.

    3. Une alternative au cartésianisme

    La critique de Descartes

    Gassendi s’oppose violemment à Descartes, qu’il accuse d’accorder trop de pouvoir à la raison pure. Pour lui, la connaissance doit être fondée sur les sens et l’expérimentation. Il rejette le dualisme cartésien et défend une vision unifiée du corps et de l’esprit.

    Une pensée empirique et matérialiste

    Il s’inspire d’Épicure et de Lucrèce pour proposer une philosophie fondée sur le matérialisme atomiste. Contrairement à Descartes, qui construit sa métaphysique sur le cogito, Gassendi considère que la connaissance vient d’abord de l’expérience sensible et de l’observation du monde.

    4. Le libertinage érudit de Gassendi

    Un épicurisme chrétien

    Gassendi entreprend une réhabilitation d’Épicure, en montrant que l’épicurisme peut être compatible avec le christianisme. Il défend une morale fondée sur la recherche du plaisir mesuré et du bonheur terrestre, tout en maintenant une foi sincère.

    La séparation entre foi et philosophie

    Sa position est proche du fidéisme : il considère que la raison ne peut pas démontrer l’existence de Dieu ni prouver l’immortalité de l’âme, mais que la foi reste légitime sur ces questions. Cette séparation entre philosophie et théologie annonce la pensée des Lumières.

    5. Héritage et influence

    Un précurseur des Lumières

    Par sa critique d’Aristote et de Descartes, son empirisme et sa défense du matérialisme, Gassendi prépare le terrain pour les philosophes du XVIIIe siècle. Voltaire, Diderot et d’Holbach s’inspireront de ses travaux pour développer une pensée résolument matérialiste et anticléricale.

    Un scientifique méconnu

    Outre ses contributions philosophiques, Gassendi joue un rôle majeur dans l’histoire des sciences. Il découvre la loi d’inertie avant Newton et participe aux débats sur l’existence du vide, anticipant ainsi les découvertes modernes en physique.

    💡 Conclusion

    Michel Onfray met en lumière la figure complexe de Gassendi, à la fois prêtre, philosophe libertin et scientifique. Par sa critique du cartésianisme, son empirisme et son matérialisme, il s’inscrit comme un penseur de transition entre le XVIIe siècle baroque et les Lumières.

    📚 Philosophes mentionnés

    * Épicure (341 av. J.-C. – 270 av. J.-C.) — Philosophe matérialiste et hédoniste.

    * Lucrèce (env. 94 av. J.-C. – env. 55 av. J.-C.) — Poète et philosophe épicurien.

    * Pierre Gassendi (1592 – 1655) — Philosophe empiriste et matérialiste, prêtre et scientifique.

    * René Descartes (1596 – 1650) — Philosophe rationaliste, défenseur du dualisme.

    * Blaise Pascal (1623 – 1662) — Philosophe et mathématicien français.

    * Baruch Spinoza (1632 – 1677) — Philosophe rationaliste et panthéiste.

    * Jean Meslier (1664 – 1729) — Prêtre et philosophe matérialiste.

    * Julien Offray de La Mettrie (1709 – 1751) — Philosophe matérialiste et médecin.

    * Paul-Henri Thiry d’Holbach (1723 – 1789) — Philosophe matérialiste et athée.

    * Friedrich Nietzsche (1844 – 1900) — Philosophe allemand, critique du rationalisme et du dualisme.

    * Gilles Deleuze (1925 – 1995) — Philosophe français, auteur de Spinoza et le problème de l'expression.

    Crédits : Michel Onfray et la Contre-histoire de la philosophie



    Get full access to Open Mind Galaxy at openmindgalaxy.substack.com/subscribe
    55 min
  • CHP05 - 10. Le divertissement épicurien

    1. Introduction

    Dans cet épisode, Michel Onfray explore la philosophie de Saint-Évremond à travers le prisme du divertissement épicurien. Il s'attarde sur la manière dont Saint-Évremond adopte et adapte les préceptes épicuriens dans une vision hédoniste et sceptique, tout en conservant une certaine désinvolture propre aux libertins érudits du XVIIe siècle.

    2. Saint-Évremond : un épicurien du Grand Siècle

    L’épicurisme revisité

    Saint-Évremond s'inscrit dans la lignée des épicuriens, non pas comme un disciple strict d'Épicure, mais comme un héritier des épicuriens romains tels que Lucrèce et les élégiaques (Properce, Catulle, Tibulle). Il adopte un épicurisme adapté à son époque, oscillant entre ascétisme et hédonisme.

    La physiologie comme moteur philosophique

    Onfray insiste sur l'importance de la physiologie dans l'élaboration de la pensée épicurienne de Saint-Évremond. Sa "grande santé", pour reprendre un terme nietzschéen, l'oriente naturellement vers un épicurisme hédoniste, en opposition à l'ascétisme d'un Épicure souffrant.

    3. Le divertissement comme quête du plaisir

    Sortir hors de soi

    Saint-Évremond définit le plaisir comme la capacité à "sortir souvent hors de soi". Ce concept implique une forme de légèreté et de désinvolture face à la vie, où le divertissement devient un moyen d'échapper aux tracas et aux douleurs.

    Le plaisir cinétique et catastrophatique

    Il rejette l'opposition stricte entre le plaisir cinétique (en mouvement) et le plaisir catastrophatique (immobile), prônée par les épicuriens orthodoxes. Selon lui, les deux plaisirs coexistent et doivent être expérimentés en fonction des circonstances et des âges de la vie.

    4. Une philosophie du quotidien

    Le bon usage du temps

    Saint-Évremond prône un culte de l'instant présent, encourageant à vivre chaque moment pleinement sans se soucier excessivement du passé ou du futur. Cette philosophie du "carpe diem" s'inscrit dans une tradition épicurienne qui valorise l'ataraxie et l'indolence.

    Les multiples formes de divertissement

    Il célèbre les plaisirs simples et variés : la conversation, le jeu, la chasse, la danse, la musique, la gastronomie, l'amitié et l'amour. Ces activités, loin d'être futiles, participent à l'équilibre et au bien-être de l'individu.

    5. Critique des dogmes religieux et des excès ascétiques

    Rejet du dolorisme chrétien

    Saint-Évremond s'oppose fermement à l'idéal ascétique prôné par le christianisme, critiquant la valorisation de la souffrance et du renoncement aux plaisirs terrestres. Il défend une vision matérialiste où l'âme et le corps sont composés de la même matière.

    Un déisme tolérant

    Sans être athée, Saint-Évremond adopte une posture déiste, considérant Dieu comme un premier moteur immobile, indifférent aux affaires humaines. Il critique la superstition et le fanatisme religieux tout en prônant une spiritualité discrète et tolérante.

    💡 Conclusion

    Michel Onfray met en lumière la philosophie de Saint-Évremond, un épicurien sceptique et désinvolte qui fait du divertissement un art de vivre. Par sa critique des dogmes religieux et son éloge des plaisirs simples, il incarne une figure libertine du XVIIe siècle, à la croisée des chemins entre le baroque et les Lumières.

    📚 Philosophes mentionnés

    * Épicure (341 av. J.-C. – 270 av. J.-C.) — Fondateur de l’épicurisme.

    * Lucrèce (env. 94 av. J.-C. – env. 55 av. J.-C.) — Philosophe et poète épicurien.

    * Catulle (env. 84 av. J.-C. – env. 54 av. J.-C.) — Poète latin.

    * Tibulle (env. 55 av. J.-C. – env. 19 av. J.-C.) — Poète élégiaque romain.

    * Properce (env. 50 av. J.-C. – env. 15 av. J.-C.) — Poète élégiaque romain.

    * Michel de Montaigne (1533 – 1592) — Philosophe humaniste et sceptique.

    * Pierre Gassendi (1592 – 1655) — Philosophe épicurien et matérialiste.

    * Charles de Saint-Évremond (1613 – 1703) — Écrivain, moraliste et critique français, célèbre pour ses satires et son esprit épicurien.

    * Blaise Pascal (1623 – 1662) — Philosophe et mathématicien français.

    * Friedrich Nietzsche (1844 – 1900) — Philosophe allemand, auteur de La Naissance de la tragédie.

    * Gilles Deleuze (1925 – 1995) — Philosophe français, auteur de Le Pli. Leibniz et le baroque.

    Crédits : Michel Onfray et la Contre-histoire de la philosophie



    Get full access to Open Mind Galaxy at openmindgalaxy.substack.com/subscribe
    56 min
  • CHP05 - 09. Le philosophe désinvolte

    1. Introduction

    Dans cet épisode, Michel Onfray explore la figure de Saint-Évremond sous l’angle de la désinvolture, un trait qui traverse son œuvre et sa pensée. Cette approche baroque, marquée par le détachement et l'ironie, révèle un philosophe qui se tient à distance des dogmes tout en s’engageant dans une critique subtile de ses contemporains.

    2. Saint-Évremond et la désinvolture comme posture philosophique

    Un esprit libre et détaché

    Saint-Évremond cultive la désinvolture dans son rapport à la philosophie et à la vie. Il n’a jamais cherché à constituer une œuvre systématique et rejette l’idée même d’un corpus figé. Sa pensée se construit dans les salons, les lettres, et les conversations, favorisant les échanges légers mais profonds.

    La désinvolture comme critique implicite

    Sa posture désinvolte lui permet de critiquer subtilement les dogmes religieux et philosophiques. Par l’ironie et le jeu, il remet en question les certitudes tout en préservant une forme de légèreté, s’inscrivant dans la tradition des sceptiques comme Montaigne ou Lucien de Samosate.

    3. Les rencontres philosophiques : entre désinvolture et profondeur

    Rencontre avec Spinoza

    Saint-Évremond rencontre Spinoza à La Haye, mais cette rencontre reste superficielle. Bien que Spinoza lui confie des idées clés sur son panthéisme, Saint-Évremond ne semble pas saisir la portée de ces propos. Cette désinvolture l’amène à passer à côté d’un échange philosophique profond.

    Rencontre avec Hobbes

    Lors de sa rencontre avec Thomas Hobbes, auteur du Léviathan, Saint-Évremond loue son génie mais critique ses "excès" sans jamais préciser lesquels. Sa posture ironique et détachée limite la profondeur de leur échange, bien qu’il reconnaisse l’importance des idées de Hobbes sur le contrat social.

    Rencontre avec Gassendi

    Avec Pierre Gassendi, Saint-Évremond trouve un interlocuteur plus proche de sa sensibilité épicurienne. Il admire Gassendi pour sa modestie et son érudition, le décrivant comme "le plus éclairé des philosophes et le moins présomptueux". Cependant, même ici, sa désinvolture empêche un véritable approfondissement des idées.

    4. La critique des systèmes philosophiques

    Rejet des grands systèmes

    Saint-Évremond se méfie des grands systèmes philosophiques, qu’il considère comme trop rigides et déconnectés de la réalité. Il préfère les pensées fragmentaires, les aphorismes, et les réflexions éparses, qui laissent place à la complexité du réel.

    L’ironie face aux dogmes

    Sa critique de Descartes illustre parfaitement cette posture. Plutôt que de s’engager dans une réfutation sérieuse, il tourne en dérision le cogito avec un "j’aime donc je suis", soulignant l’aspect trop abstrait et déconnecté des grandes constructions métaphysiques.

    5. L’épicurisme désinvolte

    Un épicurisme revisité

    Saint-Évremond adopte un épicurisme teinté de scepticisme. Il valorise les plaisirs simples et immédiats tout en restant prudent face aux excès. Son hédonisme désinvolte s’incarne dans l’idée qu'il vaut mieux jouir du monde que de chercher à le comprendre pleinement.

    La mort et la philosophie de l’instant

    Fidèle à l’épicurisme, il considère la mort comme un non-événement. La vie doit être vécue pleinement sans crainte de la fin. Son détachement face à la mort et sa critique du culte stoïcien de la belle mort s’inscrivent dans cette philosophie de l’instant et du plaisir mesuré.

    💡 Conclusion

    Michel Onfray dévoile dans cet épisode la richesse d’une philosophie désinvolte, où la légèreté cache une profonde critique des dogmes et des systèmes rigides. Saint-Évremond incarne un esprit libre, sceptique et épicurien, pour qui la véritable sagesse consiste à jouir du monde plutôt qu’à prétendre le comprendre totalement.

    📚 Philosophes mentionnés

    * Épicure (341 av. J.-C. – 270 av. J.-C.) — Fondateur de l’épicurisme.

    * Lucien de Samosate (env. 125 – env. 180) — Satiriste grec, critique des dogmes philosophiques.

    * Michel de Montaigne (1533 – 1592) — Philosophe humaniste et sceptique.

    * Thomas Hobbes (1588 – 1679) — Philosophe politique matérialiste.

    * Pierre Gassendi (1592 – 1655) — Philosophe épicurien et matérialiste.

    * René Descartes (1596 – 1650) — Philosophe rationaliste.Charles de Saint-Évremond

    * Baruch Spinoza (1632 – 1677) — Philosophe rationaliste et panthéiste.

    * Gilles Deleuze (1925 – 1995) — Philosophe français, auteur du Pli. Leibniz et le baroque.

    * Friedrich Nietzsche (1844 – 1900) — Philosophe allemand, critique des systèmes métaphysiques.

    Crédits : Michel Onfray et la Contre-histoire de la philosophie



    Get full access to Open Mind Galaxy at openmindgalaxy.substack.com/subscribe
    56 min

About Regards Philo

From the publisher's feed

Plongez dans une aventure intellectuelle où les grands récits établis sont déconstruits, et où les voix oubliées reprennent leur place.